{"id":17098,"date":"2023-10-27T16:11:36","date_gmt":"2023-10-27T14:11:36","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=17098"},"modified":"2025-02-14T10:33:33","modified_gmt":"2025-02-14T09:33:33","slug":"umwandlung-dialogue-avec-labsent","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2023\/10\/umwandlung-dialogue-avec-labsent\/","title":{"rendered":"Umwandlung (dialogue avec l&rsquo;absent)"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Umwandlung (dialogue avec l&rsquo;absent)<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Cr\u00e9ation et chor\u00e9graphie par Anne Martin \/ ADN (Association Danse Neuch\u00e2tel) \/ La Poudri\u00e8re (Neuch\u00e2tel)\/ Dans la cadre du Festival INTERG\u00c9N\u00c9RACTIONS \/ 22 octobre 2023 \/ critique par Sophie Perruchoud . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Un spectacle en dentelle, de la danse en tendresse<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>27 octobre 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/sophie-perruchoud\/\" data-type=\"page\" data-id=\"16940\">Sophie Perruchoud<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"750\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/10\/umwandlung_-_jeremy_tran_-_05_hd.800x750.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-17095\" style=\"width:300px;height:undefinedpx\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/10\/umwandlung_-_jeremy_tran_-_05_hd.800x750.jpg 800w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/10\/umwandlung_-_jeremy_tran_-_05_hd.800x750-213x200.jpg 213w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/10\/umwandlung_-_jeremy_tran_-_05_hd.800x750-181x170.jpg 181w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/10\/umwandlung_-_jeremy_tran_-_05_hd.800x750-768x720.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 J\u00e9r\u00e9my Tran<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Dans la salle intimiste de La Poudri\u00e8re, Anne Martin propose un solo cr\u00e9\u00e9 cette ann\u00e9e au Festival Montpellier Danse. Dans le cadre du Festival INTERG\u00c9N\u00c9RACTIONS, cor\u00e9alis\u00e9 par les associations Plakart et ADN, la grande interpr\u00e8te et collaboratrice de Pina Bausch invite les spectateurs dans un spectacle magique qui, l\u2019espace de cinquante minutes, donne une forme tendre aux douleurs humaines.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019Association Danse Neuch\u00e2tel est une association neuch\u00e2teloise cr\u00e9\u00e9e en 1996. Sous la direction de Philippe Olza depuis 2017, l\u2019ADN \u00e9largit son champ d\u2019action et coop\u00e8re avec diff\u00e9rents partenaires afin de proposer au public, au niveau cantonal, des productions culturelles diverses, tels que des d\u00e9bats, des ateliers et des spectacles. Alli\u00e9e \u00e0 l\u2019association Plakart, elle a propos\u00e9 du 19 au 23 octobre un festival qui visait \u00e0 \u00e9tablir des liens entre les g\u00e9n\u00e9rations. La cr\u00e9ation d\u2019Anne Martin, nourrie des exp\u00e9riences de sa longue carri\u00e8re dans la danse contemporaine et dans la danse-th\u00e9\u00e2tre, y a trouv\u00e9 naturellement sa place.<\/p>\n\n\n\n<p>Humilit\u00e9 et transparence s\u2019entrem\u00ealent dans les mouvements de la danseuse chor\u00e9graphe pour laisser le plus d\u2019espace possible au myst\u00e8re. La sc\u00e9nographie est \u00e9pur\u00e9e au maximum, il n\u2019y a aucune place pour l\u2019ornemental. Des esquisses non r\u00e9alistes et tr\u00e8s peu color\u00e9es sont projet\u00e9es en fond et invitent les spectateurs, par leur style tr\u00e8s expressif, \u00e0 faire vivre leur imagination. L\u2019artiste s\u2019y confronte plusieurs fois, les observant, les caressant, les frappant. Sur le devant de la sc\u00e8ne, un rouleau compos\u00e9 lui aussi d\u2019esquisses est d\u00e9roul\u00e9 lentement en ouverture du spectacle, donnant de l\u2019espace au temps et invitant les spectateurs \u00e0 entrer doucement dans ce moment. Les sobres jeux de lumi\u00e8re permettent \u00e0 la soliste de glisser de l\u2019ombre \u00e0 la lumi\u00e8re, du s\u00e9pia au blanc cass\u00e9, d\u2019une image \u00e9ph\u00e9m\u00e8re \u00e0 l\u2019autre. La musique est r\u00e9duite \u00e0 son minimum&nbsp;: des bruits naturels, quelques sons, des impressions. L\u2019artiste elle-m\u00eame est v\u00eatue d\u2019une simple robe noire, d\u00e9nu\u00e9e de tout path\u00e9tique, de toute dimension \u00e9pique. Ce qui est au centre du spectacle, c\u2019est l\u2019\u00e9lan vital, ce souffle intangible et si difficile \u00e0 faire voir, ce myst\u00e8re toujours sous-jacent.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Si, lors des premi\u00e8res minutes, la danseuse est souvent \u00e0 l\u2019horizontale, imposant des images fortes d\u2019un corps en tension perp\u00e9tuelle, la suite du spectacle se fait majoritairement \u00e0 la verticale. L\u2019\u00e9quilibre vacille parfois, l\u2019interpr\u00e8te se tend, telle une funambule, entre deux extr\u00eames, mais elle tient debout, digne et \u00e9l\u00e9gante, dans le partage. Le visage tr\u00e8s expressif de la danseuse plonge l\u2019espace dans une faille, dans un moment rare d\u2019\u00e9quilibre, de tendresse, d\u2019humanit\u00e9, de vitalit\u00e9. Ce partage, d\u2019une transparence et d\u2019une tendresse profondes, est le signe du travail complexe et subtil que produit Anne Martin. Son geste artistique, ce don de soi \u00e0 la danse qui met \u00e0 nu et sublime les douleurs intimes des hommes, traverse de part en part chacun de ses mouvements, chacun de ses regards.<\/p>\n\n\n\n<p>Il n\u2019y a qu\u2019un seul accessoire : un seau, plac\u00e9 vers le centre de la sc\u00e8ne. Il est rempli de cendres, qui font de la poussi\u00e8re. La danseuse, porteuse d\u2019espace et de tensions, du souffle des absents et du poids des histoires v\u00e9cues et rencontr\u00e9es, s\u2019empare des cendres, les lance vers l\u2019avant-sc\u00e8ne et s\u2019avance en direction du public. Elle hal\u00e8te, sur fond de chants religieux, puis trace des cercles en marchant sur la sc\u00e8ne, laissant ses empreintes sur le sol. Les spectateurs entrent avec elle dans une boucle infernale. Les r\u00e9p\u00e9titions de mouvements de douleurs et les instants \u00e9ph\u00e9m\u00e8res tiss\u00e9s et cristallis\u00e9s sur la sc\u00e8ne enraient le temps, situent le spectacle en de\u00e7\u00e0 ou au-del\u00e0 du temps. L\u2019atmosph\u00e8re cr\u00e9\u00e9e par les gestes transcende le moment, transcende la fronti\u00e8re entre les spectateurs et la sc\u00e8ne, entre l\u2019absence et la pr\u00e9sence, offre la possibilit\u00e9 d\u2019un partage tacite entre \u00eatres humains.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Une angoisse, une obsession, une folie, un d\u00e9sespoir traversent le spectacle de bout en bout. Les mouvements de douleur d\u2019une violente expressivit\u00e9, les gestes obsessionnels de nettoyage, les regards en coin, presque inquisiteurs, adress\u00e9s au public, les cloches semblant rappeler la mort, les r\u00e9p\u00e9titions infernales&nbsp;: tout pourrait mener vers une noirceur d\u00e9chirante. Pourtant, au contraire, une grande tendresse se tisse, comme si, au lieu de dire \u00ab&nbsp;regarde, c\u2019est terrible.&nbsp;\u00bb, le spectacle proposait une autre voie&nbsp;:&nbsp;&nbsp;\u00ab&nbsp;C\u2019est ainsi. On peut, ensemble, y opposer une forme de beaut\u00e9 et de tendresse.&nbsp;\u00bb Une esth\u00e9tique est donn\u00e9e \u00e0 la douleur, dans un geste d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9 mais non gratuit. Le spectacle d\u2019Anne Martin r\u00e9investit ce qu\u2019il peut y avoir de plus tragique en l\u2019homme. Il ne propose ni morale, ni victimisation, ni culpabilisation, mais bien plut\u00f4t une affirmation de la vie dans ce qu\u2019elle a de fragile et de pr\u00e9cieux.<\/p>\n\n\n\n<p>Un spectacle sans mot, qui parle aux \u00e2mes.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>27 octobre 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/sophie-perruchoud\/\" data-type=\"page\" data-id=\"16940\">Sophie Perruchoud<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2023\/10\/entretien-avec-anne-martin\/\">Voir aussi l&rsquo;entretien avec Anne Martin par Sophie Perruchoud<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/poudriere.ch\/evenements\/umwandlung-dialogue-avec-labsent\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cr\u00e9ation et chor\u00e9graphie par Anne Martin \/ ADN (Association Danse Neuch\u00e2tel) \/ La Poudri\u00e8re (Neuch\u00e2tel)\/ Dans la cadre du Festival INTERG\u00c9N\u00c9RACTIONS \/ 22 octobre 2023 \/ critique par Sophie Perruchoud .<\/p>\n","protected":false},"author":1002694,"featured_media":19705,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[279,32,34,38],"tags":[275],"class_list":["post-17098","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-adn-association-danse-neuchatel","category-critique","category-expired","category-spectacle","tag-sophie-perruchoud"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17098","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002694"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=17098"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17098\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19358,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17098\/revisions\/19358"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/19705"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=17098"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=17098"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=17098"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}