{"id":16865,"date":"2023-06-17T12:57:20","date_gmt":"2023-06-17T10:57:20","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=16865"},"modified":"2025-02-14T10:34:20","modified_gmt":"2025-02-14T09:34:20","slug":"etre-lauteur-e-de-la-vie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2023\/06\/etre-lauteur-e-de-la-vie\/","title":{"rendered":"L&rsquo;Imposteuse"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">L&rsquo;Imposteuse<\/h2>\n\n\n<p>\u00a9&nbsp;Sandra Guaresi<\/p>\n\n\n\n<p>Pi\u00e8ce de  Marie Beer \/ compte rendu par M\u00e9lanie Carrel<\/p>\n\n\n\n<p>Deux lundis par mois, pendant l\u2019\u00e9t\u00e9,&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.lecourrier.ch\/auteursDRAM\">Le Courrier<\/a>&nbsp;publie le texte in\u00e9dit (extrait) d\u2019un-e auteur-e de th\u00e9\u00e2tre suisse ou r\u00e9sidant en Suisse. L\u2019Atelier critique a eu acc\u00e8s \u00e0 la version int\u00e9grale de ces oeuvres et en propose aujourd\u2019hui un compte rendu, assortie d\u2019un entretien avec leurs auteur\u00b7e\u00b7s.<\/p>\n\n\n\n<p>Voir l\u2019<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2023\/06\/entretien-avec-marie-beer\/\">Entretien avec Marie Beer  autour de la pi\u00e8ce&nbsp;<em>L&rsquo;Imposteuse<\/em><\/a><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">\u00catre l\u2019auteur.e de la vie\u2026<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>17 juin 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/melanie-carrel\/\">M\u00e9lanie Carrel<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"460\" height=\"460\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/06\/Entretien-avec-Marie-Beer.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-19708\" style=\"width:300px;height:undefinedpx\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/06\/Entretien-avec-Marie-Beer.jpg 460w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/06\/Entretien-avec-Marie-Beer-200x200.jpg 200w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/06\/Entretien-avec-Marie-Beer-170x170.jpg 170w\" sizes=\"auto, (max-width: 460px) 100vw, 460px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9&nbsp;Sandra Guaresi<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>C\u2019est avec sa pi\u00e8ce<\/em> L\u2019Imposteuse<em> que Marie Beer remporte en 2021 le Prix de la Soci\u00e9t\u00e9 genevoise des \u00e9crivains. Elle y poursuit sa r\u00e9flexion autour de la folie, en explorant cette fois la place de l\u2019imagination dans notre quotidien. Une \u00e9criture \u00e0 la fois dr\u00f4le et po\u00e9tique, une dramaturgie savamment ficel\u00e9e dont le d\u00e9nouement inattendu bouleverse tous les rep\u00e8res. A d\u00e9couvrir dans une mise en sc\u00e8ne de l\u2019auteure au Th\u00e9\u00e2tricul (Ch\u00eane-Bourg) la saison prochaine<\/em> <em>du 17 novembre au 3 d\u00e9cembre 2023.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Imaginez. Un apr\u00e8s-midi, alors que vous \u00eates au travail, on vous appelle pour vous avertir que votre compagne a eu un grave accident. Sur le chemin de l\u2019h\u00f4pital, vous vous empressez d\u2019appeler son employeur pour l\u2019avertir. Perplexe, votre interlocuteur vous assure ne conna\u00eetre aucune personne qui r\u00e9ponde \u00e0 ce nom. Vous insistez. Finalement, vous \u00eates contraint de vous rendre \u00e0 l\u2019\u00e9vidence : elle n\u2019a jamais mis les pieds dans cet \u00e9tablissement. Tout s\u2019effondre. La personne qui partageait votre vie vous devient soudain compl\u00e8tement \u00e9trang\u00e8re. Cette histoire, c\u2019est celle du personnage invent\u00e9 par Marie Beer : Yann, producteur et p\u00e8re de famille, projet\u00e9 malgr\u00e9 lui dans les fictions de sa femme, Aline. Alors qu\u2019a priori nous aurions pens\u00e9 nous identifier avec le personnage de la personne tromp\u00e9e, Marie Beer nous invite \u00e0 un voyage complice dans la psych\u00e9 de l\u2019imposteuse.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019action, en 7 sc\u00e8nes, se d\u00e9roule exclusivement dans et devant le box d\u2019h\u00f4pital d\u2019Aline. Lecteur.ice.s et spectateur.ice.s assistent aux visites que Yann rend \u00e0 sa femme pendant deux jours, pour lui demander des comptes. L\u2019incompr\u00e9hension de Yann se heurte \u00e0 la lucidit\u00e9 d\u2019Aline. On comprend que cette derni\u00e8re est consciente du d\u00e9bordement de son imaginaire, qu\u2019elle le vit comme une lib\u00e9ration et un enrichissement. Autour du couple gravitent deux autres personnages : \u00ab l\u2019infirmi\u00e8re \u00bb et \u00ab le patient \u00bb. La premi\u00e8re, ext\u00e9rieure \u00e0 la situation et rationnelle, donne raison \u00e0 Yann, dans un premier temps du moins. Le second, t\u00e9moin des conversations du couple dont seul un fin rideau le s\u00e9pare, interrompt r\u00e9guli\u00e8rement le dialogue par ses interventions intempestives, jusqu\u2019\u00e0 une d\u00e9licieuse tirade aussi sage que grossi\u00e8re, dans laquelle il se range du c\u00f4t\u00e9 de \u00ab l\u2019imagineuse \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Deux pour, deux contre. Marie Beer se fait m\u00e9diatrice invisible dans ce d\u00e9bat autour des injonctions sociales. Elle questionne notre soci\u00e9t\u00e9 dans laquelle la l\u00e9gitimit\u00e9 et l\u2019identit\u00e9 d\u2019une personne d\u00e9pendent (presque) uniquement de son activit\u00e9 professionnelle. Elle s\u2019attaque au fonctionnement de notre monde mat\u00e9rialiste, qui d\u00e9valorise et r\u00e9prime l\u2019imaginaire, au point de transformer cette facult\u00e9 en d\u00e9faut. Elle discute \u00e9galement la position difficile des m\u00e8res, tiraill\u00e9es entre deux injonctions difficilement compatibles que sont l\u2019accomplissement professionnel et le d\u00e9vouement total \u00e0 leur famille.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais il ne s\u2019agit pas seulement de mettre en cause. La pi\u00e8ce ouvre un espace po\u00e9tique de r\u00e9flexion sur la fiction, o\u00f9 chaque lecteur.ice peut, \u00e0 travers le t\u00e9moignage d\u2019Aline, r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 son propre rapport \u00e0 l\u2019imagination. Face \u00e0 une personne qui enjolive son r\u00e9cit, gonfle les d\u00e9tails, s\u2019invente des aventures, faut-il vraiment crier \u00e0 l\u2019imposture ? Qui, de celui qui n\u2019existe que dans le regard des autres ou de celui qui fait exister des choses imaginaires, cause le plus de tort ? Et si nous nous autorisions, de temps en temps, \u00e0 r\u00e9pondre aux questions qui nous sont pos\u00e9es par une histoire sortie tout droit de notre imaginaire ? Marie Beer nous y invite ici : faisons comme les auteurs, inventons le monde. Nous n\u2019en sortirons que plus enrichis.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>17 juin 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/melanie-carrel\/\">M\u00e9lanie Carrel<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pi\u00e8ce de Marie Beer \/ Compte-rendu par M\u00e9lanie Carrel .<\/p>\n","protected":false},"author":1002282,"featured_media":19708,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38],"tags":[309],"class_list":["post-16865","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","tag-melanie-carrel-2"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16865","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002282"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=16865"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16865\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":22839,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16865\/revisions\/22839"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/19708"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=16865"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=16865"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=16865"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}