{"id":17350,"date":"2023-12-13T13:28:42","date_gmt":"2023-12-13T12:28:42","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=17350"},"modified":"2025-02-07T12:09:04","modified_gmt":"2025-02-07T11:09:04","slug":"inactuels","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2023\/12\/inactuels\/","title":{"rendered":"INACTUELS"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">INACTUELS<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Chef de projet et mise en sc\u00e8ne\u00a0: Oscar G\u00f3mez Mata \/ Interpr\u00e9tation\u00a0: Oscar G\u00f3mez Mata et Juan Loriente \/ Arsenic (Lausanne) \/ du 7 au 10 d\u00e9cembre 2023 \/ critiques par Sophie Perruchoud et Enola Rindlisbacher. <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong><strong>Le courage de la joie<\/strong><\/strong><\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>13 d\u00e9cembre 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/sophie-perruchoud\/\" data-type=\"page\" data-id=\"16940\">Sophie Perruchoud<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p><p><\/p><p><\/p><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1280\" height=\"854\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/inactuels-11-1280x854-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-17351\" style=\"width:300px;height:undefinedpx\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/inactuels-11-1280x854-1.jpg 1280w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/inactuels-11-1280x854-1-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/inactuels-11-1280x854-1-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/inactuels-11-1280x854-1-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/inactuels-11-1280x854-1-768x512.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1280px) 100vw, 1280px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Rebecca Bowring<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>\u00c0 l\u2019Arsenic, Oscar G\u00f3mez Mata, c\u00e9l\u00e8bre pour ses cr\u00e9ations d\u00e9cal\u00e9es, telle que <\/em>MAKERS<em>, propose un moment plein d\u2019humour et de po\u00e9sie. Juan Loriente et lui, duo d\u00e9j\u00e0 connu de la sc\u00e8ne, tissent g\u00e9n\u00e9reusement un spectacle qui fait sourire tendrement et rire aux \u00e9clats. Un partage de joie qui brouille les fronti\u00e8res entre vie et fiction, entre s\u00e9rieux et l\u00e9g\u00e8ret\u00e9.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Cerner un tel spectacle est plut\u00f4t complexe&nbsp;: deux hommes habill\u00e9s de vestes bleues qui font penser \u00e0 des travailleurs d\u2019usine arrivent et discutent d\u2019un projet qu\u2019ils veulent pr\u00e9senter. Au c\u0153ur d\u2019une sc\u00e9nographie riche d\u2019\u00e9l\u00e9ments h\u00e9t\u00e9roclites (cerceaux, tambour, construction blanche sur laquelle figure une feuille o\u00f9 l\u2019on peut lire \u00ab&nbsp;ciel&nbsp;\u00bb, casseroles fumantes, \u00e9tendoir, etc.), le spectacle se transforme rapidement en une mise en sc\u00e8ne de simples dialogues entre les deux hommes sur de nombreux sujets. Il ne semble plus y avoir de r\u00e9el fil rouge dramatique, si ce n\u2019est la volont\u00e9 de rendre fragile la fronti\u00e8re entre la dimension fictionnelle et la dimension r\u00e9elle. Le premier proc\u00e9d\u00e9 d\u00e9stabilisant&nbsp;est le fait que les com\u00e9diens gardent leur propre nom sur sc\u00e8ne. D\u2019autres processus sont mis en place dans ce sens-l\u00e0&nbsp;: les deux hommes parlent en espagnol et interagissent avec les sous-titres fran\u00e7ais qui ne correspondent pas toujours exactement, ou qui vont m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 jouer avec ce qui est dit par les com\u00e9diens. D\u2019ailleurs, ces derniers explicitent et cr\u00e9ent une distance avec certains \u00e9l\u00e9ments symboliques de la sc\u00e9nographie&nbsp;; ils font \u00e9galement des r\u00e9f\u00e9rences au monde actuel du th\u00e9\u00e2tre (Tiago Rodrigues se serait occup\u00e9 de faire les sous-titres&nbsp;; Vincent Baudriller, directeur de Vidy, est convoqu\u00e9 au sein d\u2019une projection future absurde&nbsp;; l\u2019arsenic m\u00eame est plusieurs fois mentionn\u00e9).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le paroxysme de ces proc\u00e9d\u00e9s est atteint dans la deuxi\u00e8me partie du spectacle&nbsp;: si pendant un long moment les deux protagonistes ne s\u2019adressent pas du tout au public, ils changent ensuite de dispositif, dialoguant de fa\u00e7on radicale avec les spectateurs, leur rappelant de fait qu\u2019ils sont face \u00e0 une cr\u00e9ation artificielle. En m\u00eame temps, le dispositif cr\u00e9e un lien fort avec le public, remettant au jour que le spectacle n\u2019existe que s\u2019il est en dialogue avec une alt\u00e9rit\u00e9. Lors de ce moment de dialogue, les deux artistes expliquent, entre autres, une th\u00e9orie qu\u2019ils ont imagin\u00e9e vis-\u00e0-vis de \u00ab&nbsp;ce qui nous \u00e9chappe&nbsp;\u00bb. Ici, le lieu o\u00f9 devrait se situer notre jugement n\u2019est plus tr\u00e8s clair : au croisement des codes de la pr\u00e9sentation commerciale, de la conf\u00e9rence philosophique et du one-man-show, dans un rythme qui est ralenti, fait de r\u00e9p\u00e9titions et de parenth\u00e8ses, il devient compliqu\u00e9 de savoir ce qui est ancr\u00e9 dans le r\u00e9el ou la fiction, ce qui est cens\u00e9 \u00eatre pris au s\u00e9rieux ou pas.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 ce propos, le spectacle se situe presque toujours sur un fil entre le premier et le second degr\u00e9. On se moque de la po\u00e9sie trop lourde, on se moque de l\u2019incompr\u00e9hensibilit\u00e9 de la parole creuse, on rit du \u00ab&nbsp;cordon ombilical de l\u2019univers&nbsp;\u00bb repr\u00e9sent\u00e9 par la sc\u00e9nographe avec des bou\u00e9es de piscine accroch\u00e9es en hauteur et pendant jusqu\u2019au sol, on rit de la possibilit\u00e9 de sinc\u00e9rit\u00e9 lorsqu\u2019il y a mise en sc\u00e8ne de soi par l\u2019artificialit\u00e9 des gestes du com\u00e9dien lorsqu\u2019il est pris en photo et essaie d\u2019\u00eatre naturel. L\u2019autod\u00e9rision est \u00e9galement pr\u00e9sente, puisque les deux comp\u00e8res se moquent \u00e9galement l\u2019un de l\u2019autre, soulignant le caract\u00e8re quelquefois opaque de leur travail d\u2019artiste. Ainsi, l\u2019humour fait mouche&nbsp;: les deux artistes font preuve d\u2019une grande r\u00e9flexivit\u00e9 dans le rapport \u00e0 ce qui est dit, comme pour cr\u00e9er une tendresse invitant \u00e0 ne pas trop (se) prendre au s\u00e9rieux. N\u00e9anmoins, on ne r\u00e9duit pas \u00e0 rien les choses moqu\u00e9es&nbsp;: le rythme du spectacle est cass\u00e9 par quelques interludes po\u00e9tiques qui instaurent une tension et remettent en jeu la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 du spectacle. Lors du premier de ces interm\u00e8des, les deux hommes marchent l\u2019un avec l\u2019autre, l\u2019un guid\u00e9 par l\u2019autre, sur fond d\u2019un texte enregistr\u00e9. La po\u00e9sie subsiste et les deux hommes n\u2019oublient pas de rappeler finalement que la parole est sacr\u00e9e. Cependant, elle est remise humblement \u00e0 sa place, une place sans enjeux lourds o\u00f9 les mots peuvent simplement \u00eatre au service de la vie.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Tout ce qui fait opposition, ce qui impose des fronti\u00e8res, est abandonn\u00e9&nbsp;: la vie est l\u00e0, immortelle et pr\u00e9sente, s\u00e9rieuse et l\u00e9g\u00e8re, dr\u00f4le et pesante. Elle est l\u00e0, au premier et au second degr\u00e9. Les diff\u00e9rentes dimensions s\u2019entrecroisent, comme vers la fin du spectacle, lorsque les deux hommes cr\u00e9ent une toile avec de la laine entre la pl\u00e9thore d\u2019\u00e9l\u00e9ments sc\u00e9nographiques. Un des deux com\u00e9diens prend ensuite les fils et les tire en avan\u00e7ant vers le public, faisant tomber les diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments&nbsp;: tout se tisse en tendresse avant d\u2019\u00eatre ramen\u00e9 au chaos&nbsp;; un chaos que le style des deux hommes rend joyeux. Au c\u0153ur de l\u2019entrem\u00ealement des formes d\u2019humour (allant du comique de geste aux blagues absurdes, en passant, entre autres, par la caricature ou le comique de r\u00e9p\u00e9tition) et de la po\u00e9sie, c\u2019est le style des deux artistes qui retentit sur sc\u00e8ne. Le spectacle est une tentative de mat\u00e9rialisation, en creux des mots et des gestes, d\u2019un regard port\u00e9 sur le monde, sur la vie et sur l\u2019art.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour reprendre les mots d\u2019Oscar&nbsp;: \u00ab&nbsp;Bordel de merde&nbsp;! \u00bb Dans ce spectacle, c\u2019est la vie qui vibre sur sc\u00e8ne, redonnant aux artistes la place humble de faire exister le myst\u00e8re, tout en lui laissant son caract\u00e8re insaisissable. Il y a de l\u2019\u00e9nergie vitale et quelque chose nous \u00e9chappe\u2026 Et, m\u00eame si \u00ab&nbsp;on est peu de chose&nbsp;\u00bb, c\u2019est un effort artistique tendre, simple et courageux.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>13 d\u00e9cembre 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/sophie-perruchoud\/\" data-type=\"page\" data-id=\"16940\">Sophie Perruchoud<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Ce qui nous \u00e9chappe<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>13 d\u00e9cembre 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/emma-chapatte\/\" data-type=\"page\" data-id=\"16624\"> <\/a><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/enola-rindlisbacher\/\" data-type=\"page\" data-id=\"16942\">Enola Rindlisbacher<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1280\" height=\"854\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/inactuels-9-1280x854-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-17355\" style=\"width:300px;height:undefinedpx\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/inactuels-9-1280x854-1.jpg 1280w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/inactuels-9-1280x854-1-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/inactuels-9-1280x854-1-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/inactuels-9-1280x854-1-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/inactuels-9-1280x854-1-768x512.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1280px) 100vw, 1280px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Rebecca Bowring<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Tout ne semble pas pouvoir \u00eatre expliqu\u00e9 rationnellement, parfois un petit \u00ab&nbsp;quelque chose&nbsp;\u00bb nous \u00e9chappe. Dans une tentative de recr\u00e9er cette exp\u00e9rience,&nbsp;<\/em>INACTUELS<em>&nbsp;explore notre rapport \u00e0 l\u2019art dans une s\u00e9ries de performances chaotiques et d\u00e9jant\u00e9es.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Dans la continuit\u00e9 th\u00e9matique de&nbsp;<em>MAKERS<\/em>, le duo comique de Juan Loriente, c\u00e9l\u00e8bre com\u00e9dien du th\u00e9\u00e2tre contemporain espagnol, et Oscar G\u00f3mez Mata, connu en Suisse pour les mises en sc\u00e8ne de sa compagnie l\u2019Alakran (r\u00e9cemment laur\u00e9ate du prix suisse des arts de la sc\u00e8ne), revient dans les salles de th\u00e9\u00e2tre avec une performance m\u00ealant dialogues absurdes et r\u00e9flexions m\u00e9taphysiques.&nbsp;<em>INACTUELS<\/em>, en tourn\u00e9e en Suisse romande cette fin d\u2019ann\u00e9e 2023 et d\u00e9but d\u2019ann\u00e9e 2024, est l\u2019occasion de continuer d\u2019explorer les relations sensibles au monde en int\u00e9grant divers \u00e9v\u00e9nements v\u00e9cus par les com\u00e9diens lors de la cr\u00e9ation de ce nouveau spectacle. Les spectateurs identifieront certaines r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 l\u2019actualit\u00e9 politique de leur r\u00e9gion dans les s\u00e9quences humoristiques alors qu\u2019ils sont plong\u00e9s dans un chaos absurde provoqu\u00e9 par les deux comp\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p>Habill\u00e9s en short, t-shirt, baskets et blouse-peignoir bleu, les deux com\u00e9diens se mettent \u00e0 tester plusieurs m\u00e9dias artistiques avec lesquels ils disent vouloir commencer le spectacle. En floutant d\u2019embl\u00e9e la limite entre ce qui appartient \u00e0 un possible univers fictionnel et ce qui est r\u00e9el, Juan et Oscar, qui semblent jouer leurs propres r\u00f4les en amplifiant les traits de \u00ab&nbsp;clowns&nbsp;\u00bb, viennent cr\u00e9er un espace exp\u00e9rimental pour explorer ce \u00ab&nbsp;quelque chose qui nous \u00e9chappe&nbsp;\u00bb. Tous les accessoires utilis\u00e9s prennent alors une signification arbitraire, symbolique et absurde.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;\u00c0 cet \u00e9gard, la fin du spectacle est significative : apr\u00e8s avoir d\u00e9roul\u00e9 des pelotes de laine pour relier tous les accessoires dispos\u00e9s sur une sc\u00e8ne \u00e0 peine \u00e9clair\u00e9e, Oscar Gomez Mata, v\u00eatu d\u2019une combinaison rose et d\u2019un sac en crochet sur la t\u00eate, s\u2019avance au milieu des fils. Se trouvant emm\u00eal\u00e9, il finit par tout ramener \u00e0 lui dans un dernier geste, se retrouvant seul face aux spectateurs. Pourtant, le spectacle avait commenc\u00e9 comme une simple discussion de coulisses humoristique sur une sc\u00e8ne alors encombr\u00e9e par ces divers accessoires plac\u00e9s presque al\u00e9atoirement&nbsp;: des chaises, une table, trois petits \u00e9crans de projection, des bambous dans un pot, un s\u00e9choir \u00e0 linge avec des habits dessus, des hulas hoops, une construction compos\u00e9e de morceaux de polystyr\u00e8ne, une ligne de d\u00e9marcation de piscine pendue au plafond, deux r\u00e9chauds avec des marmites\u2026 Les spectateurs ne comprenaient alors pas tr\u00e8s bien \u00e0 quoi servaient tous ces objets et o\u00f9 les acteurs voulaient en venir. On s\u2019imaginait volontiers que tous les accessoires allaient servir un objectif pr\u00e9cis et significatif dans le spectacle. Nous voil\u00e0 tomb\u00e9s dans le pi\u00e8ge.<\/p>\n\n\n\n<p>En variant les s\u00e9quences entre r\u00e9flexions plus m\u00e9taphysiques \u2013 sur notre rapport au monde sensible et \u00e0 l\u2019art \u2013 et moments de performance, les spectateurs, tout en riant, sont amen\u00e9s \u00e0 pr\u00eater attention aux exp\u00e9riences sensorielles et \u00e0 la symbolique qu\u2019ils attribuent (ou non) \u00e0 celles-ci. La l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 tourne parfois m\u00eame \u00e0 l\u2019autod\u00e9rision, particuli\u00e8rement pr\u00e9sente au d\u00e9but du spectacle lors des reproductions de formes d\u2019art dans diff\u00e9rentes s\u00e9quences&nbsp;: un film projet\u00e9 des deux comp\u00e8res, un solo de fl\u00fbte, un tableau qui ressemble \u00e0 un gribouillis d\u2019enfant, une danse performative, un po\u00e8me qui ne veut rien dire ou encore une sorte de stand-up. Les spectateurs rient avec les deux com\u00e9diens qui cherchent \u00e0 mettre absolument du sens dans toutes les choses qui leur entourent, rappelant ainsi les spectateurs qui eux-m\u00eames tentaient d\u2019interpr\u00e9ter les accessoires au d\u00e9but du spectacle. Si cette qu\u00eate de sens fait rire, elle est aussi centrale dans les moments de r\u00e9flexions m\u00e9taphysiques. Le message du spectacle semble ainsi se lire entre les lignes&nbsp;: les spectateurs ne doivent pas chercher \u00e0 rationaliser tout ce qui se passe et accepter que certains ph\u00e9nom\u00e8nes leur \u00e9chappent. Aux yeux des deux com\u00e9diens, toute exp\u00e9rience semble \u00eatre de l\u2019ordre de l\u2019arbitraire, du subjectif et les spectateurs sont donc invit\u00e9s \u00e0 poser un regard nouveau sur le monde en mettant en avant un rapport sensoriel qui accepte la magie et le myst\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>13 d\u00e9cembre 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/emma-chapatte\/\" data-type=\"page\" data-id=\"16624\"> <\/a><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/enola-rindlisbacher\/\" data-type=\"page\" data-id=\"16942\">Enola Rindlisbacher<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/arsenic.ch\/spectacle\/inactuels-oscar-gomez-mata\/\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chef de projet et mise en sc\u00e8ne\u00a0: Oscar G\u00f3mez Mata \/ Interpr\u00e9tation\u00a0: Oscar G\u00f3mez Mata et Juan Loriente \/ Arsenic (Lausanne) \/ du 7 au 10 d\u00e9cembre 2023 \/ critiques par Sophie Perruchoud et Enola Rindlisbacher.<\/p>\n","protected":false},"author":1002694,"featured_media":17355,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,3,38],"tags":[276,275],"class_list":["post-17350","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-theatre-de-larsenic","category-spectacle","tag-enola-rindlisbacher","tag-sophie-perruchoud"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17350","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002694"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=17350"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17350\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19238,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17350\/revisions\/19238"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/17355"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=17350"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=17350"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=17350"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}