{"id":17173,"date":"2023-11-08T10:47:53","date_gmt":"2023-11-08T09:47:53","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=17173"},"modified":"2024-06-27T15:40:52","modified_gmt":"2024-06-27T13:40:52","slug":"la-belle-et-la-bete","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2023\/11\/la-belle-et-la-bete\/","title":{"rendered":"La Belle et la B\u00eate"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">La Belle et la B\u00eate<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Conception et mise en sc\u00e8ne par Ludovic Chazaud\/ Cie Jeanne F\u00f6hn \/ Usine \u00e0 Gaz (Nyon)\/ 2 et 3 novembre 2023\/ du 7 au 12 novembre 2023 \u00e0 la Grange \/ du 17 au 25 novembre \u00e0 la Com\u00e9die (Gen\u00e8ve)\/ critique par Sophie Perruchoud . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Rencontrer son pass\u00e9<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>08 novembre 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/emma-chapatte\/\" data-type=\"page\" data-id=\"16624\"> <\/a><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/sophie-perruchoud\/\" data-type=\"page\" data-id=\"16940\">Sophie Perruchoud<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1020\" height=\"679\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/11\/\u00aeDOUGADOS-M_0098-scaled-1020x99999-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-17174\" style=\"width:300px;height:undefinedpx\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/11\/\u00aeDOUGADOS-M_0098-scaled-1020x99999-1.jpg 1020w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/11\/\u00aeDOUGADOS-M_0098-scaled-1020x99999-1-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/11\/\u00aeDOUGADOS-M_0098-scaled-1020x99999-1-250x166.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/11\/\u00aeDOUGADOS-M_0098-scaled-1020x99999-1-768x511.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1020px) 100vw, 1020px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Dougados<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Dans ce spectacle cr\u00e9\u00e9 \u00e0 l\u2019Usine \u00e0 gaz \u00e0 Nyon, Ludovic Chazaud met en exergue les liens que chacun entretient avec son histoire personnelle, comme il l\u2019avait fait en 2018 dans&nbsp;<\/em>Sara-Mon histoire vraie<em>. Le spectacle r\u00e9investit ici le conte de&nbsp;<\/em>La Belle et la B\u00eate<em>&nbsp;en donnant une v\u00e9ritable histoire \u00e0 la Belle (Bella), mettant en jeu la possibilit\u00e9 \u2013 douloureuse et tendre \u2013 de rencontrer son pass\u00e9, de le raconter et de sourire au pr\u00e9sent.&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Les temps se superposent et s\u2019entrem\u00ealent dans un dispositif complexe, polyphonique. Une femme \u00e2g\u00e9e (Bella) appara\u00eet sur un \u00e9cran et raconte par bribes son pass\u00e9 \u00e0 sa petite-fille. Un journal intime \u2013 lu sur la sc\u00e8ne en italien par une com\u00e9dienne, traduit en fran\u00e7ais par une autre, des photos projet\u00e9es et des s\u00e9quences jou\u00e9es \u00e0 quatre voix compl\u00e8tent le r\u00e9cit des souvenirs de jeunesse de Bella. Si les trois com\u00e9diennes incarnent Bella et ses deux s\u0153urs, au pass\u00e9, elles sont aussi parfois conjointement la petite-fille de Bella qui l\u2019interroge au pr\u00e9sent. Le p\u00e8re est quant \u00e0 lui figur\u00e9 par une photo ou un bateau en papier, et ses propos sont \u00e9nonc\u00e9s par les diff\u00e9rentes voix de ses filles.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est plus pr\u00e9cis\u00e9ment la question de son premier \u2013 et de son dernier \u2013 baiser qui est mise en jeu. Ce dernier baiser est celui qu\u2019elle \u00e9change avec la B\u00eate. L\u2019histoire est actualis\u00e9e au XXe si\u00e8cle&nbsp;: Bella (Charlotte Dumartheray) se retrouve dans le ch\u00e2teau de la B\u00eate lors d\u2019un moment de libert\u00e9 qu\u2019elle s\u2019accorde, une fugue loin de la r\u00e9alit\u00e9 \u00e9puisante qui r\u00e9duit la femme au r\u00f4le de prendre soin des autres &#8211; ici, son p\u00e8re, son mari, la maison, les champs. Les seuls personnages qui semblent refuser de la restreindre \u00e0 ce r\u00f4le sont, contrairement \u00e0 l\u2019histoire originale, les deux s\u0153urs et la B\u00eate. Celle-ci est, pr\u00e9cis\u00e9ment, incarn\u00e9e par celles-l\u00e0. Anne Delahaye, qui est aussi l\u2019une des s\u0153urs, joue la B\u00eate. Elle porte un sweet-shirt bleu avec une capuche de laquelle on ne voit para\u00eetre que ses longs cheveux, qui masquent ses traits. Elle est sans visage, mais pas sans voix&nbsp;: Aline Papin, qui incarne aussi l\u2019autre s\u0153ur, est post\u00e9e \u00e0 l\u2019avant-sc\u00e8ne, et parle, \u00e0 la vue des spectateurs, dans un micro qui modifie sa voix pour lui donner une tonalit\u00e9&nbsp;monstrueuse.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le com\u00e9dien et les com\u00e9diennes circulent avec une grande fluidit\u00e9 entre les diff\u00e9rents niveaux de la repr\u00e9sentation et font de ce spectacle un tout qui emm\u00e8ne les spectateurs au c\u0153ur de l\u2019histoire de Bella, et au c\u0153ur de leur propre histoire, en \u00e9cho. Si les \u00e9v\u00e9nements \u00e9voqu\u00e9s sont tr\u00e8s douloureux, le spectacle nous fait rire du d\u00e9but \u00e0 la fin.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec humour et distance, une r\u00e9flexion se dessine quant \u00e0 la place des femmes dans la famille hier et aujourd\u2019hui, et sur la n\u00e9cessit\u00e9 qu\u2019elles ont de correspondre aux attentes que la soci\u00e9t\u00e9 leur impose. C\u2019est, entre autres, par la caricature de l\u2019amoureux \u00e9gocentr\u00e9 et qui ne prend pas en compte la sensibilit\u00e9 de sa compagne que le probl\u00e8me est mis en lumi\u00e8re. Le jeu tout en douceur et en cruaut\u00e9 na\u00efve de Bastien Semenzato invite \u00e0 \u00e9prouver de l\u2019empathie pour Bella, qu\u2019on devine manipul\u00e9e par celui qui deviendra son mari. Et lorsque la petite-fille, apr\u00e8s que Bella \u00e2g\u00e9e lui a racont\u00e9 la fa\u00e7on dont se d\u00e9roulaient ses moments intimes avec cet homme, lui dit qu\u2019il s\u2019agissait de viol, les mots ne sont pas prononc\u00e9s dans une tonalit\u00e9 path\u00e9tique ou dramatique, mais plut\u00f4t de fa\u00e7on droite, face au public, avec une grande tendresse pour Bella. \u00ab&nbsp;On ne nommait pas les choses comme \u00e7a avant. On ne nommait pas tout court&nbsp;\u00bb, finit par souffler celle-ci.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Si le propos central est celui, \u00e9thique et politique, de la place de la femme dans les relations familiales, la d\u00e9marche d\u2019introspection s\u2019inscrit aussi subtilement dans des r\u00e9flexions plus larges sur la m\u00e9moire et la fa\u00e7on de penser sa propre histoire, dans une dynamique universelle. Les derni\u00e8res images de Bella, joyeuse au bord de la mer, portent un souffle d\u2019optimisme&nbsp;: il est possible de redonner une place juste et douce \u00e0 son histoire &#8211; peut-\u00eatre faut-il le faire \u00e0 plusieurs voix &#8211; et de continuer de sourire.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2022\/02\/la-belle-et-la-bete-version-generation-z\/\">Voir aussi la critique sur le texte de la pi\u00e8ce par Brian Aubert<\/a><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>08 novembre 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/emma-chapatte\/\" data-type=\"page\" data-id=\"16624\"> <\/a><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/sophie-perruchoud\/\" data-type=\"page\" data-id=\"16940\">Sophie Perruchoud<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/usineagaz.ch\/event\/la-belle-et-la-bete\/\">Voir la page du spectacle<\/a>\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Conception et mise en sc\u00e8ne par Ludovic Chazaud\/ Cie Jeanne F\u00f6hn \/ Usine \u00e0 Gaz (Nyon)\/ 2 et 3 novembre 2023\/ du 7 au 12 novembre 2023 \u00e0 la Grange \/ du 17 au 25 novembre \u00e0 la Com\u00e9die (Gen\u00e8ve)\/ critique par Sophie Perruchoud .<\/p>\n","protected":false},"author":1002694,"featured_media":17175,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,280],"tags":[275],"class_list":["post-17173","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-lusine-a-gaz-nyon","tag-sophie-perruchoud"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17173","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002694"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=17173"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17173\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19275,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17173\/revisions\/19275"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/17175"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=17173"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=17173"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=17173"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}