{"id":16884,"date":"2023-06-21T13:54:07","date_gmt":"2023-06-21T11:54:07","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=16884"},"modified":"2025-02-07T12:12:41","modified_gmt":"2025-02-07T11:12:41","slug":"giselle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2023\/06\/giselle\/","title":{"rendered":"Giselle&#8230;"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Giselle&#8230;<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Texte et mise en sc\u00e8ne de Fran\u00e7ois Gremaud \/ Th\u00e9\u00e2tre de Vidy \/ du 8 au 11 juin 2023 \/ critique par Timon Musy <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">\u00c0 petits pas et grand sourire<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>21 juin 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/timon-musy\/\">Timon Musy<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"681\" height=\"448\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/06\/3-giselle-i-dorotheethebertfilliger.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-16882\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/06\/3-giselle-i-dorotheethebertfilliger.jpg 681w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/06\/3-giselle-i-dorotheethebertfilliger-300x197.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/06\/3-giselle-i-dorotheethebertfilliger-250x164.jpg 250w\" sizes=\"auto, (max-width: 681px) 100vw, 681px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Doroth\u00e9e Th\u00e9bert Filliger<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Com\u00e9die-ballet, ballet-conf\u00e9rence, conf\u00e9rence-com\u00e9die ou grande chor\u00e9graphie narrative, <\/em>Giselle\u2026<em> est la le\u00e7on que l\u2019on aurait toujours r\u00eav\u00e9 d\u2019avoir, et \u00e0 laquelle on a la chance d\u2019enfin pouvoir assister. Portrait solaire d\u2019un ballet mythique, port\u00e9 par une danseuse rayonnante au verbe hypnotisant, le spectacle fait s\u2019encha\u00eener 110 minutes de tension o\u00f9 prosp\u00e8rent le bon mot et l\u2019imagination de chacun\u00b7e.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s sa cr\u00e9ation en 2022 au th\u00e9\u00e2tre de Vidy-Lausanne, <em>Giselle\u2026<\/em>, la seconde pi\u00e8ce de la trilogie des h\u00e9ro\u00efnes tragiques de Fran\u00e7ois Gremaud, est revenue \u00e0 Lausanne \u00e0 l\u2019occasion de la cl\u00f4ture de son cycle. Pendant plusieurs soir\u00e9es se sont donc ench\u00e2ss\u00e9es, <em>Ph\u00e8dre!<\/em>, <em>Carmen.<\/em> et la pi\u00e8ce ici concern\u00e9e dans une effervescence sensible. Sur une grande zone au sol de forme rectangulaire, couleur bois clair, derri\u00e8re laquelle sont assises quatre musiciennes, la danseuse n\u00e9erlandaise Samantha van Wissen accapare \u00e0 l\u2019envi tout l\u2019espace n\u00e9cessaire. M\u00ealant parole et gestes dans\u00e9s, elle prend son temps pour raconter l\u2019histoire du ballet <em>Giselle<\/em> d\u2019Adolphe Adam et Th\u00e9ophile Gautier. Son r\u00e9cit est donc constamment ponctu\u00e9 de quelques d\u00e9monstrations, de r\u00e9interpr\u00e9tations, d\u2019envol\u00e9es gestuelles et de paraphrases avou\u00e9es. L\u2019histoire de la cr\u00e9ation du ballet et la trame du ballet lui-m\u00eame sont savamment articul\u00e9es pour cr\u00e9er cette conf\u00e9rence d\u00e9cal\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Bien que d\u2019une dur\u00e9e assez longue, jamais le monologue ne semble faiblir ou perdre de son \u00e9nergie et de sa verve. Il est certes n\u00e9cessaire de bien rester concentr\u00e9 pour ne pas manquer la moindre information, et l\u2019on ne peut s\u2019emp\u00eacher, parfois, de se demander \u00ab de quoi il est question au juste s\u2019il-vous-pla\u00eet ? \u00bb. Mais ces rares troubles importent peu. Captiv\u00e9, tendu, le public se retrouve en un instant happ\u00e9 par ce flot suffisamment limpide pour ne laisser personne \u00e0 l\u2019abandon. D\u2019ailleurs, bien que toujours d\u2019un s\u00e9rieux d\u2019historienne, Samantha van Wissen truffe son discours de charmants jeux de mots et de quelques blagues subtiles, efficaces et encourageantes.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019une sobre complexit\u00e9, <em>Giselle\u2026<\/em> est une joyeuse cacophonie de voix qui s\u2019entrem\u00ealent, pr\u00e9sent\u00e9e comme un spectacle qui en revisite un autre. Samantha van Wissen se charge d\u2019interpr\u00e9ter tant le ballet que la conf\u00e9rence-sur-le-ballet en feignant une spontan\u00e9it\u00e9 remarquable par ses h\u00e9sitations, ses emportements en langue n\u00e9erlandaise, ses essoufflements et ses petits gestes de la main adress\u00e9s aux malheureux\u00b7ses retardataires. Mais l\u2019amusant retournement de fin de spectacle, quand sont distribu\u00e9s aux membres du public les livrets reli\u00e9s du spectacle, change encore notre perception de la pi\u00e8ce. Alors que la danseuse r\u00e9cite cette fois son texte en m\u00eame temps qu\u2019il est possible de le lire, elle admet n\u2019\u00eatre elle-m\u00eame que la porteuse d\u2019une voix qui n\u2019est pas la sienne : celle de l\u2019auteur du spectacle. On se rend compte alors qu&rsquo;elle est soumise \u00e0 son texte \u00e0 lui comme au r\u00e9cit de <em>Giselle<\/em> et \u00e0 sa chor\u00e9graphie. Et il est si agr\u00e9able de se laisser prendre \u00e0 ce jeu ludique, \u00e0 cette manipulation qui berce plus qu\u2019elle ne bouscule.<\/p>\n\n\n\n<p>Inattendu moyen de parler d\u2019une h\u00e9ro\u00efne tragique que de le faire par la joie (contagieuse) et un humour bienveillant. Plusieurs fois, la com\u00e9dienne demande au public s\u2019il voit une danseuse absente ou reconna\u00eet un d\u00e9cor invisible. C\u2019est \u00e0 lui de se faire sa propre sc\u00e9nographie, de se rappeler du ballet (pour les plus \u00e9rudit\u00b7es) ou de l\u2019inventer (pour les autres). Heureusement, la musique est toujours bien l\u00e0, et m\u00eame en quantit\u00e9, pour mettre tout le monde \u00e0 \u00e9galit\u00e9. Entre la partition d\u2019Adam, les quelques mouvements de danse et la parole magn\u00e9tique de l\u2019artiste, Giselle, ou plut\u00f4t Giselle\u2026 parvient \u00e0 \u00e9merger de ce simple rectangle de bois clair, dans les imaginations qui veulent y croire et s\u2019\u00e9merveiller de l\u2019invisible. Figure tragique, romantique, amante, tous et toutes la voient et partent en riant avec elle.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>21 juin 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/timon-musy\/\">Timon Musy<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/vidy.ch\/fr\/evenement\/francois-gremaud-giselle\/#generique\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Texte et mise en sc\u00e8ne de Fran\u00e7ois Gremaud \/ Th\u00e9\u00e2tre de Vidy \/ du 8 au 11 juin 2023 \/ critique par Timon Musy<\/p>\n","protected":false},"author":1002282,"featured_media":16885,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","_seopress_analysis_target_kw":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,2],"tags":[271],"class_list":["post-16884","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-de-vidy","tag-timon-musy"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16884","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002282"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=16884"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16884\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19378,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16884\/revisions\/19378"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16885"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=16884"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=16884"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=16884"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}