{"id":17245,"date":"2023-11-25T22:19:18","date_gmt":"2023-11-25T21:19:18","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=17245"},"modified":"2024-06-27T15:33:22","modified_gmt":"2024-06-27T13:33:22","slug":"la-force-de-la-farce","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2023\/11\/la-force-de-la-farce\/","title":{"rendered":"La Force de la Farce"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">La Force de la Farce<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Conception et jeu par Fran\u00e7ois Herpeux \/ Groupe F_T^M_S \/ Th\u00e9\u00e2tre Saint-Gervais (Gen\u00e8ve) \/ du 16 au 18 novembre 2023 \/ critique par Piera Biondina . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Un humour tr\u00e8s humain<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>25 novembre 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/piera-biondina\/\" data-type=\"page\" data-id=\"16933\">Piera Biondina<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1812\" height=\"1200\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/11\/La-Force-de-la-Farce-photo-1-credit-Francois-Herpeux.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-17246\" style=\"width:300px;height:undefinedpx\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/11\/La-Force-de-la-Farce-photo-1-credit-Francois-Herpeux.jpg 1812w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/11\/La-Force-de-la-Farce-photo-1-credit-Francois-Herpeux-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/11\/La-Force-de-la-Farce-photo-1-credit-Francois-Herpeux-1024x678.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/11\/La-Force-de-la-Farce-photo-1-credit-Francois-Herpeux-250x166.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/11\/La-Force-de-la-Farce-photo-1-credit-Francois-Herpeux-768x509.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/11\/La-Force-de-la-Farce-photo-1-credit-Francois-Herpeux-1536x1017.jpg 1536w\" sizes=\"auto, (max-width: 1812px) 100vw, 1812px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Fran\u00e7ois Herpeux<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Premier \u00e9pisode d\u2019une trilogie d\u00e9di\u00e9e au th\u00e8me de l\u2019apocalypse, co<\/em><em>n\u00e7u et jou\u00e9 par Fran\u00e7ois Herpeux et produit par le Groupe&nbsp;F_T^M_S \u2013 compagnie th\u00e9\u00e2trale lyonnaise avec laquelle le com\u00e9dien a d\u00e9j\u00e0 collabor\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises \u2013&nbsp;<\/em>La Force de la Farce<em>&nbsp;est un spectacle \u00ab&nbsp;tr\u00e8s dr\u00f4le&nbsp;\u00bb selon les termes du feuillet de pr\u00e9sentation. Exploration comique du comique, anim\u00e9 uniquement par un com\u00e9dien et une machine parlante qui brouille les limites entre personnage et objet de sc\u00e8ne, ce spectacle explore la nature profond\u00e9ment humaine de l\u2019humour.&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Extr\u00eamement s\u00fbr de lui et de son g\u00e9nie comique et p\u00e9dagogique, Patrice, le seul \u00eatre humain de cette farce, se d\u00e9die corps et \u00e2me \u00e0 une simple mission&nbsp;: enregistrer, plaisanterie apr\u00e8s plaisanterie, blague potache apr\u00e8s blague potache, la totalit\u00e9 de l\u2019humour humain. La pi\u00e8ce se d\u00e9roule en 1977 (les habits et surtout la coiffure du protagoniste ne laissent pas de doute \u00e0 ce propos) et l\u2019\u00eatre humain est au bord de l\u2019extinction. Patrice, comique rat\u00e9, est d\u00e9termin\u00e9 \u00e0 sauver l\u2019humour, qualit\u00e9 essentiellement humaine et qui permettra \u00e0 l\u2019humanit\u00e9 de ne pas tomber dans l\u2019oubli. Pour accomplir ce projet, il se sert de la premi\u00e8re forme d\u2019intelligence artificielle, Mich-L 480. Cette machine, capable d\u2019interagir avec les humains, doit enregistrer les performances de Patrice pour archiver l&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 du comique avant de se faire propulser dans l\u2019espace.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La relation entre l\u2019\u00eatre humain et l\u2019intelligence artificielle est tr\u00e8s bien articul\u00e9e. Ce qui pourrait para\u00eetre au d\u00e9but comme une collaboration professionnelle, puis comme une amiti\u00e9, assume de plus en plus un aspect de relation filiale. C\u2019est le cas par exemple lorsque Mich-L demande \u00e0 Patrice, avant de s\u2019endormir, de lui raconter des histoires de son pass\u00e9 de comique. \u00c0 la \u00e9ni\u00e8me nuit, Patrice perd patience et d\u00e9branche l\u2019appareil. Ces moments de tendresse entre le protagoniste et l\u2019intelligence artificielle s\u2019articulent autour des dynamiques de pouvoir qui nous forcent \u00e0 remettre en question le rapport entre humains et machines. Mais en brouillant les lignes entre objet de sc\u00e8ne et personnage, le rapport entre Patrice et Mich-L devient quasiment un rapport entre deux \u00eatres humains et le spectacle assume ainsi une forme plus traditionnelle d\u2019action, en mettant en sc\u00e8ne des interactions purement humaines.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Chaque \u00e9l\u00e9ment du spectacle contribue \u00e0 la cr\u00e9ation du comique. La sc\u00e9nographie est simple et le com\u00e9dien se sert habilement de l\u2019espace de la sc\u00e8ne et des quelques objets pour cr\u00e9er des sc\u00e8nes hilarantes, que cela soit par sa fa\u00e7on d\u2019utiliser le vieux t\u00e9l\u00e9phone \u00e0 ligne fixe en marchant jusqu\u2019\u00e0 l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la sc\u00e8ne sans se soucier du c\u00e2ble \u00e9lastique qui s&rsquo;\u00e9tire au bout derri\u00e8re lui ou par les changements de posture tr\u00e8s rapides qu\u2019il assume en passant derri\u00e8re une colonne. Le caract\u00e8re ridicule du protagoniste est pouss\u00e9 \u00e0 l\u2019extr\u00eame, et cela jusqu\u2019aux plus petits d\u00e9tails, par exemple avec des mouvements de t\u00eate r\u00e9p\u00e9t\u00e9s qui soulignent le ridicule de sa coiffure. Patrice est ainsi presque une parodie du com\u00e9dien. La musique est soit en d\u00e9calage avec l\u2019atmosph\u00e8re de la sc\u00e8ne, soit elle en amplifie le caract\u00e8re humoristique. Par exemple, lorsque le personnage fait sa premi\u00e8re apparition, son attitude d\u2019orgueil excessif est accompagn\u00e9e par le&nbsp;<em>crescendo<\/em>&nbsp;d\u2019un ch\u0153ur de voix qu\u2019on pourrait qualifier de religieux et qui d\u00e9bouche sans interruption sur un morceau de disco.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le seul \u00e9l\u00e9ment qui n\u2019est pas dr\u00f4le, c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui, d\u2019apr\u00e8s le protagoniste, est cens\u00e9 l\u2019\u00eatre. Pendant que Patrice enregistre ses pi\u00e8tres plaisanteries, on rit surtout de lui, de ses cheveux, de ses habits, de sa conviction inflexible d\u2019\u00eatre un g\u00e9nie du comique et de ses certitudes inamovibles de pouvoir enregistrer l\u2019essence m\u00eame de l\u2019humour. Il y a peut-\u00eatre un seul point sur lequel Patrice a raison, semble nous dire le spectacle&nbsp;: l\u2019humour est propre \u00e0 l\u2019\u00eatre humain. Tout montre pourtant qu\u2019en saisir le vrai fonctionnement est plus complexe qu\u2019on ne le pense.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec l\u2019articulation du rapport entre Patrice et Mich-L, le spectacle touche aussi au d\u00e9bat contemporain sur l\u2019arriv\u00e9e de l\u2019intelligence artificielle et ses implications sur les relations interpersonnelles, ses avantages, ses risques, et surtout ses limites.&nbsp;<em>La Force de la<\/em>&nbsp;<em>Farce<\/em>&nbsp;met en avant le pouvoir de la com\u00e9die et sa nature profond\u00e9ment humaine, en montrant que m\u00eame avec toutes les machines du monde, \u00ab&nbsp;l\u2019humour n\u2019est pas arithm\u00e9tique&nbsp;\u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>25 novembre 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/piera-biondina\/\" data-type=\"page\" data-id=\"16933\">Piera Biondina<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/saintgervais.ch\/spectacle\/la-force-de-la-farce\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Conception et jeu par Fran\u00e7ois Herpeux \/ Groupe F_T^M_S \/ Th\u00e9\u00e2tre Saint-Gervais (Gen\u00e8ve) \/ du 16 au 18 novembre 2023 \/ critique par Piera Biondina .<\/p>\n","protected":false},"author":1002694,"featured_media":17247,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,8,38],"tags":[281],"class_list":["post-17245","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-maison-saint-gervais","category-spectacle","tag-piera-biondina"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17245","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002694"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=17245"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17245\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19265,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17245\/revisions\/19265"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/17247"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=17245"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=17245"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=17245"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}