{"id":17292,"date":"2023-12-07T16:00:11","date_gmt":"2023-12-07T15:00:11","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=17292"},"modified":"2025-02-07T12:09:43","modified_gmt":"2025-02-07T11:09:43","slug":"figaro-divorce-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2023\/12\/figaro-divorce-2\/","title":{"rendered":"Figaro divorce"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Figaro divorce<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Mise en sc\u00e8ne par Philippe Sireuil \/ d&rsquo;apr\u00e8s le texte d&rsquo;\u00d6d\u00f6n von Horv\u00e1th \/ Th\u00e9\u00e2tre des Osses (Fribourg) \/ du 08 au 28 d\u00e9cembre 2023 \/ critique par Enola Rindlisbacher <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong><strong>Figaro et la R\u00e9volution<\/strong><\/strong><\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>07 d\u00e9cembre 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/enola-rindlisbacher\/\" data-type=\"page\" data-id=\"16942\">Enola Rindlisbacher<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1802\" height=\"1184\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/Capture-decran-2023-12-07-a-15.54.43.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-17302\" style=\"width:300px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/Capture-decran-2023-12-07-a-15.54.43.png 1802w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/Capture-decran-2023-12-07-a-15.54.43-300x197.png 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/Capture-decran-2023-12-07-a-15.54.43-1024x673.png 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/Capture-decran-2023-12-07-a-15.54.43-250x164.png 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/Capture-decran-2023-12-07-a-15.54.43-768x505.png 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/Capture-decran-2023-12-07-a-15.54.43-1536x1009.png 1536w\" sizes=\"auto, (max-width: 1802px) 100vw, 1802px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Th\u00e9\u00e2tre des Osses<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Pi\u00e8ce con\u00e7ue pour susciter le rire tout en offrant une r\u00e9flexion sur des th\u00e9matiques intemporelles,&nbsp;<\/em>Figaro divorce&nbsp;<em>met en sc\u00e8ne son personnage \u00e9ponyme alors qu\u2019il \u00e9chappe \u00e0 la R\u00e9volution en compagnie de sa femme ainsi que du comte et de la comtesse Almaviva. Dans un monde o\u00f9 les anciens codes sociaux sont boulevers\u00e9s, l\u2019adaptation des personnages semble parfois \u00eatre difficile.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le nom de Figaro vous est sans aucun doute familier. Personnage embl\u00e9matique du th\u00e9\u00e2tre du XVIII<sup>e<\/sup><em>&nbsp;<\/em>si\u00e8cle, ce valet \u00e0 la parole libre et \u00e0 l\u2019esprit malin appara\u00eet dans plusieurs pi\u00e8ces de Beaumarchais&nbsp;:&nbsp;<em>Le Barbier de S\u00e9ville&nbsp;<\/em>(1775),&nbsp;<em>Le Mariage de Figaro&nbsp;<\/em>(1784), puis&nbsp;<em>La M\u00e8re coupable&nbsp;<\/em>(1792). Si le deuxi\u00e8me volet de la trilogie de Beaumarchais marque un d\u00e9nouement heureux avec le mariage de Figaro et Suzanne, la suite de l\u2019histoire imagin\u00e9e&nbsp;dans&nbsp;<em>Figaro Divorce<\/em>&nbsp;d\u2019\u00d6d\u00f6n von Horv\u00e1th laisse pr\u00e9sager un destin plus sombre.&nbsp;\u00c9crite \u00e0 l\u2019\u00e9poque de la mont\u00e9e du nazisme en Allemagne, cette com\u00e9die qui, selon son auteur, \u00ab&nbsp;fait pleurer&nbsp;\u00bb, met de c\u00f4t\u00e9 les intrigues amoureuses de la cour du comte Almaviva pour entra\u00eener les personnages dans la fuite de la R\u00e9volution.<\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9but du spectacle nous montre ainsi les personnages de Beaumarchais \u2013 Suzanne, Figaro, le comte et la comtesse Almaviva \u2013 contraints \u00e0 l\u2019exil. La rumeur court&nbsp;:&nbsp;<em>le roi est mort<\/em>. Six ans apr\u00e8s le mariage de Figaro et Suzanne, la R\u00e9volution fran\u00e7aise est en marche. La salle est plong\u00e9e dans le noir. S\u2019\u00e9crivant sous nos yeux comme avec une machine \u00e0 \u00e9crire, les didascalies de ce premier tableau sont projet\u00e9es sur un mur. Puis deux lanternes s\u2019allument. Les deux couples apparaissent avec leurs valises en habits du&nbsp;xviii<sup>e<\/sup>, \u00e9norme robe bouffante, froufrous, talonnettes et perruques. Ils ont l\u2019air \u00e9puis\u00e9. Le bruit de la for\u00eat ainsi que la fum\u00e9e qui se r\u00e9pand sur sc\u00e8ne cr\u00e9ent une ambiance angoissante. Le comte et la comtesse Almaviva ne veulent pas mourir.<\/p>\n\n\n\n<p>Si la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la R\u00e9volution fran\u00e7aise est \u00e9vidente d\u00e8s le d\u00e9but de la pi\u00e8ce, \u00e0 mesure que les diff\u00e9rents tableaux se forment, la temporalit\u00e9 se voit flout\u00e9e. \u00c7\u00e0 et l\u00e0, dans un d\u00e9cor minimal qui se modifie \u00e0 chaque tableau, certains \u00e9l\u00e9ments viennent indiquer un rapport aux ann\u00e9es 1930-1940, rappelant ainsi aux spectateurs la \u00ab&nbsp;r\u00e9volution&nbsp;\u00bb du national-socialisme allemand : une vieille radio, un t\u00e9l\u00e9phone accroch\u00e9 au mur, des skis. Quant aux costumes des personnages, ils sont diff\u00e9rents en fonction de leur statut social et de l\u2019\u00e9poque qu\u2019ils incarnent&nbsp;: le&nbsp;comte Almaviva et la Comtesse gardent leurs v\u00eatements de l\u2019aristocratie. P\u00e9drille \u2013 l\u2019ancien palefrenier du Comte devenu intendant du ch\u00e2teau \u2013 porte des habits st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9s du r\u00e9volutionnaire avec de grandes bottes noires. Franchette \u2013 sa femme \u2013 est habill\u00e9e dans un style rockabilly vintage, tandis que Figaro et Suzanne changent de v\u00eatement au cours de la pi\u00e8ce pour indiquer les \u00e9tapes de leur \u00e9volution dans ce nouveau monde.&nbsp;Le cadre spatio-temporel de la pi\u00e8ce se veut volontairement ambigu pour donner une dimension universelle et intemporelle. A ce propos \u00d6d\u00f6n von Horv\u00e1th \u00e9crit dans le pr\u00e9ambule qui sera projet\u00e9 \u00e0 la fin du spectacle pour expliciter le projet de cette repr\u00e9sentation :&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>N\u00e9anmoins,<\/em>&nbsp;<em>je me suis autoris\u00e9 \u00e0 situer l\u2019action \u00e0 notre \u00e9poque, car les probl\u00e8mes de la r\u00e9volution et de l\u2019\u00e9migration sont premi\u00e8rement : intemporels, et deuxi\u00e8mement : particuli\u00e8rement actuels \u00e0 notre \u00e9poque. La r\u00e9volution dont parle cette com\u00e9die n\u2019est donc pas celle de 1789, la grande R\u00e9volution fran\u00e7aise, mais&#8230; simplement toute r\u00e9volution, car tout bouleversement par la force trouve un d\u00e9nominateur commun dans ce que nous respectons ou m\u00e9prisons dans notre relation \u00e0 la notion d\u2019humanit\u00e9.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Le metteur en sc\u00e8ne Philippe Sireuil, entour\u00e9 par le sc\u00e9nographe Vincent Lemaire, le constructeur de d\u00e9cor Valere Girardin, la cr\u00e9atrice de costume Anna Van Br\u00e9e, ainsi qu\u2019une dizaine de com\u00e9diens, ont abord\u00e9 cette \u0153uvre avec humilit\u00e9, en cherchant \u00e0 rester fid\u00e8le au message de \u00d6d\u00f6n von Horv\u00e1th. Cependant, l\u2019univers fictionnel qui est d\u00e9velopp\u00e9 cr\u00e9e une atmosph\u00e8re anxiog\u00e8ne et sombre qui ne laisse que peu de place au genre comique mis en avant par \u00d6d\u00f6n von Horv\u00e1th, malgr\u00e9 les rires provoqu\u00e9s \u00e7\u00e0 et l\u00e0 par quelques situations comiques. De plus, si la pi\u00e8ce r\u00e9sonne particuli\u00e8rement avec la R\u00e9volution fran\u00e7aise et les ann\u00e9es 1930-1940 gr\u00e2ce au travail de mise en sc\u00e8ne, elle garde certaines distances avec le XXI<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle \u00e0 cause de l\u2019absence de r\u00e9f\u00e9rences explicites \u00e0 cette p\u00e9riode. Il serait donc difficile de parler de probl\u00e9matiques intemporelles tant elles sont ancr\u00e9es dans des contextes plus ou moins \u00e9loign\u00e9s du n\u00f4tre et qui ne peuvent se transposer de la m\u00eame mani\u00e8re \u00e0 notre \u00e9poque. Les spectateurs ne pourront donc s\u2019emp\u00eacher de se demander en lisant le pr\u00e9ambule : de quelle r\u00e9volution parle-t-on aujourd\u2019hui&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>07 d\u00e9cembre 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/enola-rindlisbacher\/\" data-type=\"page\" data-id=\"16942\">Enola Rindlisbacher<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.theatreosses.ch\/spectacle\/figaro-divorce\/\">Voir la page du spectacle<\/a>\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mise en sc\u00e8ne par Philippe Sireuil \/ d&rsquo;apr\u00e8s le texte d&rsquo;\u00d6d\u00f6n von Horv\u00e1th \/ Th\u00e9\u00e2tre des Osses (Fribourg) \/ du 08 au 28 d\u00e9cembre 2023 \/ critique par Enola Rindlisbacher<\/p>\n","protected":false},"author":1002694,"featured_media":17301,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","_seopress_analysis_target_kw":"","footnotes":""},"categories":[32,34,11,38],"tags":[276],"class_list":["post-17292","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-theatre-des-osses","category-spectacle","tag-enola-rindlisbacher"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17292","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002694"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=17292"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17292\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19254,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17292\/revisions\/19254"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/17301"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=17292"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=17292"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=17292"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}