{"id":17309,"date":"2023-12-07T20:39:11","date_gmt":"2023-12-07T19:39:11","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=17309"},"modified":"2025-03-06T11:13:32","modified_gmt":"2025-03-06T10:13:32","slug":"festival","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2023\/12\/festival\/","title":{"rendered":"Festival"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Festival<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Conception et jeu par Claire Dessimoz, Clara Delorme, Louis Bonard \/La Grange \u2013 Centre \/ Arts et Science \/ UNIL \/ du 5 au 10 d\u00e9cembre 2023 \/ critiques par Th\u00e9o Krebs et Piera Biondina . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Une bonne humeur contagieuse<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>07 d\u00e9cembre 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/theo-krebs\/\" data-type=\"page\" data-id=\"16621\">Th\u00e9o Krebs<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1920\" height=\"1110\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/s23-24-vignette-horizontale-festivalcanouk-maupu-2048x1184-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-17307\" style=\"width:300px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/s23-24-vignette-horizontale-festivalcanouk-maupu-2048x1184-1.jpg 1920w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/s23-24-vignette-horizontale-festivalcanouk-maupu-2048x1184-1-300x173.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/s23-24-vignette-horizontale-festivalcanouk-maupu-2048x1184-1-1024x592.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/s23-24-vignette-horizontale-festivalcanouk-maupu-2048x1184-1-250x145.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/s23-24-vignette-horizontale-festivalcanouk-maupu-2048x1184-1-768x444.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/s23-24-vignette-horizontale-festivalcanouk-maupu-2048x1184-1-1536x888.jpg 1536w\" sizes=\"auto, (max-width: 1920px) 100vw, 1920px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Anouk Maupu<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p> <em>Premi\u00e8re cr\u00e9ation du trio form\u00e9 par Claire Dessimoz, Clara Delorme et Louis Bonard,&nbsp;<\/em>Festival<em>&nbsp;expose, au son de la&nbsp;<\/em>Premi\u00e8re symphonie&nbsp;<em>de Mahler, le quotidien banal d\u2019une famille banale dans lequel s\u2019invitent des cr\u00e9atures aux longs doigts et aux nombreux yeux qui, par accident, d\u00e9truisent le quatri\u00e8me mur. La sc\u00e8ne de la Grange devient le d\u00e9cor d\u2019une maison qui redevient une sc\u00e8ne. Se d\u00e9gage de ce spectacle hybride une bonne humeur contagieuse.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Mais que font ces \u00e9tranges cr\u00e9atures, \u00e0 mi-chemin entre des acariens g\u00e9ants et des extra-terrestre<s>s<\/s>&nbsp;dans cette maison tellement normale pendant une nuit de No\u00ebl&nbsp;? Elles contrastent de mani\u00e8re frappante avec la petite famille que nous avons pu voir \u00e9voluer pendant la premi\u00e8re moiti\u00e9 du spectacle. Pour ces cr\u00e9atures, tout est objet de curiosit\u00e9. Ces corps explorent la maison qui semble sortie d\u2019un rayon de chez Ikea, touchent le canap\u00e9 comme si c\u2019\u00e9tait la premi\u00e8re fois qu\u2019elles \u00e9taient confront\u00e9es \u00e0 un objet de ce genre. Ce lieu rempli d\u2019objets que nous connaissons est pour elles un terrain de jeu nouveau.<\/p>\n\n\n\n<p>Jusqu\u2019alors, cette maison n\u2019\u00e9tait qu\u2019un lieu du quotidien. Une fois rentr\u00e9 du travail, le p\u00e8re de famille camp\u00e9 par Louis Bonard se sert un caf\u00e9, l\u2019air de rien, puis se dirige vers les toilettes dont il oublie de fermer la porte. Son \u00e9pouse (Claire Dessimoz) la referme en passant, l\u2019air amus\u00e9 et sans surprise. On l\u2019imagine sans peine lui dire \u00ab&nbsp;Tu as encore oubli\u00e9&nbsp;!&nbsp;\u00bb. On l\u2019imagine car cette premi\u00e8re partie baigne dans une musique presque omnipr\u00e9sente traduisant la bonne humeur et le bonheur qui flottent dans cette maison, tandis que les membres de la famille se d\u00e9placent et jouent en pantomime, sans presque prof\u00e9rer aucune parole. Ce quotidien banal a cependant quelque chose d\u2019\u00e9trange, car ce bonheur ambiant rentre parfois en contraste avec&nbsp;<em>La Premi\u00e8re Symphonie&nbsp;<\/em>de Gustav Mahler, \u00e9tonnamment grandiloquente. Il semble surjou\u00e9. Les gestes d\u2019affection sont trop grands, exag\u00e9r\u00e9s. La m\u00e8re de famille remet en place une veste sur le porte-manteau avec un peu trop d\u2019enthousiasme ; la petite fille (Clara Delorme) s\u2019amuse un peu trop d\u2019un rien&nbsp;; les rires silencieux sont accompagn\u00e9s par des mouvements qui traduisent une trop grande hilarit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Les trois personnages \u00e9voluent dans ce salon, cette salle \u00e0 manger, cette cuisine comme dans une maison de poup\u00e9e. On en voit trois des murs et le quatri\u00e8me,&nbsp;bien qu\u2019invisible, existe aussi, comme en t\u00e9moigne le moment o\u00f9 la m\u00e8re de famille y nettoie au chiffon une fen\u00eatre elle aussi invisible. La famille est compl\u00e8tement coup\u00e9e de nous. Lorsque, lors du r\u00e9veillon de No\u00ebl, la petite fille se l\u00e8ve pour interpr\u00e9ter le&nbsp;<em>Po\u00e8me sur la septi\u00e8me<\/em>, elle s\u2019adresse uniquement \u00e0 ses parents qui la regardent, amus\u00e9s. Les spectateurs sont plac\u00e9s dans une position de voyeurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Ils observent de la m\u00eame fa\u00e7on, dans un premier temps, les cr\u00e9atures qui sortent doucement de l\u2019armoire, du frigo et de derri\u00e8re le canap\u00e9 une fois la nuit du r\u00e9veillon tomb\u00e9e. Lorsque, par accident, elles se rendent compte qu\u2019elles peuvent changer la musique qui \u00e9mane de la radio, elles se lancent, dans un num\u00e9ro de danse qui se renouvelle chaque fois qu\u2019elles changent de cha\u00eene. Elles jouent pour elles et entre elles, accompagn\u00e9es par les lumi\u00e8res du spectacle qui changent pour les accompagner.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais l\u2019univers fictionnel s\u2019affole soudain. Un changement de trop fait d\u00e9railler les lumi\u00e8res et effraie les cr\u00e9atures qui courent en tous sens, au point de d\u00e9truire les murs de la maison, r\u00e9v\u00e9lant les secrets du spectacle&nbsp;: la fen\u00eatre \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la porte d\u2019entr\u00e9e ne donne pas sur l\u2019ext\u00e9rieur mais sur un petit \u00e9cran sur lequel cet ext\u00e9rieur est projet\u00e9&nbsp;; les murs de la maison s\u2019effondrent et se r\u00e9v\u00e8lent n\u2019\u00eatre que des panneaux de bois. Et l\u2019in\u00e9vitable arrive. C\u2019est au tour du quatri\u00e8me mur de s\u2019effondrer. Les cr\u00e9atures nous aper\u00e7oivent alors et un mouvement de fr\u00e9n\u00e9sie s\u2019empare d\u2019elles, elles traversent les gradins o\u00f9 nous sommes assis pour nous voir de plus pr\u00e8s, curieuses. Ce moment pass\u00e9, elles reprennent leurs jeux, en nous int\u00e9grant, cette fois.<\/p>\n\n\n\n<p>On n\u2019attend qu\u2019une chose&nbsp;: que l\u2019un des habitants de la maison se r\u00e9veille et tombe sur les cr\u00e9atures. C\u2019est ce qui arrive, mais la r\u00e9action n\u2019est pas la surprise \u00e0 laquelle on aurait pu s\u2019attendre face \u00e0 tant d\u2019incongruit\u00e9s. La petite fille qui est descendue pendant la nuit pour ouvrir son cadeau ne semble pas r\u00e9ellement \u00e9tonn\u00e9e de la pr\u00e9sence des \u00eatres qu\u2019elle ne voit pas tout de suite. Elle l\u2019est \u00e0 peine plus par le fait qu\u2019elle soit regard\u00e9e par une foule de spectateurs, qu\u2019elle remarque apr\u00e8s avoir fait un pas d\u00e9cisif au-del\u00e0 du quatri\u00e8me mur, pouss\u00e9e par les cr\u00e9atures \u00e0 les rejoindre.<\/p>\n\n\n\n<p>Si l&rsquo;arriv\u00e9e de ces \u00eatres hybrides permet de donner un souffle nouveau \u00e0 la pi\u00e8ce dont la premi\u00e8re partie peut sembler longue par la quotidiennet\u00e9 de ce qu\u2019elle montre, il reste cependant facile \u00e0 tout moment de se laisser impr\u00e9gner par la bonne humeur ambiante de la pi\u00e8ce, par un geste anodin qui se r\u00e9v\u00e8le cocasse ou par l\u2019impulsivit\u00e9 des cr\u00e9atures, en particulier lorsque celles-ci envahissent notre quotidien de spectateurs assis \u00e0 les regarder.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>07 d\u00e9cembre 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/theo-krebs\/\" data-type=\"page\" data-id=\"16621\">Th\u00e9o Krebs<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Tout est possible<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>08 d\u00e9cembre 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/piera-biondina\/\" data-type=\"page\" data-id=\"16933\">Piera Biondina<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"767\" height=\"767\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/festival-anouk-maupu-06-767x767-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-17338\" style=\"width:294px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/festival-anouk-maupu-06-767x767-1.jpg 767w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/festival-anouk-maupu-06-767x767-1-200x200.jpg 200w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/festival-anouk-maupu-06-767x767-1-170x170.jpg 170w\" sizes=\"auto, (max-width: 767px) 100vw, 767px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Anouk Maupu<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Dans une repr\u00e9sentation pleine de musique et de surprises,&nbsp;<\/em>Festival<em>&nbsp;expose les m\u00e9canismes du th\u00e9\u00e2tre non pas pour le discr\u00e9diter mais pour saluer sa capacit\u00e9 \u00e0 surprendre, \u00e9merveiller et raconter toutes sortes d&rsquo;histoires sans limites \u00e0 l&rsquo;imagination.<\/em>&nbsp;<em>Nul besoin de dialogues&nbsp;: la force du spectacle r\u00e9side dans l&rsquo;utilisation de la musique, dans les corps des com\u00e9dien.nes et dans le th\u00e9\u00e2tre lui-m\u00eame, compris \u00e0 la fois comme lieu et comme m\u00e9dium artistique.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le spectacle est \u00e0 la fois tr\u00e8s simple et tr\u00e8s complexe \u00e0 r\u00e9sumer. Tr\u00e8s simple, parce qu\u2019il parle d\u2019une famille parfaite \u00e0 l\u2019extr\u00eame dont la maison, la nuit de No\u00ebl, est envahie contre toute attente par des cr\u00e9atures, inoffensives, qui semblent venir d&rsquo;une autre plan\u00e8te. Tr\u00e8s complexe, parce que cette histoire apparemment simple rec\u00e8le tout un jeu avec les codes du th\u00e9\u00e2tre, ses capacit\u00e9s de narration et ses limites, ses solutions techniques li\u00e9es \u00e0 la sc\u00e9nographie, aux d\u00e9corations, aux masques et ainsi de suite.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le jeu des com\u00e9dien.nes est davantage bas\u00e9 sur le mouvement et l&rsquo;expression physique que sur le dialogue. L\u2019histoire se d\u00e9roule en effet sur un fond tr\u00e8s pr\u00e9sent de musique classique, avec surtout la premi\u00e8re symphonie de Mahler. Il y a \u00e9galement des morceaux plus pop qui, de temps en temps, prennent le dessus et les personnages \u2013 que ce soit la m\u00e8re de famille dans la premi\u00e8re partie ou les cr\u00e9atures extraterrestres dans la seconde \u2013 se laissent transporter par le rythme, entra\u00eenant avec eux le public. Ces moments contrastent avec l\u2019atmosph\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, plus calme et paisible, qui semble dominer la sc\u00e8ne, et suscitent des rires.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la premi\u00e8re partie, le public observe le p\u00e8re (Louis Bonard), la m\u00e8re (Claire Dessimoz) et la fille (Clara Delorm) qui m\u00e8nent une parfaite vie familiale la veille de No\u00ebl. Leurs gestes, aussi exag\u00e9r\u00e9s que le volume de la musique, ont quelque chose de parodique, dans un d\u00e9cor excessivement r\u00e9aliste. Chaque sourire, chaque c\u00e2lin, chaque regard est surjou\u00e9 et cette sc\u00e8ne terriblement longue touche \u00e0 l\u2019absurde pour le public. Sans que le quatri\u00e8me mur ne soit encore bris\u00e9, cet exc\u00e8s de th\u00e9\u00e2tralit\u00e9 suffit \u00e0 exhiber la fictionnalit\u00e9 du spectacle, et c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment autour de la notion de \u00ab&nbsp;th\u00e9\u00e2tre&nbsp;\u00bb et des questions sur ce que le th\u00e9\u00e2tre peut faire que se construit la deuxi\u00e8me partie.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Une fois que p\u00e8re, m\u00e8re et fille sont all\u00e9s se coucher et que les cr\u00e9atures extraterrestres entrent en sc\u00e8ne, l\u2019ing\u00e9niosit\u00e9 de la mise en sc\u00e8ne et de la sc\u00e9nographie (sign\u00e9e Mathilde Aubineau) est d\u00e9voil\u00e9e petit \u00e0 petit dans un crescendo au cours duquel ces nouveaux personnages s\u2019approprient l\u2019espace en l\u2019occupant avec leurs corps apparemment maladroits mais \u00e9tonnamment agiles, et en le d\u00e9truisant. On s\u2019amuse de la fa\u00e7on de bouger des cr\u00e9atures et de l\u2019\u00e9trange contraste avec la sc\u00e8ne r\u00e9aliste initiale.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La nature artificielle du th\u00e9\u00e2tre est, petit \u00e0 petit, litt\u00e9ralement d\u00e9construite. Non seulement le quatri\u00e8me mur, mais tous les murs constituant la maison de la famille tombent, et l\u2019espace est utilis\u00e9 par les cr\u00e9atures tel qu\u2019il est, en r\u00e9v\u00e9lant toutes les astuces des d\u00e9cors. Cette destruction tant physique qu\u2019intellectuelle du th\u00e9\u00e2tre est d\u2019autant plus joyeuse que le public est invit\u00e9 par les cr\u00e9atures \u00e0 y prendre part. Les extraterrestres, aux masques tr\u00e8s \u00e9labor\u00e9es et aux costumes qui rendent leur corps lourdaud, munis d&rsquo;une longue queue de dinosaure, n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 enjamber les si\u00e8ges de la salle tout en interagissant avec les spectateur.ices, qui ont ainsi la possibilit\u00e9 de les toucher, de sentir la mat\u00e9rialit\u00e9 de leurs costumes.<\/p>\n\n\n\n<p>En exhibant les artifices du th\u00e9\u00e2tre, le spectacle les c\u00e9l\u00e8bre, en r\u00e9veillant aupr\u00e8s du public la simple joie de constater qu&rsquo;il est possible de faire appara\u00eetre une for\u00eat l\u00e0 o\u00f9 il y avait un salon, et qu\u2019il n\u2019y a rien qui nous emp\u00eache de m\u00ealer \u00e0 notre r\u00e9alit\u00e9 des histoires d\u2019extraterrestres et des contes de No\u00ebl.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>08 d\u00e9cembre 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/piera-biondina\/\" data-type=\"page\" data-id=\"16933\">Piera Biondina<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.grange-unil.ch\/evenement\/festival-23\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a>\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Conception et jeu par Claire Dessimoz, Clara Delorme, Louis Bonard \/La Grange \u2013 Centre \/ Arts et Science \/ UNIL \/ du 5 au 10 d\u00e9cembre 2023 \/ critiques par Th\u00e9o Krebs et Piera Biondina .<\/p>\n","protected":false},"author":1002694,"featured_media":19729,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,5,38],"tags":[281,269],"class_list":["post-17309","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-la-grange","category-spectacle","tag-piera-biondina","tag-theo-krebs"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17309","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002694"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=17309"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17309\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":22919,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17309\/revisions\/22919"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/19729"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=17309"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=17309"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=17309"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}