{"id":17278,"date":"2023-12-06T09:49:02","date_gmt":"2023-12-06T08:49:02","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=17278"},"modified":"2024-06-27T15:33:40","modified_gmt":"2024-06-27T13:33:40","slug":"le-si-peu-talentueux-mister-r","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2023\/12\/le-si-peu-talentueux-mister-r\/","title":{"rendered":"Le si peu talentueux Mister R.\u00a0"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Le si peu talentueux Mister R.\u00a0<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Texte et mise en sc\u00e8ne par Jan Koslowski \/ POCHE\/GVE \/ du 20 novembre au 3 d\u00e9cembre 2023 \/ critique par Enola Rindlisbacher . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong><em>Romcom<\/em>\u00a0Tom<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>06 d\u00e9cembre 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/enola-rindlisbacher\/\" data-type=\"page\" data-id=\"16942\">Enola Rindlisbacher<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/26.11-11h-Le-si-peu-talentueux-Mister-R.-Imhof-inner-1-1024x768-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-17280\" style=\"width:300px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/26.11-11h-Le-si-peu-talentueux-Mister-R.-Imhof-inner-1-1024x768-1.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/26.11-11h-Le-si-peu-talentueux-Mister-R.-Imhof-inner-1-1024x768-1-267x200.jpg 267w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/26.11-11h-Le-si-peu-talentueux-Mister-R.-Imhof-inner-1-1024x768-1-227x170.jpg 227w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/12\/26.11-11h-Le-si-peu-talentueux-Mister-R.-Imhof-inner-1-1024x768-1-768x576.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Philip Frowein<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Dans cette pi\u00e8ce d\u00e9jant\u00e9e, le quatuor form\u00e9 par Tom, Tom, Tom et Tom \u00e0 l\u2019identit\u00e9 unique mais \u00e0 la voix partag\u00e9e, nous raconte son histoire d\u2019amour avec un certain Tom dans l\u2019univers superficiel de la bourgeoisie europ\u00e9enne \u00ab&nbsp;cosmopolite&nbsp;\u00bb menant une vie de boh\u00e8me dans les destinations touristiques les plus pris\u00e9es.&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Cette nouvelle saison 23-24 du POCHE \/ GVE, intitul\u00e9e EC(H)O, met l\u2019accent sur la dynamique des voix (<em>\u00e9cho<\/em>) et pr\u00eate une attention particuli\u00e8re aux enjeux \u00e9cologiques (<em>\u00e9co<\/em>) dans la cr\u00e9ation des spectacles.&nbsp;<em>Le si peu talentueux Mister R<\/em>. aborde sp\u00e9cifiquement cet&nbsp;<em>\u00e9cho<\/em>&nbsp;dans la fragmentation du personnage principal, de sorte que les diff\u00e9rentes voix qui le composent se r\u00e9p\u00e8tent, se r\u00e9pondent et entrent en r\u00e9sonance avec le public. Le titre de la pi\u00e8ce fait explicitement r\u00e9f\u00e9rence au roman psychologique&nbsp;<em>The Talented Mr. Ripley<\/em>&nbsp;(1955) de Patricia Highsmith, adapt\u00e9 au cin\u00e9ma notamment dans&nbsp;<em>Plein soleil<\/em>&nbsp;(1960) avec Alain Delon. La pi\u00e8ce n\u2019est cependant pas une transposition exacte de l\u2019\u0153uvre de Highsmith ni du film de Ren\u00e9 Cl\u00e9ment, mais une adaptation libre qui reprend l\u2019esth\u00e9tique du film dans les accessoires, costumes et la mise en sc\u00e8ne, tout en abordant certaines th\u00e9matiques du livre. Au-del\u00e0 de ces r\u00e9f\u00e9rences culturelles, la pi\u00e8ce cherche surtout \u00e0 \u00e9voquer un univers de repr\u00e9sentations partag\u00e9es, que ce soit en reprenant la trame st\u00e9r\u00e9otypique de la com\u00e9die romantique ou en repr\u00e9sentant le mode de vie des&nbsp;<em>bobos<\/em>&nbsp;du XXI<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<p>Rideaux ferm\u00e9s. Derri\u00e8re, quatre acteurs simplement v\u00eatus de peignoirs adoptent des postures lascives sur un matelas. Leur image est projet\u00e9e sur les rideaux. Lorsque ces derniers s\u2019ouvrent enfin, ils r\u00e9v\u00e8lent l\u2019intimit\u00e9 d\u2019une chambre d\u2019h\u00f4tel luxueuse avec un carrelage \u00e0 motif g\u00e9om\u00e9trique. En son centre, le matelas. Les com\u00e9diens s\u2019avancent, l\u2019un deux dit&nbsp;: \u00ab Me voil\u00e0, Je suis Tom&nbsp;\u00bb. Un autre ajoute : \u00ab&nbsp;Ich bin auch Tom \u00bb. Qui est Tom&nbsp;? Il est ce gars rencontr\u00e9 \u00e0 l\u2019Universit\u00e9, celui qui ne va pas en vacances \u00e0 Venezia&nbsp;en ao\u00fbt car \u00ab&nbsp;on ne va&nbsp;<em>pas<\/em>&nbsp;en vacances \u00e0 Venezia en ao\u00fbt&nbsp;\u00bb. Celui qui s\u2019offre le meilleur Airbnb de la ville, qui ne compte pas son argent, celui qui vit comme si tous les jours \u00e9taient un dimanche. Contrairement au Tom de Patricia Highsmith, manipulateur talentueux et peu scrupuleux, le Tom de Jan Koslowski se caract\u00e9rise par son absence de savoir, \u00e9nonc\u00e9e comme un refrain : \u00ab&nbsp;Voici Tom, il faut tout apprendre \u00e0 Tom parce qu\u2019il ne sait rien \/\/ Je suis Tom, il faut tout m\u2019apprendre parce que je ne sais rien.&nbsp;\u00bb&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Tom appara\u00eet sur sc\u00e8ne comme une identit\u00e9 fragment\u00e9e entre les com\u00e9diens Chady Abu-Nijmeh, David Attenberger, Marek Recours\u00e9 et Daryl Xavier. Celle-ci est compl\u00e8tement interchangeable, tant avec chacun des com\u00e9diens qu\u2019avec toutes les personnes suivant ce mode de vie de la nouvelle bourgeoisie boh\u00e9mienne vivant dans l\u2019insouciance et la pauvret\u00e9 feinte, qui, dans les destinations touristiques les plus pris\u00e9es, a remplac\u00e9 l\u2019ancienne bourgeoisie opulente et rigide du film de Ren\u00e9 Cl\u00e9ment. Cette bourgeoisie repr\u00e9sent\u00e9e dans la pi\u00e8ce se caract\u00e9rise \u00e9galement par son aspect cosmopolite. Tom est repr\u00e9sent\u00e9 comme un vacancier perp\u00e9tuel, sans racine, pour qui les lieux sont aussi interchangeables que les personnes. Le texte plurilingue de la pi\u00e8ce o\u00f9 allemand et fran\u00e7ais se partagent les r\u00e9pliques avec quelques fois de l\u2019anglais et du suisse allemand, produit \u00e9galement cet aspect \u00ab&nbsp;cosmopolite&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>La vie superficielle de Tom se traduit dans une vie de boh\u00e8me, l\u00e9g\u00e8re et r\u00e9p\u00e9titive, o\u00f9 personne ne se soucie du lendemain&nbsp;: un \u00ab&nbsp;<em>Romcom Tom<\/em>&nbsp;\u00bb commente Daryl Xavier, mais la r\u00e9f\u00e9rence au genre cin\u00e9matographique de la com\u00e9die romantique ne s\u2019arr\u00eate pas \u00e0 l\u2019intrigue. Pour suivre l\u2019histoire d\u2019un amour d\u2019\u00e9t\u00e9, le dispositif sc\u00e9nique joue avec les codes du cin\u00e9ma. Diff\u00e9rents plans sont r\u00e9alis\u00e9s \u00e0 l\u2019aide d\u2019une cam\u00e9ra port\u00e9e par un des com\u00e9diens sur sc\u00e8ne et dont les images sont projet\u00e9es sur les rideaux. D\u2019autres&nbsp;<em>clins d\u2019\u0153il<\/em>&nbsp;au cin\u00e9ma surgissent, avec la diffusion d\u2019un g\u00e9n\u00e9rique par exemple, contribuant \u00e0 cr\u00e9er un univers fictionnel plein de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 et humour.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>06 d\u00e9cembre 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/enola-rindlisbacher\/\" data-type=\"page\" data-id=\"16942\">Enola Rindlisbacher<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/poche---gve.ch\/spectacle\/le-talentueux-mr-r\/\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Texte et mise en sc\u00e8ne par Jan Koslowski \/ POCHE\/GVE \/ du 20 novembre au 3 d\u00e9cembre 2023 \/ critique par Enola Rindlisbacher .<\/p>\n","protected":false},"author":1002694,"featured_media":17282,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,171,38],"tags":[276],"class_list":["post-17278","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-le-poche","category-spectacle","tag-enola-rindlisbacher"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17278","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002694"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=17278"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17278\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19258,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17278\/revisions\/19258"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/17282"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=17278"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=17278"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=17278"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}