{"id":17392,"date":"2023-12-16T18:34:28","date_gmt":"2023-12-16T17:34:28","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=17392"},"modified":"2025-02-07T12:08:30","modified_gmt":"2025-02-07T11:08:30","slug":"les-falaises-journal-du-bord","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2023\/12\/les-falaises-journal-du-bord\/","title":{"rendered":"Les falaises, journal du bord"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Les falaises, journal du bord<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">\u00c9criture et r\u00e9alisation par Olivia Seigne et Alexandre Vogel \/ Th\u00e9\u00e2tre Les Halles (Sierre) \/ du 30 novembre au 3 d\u00e9cembre 2023 \/ critique par Piera Biondina . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Aux limites du th\u00e9\u00e2tre<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>16 d\u00e9cembre 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/piera-biondina\/\" data-type=\"page\" data-id=\"16933\">Piera Biondina<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1920\" height=\"1190\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/654a108671142b50fc230306_Les-falaises_4_Credit-Collectif-StoGramm_Alexandre-Vogel_paysage.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-17395\" style=\"width:321px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/654a108671142b50fc230306_Les-falaises_4_Credit-Collectif-StoGramm_Alexandre-Vogel_paysage.jpeg 1920w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/654a108671142b50fc230306_Les-falaises_4_Credit-Collectif-StoGramm_Alexandre-Vogel_paysage-300x186.jpeg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/654a108671142b50fc230306_Les-falaises_4_Credit-Collectif-StoGramm_Alexandre-Vogel_paysage-1024x635.jpeg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/654a108671142b50fc230306_Les-falaises_4_Credit-Collectif-StoGramm_Alexandre-Vogel_paysage-250x155.jpeg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/654a108671142b50fc230306_Les-falaises_4_Credit-Collectif-StoGramm_Alexandre-Vogel_paysage-768x476.jpeg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/654a108671142b50fc230306_Les-falaises_4_Credit-Collectif-StoGramm_Alexandre-Vogel_paysage-1536x952.jpeg 1536w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/654a108671142b50fc230306_Les-falaises_4_Credit-Collectif-StoGramm_Alexandre-Vogel_paysage-348x215.jpeg 348w\" sizes=\"auto, (max-width: 1920px) 100vw, 1920px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Collectif StoGramm<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Apr\u00e8s trois ans de recherche documentaire men\u00e9e dans le cadre d\u2019une r\u00e9sidence au&nbsp;<\/em>Th\u00e9\u00e2tre Les Halles<em>, le Collectif&nbsp;<\/em>StoGramm<em>&nbsp;transforme les salles du th\u00e9\u00e2tre dans le quartier de Sous-G\u00e9ronde \u00e0 Sierre en y amenant des enregistrements sonores, des romans-photos, des diapositives, des textes, et m\u00eame un court-m\u00e9trage.&nbsp;<\/em>Les Falaises, Journal du bord<em>&nbsp;est un spectacle qui s&rsquo;approche de l&rsquo;exposition d&rsquo;art contemporain et de la performance, et que l&rsquo;on d\u00e9couvre en se promenant librement et en s&rsquo;arr\u00eatant \u00e0 son gr\u00e9, comme on d\u00e9couvre une ville inconnue.&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le public n\u2019a pas \u00e0 faire \u00e0 une v\u00e9ritable intrigue, ni \u00e0 des personnages facilement identifiables, ni \u00e0 un d\u00e9but et une fin d\u00e9finis, du fait qu\u2019il peut entrer et sortir de la salle \u00e0 sa guise. Il est plut\u00f4t confront\u00e9 \u00e0 des romans-photos, des projections de diapositives, des lectures \u00e0 haute voix d\u2019une vari\u00e9t\u00e9 de textes, et toutes sortes de documents d\u2019archive que le collectif&nbsp;<em>StoGramm<\/em>&nbsp;a recueillis au cours des trois ans de recherche&nbsp;<em>in situ&nbsp;<\/em>dans le quartier de Sous-G\u00e9ronde, \u00e0 Sierre.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le premier sentiment une fois \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la grande salle&nbsp;&nbsp;est celui d\u2019une d\u00e9stabilisation. Il ne s\u2019agit pas d\u2019une repr\u00e9sentation th\u00e9\u00e2trale traditionnelle, mais plut\u00f4t d\u2019un projet artistique qui se situe entre le th\u00e9\u00e2tre, la performance et l\u2019art contemporain. Cette remise en question radicale commence par l\u2019organisation des lieux et la gestion du public. \u00c0 partir du moment o\u00f9 un.e spectateurice entre dans la salle, en effet, iel se voit assign\u00e9 le r\u00f4le de visiteureuse, invit\u00e9.e \u00e0 parcourir librement le grand espace, con\u00e7u comme une galerie. La d\u00e9ambulation dans les couloirs et les petites salles est rythm\u00e9e par des arr\u00eats, o\u00f9 le public peut s\u2019asseoir sur les quelques chaises et tabourets pour d\u00e9couvrir les livres pos\u00e9s sur une petite table, ou regarder et \u00e9couter les romans-photos, ou encore attendre et voir si le grand bureau o\u00f9 sont pos\u00e9es des feuilles sera bient\u00f4t occup\u00e9 par quelqu\u2019un.e.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Une grande partie du spectacle est constitu\u00e9 par de nombreuses images, qui sont parfois des photographies d\u2019\u00e9poque touchantes, \u00e9vocatrices d\u2019un pass\u00e9 \u00e0 ne pas oublier, parfois des collages amusants superposant l\u2019histoire industrielle de la ville au quotidien des personnages-habitant.es qui peuplent cette version du quartier de Sous-G\u00e9ronde. Le paysage naturel, imposant et omnipr\u00e9sent, et le rapport que ses habitant.es entretiennent avec lui semble \u00eatre l\u2019un des centres d\u2019int\u00e9r\u00eat sur lequel le dispositif veut r\u00e9fl\u00e9chir. Les romans-photos, par exemple, offrent un aper\u00e7u de la vie de quatre habitant.es imaginaires, dont les d\u00e9sirs, les soucis et la place dans le village sont pr\u00e9sent\u00e9s au public. Les photographies sont souvent accompagn\u00e9es par des textes, par exemple au cours de la projection de diapositives, une voix raconte une enfance v\u00e9cue dans les ruelles du quartier. Mais il y a \u00e9galement des textes autonomes, qui fournissent de brefs comptes rendus de la vie \u00e0 Sous-G\u00e9ronde. Le spectacle est un v\u00e9ritable journal de bord, t\u00e9moin non seulement de la vie des habitant.es de ce quartier situ\u00e9 au bord du Rh\u00f4ne, mais aussi de la vie du quartier lui-m\u00eame.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Au fur et \u00e0 mesure que les spectateurices interagissent avec les salles, la sensation d\u2019\u00eatre en train d\u2019explorer ce quartier de Sierre s\u2019instaure. L\u2019impression est amplifi\u00e9e par la pr\u00e9sence des artistes qui, dans leur r\u00f4le de personnages-habitant.es, interagissent parfois entre elleux, parfois directement avec le public. Cette illusion de d\u00e9couverte du quartier est toutefois en partie emp\u00each\u00e9e du fait qu\u2019on ne sait pas vraiment comment se situer dans ces interactions inhabituelles. Le fait que le public soit compl\u00e8tement abandonn\u00e9 \u00e0 lui-m\u00eame et qu\u2019on ne lui fournisse pas d\u2019explication sur le type d\u2019exp\u00e9rience qu\u2019il va vivre provoque parfois du d\u00e9sarroi. L\u2019exp\u00e9rience de ce dispositif original n\u2019en reste pas moins int\u00e9ressante, la libert\u00e9 absolue accord\u00e9e aux visiteureuses leur permettant de s\u2019approprier de mani\u00e8re profonde cette exp\u00e9rience et de fa\u00e7onner \u00e0 leur guise non seulement leur soir\u00e9e, mais aussi le spectacle lui-m\u00eame.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Si, avec ce projet, le Collectif&nbsp;<em>StoGramm<\/em>&nbsp;voulait transposer ses impressions du quartier de Sous-G\u00e9ronde, il y est parvenu. Non seulement \u00e0 travers les images montr\u00e9es, les anecdotes lues et les souvenirs racont\u00e9s, mais aussi gr\u00e2ce \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019un sentiment de communaut\u00e9 qui, bien que diff\u00e9rent de celui associ\u00e9 \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience plus traditionnelle du th\u00e9\u00e2tre, est n\u00e9anmoins pr\u00e9sent parmi les gens du public, qui se prom\u00e8nent dans ce grand espace comme on se prom\u00e8nerait dans un petit village inconnu un jour f\u00e9ri\u00e9, et qui, petit \u00e0 petit, apprennent \u00e0 reconna\u00eetre les visages d\u00e9sormais familiaux des autres visiteureuses.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>16 d\u00e9cembre 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/piera-biondina\/\">Piera Biondina<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p> <a href=\"https:\/\/www.theatre-leshalles.ch\/spectacles\/les-falaises-journal-du-bord\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9criture et r\u00e9alisation par Olivia Seigne et Alexandre Vogel \/ Th\u00e9\u00e2tre Les Halles (Sierre) \/ du 30 novembre au 3 d\u00e9cembre 2023 \/ critique par Piera Biondina .<\/p>\n","protected":false},"author":1002694,"featured_media":19213,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,14],"tags":[281],"class_list":["post-17392","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-les-halles","tag-piera-biondina"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17392","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002694"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=17392"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17392\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19216,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17392\/revisions\/19216"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/19213"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=17392"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=17392"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=17392"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}