{"id":17226,"date":"2023-11-20T18:37:55","date_gmt":"2023-11-20T17:37:55","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=17226"},"modified":"2024-06-27T15:33:11","modified_gmt":"2024-06-27T13:33:11","slug":"la-voie-de-limperatrice","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2023\/11\/la-voie-de-limperatrice\/","title":{"rendered":"La Voie de l&rsquo;Imp\u00e9ratrice"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">La Voie de l&rsquo;Imp\u00e9ratrice<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Texte et mise en sc\u00e8ne de Jos\u00e9phine de Weck \/ Compagnie Opus 89 \/ Oriental-Vevey \/ du 17 au 19 novembre 2023 \/ critique par Sophie Perruchoud . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Un universel tr\u00e8s affirm\u00e9<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>20 novembre 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/emma-chapatte\/\" data-type=\"page\" data-id=\"16624\"> <\/a><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/sophie-perruchoud\/\" data-type=\"page\" data-id=\"16940\">Sophie Perruchoud<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1799\" height=\"1200\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/11\/Pierre-Yves-Massot.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-17229\" style=\"width:300px;height:undefinedpx\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/11\/Pierre-Yves-Massot.jpg 1799w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/11\/Pierre-Yves-Massot-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/11\/Pierre-Yves-Massot-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/11\/Pierre-Yves-Massot-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/11\/Pierre-Yves-Massot-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/11\/Pierre-Yves-Massot-1536x1025.jpg 1536w\" sizes=\"auto, (max-width: 1799px) 100vw, 1799px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Pierre-Yves Massot<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Jos\u00e9phine de Weck, fondatrice de la compagnie de th\u00e9\u00e2tre fribourgeoise Opus 89, propose un spectacle dans lequel sept femmes se retrouvent au c\u0153ur d\u2019un d\u00e9sert intemporel. Comme lors de sa mise en sc\u00e8ne de&nbsp;<\/em>La Ballade du Mouton Noir<em>, la cr\u00e9atrice invite les spectateurs \u00e0 se questionner sur des notions d\u2019identit\u00e9 et de libert\u00e9. Le spectacle cherche, semble-t-il, \u00e0 porter un propos universel, mais lisse peut-\u00eatre trop fortement la singularit\u00e9 de l\u2019exp\u00e9rience intime.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Sept femmes sur sc\u00e8ne dont on ne sait rien. Toutes costum\u00e9es de fa\u00e7ons tr\u00e8s diff\u00e9rentes (costard, jupe, training, tablier, perruques, etc.), elles ne semblent rien partager. Elles ont n\u00e9anmoins en commun d\u2019avoir toutes re\u00e7u la m\u00eame lettre. Une lettre de leurs grand-m\u00e8res respectives leur disant d\u2019aller dans le \u00ab\u2009d\u00e9sert de l\u2019\u00e9toile\u2009\u00bb, lorsqu\u2019elles ne sauront plus quoi faire. Elles se retrouvent toutes dans ce d\u00e9sert, \u00e9voqu\u00e9 par du sable orang\u00e9 r\u00e9pandu sur le sol de la sc\u00e8ne. Mis \u00e0 part ce sable, il n\u2019y a que deux \u00e9l\u00e9ments\u2009: un banc sur lequel les femmes s\u2019assoient de temps en temps et une table avec deux chaises et une th\u00e9i\u00e8re qui serviront \u00e0 rejouer un \u00e9pisode de l\u2019histoire de la grand-m\u00e8re. \u00c0 partir de leur premi\u00e8re rencontre, un dialogue \u00e9trange s\u2019installe\u2009: les sept femmes ne se connaissent pas et semblent chercher ensemble quelque chose, mais sans savoir vraiment quoi. Les spectateurs, eux aussi, ne comprennent pas tr\u00e8s bien ce que ces femmes font l\u00e0\u2009: s\u2019ils ont pu lire, avant le spectacle, la lettre qu\u2019ont \u00e9crite les grand-m\u00e8res \u00e0 leurs petites-filles \u2013 distribu\u00e9e lors de l\u2019achat des billets \u2013, ils peuvent \u00eatre rapidement perdus par l\u2019insaisissabilit\u00e9 des personnages de la pi\u00e8ce. \u00c9voquant et d\u00e9crivant des histoires similaires quant \u00e0 leurs grand-m\u00e8res respectives, il est difficile de comprendre le point de vue de ces femmes\u2009: poss\u00e8dent-elles chacune une histoire singuli\u00e8re ou leurs histoires se confondent-elles\u2009?<\/p>\n\n\n\n<p>Il n\u2019est alors pas \u00e9vident de comprendre ce que le spectacle souhaite communiquer. Il semble qu\u2019il cherche \u00e0 faire voir l\u2019universalit\u00e9 des exp\u00e9riences et des doutes intimes des diff\u00e9rentes femmes. Chacune d\u2019elles poss\u00e8de effectivement son histoire singuli\u00e8re, \u00e0 laquelle nous avons acc\u00e8s par quelques bribes d\u2019histoires narr\u00e9es par les protagonistes durant le spectacle. On apprend, par exemple, que l\u2019une des femmes a fait des \u00e9tudes et s\u2019est ensuite lanc\u00e9e dans une carri\u00e8re qu\u2019elle a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019arr\u00eater, se sentant \u00ab\u2009broy\u00e9e par une machine inarr\u00eatable\u2009\u00bb. Mais les histoires singuli\u00e8res \u00e9voqu\u00e9es semblent \u00eatre plut\u00f4t \u00e0 vis\u00e9e m\u00e9taphorique, ne donnant que peu de d\u00e9tails concrets. De plus, le groupe fonctionne souvent comme s\u2019il n\u2019\u00e9tait qu\u2019un seul point de vue, ou du moins comme si les fronti\u00e8res entre les identit\u00e9s singuli\u00e8res des diff\u00e9rentes femmes n\u2019\u00e9taient volontairement pas claires. Plusieurs sc\u00e8nes sont \u00e0 ce propos signifiantes\u2009: les sept femmes, lors de pauses dans l\u2019action, marchent ensemble ou dansent ensemble. Ces moments font des diff\u00e9rentes femmes un seul et m\u00eame groupe, voire individu, renfor\u00e7ant le caract\u00e8re partag\u00e9 de leurs histoires respectives. Cette insistance sur la dimension universelle des histoires v\u00e9cues de ces femmes fait des protagonistes des figures peu caract\u00e9ris\u00e9es qui repr\u00e9sentent plus g\u00e9n\u00e9ralement&nbsp;<em>la<\/em>&nbsp;femme en tant qu\u2019elle est emp\u00each\u00e9e par les attentes des autres et de soi-m\u00eame. De fait, la singularit\u00e9 des diff\u00e9rentes femmes perd en consistance et chacune se fond dans cette mise en commun.<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, l\u2019accent sur l\u2019universel est \u00e9galement tangible dans la volont\u00e9 forte d\u2019int\u00e9grer les spectateurs et de les guider dans leur lecture du spectacle. Certains proc\u00e9d\u00e9s brisent le quatri\u00e8me mur\u2009: une des com\u00e9diennes entre sur sc\u00e8ne depuis le public, une autre com\u00e9dienne s\u2019adresse directement au public. D\u2019autres sc\u00e8nes sont quant \u00e0 elles tr\u00e8s cathartiques et semblent vouloir faire ressentir aux spectateurs des \u00e9motions tr\u00e8s fortes et cibl\u00e9es\u2009: une des femmes hurle son d\u00e9sarroi, une lumi\u00e8re l\u2019\u00e9clairant de dos, la laissant visible en tant que silhouette\u2009; \u00e0 un autre moment, les femmes dansent ensemble de fa\u00e7on tr\u00e8s expressive, r\u00e9investissant une chanson que chantaient leurs grand-m\u00e8res, partageant un sentiment d\u2019\u00e9mancipation. Entre ces \u00e9l\u00e9ments tr\u00e8s guid\u00e9s et l\u2019incertitude quant \u00e0 la place des protagonistes, le spectacle est difficile \u00e0 interpr\u00e9ter\u2009: veut-il proposer une r\u00e9flexion politique sur la condition des femmes\u2009? Raconte-t-il une fable qui met en jeu les questions existentielles du rapport qu\u2019entretient chacun \u00e0 son histoire\u2009? Transmet-il un regard sur les liens entre les diff\u00e9rentes g\u00e9n\u00e9rations\u2009?<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 vouloir universaliser de fa\u00e7on tr\u00e8s prononc\u00e9e ces enjeux, les histoires des femmes pr\u00e9sentes sur sc\u00e8ne, ainsi que celles de leurs grand-m\u00e8res auxquelles on a acc\u00e8s par fragments, prennent une forme quelque peu caricaturale et r\u00e9ductrice qui ne rend peut-\u00eatre pas suffisamment compte de la dimension singuli\u00e8re de chacune des histoires. C\u2019est un peu comme si le spectacle ne faisait pas assez confiance aux spectateurs ou au caract\u00e8re commun d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sent dans les exp\u00e9riences singuli\u00e8res, sur-affirmant alors, par divers proc\u00e9d\u00e9s, la dimension universelle des histoires racont\u00e9es, perdant par l\u00e0 en simplicit\u00e9 et en authenticit\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>20 novembre 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/emma-chapatte\/\" data-type=\"page\" data-id=\"16624\"> <\/a><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/sophie-perruchoud\/\" data-type=\"page\" data-id=\"16940\">Sophie Perruchoud<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/orientalvevey.ch\/index.php?s=voie_imperatrice&amp;id=231\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a>\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Texte et mise en sc\u00e8ne de Jos\u00e9phine de Weck \/ Compagnie Opus 89 \/ Oriental-Vevey \/ du 17 au 19 novembre 2023 \/ critique par Sophie Perruchoud .<\/p>\n","protected":false},"author":1002694,"featured_media":17228,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,272,38],"tags":[275],"class_list":["post-17226","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-oriental-vevey","category-spectacle","tag-sophie-perruchoud"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17226","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002694"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=17226"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17226\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19270,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17226\/revisions\/19270"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/17228"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=17226"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=17226"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=17226"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}