{"id":17291,"date":"2023-12-07T15:06:41","date_gmt":"2023-12-07T14:06:41","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=17291"},"modified":"2025-02-07T12:10:05","modified_gmt":"2025-02-07T11:10:05","slug":"un-prince-de-hombourg","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2023\/12\/un-prince-de-hombourg\/","title":{"rendered":"Un Prince de Hombourg"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Un Prince de Hombourg<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Mise en sc\u00e8ne par Robert Cantarella \/ d\u2019apr\u00e8s le texte de Heinrich von Kleist \/ Th\u00e9\u00e2tre de Vidy (Lausanne) \/ du 6 au 10 d\u00e9cembre 2023 \/ critiques par Emma Chapatte et Enola Rindlisbacher . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Un Prince de Hombourg touchant au sublime<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>07 d\u00e9cembre 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/emma-chapatte\/\" data-type=\"page\" data-id=\"16624\">Emma Chapatte<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"660\" height=\"876\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/Capture-decran-2023-12-07-a-15.00.11.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-17297\" style=\"width:216px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/Capture-decran-2023-12-07-a-15.00.11.png 660w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/Capture-decran-2023-12-07-a-15.00.11-151x200.png 151w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/Capture-decran-2023-12-07-a-15.00.11-128x170.png 128w\" sizes=\"auto, (max-width: 660px) 100vw, 660px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Nicolas Valois<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>\u00c0 Vidy,&nbsp;<\/em>le Prince de Hombourg<em>&nbsp;de Robert Cantarella questionne l\u2019ob\u00e9issance&nbsp;aux a\u00een\u00e9\u00b7x\u00b7es avec&nbsp;une nouvelle traduction du texte d\u2019Heinrich von Kleist, sign\u00e9e St\u00e9phane Bouquet.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Nicolas Maury est un touche-\u00e0-tout. Du petit \u00e9cran avec la s\u00e9rie&nbsp;<em>Dix pour Cent<\/em>, au Septi\u00e8me Art en passant par la chanson, l\u2019artiste aime multiplier les formes d\u2019expression. Son amour du th\u00e9\u00e2tre est lui aussi vivace et sa rencontre avec Robert Cantarella fut d\u00e9cisive&nbsp;: les deux artistes ont d\u00e9j\u00e0 mont\u00e9 une vingtaine de spectacles ensemble, et remettent ce mois-ci le couvert \u00e0 Vidy.<\/p>\n\n\n\n<p>Fauteuil \u0153uf rouge vif, photo XXL de for\u00eat et armure sur son portant, la sc\u00e9nographie de cette nouvelle cr\u00e9ation m\u00e9lange les codes et les temporalit\u00e9s. Guerres napol\u00e9oniennes et int\u00e9rieur design s\u2019entrem\u00ealent pour cr\u00e9er leur propre pr\u00e9sent, et remettre au go\u00fbt du jour ce texte de 1811. Au centre du plateau, un trou rectangulaire, de la taille d\u2019une tombe, dans lequel le Prince est prostr\u00e9&nbsp;: la sc\u00e8ne initiale et finale, comme une annonce pr\u00e9monitoire, est saccad\u00e9e de lumi\u00e8re crue fa\u00e7on flash-back cauchemardesque.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Prince de Hombourg est un inadapt\u00e9, un r\u00eaveur. Somnambule, il se r\u00e9veille la veille d\u2019une bataille d\u00e9cisive avec un myst\u00e9rieux gant \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de lui. Dans son trouble, il n\u2019\u00e9coute pas les consignes donn\u00e9es pour le combat et le jour venu, il rompt pr\u00e9matur\u00e9ment les rangs, ramenant ainsi la victoire chez les siens mais enfreignant la loi re\u00e7ue. Et s\u2019expose ainsi \u00e0 la peine capitale pour avoir d\u00e9sob\u00e9i \u00e0 un ordre royal.<\/p>\n\n\n\n<p>La question de l\u2019ob\u00e9issance l\u00e9gitime, dont les r\u00e9sonances sont puissantes aujourd\u2019hui, est ainsi r\u00e9actualis\u00e9e. Faut-il respecter les ordres, au risque de perdre, ou les enfreindre si cela permet de gagner&nbsp;? Le h\u00e9ros, si tant est que le terme convienne, incarne cette probl\u00e9matique mais ne tranche pas : c\u2019est l\u2019inattention qui le pousse \u00e0 outrepasser un ordre qu\u2019il ignore, gommant du m\u00eame coup la charge potentiellement revendicatrice de son acte.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a un peu d\u2019Antigone dans son geste, mais surtout beaucoup de finesse, soulign\u00e9 par le jeu touchant et incarn\u00e9 de Nicolas Maury. De quoi r\u00eaver, encore, et se questionner, toujours.<\/p>\n\n\n\n<p>Jusqu\u2019au 10 d\u00e9cembre au Th\u00e9\u00e2tre de Vidy, Lausanne.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>07 d\u00e9cembre 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/emma-chapatte\/\" data-type=\"page\" data-id=\"16624\">Emma Chapatte<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>(Ne pas) croire \u00e0 la fable<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>07 d\u00e9cembre 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/enola-rindlisbacher\/\" data-type=\"page\" data-id=\"16942\">Enola Rindlisbacher<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"197\" height=\"256\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/un-prince-de-hombourg_ne-pas-croire-a-la-fable.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-19730\" style=\"width:228px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/un-prince-de-hombourg_ne-pas-croire-a-la-fable.jpeg 197w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/un-prince-de-hombourg_ne-pas-croire-a-la-fable-154x200.jpeg 154w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/un-prince-de-hombourg_ne-pas-croire-a-la-fable-131x170.jpeg 131w\" sizes=\"auto, (max-width: 197px) 100vw, 197px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Nicolas Valois<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>\u00c0 partir d\u2019une nouvelle traduction du<\/em>&nbsp;Prince de Hombourg&nbsp;<em>compos\u00e9e par le po\u00e8te St\u00e9phane Bouquet, le metteur en sc\u00e8ne Robert Cantarella joue avec les limites de l\u2019adh\u00e9sion des spectateurs \u00e0 la fable en brisant l\u2019immersion de la repr\u00e9sentation th\u00e9\u00e2trale.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019origine,&nbsp;<em>Le Prince de Hombourg<\/em>&nbsp;se pr\u00e9sente comme un \u00ab&nbsp;drame patriotique&nbsp;\u00bb \u00e9crit vers 1810 par le po\u00e8te Heinrich von Kleist dans le but de convaincre ses compatriotes \u00e0 se dresser contre Napol\u00e9on alors que ses arm\u00e9es continuent de s\u2019\u00e9tendre sur toute l\u2019Europe. S\u2019inspirant librement de l\u2019histoire \u2013 presque l\u00e9gendaire \u2013 de l\u2019un des plus fameux anc\u00eatres des Hohenzollern, le Grand \u00c9lecteur, qu\u2019il trouve dans&nbsp;<em>Les M\u00e9moires<\/em>&nbsp;de Fr\u00e9d\u00e9ric II, Kleist cr\u00e9e un personnage qui incarne la raison d\u2019\u00c9tat exigeant une soumission absolue \u00e0 la loi. Son second personnage principal et h\u00e9ros de la pi\u00e8ce, le prince de Hombourg, incarne quant \u00e0 lui le point de vue oppos\u00e9, les passions du c\u0153ur. Au-del\u00e0 du conflit insoluble de la loi et du c\u0153ur, se joue \u00e9galement la th\u00e9matique de l\u2019\u00e9puration de l\u2019esprit, nourrie des th\u00e9ories kantiennes, o\u00f9 la moralit\u00e9 doit triompher des tendances mauvaises chez le jeune prince. Le drame donc, se rapproche \u00e9galement de la lign\u00e9e des trag\u00e9dies de purification du th\u00e9\u00e2tre classique allemand. Que reste-t-il du&nbsp;<em>Prince de Hombourg<\/em>&nbsp;en 2023&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p> La lumi\u00e8re s\u2019\u00e9teint et s\u2019allume par intermittence. Assis au milieu de feuilles vertes dans un rectangle de la largeur d\u2019une tombe, le prince, immobile, tient une couronne de laurier entre ses mains. Il est habill\u00e9 d\u2019une chemise blanche et d\u2019un slip. Sur la droite, les costumes sont expos\u00e9s sur des cintres&nbsp;entre de grands \u00e9tendards blancs : armure, \u00e9p\u00e9e, robe de princesse, chapeau \u00e0 plume et autres v\u00eatements inspir\u00e9s du&nbsp;xviii<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle viennent flouter la limite entre la sc\u00e8ne et les coulisses. Les murs qui entourent la sc\u00e8ne sont d\u00e9nud\u00e9s. Derri\u00e8re le prince, un canap\u00e9 noir et deux fauteuils modernes. En fond de sc\u00e8ne, un imprim\u00e9 de for\u00eat sur deux planches de d\u00e9cor. C\u00f4t\u00e9 jardin, au fond, des chaises pliables et des praticables r\u00e9duits \u00e0 leur simple fonction. Deux rideaux en plastique rouge forment une fausse coulisse par lequel les com\u00e9diens entrent. Le drame se joue sur une estrade, relay\u00e9 par un \u00e9cran.<\/p>\n\n\n\n<p>Loin d\u2019\u00eatre en qu\u00eate de v\u00e9racit\u00e9 historique, la mise en sc\u00e8ne vient plut\u00f4t tester les limites de l\u2019adh\u00e9sion des spectateurs \u00e0 la fable en d\u00e9construisant sans cesse ce qui pourrait faire illusion. Le&nbsp;jeu des com\u00e9diens, volontairement en retrait, d\u00e9samorce sans cesse les possibles envol\u00e9es lyriques, jusqu\u2019\u00e0 mettre en question le principe m\u00eame des r\u00f4les. Si le dispositif qui consiste \u00e0 maintenir les spectateurs aux fronti\u00e8res de la fiction int\u00e9resse, le choix de l\u2019appliquer \u00e0 une pi\u00e8ce&nbsp;qu&rsquo;on \u00e9prouve d\u00e8s lors comme tr\u00e8s longue&nbsp;pr\u00e9sente le risque de perdre certains d\u2019entre eux.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>07 d\u00e9cembre 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/enola-rindlisbacher\/\" data-type=\"page\" data-id=\"16942\">Enola Rindlisbacher<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/vidy.ch\/fr\/evenement\/un-prince-de-hombourg\/\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mise en sc\u00e8ne par Robert Cantarella \/ d\u2019apr\u00e8s le texte de Heinrich von Kleist \/ Th\u00e9\u00e2tre de Vidy (Lausanne) \/ du 6 au 10 d\u00e9cembre 2023 \/ critiques par Emma Chapatte et Enola Rindlisbacher .<\/p>\n","protected":false},"author":1002694,"featured_media":17296,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,2],"tags":[270,276],"class_list":["post-17291","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-de-vidy","tag-emma-chapatte","tag-enola-rindlisbacher"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17291","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002694"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=17291"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17291\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19731,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17291\/revisions\/19731"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/17296"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=17291"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=17291"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=17291"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}