{"id":16869,"date":"2023-06-17T13:11:50","date_gmt":"2023-06-17T11:11:50","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=16869"},"modified":"2025-02-02T16:56:30","modified_gmt":"2025-02-02T15:56:30","slug":"entretien-avec-marie-beer","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2023\/06\/entretien-avec-marie-beer\/","title":{"rendered":"Entretien avec Marie Beer"},"content":{"rendered":"\n<p>\u00a9&nbsp;Sandra Guaresi<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Dans le cadre de l&rsquo;op\u00e9ration In\u00e9dits textes dramatiques, en collaboration avec le journal&nbsp;<em>Le Courrier.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Entretien r\u00e9alis\u00e9 en d\u00e9cembre 2022 \u00e0 Gen\u00e8ve, autour du texte de la pi\u00e8ce&nbsp;<em>L\u2019Imposteuse<\/em>&nbsp;\/ \u00e9criture Marie Beer<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/melanie-carrel\/\">M\u00e9lanie Carrel<\/a><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2023\/06\/etre-lauteur-e-de-la-vie\/\">Voir aussi la critique sur L&rsquo;Imposteuse<\/a><\/li>\n<\/ul>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"460\" height=\"460\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/06\/Entretien-avec-Marie-Beer.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-19708\" style=\"width:300px;height:undefinedpx\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/06\/Entretien-avec-Marie-Beer.jpg 460w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/06\/Entretien-avec-Marie-Beer-200x200.jpg 200w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/06\/Entretien-avec-Marie-Beer-170x170.jpg 170w\" sizes=\"auto, (max-width: 460px) 100vw, 460px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9&nbsp;Sandra Guaresi<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong>M\u00e9lanie Carrel, pour l&rsquo;Atelier critique : Marie Beer, cela fait maintenant une dizaine d\u2019ann\u00e9es que vous vous \u00eates tourn\u00e9e vers la cr\u00e9ation th\u00e9\u00e2trale. Comment en \u00eates-vous venue au th\u00e9\u00e2tre et qu\u2019est-ce qui vous pla\u00eet particuli\u00e8rement dans cette forme ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Marie Beer : Dans mon adolescence, j\u2019ai d\u00e9couvert par hasard un exemplaire de<em> La Cantatrice chauve<\/em> de Ionesco qui tra\u00eenait sous un banc public. J\u2019ai trouv\u00e9 une forme de libert\u00e9 dans cette permission d\u2019aller dans l\u2019absurde. Par la suite, j\u2019ai \u00e9crit pour la rubrique \u00ab Th\u00e9\u00e2tre \u00bb du <em>Courrier <\/em>: c\u2019\u00e9tait l\u2019occasion de voir \u00e9norm\u00e9ment de pi\u00e8ces. Mais d\u00e8s l\u2019enfance, j\u2019ai eu un attrait pour le dialogue. C\u2019est aussi ce qui m\u2019a conduite dans un cursus universitaire de linguistique, o\u00f9 l\u2019on \u00e9tudie beaucoup la parole vivante, les \u00e9nonc\u00e9s, des mat\u00e9riaux textuels bruts et vrais, des petites choses dans le langage qui font sens, et qu\u2019on ne peut pas transcrire sur le papier litt\u00e9ralement. Cela signifie que tout ce qui est \u00e9crit est seulement une trame. Les possibilit\u00e9s d\u2019interpr\u00e9tation sont multiples. Quand vous lisez un roman, vous ne pouvez pas savoir comment moi je le lis, ce que j\u2019imagine, comment je visualise les personnages. C\u2019est ce qui fait la magie du roman. Mais moi j\u2019ai eu envie de donner une forme plus d\u00e9finitive, plus concr\u00e8te \u00e0 certains textes. C\u2019est comme cela que j\u2019ai commenc\u00e9 la mise en sc\u00e8ne.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>M.C. : Est-ce que vous abordez l\u2019\u00e9criture narrative et dramatique de la m\u00eame mani\u00e8re ou est-ce fondamentalement diff\u00e9rent ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>M.B. : Je n\u2019\u00e9cris pas de la m\u00eame fa\u00e7on pour le th\u00e9\u00e2tre et pour le roman. D\u2019ailleurs je me rends souvent compte en r\u00e9p\u00e9tition qu\u2019il faut simplifier certaines choses que j\u2019ai \u00e9crites, qu\u2019il faut \u00e9laguer, qu\u2019il faut que cela vive. J\u2019ai besoin de sentir la respiration du texte m\u00eame quand c\u2019est de la narration, mais quand c\u2019est du dialogue, ce qui est tr\u00e8s diff\u00e9rent, c\u2019est que j\u2019ai besoin de l\u2019entendre.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>M.C. : Parlons \u00e0 pr\u00e9sent de votre toute derni\u00e8re \u0153uvre, L\u2019Imposteuse, pi\u00e8ce in\u00e9dite qui a gagn\u00e9 le Prix de la Soci\u00e9t\u00e9 Genevoise des \u00e9crivains en 2021. Comment s\u2019est d\u00e9roul\u00e9 le processus d\u2019\u00e9criture ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>M.B: Pour dire la v\u00e9rit\u00e9, <em>L\u2019Imposteuse<\/em> a \u00e9t\u00e9 \u00e9crite en un jour avec l\u2019injonction qu\u2019il y avait le prix. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s \u00e9tonn\u00e9e par les r\u00e9actions, parce que je n\u2019avais pas l\u2019impression d\u2019avoir fait du \u00ab bon travail \u00bb. C\u2019est-\u00e0-dire que j\u2019ai l\u2019habitude de rebrasser \u00e9norm\u00e9ment les textes, de les relire, de les sentir, etc. Et l\u00e0 c\u2019est sorti d\u2019un jet. Mais je pense que du coup l\u2019\u00e9nergie va d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre de mani\u00e8re plus efficace que quand on pose, on reprend et on retricote.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>M.C. Y a-t-il quand m\u00eame eu un \u00e9l\u00e9ment d\u00e9clencheur qui vous a servi de source d\u2019inspiration pour l\u2019histoire ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai entendu parler d\u2019une personne qui a men\u00e9 une sorte de double vie. Elle avait tromp\u00e9 son entourage en inventant une activit\u00e9 professionnelle de toutes pi\u00e8ces. \u00c7a m\u2019a beaucoup tracass\u00e9e. Je me suis demand\u00e9 quelle \u00e9tait l\u2019injonction sociale qui nous force \u00e0 avoir une carte de visite professionnelle. Moi aussi, quand je croise d\u2019anciens camarades d\u2019\u00e9cole, je demande : \u00ab Qu\u2019est-ce que tu fais maintenant ? \u00bb Et la plupart des gens se sentent oblig\u00e9s de r\u00e9pondre quelque chose de socialement acceptable. Personne ne dit : \u00ab Je marche dans la neige \u00bb. Cela ne r\u00e9pond pas \u00e0 la question. Parce que la question sous-jacente, c\u2019est : \u00ab Comment tu gagnes ta vie ? Comment tu occupes ton temps ? \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Je me demandais aussi ce que partageait ce couple autour de ce mensonge. L\u2019homme pensait que sa femme travaillait \u00e0 temps partiel. Est-ce qu\u2019il avait besoin de croire \u00e7a ? Est-ce qu\u2019il avait besoin que son entourage croie \u00e7a ? Est-ce que dans ses \u00ab temps morts \u00bb, elle avait acc\u00e8s \u00e0 une autre forme de r\u00e9alit\u00e9 qu\u2019elle ne pouvait pas vraiment partager avec lui ? Qu\u2019est-ce qu\u2019elle faisait, en fait ? Et quelle est la part de sa v\u00e9rit\u00e9 dans les mensonges qu\u2019elle racontait ? Parce qu\u2019elle parlait de son activit\u00e9 comme si cela avait exist\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Et peut-\u00eatre la question qui me tracasse toujours un peu, c\u2019est de savoir qui, autour des gens fous, est vraiment fou. Qui g\u00e9n\u00e8re cette folie ? Est-ce que la folie n\u2019appara\u00eet pas toujours dans une forme de synergie avec l\u2019entourage ? Est-ce qu\u2019il n\u2019y a pas quelque chose de bris\u00e9 chez l\u2019entourage qui emp\u00eache d\u2019entendre la r\u00e9alit\u00e9 de l\u2019autre, ce qui fait que la r\u00e9alit\u00e9 devient non appr\u00e9hendable et donc folle ?<\/p>\n\n\n\n<p>Et peut-\u00eatre que cela m\u2019a questionn\u00e9e aussi en tant que maman, parce que la soci\u00e9t\u00e9 nous donne l\u2019injonction de nous accomplir parfaitement dans notre maternit\u00e9, mais aussi de nous accomplir dans une activit\u00e9 professionnelle. Les mamans sont constamment confront\u00e9es \u00e0 une sorte de culpabilit\u00e9, soit de ne pas vivre assez pour l\u2019autre, soit de ne pas vivre assez pour soi. Quelque part \u00e7a peut rendre fou d\u2019exister comme \u00e7a.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>M.C. : D\u2019ailleurs, la folie et les institutions psychiatriques ou de soins sont des th\u00e8mes r\u00e9currents dans vos diff\u00e9rentes publications. D\u2019ailleurs, vous m\u2019avez donn\u00e9 rendez-vous aujourd\u2019hui dans la caf\u00e9t\u00e9ria d\u2019un h\u00f4pital. Qu\u2019est-ce qui vous int\u00e9resse dans le fait de situer vos actions dans ces institutions ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>M.B. : Je me pose beaucoup de questions sur la l\u00e9gitimit\u00e9 de l\u2019institution, sa rigidit\u00e9, ses r\u00e8glements et comment ils sont questionn\u00e9s ou pas. Il y a de nombreuses situations, m\u00eame hors de l\u2019h\u00f4pital, o\u00f9 un professionnel se trouve face \u00e0 quelqu\u2019un qui est en d\u00e9tresse. Quel pouvoir cela lui donne -t-il ? Qu\u2019est-ce qu\u2019il en fait ensuite ? Comment ce professionnel g\u00e8re-t-il ses propres affects et ses propres manques ? C\u2019est l\u2019interaction entre une personne qui exprime un besoin et la personne qui devrait pouvoir l\u2019aider qui m\u2019int\u00e9resse. J\u2019essaie de transcrire les aberrations de l\u2019institution avec une distance suffisamment absurde pour qu\u2019on puisse en rire.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>M.C.: Dans <em>L\u2019Imposteuse<\/em>, la repr\u00e9sentante de l\u2019institution hospitali\u00e8re est l\u2019infirmi\u00e8re, une figure \u00e0 la fois \u00e9puis\u00e9e et bienveillante. Cependant, je vois en elle moins l\u2019institution hospitali\u00e8re qu\u2019une des victimes de sa rigidit\u00e9.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>MB: L\u2019infirmi\u00e8re est partie int\u00e9grante du dispositif hospitalier. Il y a, dans le milieu m\u00e9dical, une sorte d\u2019habituation \u00e0 la mis\u00e8re. Cela cr\u00e9e une \u00e9coute \u00e0 la fois empathique et impersonnelle. Et d\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, le personnage de l\u2019infirmi\u00e8re est l\u00e0 parce que Yann a besoin d\u2019un interlocuteur qui puisse r\u00e9habiliter son image mise en danger par les accusations de son \u00e9pouse. Il a besoin d\u2019\u00eatre entendu, r\u00e9confort\u00e9, valid\u00e9 par une figure qui \u00ab voit bien qui est fou \u00bb. Pour cette infirmi\u00e8re, il est \u00e9vident que Yann a raison. Et c\u2019est ce rapport \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 qui m\u2019int\u00e9resse.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>M.C. : Yann voit toute sa vie sous le prisme du mensonge. Tout est devenu horrible pour lui. Alors qu\u2019Aline dit plut\u00f4t que tout est beau parce qu\u2019elle a enrichi leur quotidien avec son imaginaire.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>MB: Ce qui est important, c\u2019est de questionner ce qui est fou dans le fait d\u2019avoir un imaginaire tr\u00e8s fort. Est-ce que c\u2019est une fragilit\u00e9 ? Ou est-ce qu\u2019au contraire, c\u2019est une force ? Et puis la question du mensonge aussi. C\u2019est crucial. Et du partage. Qu\u2019est-ce qu\u2019on partage vraiment &#8211; pas seulement dans le couple, mais de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale ? On partage tellement de conventions. Finalement, est-ce qu\u2019on ne se retrouverait pas plus dans l\u2019imaginaire que dans des discussions qui ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 men\u00e9es, qui se r\u00e9p\u00e8tent ? Est-ce que \u00e7a ne serait pas plus int\u00e9ressant de se parler de choses qui pourraient exister mais qui n\u2019existent pas ? L\u2019imagination est une capacit\u00e9 tellement forte, et on la rel\u00e8gue \u00e0 un univers de convention. C\u2019est pour le samedi quand on va au cin\u00e9ma, ou pour des livres. Mais pas pour l\u2019\u00e9change relationnel. L\u2019imaginaire y a assez peu de place. Et moi, cela m\u2019ennuie.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>M.C. : Est-ce qu\u2019il y a un personnage auquel vous \u00eates particuli\u00e8rement attach\u00e9e ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>M.B.: Le patient. Son histoire s\u2019ancre dans une anecdote v\u00e9cue. Une fois, j\u2019ai pass\u00e9 la nuit en observation. Et il y avait dans un box pas loin, un type qui r\u00e9guli\u00e8rement, pendant la nuit, se r\u00e9veillait en disant : \u00ab Mais chuis o\u00f9 ? Mais putain ! Mais qu\u2019est-ce que j\u2019fous l\u00e0 ? Mais c\u2019est quoi c\u2019bordel ? \u00bb Au d\u00e9but de la nuit, les infirmi\u00e8res lui r\u00e9pondaient tr\u00e8s calmement. Et puis, au fil de la nuit, on sentait un agacement chez ces infirmi\u00e8res qui finissaient par ne presque plus lui r\u00e9pondre. Alors il s\u2019est mis \u00e0 d\u00e9ambuler. On a commenc\u00e9 \u00e0 jouer aux cartes. Tout \u00e0 coup, il ne se demandait plus vraiment qui il \u00e9tait. Et il \u00e9tait capable de m\u00e9moriser ses cartes. J\u2019aime beaucoup ce personnage qui n\u2019a pas d\u2019ancrage dans la r\u00e9alit\u00e9, qui n\u2019a pas de devoir de m\u00e9moire, ni de politesse, ni de convention.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>M.C.: Il a aussi un peu une fonction d\u2019all\u00e8gement. C\u2019est lui qui apporte la touche de comique dans cette situation.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>MB: C\u2019est-\u00e0-dire que c\u2019est le seul \u00e0 \u00eatre en interaction directe avec le couple. L\u2019infirmi\u00e8re, elle, est compl\u00e8tement ext\u00e9rieure. Le patient r\u00e9agit avec une v\u00e9rit\u00e9 crue \u00e0 l\u2019image sociale de ce couple. Il est t\u00e9moin d\u2019une discussion qu\u2019il n\u2019est pas cens\u00e9 entendre et nous, nous l\u2019entendons avec lui. Sa r\u00e9action fait \u00e9cho \u00e0 ce qu\u2019on pourrait penser si on \u00e9tait \u00e0 sa place. Alors qu\u2019il essaie de dormir, il entend un mec qui pleurniche et qui n\u2019arr\u00eate pas d\u2019emb\u00eater sa nana. Il r\u00e9agit \u00e0 chaud \u00e0 une situation \u00e0 laquelle il appartient malgr\u00e9 lui. Et par moments, il prend parti pour Aline. Clairement.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>MC: Vous allez mettre en sc\u00e8ne <em>L\u2019Imposteuse<\/em> la saison prochaine au Th\u00e9\u00e2tricul \u00e0 Ch\u00eane-Bourg. Est-ce que vous pouvez d\u00e9j\u00e0 nous dire quelque chose sur la sc\u00e9nographie que vous envisagez d\u2019adopter ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>M.B.: Il y a un \u00e9l\u00e9ment sc\u00e9nographie qui me semble incontournable. Ce sera le rideau, figuratif du rideau de th\u00e9\u00e2tre sans \u00eatre rouge et aussi figuratif du rideau d\u2019h\u00f4pital. Aline est tr\u00e8s statique, parce qu\u2019elle est dans son lit. On a besoin de comprendre que son mental, lui, n\u2019est pas statique. Qu\u2019elle se projette constamment dans des mondes imaginaires. J\u2019ai en t\u00eate une forme de jeux d\u2019ombres, de projections ou de marionnettes autour d\u2019elle. J\u2019ai envie de citer une r\u00e9plique d\u2019Aline, o\u00f9 elle dit que les marionnettes sont plus pr\u00e9sentes, plus incarn\u00e9es que son mari au sein de la famille. J\u2019aimerais un personnage de Yann qui n\u2019existe que socialement et qui n\u2019est pas vraiment pr\u00e9sent \u00e0 cette vie qui palpite dans son \u00e9pouse.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>MC: Est-ce qu\u2019\u00e0 travers <em>L\u2019Imposteuse<\/em>, vous parlez aussi de th\u00e9\u00e2tre ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>MB: Oui, je pense que je questionne le th\u00e9\u00e2tre en tant que v\u00e9rit\u00e9, en tant que divertissement. Quand le th\u00e9\u00e2tre me manque, parce qu\u2019il y a covid, parce qu\u2019on ne peut pas rentrer dans les salles ou parce que simplement les projets sont report\u00e9s et que l\u2019attente para\u00eet interminable, je me rassure, je me console, en me disant qu\u2019il y a toujours du th\u00e9\u00e2tre partout dans la vie. J\u2019ai moins l\u2019impression de questionner le th\u00e9\u00e2tre dans <em>L\u2019Imposteuse<\/em> que de questionner <em>L\u2019Imposteuse<\/em> hors du th\u00e9\u00e2tre. J\u2019aimerais bien que <em>L\u2019Imposteuse<\/em> d\u00e9borde un petit peu dans la r\u00e9alit\u00e9 des gens qui le verront. Qu\u2019ils puissent s\u2019autoriser \u00e0 voir le monde comme un potentiel d\u2019imagination.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par M\u00e9lanie Carrel. <\/p>\n","protected":false},"author":1002282,"featured_media":19708,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[309],"class_list":["post-16869","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-entretien","tag-melanie-carrel-2"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16869","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002282"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=16869"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16869\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21476,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16869\/revisions\/21476"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/19708"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=16869"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=16869"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=16869"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}