{"id":16998,"date":"2023-10-11T15:38:43","date_gmt":"2023-10-11T13:38:43","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=16998"},"modified":"2025-02-07T12:11:51","modified_gmt":"2025-02-07T11:11:51","slug":"paule-et-luce","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2023\/10\/paule-et-luce\/","title":{"rendered":"Paule et Luce"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Paule et Luce<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Texte de Manon Fargetton \/ Adaptation et mise en sc\u00e8ne de Sylviane Tille et de la Compagnie de l\u2019\u00c9tranget\u00e9 \/ Th\u00e9\u00e2tre Equilibre-Nuithonie \u00e0 Fribourg \/ du 27 septembre au 8 octobre 2023 \/ critique par Th\u00e9o Krebs . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong><strong>Trouver sa place dans le bruit du monde<\/strong><\/strong><\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>11 octobre 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/theo-krebs\/\" data-type=\"page\" data-id=\"16621\">Th\u00e9o Krebs<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/10\/PetL_2023_\u00a9_sylvain_chabloz_20-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-17002\" style=\"width:300px;height:undefinedpx\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/10\/PetL_2023_\u00a9_sylvain_chabloz_20-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/10\/PetL_2023_\u00a9_sylvain_chabloz_20-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/10\/PetL_2023_\u00a9_sylvain_chabloz_20-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/10\/PetL_2023_\u00a9_sylvain_chabloz_20-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/10\/PetL_2023_\u00a9_sylvain_chabloz_20-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/10\/PetL_2023_\u00a9_sylvain_chabloz_20.jpg 1800w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Sylvain Chabloz<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Apr\u00e8s&nbsp;<\/em>Am\u00e9lie M\u00e9lo<em>, spectacle pour enfant cr\u00e9\u00e9 en 2022 qui traitait d\u00e9j\u00e0 de la mani\u00e8re dont les gens entretiennent des liens entre eux, Sylviane Tille et la Compagnie de l\u2019\u00c9tranget\u00e9 reviennent \u00e0 Nuithonie avec une nouvelle cr\u00e9ation destin\u00e9e au jeune public. Adapt\u00e9 du roman de Manon Fargetton,&nbsp;<\/em>\u00c0 quoi r\u00eavent les \u00e9toiles<em>,&nbsp;<\/em>Paule et Luce<em>&nbsp;parle de l\u2019adolescence et de la difficult\u00e9 \u00e0 trouver sa place dans le monde.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Paule est une adolescente de quatorze ans qui ne sort plus de sa chambre et passe ses journ\u00e9es sur les r\u00e9seaux sociaux et \u00e0 jouer aux jeux vid\u00e9o. Luce est une femme \u00e2g\u00e9e de 82 ans qui, depuis la mort de son mari deux ans auparavant, ne parvient plus \u00e0 sortir de chez elle si ce n\u2019est pour aller faire des courses. Toutes les deux ne peuvent plus supporter le bruit du monde, que l\u2019on entend tout de m\u00eame malgr\u00e9 leur isolement, \u00e0 travers le portable de Paule et la radio de Luce. Les premi\u00e8res sc\u00e8nes de la pi\u00e8ce se suivent \u00e0 toute vitesse\u2009: l\u2019appartement de Luce et la chambre de Paule se partagent la sc\u00e8ne s\u00e9par\u00e9e en deux espaces h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes. La lumi\u00e8re se fait successivement d\u2019une partie \u00e0 l\u2019autre du plateau selon l\u2019endroit o\u00f9 se d\u00e9roule la sc\u00e8ne, permettant de passer ais\u00e9ment et rapidement d\u2019un espace \u00e0 l\u2019autre en \u00e9vitant les changements de d\u00e9cor. Les r\u00e9pliques s\u2019encha\u00eenent \u00e0 tr\u00e8s haut volume et presque sans interruption, sans pour autant que le public ne se sente perdu. Les spectateurs se retrouvent ainsi plong\u00e9s eux aussi dans ce vacarme appuy\u00e9 par les transitions musicales entre chaque sc\u00e8ne.<\/p>\n\n\n\n<p>Le rythme se calme finalement lorsque Luce, d\u00e9cid\u00e9e \u00e0 en finir, envoie un message \u00e0 l\u2019adresse de Lucien, son mari d\u00e9c\u00e9d\u00e9. Mais son num\u00e9ro de t\u00e9l\u00e9phone a \u00e9t\u00e9 r\u00e9attribu\u00e9 \u00e0 Paule qui d\u00e9cide de se faire passer pour Lucien afin de sauver la vieille dame. \u00c0 travers cette correspondance, la vieille femme et la jeune fille vont se changer l\u2019une et l\u2019autre et reprendre contact avec le monde.<s>&nbsp;<\/s>La chambre de Paule et l\u2019appartement de Luce jusqu\u2019alors imperm\u00e9ables l\u2019un \u00e0 l\u2019autre sont d\u00e9sormais reli\u00e9s par les messages qu\u2019elles s\u2019envoient, affich\u00e9s sur deux \u00e9crans qui figurent les murs de leurs chambres. Ces \u00e9crans sont le seul \u00e9l\u00e9ment de la sc\u00e9nographie, au demeurant assez simple et abstraite, qui varie au fil de la pi\u00e8ce. Les \u00e9crans affichent tant\u00f4t les murs de la chambre de Paule, tant\u00f4t ceux de la maison de Luce\u2009; puis un \u00e9cran de jeux vid\u00e9o se retrouve projet\u00e9,&nbsp;et les rues de Lausanne se d\u00e9roulent devant nous apr\u00e8s une transition anim\u00e9e \u00e0 la fois un peu&nbsp;<em>kitsch&nbsp;<\/em>et<em>&nbsp;<\/em>po\u00e9tique dans la mani\u00e8re qu\u2019elle a de superposer en deux dimensions des \u00e9l\u00e9ments h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes comme quelque calamar m\u00eal\u00e9 \u00e0 des voitures.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce charme d\u00e9suet se retrouve dans la caract\u00e9risation des personnages, un peu caricaturaux. Lylou-M\u00e9lodie Guiselin, qui joue Paule, d\u00e9peint une adolescente en r\u00e9bellion contre son p\u00e8re autoritaire, jou\u00e9 par Vincent Rime qu\u2019on adorera d\u00e9tester. Pascale G\u00fcdel passe d\u2019un r\u00f4le \u00e0 l\u2019autre, incarnant parfois la petite s\u0153ur de Paule, \u00ab\u2009crevette\u2009\u00bb, s\u2019\u00e9merveillant sur l\u2019animation d\u2019un poulpe sur un \u00e9cran\u2009; et parfois son grand fr\u00e8re, jeune homme un peu blas\u00e9. Enfin, C\u00e9line Cesa interpr\u00e8te une Luce \u00e0 la fois touchante et comique\u2009: d\u2019un c\u00f4t\u00e9, triste petite vieille de 82 ans \u00e0 qui manque son mari, mais qui, d\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, ne sait pas faire d\u2019espace lorsqu\u2019elle \u00e9crit un message. Cette simplicit\u00e9 dans la caract\u00e9risation des personnages permet de comprendre assez vite vers o\u00f9 la pi\u00e8ce se dirige. Il y a cependant une certaine satisfaction \u00e0 voir ces lieux communs se d\u00e9rouler devant nos yeux.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette satisfaction est li\u00e9e \u00e0 la positivit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale qui transparait tout au long du spectacle. Sylviane Tille se risque m\u00eame \u00e0 proposer une solution aux angoisses de Paule, sans pour autant nier le s\u00e9rieux de ces derni\u00e8res. Gr\u00e2ce \u00e0 la relation entre Paule et Luce qui traverse la pi\u00e8ce, on comprend comment elles peuvent ensemble&nbsp;surmonter leur crise existentielle. Chacune d\u2019entre elles r\u00e9ussit \u00e0 redonner un sens \u00e0 l\u2019existence de l\u2019autre. Paule parvient \u00e0 rendre le sourire \u00e0 Luce en lui faisant se rappeler de ce qu\u2019elle avait accompli avant de se retirer du monde. Luce fait comprendre \u00e0 Paule que c\u2019est de cette mani\u00e8re qu\u2019on le supporte\u2009: en trouvant ce que l\u2019on veut y faire et ce que l\u2019on peut y \u00eatre.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>11 octobre 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/theo-krebs\/\" data-type=\"page\" data-id=\"16621\">Th\u00e9o Krebs<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.equilibre-nuithonie.ch\/fr\/spectacles\/paule-et-luce\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Texte de Manon Fargetton \/ Adaptation et mise en sc\u00e8ne de Sylviane Tille et de la Compagnie de l\u2019\u00c9tranget\u00e9 \/ Th\u00e9\u00e2tre Equilibre-Nuithonie \u00e0 Fribourg \/ du 27 septembre au 8 octobre 2023 \/ critique par Th\u00e9o Krebs .<\/p>\n","protected":false},"author":1002694,"featured_media":17000,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,131,34,38],"tags":[269],"class_list":["post-16998","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-equilibre-nuithonie","category-expired","category-spectacle","tag-theo-krebs"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16998","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002694"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=16998"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16998\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19368,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16998\/revisions\/19368"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/17000"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=16998"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=16998"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=16998"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}