{"id":16890,"date":"2023-06-22T16:22:18","date_gmt":"2023-06-22T14:22:18","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=16890"},"modified":"2025-02-07T12:12:25","modified_gmt":"2025-02-07T11:12:25","slug":"autostop","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2023\/06\/autostop\/","title":{"rendered":"Autostop"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Autostop<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Conception Floriane M\u00e9senge \/ dans le cadre du Festival \u00ab Le Printemps des compagnies \u00bb \/ Th\u00e9\u00e2tre des Osses Fribourg, du 16 au 25 juin 2023 \/ critique par Th\u00e9o Krebs . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Moments de vie sur le parking<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>22 juin 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/theo-krebs\/\">Th\u00e9o Krebs<\/a><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/celine-bignotti\/\"> <\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/06\/210814_autostop_ad_jpg_25_c_Arya_Dil_far_Nyon-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-16888\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/06\/210814_autostop_ad_jpg_25_c_Arya_Dil_far_Nyon-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/06\/210814_autostop_ad_jpg_25_c_Arya_Dil_far_Nyon-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/06\/210814_autostop_ad_jpg_25_c_Arya_Dil_far_Nyon-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/06\/210814_autostop_ad_jpg_25_c_Arya_Dil_far_Nyon-768x513.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/06\/210814_autostop_ad_jpg_25_c_Arya_Dil_far_Nyon-1536x1025.jpg 1536w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/06\/210814_autostop_ad_jpg_25_c_Arya_Dil_far_Nyon.jpg 1798w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9&nbsp;Arya Dil<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Sur le parking du Th\u00e9\u00e2tre des Osses, la Cie du rond-point recr\u00e9e devant le public des moments de vie captur\u00e9s lors de trajets en autostop, et en construit un nouveau avec celles et ceux qui se sont d\u00e9plac\u00e9s pour les \u00e9couter.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019origine d\u2019<em>Autostop<\/em>, il y a Floriane M\u00e9senge, sociologue devenue metteuse en sc\u00e8ne, qui d\u00e9cide de reprendre son activit\u00e9 d\u2019autostoppeuse. Elle s\u2019entoure de deux com\u00e9diens dont le travail s\u2019inspire du r\u00e9el, tous deux issus de la Manufacture : Maxime Gorbatchevsky, qu\u2019on avait pu voir en 2018 dans le film <em>Pr\u00e9nom : Mathieu<\/em> de Lionel Baier, inspir\u00e9 d\u2019un fait divers, et Jean-Daniel Piguet qui, dans <em>Partir<\/em> (2021), retranscrivait les derniers moments de vie de son p\u00e8re. Ensemble, iels cr\u00e9ent la Compagnie du rond-point. Le spectacle, apprend-on au milieu de la repr\u00e9sentation, est d\u00e9di\u00e9 aux centaines de personnes qui se sont arr\u00eat\u00e9es au bord de la route et qui par cette d\u00e9marche ont cr\u00e9\u00e9 un moment particulier entre deux personnes : apr\u00e8s avoir pass\u00e9 parfois plusieurs heures ensemble, elles ne se reverront probablement jamais. Apr\u00e8s le plaisir des rencontres en autostop vient celui de la rencontre avec le public.<\/p>\n\n\n\n<p>Les trois com\u00e9dien.ne.s portent, tout au long du spectacle, un casque dans lequel sont diffus\u00e9s les enregistrements de leurs parcours en autostop qu\u2019iels nous restituent. \u00ab On stresse un peu, parce que si vous n\u2019\u00e9tiez pas l\u00e0, on ne pourrait pas jouer \u00bb, nous dit Maxime Gorbatchevsky aors qu\u2019il s\u2019\u00e9chauffe sous nos yeux sur le parking du th\u00e9\u00e2tre transform\u00e9 en sc\u00e8ne pour l\u2019occasion. Les com\u00e9dien.ne.s r\u00e8glent les micros qui diffuseront leur voix par haut-parleurs devant le public et pr\u00e9cisent avec malice : \u00ab l\u00e0, \u00e7a n\u2019a pas encore commenc\u00e9, si jamais \u00bb. <em>Autostop<\/em> fait partie de ces spectacles qui rendent volontairement indistincte la fronti\u00e8re entre ce qui est jou\u00e9 et ce qui ne l\u2019est pas ; voire, qui jouent \u00e0 ne pas jouer. Si le probl\u00e8me technique est aussi faux que vraisemblable, qu\u2019en est-il, par exemple, de l\u2019attelle que garde Jean-Daniel Piguet, tout au long du spectacle et qui est pourtant d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9e par deux chauffeurs ? La porosit\u00e9 entre le th\u00e9\u00e2tre et la r\u00e9alit\u00e9 est \u00e9galement travaill\u00e9e dans les registres de jeu et dans la sc\u00e9nographie. Souvent, le jeu est tr\u00e8s frontal, provoquant une confrontation directe. La premi\u00e8re sc\u00e8ne pr\u00e9sente un chauffeur psychologue tentant de convaincre qu\u2019il est dangereux de prendre une femme en stop, car \u00ab elle pourrait nous accuser \u00bb, alors que Floriane, qui interpr\u00e8te son propre r\u00f4le d\u2019autostoppeuse, semble gentiment s\u2019en moquer. Le d\u00e9cor est simple et sans limites, compos\u00e9 d\u2019une chaise de camping pliante, un si\u00e8ge de voiture, et une table o\u00f9 sont pos\u00e9s diff\u00e9rents objets, dont l\u2019\u00e9norme de sac de Floriane.<\/p>\n\n\n\n<p>Plus rarement, les sc\u00e8nes se d\u00e9roulent plus loin des spectateurs, par exemple dans ou sur une camionnette. Le public ne semble plus exister pour les figures qui \u00e9voluent dans l\u2019espace de jeu, ce qui donne le sentiment privil\u00e9gi\u00e9 d\u2019assister \u00e0 un moment qui ne nous est pas destin\u00e9, comme lorsque Floriane se lance dans un karaok\u00e9 improvis\u00e9 avec un chauffeur de camions. Le spectateur se retrouve alors dans une position voyeuriste, parfois amusante, ou, au contraire, inconfortable, comme lorsqu\u2019il assiste, impuissant, \u00e0 une discussion entre la jeune femme et un homme tentant de n\u00e9gocier le trajet contre un baiser qu\u2019elle refuse d\u2019accorder. Plus largement, le spectacle accorde une place importante \u00e0 sa situation de femme faisant de l\u2019autostop. La drague un peu lourde, parfois plus ; la crainte, apr\u00e8s la nuit tomb\u00e9e et dans un endroit d\u00e9sert lorsqu\u2019un homme s\u2019arr\u00eate ; le d\u00e9but de ses r\u00e8gles apr\u00e8s une soir\u00e9e trop arros\u00e9e dans un coin recul\u00e9 de France.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais quelqu\u2019un finit toujours par s\u2019arr\u00eater. Le spectacle donne \u00e0 voir un large panel de la soci\u00e9t\u00e9 : pompiers, gilets jaunes, ou encore femme au foyer de cinquante ans ; souvent un peu misogynes, un peu homophobes ou un peu racistes, mais le plus souvent, fondamentalement bienveillants. Et, la plupart du temps, un peu amusants. Le comique tient en grande partie \u00e0 l\u2019incongruit\u00e9 des dialogues, auxquels il serait difficile de croire s\u2019ils avaient \u00e9t\u00e9 invent\u00e9. Le spectacle est, pour chacun.e, une invitation \u00e0 suivre le fil de ses rencontres et \u00e0 prendre la vie comme elle vient.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>22 juin 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/theo-krebs\/\">Th\u00e9o Krebs<\/a><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/celine-bignotti\/\"> <\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.theatreosses.ch\/festival\/autostop\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Conception Floriane M\u00e9senge \/ dans le cadre du Festival \u00ab Le Printemps des compagnies \u00bb \/ Th\u00e9\u00e2tre des Osses Fribourg, du 16 au 25 juin 2023 \/ critique par Th\u00e9o Krebs .<\/p>\n","protected":false},"author":1002282,"featured_media":16891,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,11,38],"tags":[269],"class_list":["post-16890","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-theatre-des-osses","category-spectacle","tag-theo-krebs"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16890","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002282"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=16890"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16890\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19375,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16890\/revisions\/19375"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16891"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=16890"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=16890"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=16890"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}