{"id":16860,"date":"2023-06-09T00:14:30","date_gmt":"2023-06-08T22:14:30","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=16860"},"modified":"2025-02-07T12:13:07","modified_gmt":"2025-02-07T11:13:07","slug":"erwin-motor-devotion","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2023\/06\/erwin-motor-devotion\/","title":{"rendered":"Erwin Motor, d\u00e9votion"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Erwin Motor, d\u00e9votion<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Texte de Magali Mougel \/ Mise en sc\u00e8ne Nicolas M\u00fcller et Patric Reves \/ TPR (La Chaux-de-Fonds) \/ du 25 au 26 mai 2023 \/ critique par Timon Musy . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>09 juin 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/timon-musy\/\">Timon Musy<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/06\/GPE-1100_low-1140x760-1-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-16858\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/06\/GPE-1100_low-1140x760-1-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/06\/GPE-1100_low-1140x760-1-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/06\/GPE-1100_low-1140x760-1-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/06\/GPE-1100_low-1140x760-1-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/06\/GPE-1100_low-1140x760-1.jpg 1140w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"> \u00a9 Guillaume Perret<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Pi\u00e8ce \u00e0 charge contre le monde de l\u2019industrie et le r\u00f4le qui y est impos\u00e9 aux femmes, <\/em>Erwin Motor, d\u00e9votion<em> se veut une satire aussi acide qu\u2019os\u00e9e. Malgr\u00e9 une mise en sc\u00e8ne vive et courageuse, on peine \u00e0 saisir l\u2019originalit\u00e9 d\u2019un propos souvent convenu et artificiel, au point d\u2019en devenir irritant.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s la traditionnelle \u00ab mise en bouche \u00bb au TPR, il est clair que le spectacle veut mettre le texte \u00e0 l\u2019honneur. Premi\u00e8re pi\u00e8ce, \u00e9crite en 2011, de l\u2019autrice Magali Mougel, aujourd\u2019hui largement reconnue, <em>Erwin Motor, d\u00e9votion<\/em> est aussi la premi\u00e8re cr\u00e9ation de la toute nouvelle compagnie fribourgeoise Acide B\u00e9n\u00e9fique compos\u00e9e de quatres com\u00e9dien\u00b7nes (dont les deux metteurs en sc\u00e8ne). L\u2019impressionnante sc\u00e9nographie en impose par sa verticalit\u00e9, ses couleurs flash, et une profusion d\u2019objets. Au centre se dresse un grand mur de pneus, devant une structure m\u00e9tallique en forme d\u2019escalier gigantesque. On ne compte plus les ressorts, tubes et canettes qui jonchent des tables semi-circulaires ou le sol. C\u2019est dans ce cadre que se tisse tout un r\u00e9seau dynamique de relations entre les quatre personnages, d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment inspir\u00e9s par ceux des Liaisons Dangereuses de Laclos.<\/p>\n\n\n\n<p>Au centre de gravit\u00e9 de toutes ces interactions, C\u00e9cile Volanges, une jeune femme en qu\u00eate d\u2019\u00e9mancipation et d\u2019ind\u00e9pendance, qui sans cesse doit se confronter \u00e0 un mari violent, un contrema\u00eetre insistant aux pulsions sexuelles d\u00e9bordantes et une sup\u00e9rieure hi\u00e9rarchique insatisfaite des r\u00e9sultats de ses cha\u00eenes de production. Dans l\u2019urgence d\u2019un ultimatum qui menace de d\u00e9localiser les usines en Pologne, chacun des personnages tente de pr\u00e9server ses int\u00e9r\u00eats et d\u2019imposer ses privil\u00e8ges, toujours au d\u00e9triment d\u2019une C\u00e9cile Volanges trop candide.<\/p>\n\n\n\n<p>Le discours critique sur cet univers cruel prend difficilement. Le texte, reconnu pour sa qualit\u00e9 stylistique, qui fait r\u00e9p\u00e9ter tout au long de la pi\u00e8ce les m\u00eames formules par l\u2019ensemble des personnages comme pour exhiber la perte de l\u2019individualit\u00e9, enl\u00e8ve \u00e0 ces dernier\u00b7\u00e8res toute singularit\u00e9 morale. Tous et toutes sont motiv\u00e9s par les m\u00eames valeurs et veulent couper un myst\u00e9rieux \u00ab cordon ombilical \u00bb. Quelques figures adoptent des traits plus personnels, mais non pas plus originaux : le contrema\u00eetre insiste sans demi-mesure sur ses envies sexuelles, le mari refuse \u00e0 la femme son ind\u00e9pendance. Ceci donne l\u2019impression que tout est mis en place en quelques minutes seulement, et que le reste est une suite de redites. La na\u00efve C\u00e9cile Volanges dispara\u00eet vite au second plan, si heureuse de sa situation que m\u00eame un viol ne lui fait pas changer d\u2019avis ; elle se fait alors remplacer dans l\u2019espace par des personnages abjects, qui pourtant s\u2019\u00e9rigent en monuments path\u00e9tiques. Sommes-nous cens\u00e9s compatir avec la difficult\u00e9 d\u2019\u00eatre un homme pour un mari qui veut se faire \u00e9masculer apr\u00e8s que sa domination physique et brutale a \u00e9t\u00e9 mise en \u00e9chec ? Difficile, dans ces conditions, de savoir vers qui orienter sa sympathie, de qui l\u2019on est cens\u00e9 rire, ni qui doit \u00eatre vu comme une victime : le propos s\u2019av\u00e8re irritant et la satire peine \u00e0 faire mouche.<\/p>\n\n\n\n<p>La fin, qui voit C\u00e9cile s\u2019\u00e9chapper du syst\u00e8me sans traces de la violence et de l\u2019exploitation subies, donne aussi \u00e0 penser que malgr\u00e9 quelques incartades morales, une entreprise au fonctionnement aussi \u00e9videmment toxique qu\u2019Erwin Motor prend en r\u00e9alit\u00e9 \u00ab soin de ses employ\u00e9s \u00bb : sous couvert de d\u00e9noncer le n\u00e9o-lib\u00e9ralisme, la pi\u00e8ce le montre en r\u00e9alit\u00e9 sous un jour pas si vilain. On peut alors d\u00e9cider soit de rire d\u2019une h\u00e9ro\u00efne trop \u00e9gar\u00e9e pour comprendre o\u00f9 est son propre bien, soit refuser d\u2019\u00eatre les complices d\u2019un propos aussi biais\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Il convient cependant de relever l\u2019audace de la compagnie Acide b\u00e9n\u00e9fique qui, sur un texte aussi risqu\u00e9, propose une esth\u00e9tique aussi ludique qu\u2019imposante. L\u2019espace modulable, stratifi\u00e9 en hauteur et en profondeur, organique et mouvant, autorise les corps \u00e0 \u00eatre agiles et acrobatiques. L\u2019apparente solidit\u00e9 du dispositif mat\u00e9riel explose en fin de compte pour s\u2019effondrer par terre dans un grand moment de d\u00e9sordre jubilatoire : tout est \u00e0 reconstruire ; on aper\u00e7oit alors enfin la v\u00e9ritable force de travail de cette entreprise.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>09 juin 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/timon-musy\/\">Timon Musy<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.tpr.ch\/saison-22-23\/erwin-motor-devotion\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Texte de Magali Mougel \/ Mise en sc\u00e8ne Nicolas M\u00fcller et Patric Reves \/ TPR (La Chaux-de-Fonds) \/ du 25 au 26 mai 2023 \/ critique par Timon Musy .<\/p>\n","protected":false},"author":1002282,"featured_media":16861,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,169],"tags":[271],"class_list":["post-16860","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-tpr-la-chaux-de-fonds","tag-timon-musy"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16860","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002282"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=16860"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16860\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21895,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16860\/revisions\/21895"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16861"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=16860"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=16860"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=16860"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}