{"id":16795,"date":"2023-05-02T22:01:59","date_gmt":"2023-05-02T20:01:59","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=16795"},"modified":"2025-03-06T11:14:18","modified_gmt":"2025-03-06T10:14:18","slug":"tous-les-poetes-habitent-valparaiso","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2023\/05\/tous-les-poetes-habitent-valparaiso\/","title":{"rendered":"Tous les po\u00e8tes habitent Valparaiso"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Tous les po\u00e8tes habitent Valparaiso<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Texte de Carine Corajoud \/ Conception et mise en sc\u00e8ne par Dorian Rossel \/ Cie Super Trop Top \/ La Grange \u2013 Centre \/ Arts et Science \/ UNIL \/ du 07 au 12 mars 2023 \/ cr\u00e9ations libres par Sylvain Grangier, Manon Leli\u00e8vre, Timon Musy et Th\u00e9o Krebs . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Radiographie<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>02 mai 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/sylvain-grangier\/\">Sylvain Grangier<\/a>\u00a0<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"767\" height=\"767\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/05\/valparaisodaphne-bengoa-003-767x767-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-16782\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/05\/valparaisodaphne-bengoa-003-767x767-1.jpg 767w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/05\/valparaisodaphne-bengoa-003-767x767-1-200x200.jpg 200w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/05\/valparaisodaphne-bengoa-003-767x767-1-170x170.jpg 170w\" sizes=\"auto, (max-width: 767px) 100vw, 767px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Daphn\u00e9 Bengoa<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>Los dos materiales que forman mi canto<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>Y el canto de ustedes que es mi mismo canto <\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>Y el canto de todos que es mi propio canto <\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>Gracias a la vida que me ha dado tanto<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>-C\u2019\u00e9tait <em>Gra\u00e7ias \u00e0 la vida <\/em>de Violetta Parra, la c\u00e9l\u00e8bre chanteuse chilienne. C\u2019est l\u2019heure maintenant de notre \u00e9mission <em>Culturbulences, <\/em>votre \u00e9mission culture qui cogite et s\u2019agite ! Je re\u00e7ois aujourd\u2019hui Juan Luis Martinez. Juan Luis Martinez, bonjour.<\/p>\n\n\n\n<p>-Bonjour.<\/p>\n\n\n\n<p>-Vous \u00eates po\u00e8te, vous jouez sur les fronti\u00e8res de l\u2019identit\u00e9, sur les codes, qu\u2019est-ce que vous pouvez nous en dire ?<\/p>\n\n\n\n<p>-Oui, figurez-vous par exemple qu\u2019en r\u00e9alit\u00e9 cette \u00e9mission est une cr\u00e9ation purement fictive.<\/p>\n\n\n\n<p>-Pourtant, nous dialoguons.<\/p>\n\n\n\n<p>-C\u2019est exact, mais tout ce que nous disons est \u00e9crit.<\/p>\n\n\n\n<p>-Vous voulez dire que ce que nous disons en ce moment-m\u00eame a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit \u00e0 l\u2019avance ?<\/p>\n\n\n\n<p>-Oui, mais pas seulement. J\u2019affirme que ce que nous disons n\u2019existe <em>que <\/em>par l\u2019\u00e9crit. Ou plus exactement, le dialogue que nous sommes en train de vivre n\u2019est produit, rendu r\u00e9el que dans l\u2019esprit d\u2019un tiers qui lit actuellement ces lignes. C\u2019est lui \u2013 ou elle, car nous, personnages de papier, n\u2019avons pas acc\u00e8s directement \u00e0 cette personne, et donc impossible pour nous de d\u00e9finir son identit\u00e9 \u2013 qui, \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un gramophone, fait exister ces mots, dans une sorte de r\u00e9sonance mentale qui n\u2019a lieu que dans son esprit. En quelque sorte, l\u2019aiguille de lecture de cette personne suit le sillon de ces mots, les transformant en son virtuel. Sans cette intervention ext\u00e9rieure, tout ce que nous disons n\u2019est qu\u2019un amas de graph\u00e8mes inertes. Ni vous, ni moi n\u2019existons r\u00e9ellement, pas plus que ce micro, cette table de mixage, cette tasse \u00e0 caf\u00e9 ou ce tric\u00e9ratops.<\/p>\n\n\n\n<p>-Couch\u00e9, Pupuce. Donc si je vous suis, nous n\u2019existons pas ?<\/p>\n\n\n\n<p>-Pas en tant que tels, mais sommes rendus r\u00e9els par l\u2019imaginaire de quelqu\u2019un d\u2019autre.<\/p>\n\n\n\n<p>-Et vous affirmez que la mati\u00e8re sonore, qui d\u00e9finit intrins\u00e8quement le m\u00e9dia radiophonique, n\u2019existe pas non plus ?<\/p>\n\n\n\n<p>-Non, ou du moins, seulement virtuellement. Nous ne sommes probablement m\u00eame pas sur une feuille de papier, mais simplement des pixels sur un rectangle blanc retro-\u00e9clair\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>-Est-ce que vous pouvez le prouver ?<\/p>\n\n\n\n<p>-Rien de plus simple<a href=\"#_bookmark1\"><sup>1<\/sup><\/a>. Voyez-vous,<\/p>\n\n\n\n<p>-Oui je vois ! C\u2019est un peu petit et pixelis\u00e9, mais je vois.<\/p>\n\n\n\n<p>-Or si nous \u00e9tions vraiment radiophoniques, le lecteur ou la lectrice ne le verrait pas.<\/p>\n\n\n\n<p>-Prodigieux ! Maintenant, revenons, si vous le voulez bien, \u00e0 vous. Vous \u00eates n\u00e9 \u00e0 Valparaiso, au Chili\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>-Non.<\/p>\n\n\n\n<p>-Oui, d\u2019accord, je crois avoir compris o\u00f9 vous voulez en venir. Si je vous ai bien suivi, comme vous n\u2019\u00eates qu\u2019un personnage fictif qui n\u2019existe que sur un bout de pap\u2026 d\u2019\u00e9cran, vous ne pouvez pas r\u00e9ellement \u00eatre n\u00e9 o\u00f9 que ce soit. Mais admettons que ce personnage-l\u00e0, vous donc, soyez n\u00e9 quelque part, c\u2019est bien \u00e0 Valparaiso au Chili, non ?<\/p>\n\n\n\n<p>-Euh non, m\u00eame si votre analyse n\u2019est pas fausse en soi, il se trouve que m\u00eame intradi\u00e9g\u00e9tiquement, je ne suis pas n\u00e9 au Chili, mais en Catalogne.<\/p>\n\n\n\n<p>-Quoi ? Mais vous n\u2019\u00eates pas [xwanluismartin\u025bz] ?<\/p>\n\n\n\n<p>-Si, bien s\u00fbr, mais l\u00e0 vous le dites en alphabet phon\u00e9tique international donc \u00e7a fausse tout.<\/p>\n\n\n\n<p>-Je ne vous comprends pas.<\/p>\n\n\n\n<p>-Je suis Juan Luis Martinez.<\/p>\n\n\n\n<p>-Oui, et bien ?<\/p>\n\n\n\n<p>-Mais pas Juan Luis Mart\u00ednez.<\/p>\n\n\n\n<p>-Bon sang ! Mais enfin c\u2019est extraordinaire !<\/p>\n\n\n\n<p>-En effet.<\/p>\n\n\n\n<p>-Mais dites-moi, que va-t-il advenir de notre dialogue ?<\/p>\n\n\n\n<p>-Nul ne peut le dire. Dans quelque instant, son auteur enregistrera sa version LibreOffice Writer, la convertira en PDF, et l\u2019enverra par mail. \u00c0 partir de l\u00e0, nul ne sait quel sera son destin de texte, autonome, qui ne peut vivre que par les yeux d\u2019un lecteur ou d\u2019une lectrice.<\/p>\n\n\n\n<p>-Il y a de quoi avoir le vertige&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">1 -Que s&rsquo;est il pass\u00e9 ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"> &#8211; Nous sommes dans une note de bas-de-page. Un autre espace, une autre temporalit\u00e9. Ce, d\u2019autant plus qu\u2019il s\u2019\u00e9tend sur deux pages. Quelque chose d\u2019impossible \u00e0 faire \u00e0 la radio. De l\u00e0, deux sc\u00e9narios possibles : soit le lecteur ou la lectrice a interrompu sa lecture dans la page principale et a baiss\u00e9 les yeux pour faire exister ce dialogue en ce moment m\u00eame, dans cet autre espace-temps. C\u2019est le cas le plus probable. Mais il est \u00e9galement possible qu\u2019il ou elle ait poursuivi sa lecture sans prendre garde au petit chiffre en exposant, peut-\u00eatre pour terminer ma r\u00e9plique initiale. Dans ce cas, notre conversation a tr\u00e8s bien pu se poursuivre sans que celle-ci n\u2019apparaisse. Et sans m\u00eame que la coh\u00e9rence textuelle n\u2019en soit impact\u00e9e ! Quand vous aurez termin\u00e9 votre exclamation imminente, cet espace se refermera et notre dialogue continuera comme si de rien n\u2019\u00e9tait. \u00c9patant<sup>2<\/sup> <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">2 -Encore ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">&#8211;<span style=\"font-size: revert\">Et oui, nous sommes dans une note de bas de page de note de bas de page<\/span><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">&#8211;<span style=\"font-size: revert\">C\u2019est encore plus m\u00e9ta !<\/span><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">&#8211;<span style=\"font-size: revert\">M\u00e9ta gueule<\/span><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">-Comment ? <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">-Non je dis : \u00e7a a de la gueule.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>02 mai 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/sylvain-grangier\/\">Sylvain Grangier<\/a>\u00a0<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Les secrets d\u2019une femme<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>02 mai 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/manon-lelievre\/\">Manon Leli\u00e8vre<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"980\" height=\"800\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/05\/valparaisodaphne-bengoa-006.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-16786\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/05\/valparaisodaphne-bengoa-006.jpg 980w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/05\/valparaisodaphne-bengoa-006-245x200.jpg 245w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/05\/valparaisodaphne-bengoa-006-208x170.jpg 208w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/05\/valparaisodaphne-bengoa-006-768x627.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 980px) 100vw, 980px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Daphn\u00e9 Bengoa<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Un verre \u00e0 la main, elle sourit, un peu perdue, pas tout \u00e0 fait avec les autres. Elle est ailleurs.<\/em><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-group is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-group is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex\">\n<p>ELIANA<\/p>\n\n\n\n<p>Il ne reste plus beaucoup de temps, mon amour. Bient\u00f4t, le jeu prendra fin.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-group is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex\">\n<p><em>Elle se place \u00e0 pas l\u00e9gers devant le socle de la statue. Son regard s\u2019attarde sur les courbes de m\u00e9tal qui reprennent les traits du po\u00e8te.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le jeune chercheur est pass\u00e9 et j\u2019ai vu dans son regard que quelque chose avait chang\u00e9. J\u2019ai dit quelques mots dans le vague, j\u2019ai souri doucement et je suis partie. J\u2019ai suivi les r\u00e8gles, il les suivra lui aussi.<\/p>\n<\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex\">\n<p><em>Elle soupire.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Bient\u00f4t les choses changeront, bient\u00f4t il ne restera de toi que le souvenir d\u2019un po\u00e8te.<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex\">\n<p><em>Un groupe de personnes passe derri\u00e8re le socle. Elles semblent la reconna\u00eetre, elles l\u00e8vent leurs verres dans sa direction en souriant. Malgr\u00e9 les quelques traits familiers, Eliana ne se rappelle pas d\u2019elles. Avec un temps de retard, un peu h\u00e9sitante, elle sourit aussi et l\u00e8ve sa fl\u00fbte de champagne.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le champagne est bon, tu l\u2019aurais aim\u00e9 je pense. Les gens ont l\u2019air heureux. Je me demande bien comment tu te comporterais si tu \u00e9tais ici. Pleurerais-tu&nbsp;? Tu en serais bien capable. R\u00e9ussirais-tu \u00e0 garder le secret&nbsp;? Je n\u2019en suis pas si s\u00fbre, tu as toujours \u00e9t\u00e9 si press\u00e9, plein d\u2019une impatience discr\u00e8te. Moi je le vois dans ton regard, dans ta main qui aplatit tes cheveux. Tu aimes les jeux, mais pour suivre tes propres r\u00e8gles, il fallait te faire violence, n\u2019est-ce pas&nbsp;?<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex\">\n<p><em>Elle rit doucement.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Ce soir, le suspense s\u2019\u00e9vanouit. Tous ces curieux ont attendu vingt ans un \u00e9v\u00e8nement, un geste artistique. Ils n\u2019ont peut-\u00eatre pas compris que ce sont les ann\u00e9es \u00e9coul\u00e9es qui comptent, l\u2019attente. Le geste est l\u00e0 maintenant, tout petit, tout carr\u00e9, si fragile comme un carnet que l\u2019on peut perdre. Comme un recueil de po\u00e8mes qui prend feu. Esp\u00e9raient-ils que tu ressuscites&nbsp;par des mots&nbsp;? &nbsp;&nbsp;Et puis, une fois que l\u2019on saura, une fois que l\u2019Autre arrivera par ici, le geste ne deviendra-t-il pas murmure&nbsp;? Quelle histoire folle&nbsp;! Quelle jouissance de conna\u00eetre avant tout le monde un secret qui sera bient\u00f4t d\u00e9voil\u00e9&nbsp;! Quelle joie de voir dans les regards le doute, puis la lumi\u00e8re lorsqu\u2019on a r\u00e9alis\u00e9 le geste, qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 compris. Je verrais \u00e9clore le secret dans les esprits. C\u2019est ce que tu as vu dans mes yeux quand tu m\u2019as avou\u00e9, en chuchotant, un matin, ton projet un peu fou. Oui, tu aurais pleur\u00e9 je pense, mais tu n\u2019aurais rien dit. Oui, tu as pleur\u00e9, mais tu n\u2019as rien dit la derni\u00e8re fois.<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<p><em>Silence dans sa t\u00eate. Des voix au loin, quelques rires, des verres qui s\u2019entrechoquent encore troublent la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 du jardin.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Et dire que par un simple caprice de ma part, je pourrais relancer la machine. Je les sens dans mon c\u0153ur, contre mon sein, les mots que tu m\u2019as confi\u00e9s. Les tiens, les vrais, ceux que tu me glissais doucement les matins et que je transcrivais le soir, en secret, dans mes journaux. Ceux que tu ne destinais qu\u2019\u00e0 moi, moi qui voulais que tu les cries au monde. Je pourrais jouer \u00e0 nouveau, passer dans les rangs et chuchoter&nbsp;: vous ne le saviez pas&nbsp;? Une autre close, confidentielle, dans le testament de feu mon po\u00e8te\u2026 Un autre recueil, dans vingt ans \u00e0 nouveau&nbsp;? Non, cinq cette fois. Quoi&nbsp;? On ne vous avait pas pr\u00e9venu. Que c\u2019est \u00e9trange&nbsp;! Et alors, quand la rumeur arriverait jusqu\u2019\u00e0 ses oreilles, Ma\u00eetre Abril me trouverait un peu perplexe, un peu f\u00e9brile. Il me demanderait ce que je raconte, ce que j\u2019imagine. Je sourirais doucement, rirais s\u00fbrement de voir ses yeux affol\u00e9s, un peu avides, ses mains serrer convulsivement sa pochette noire. Alita arriverait aussi, peut-\u00eatre, son visage entre la joie et la crainte. Tout va bien Mama&nbsp;? Oui, Alita, ne t\u2019inqui\u00e8te pas. Vous ne le saviez pas, Ma\u00eetre Abril, mais mon mari m\u2019avait charg\u00e9 de d\u00e9voiler l\u2019existence d\u2019un nouveau recueil de po\u00e8mes au moment de la publication des<em> Po\u00e8mes de l\u2019Autre<\/em>. Ce serait faux, bien s\u00fbr, tu ne m\u2019as jamais demand\u00e9 cela. Tu ne connais m\u00eame pas l\u2019existence de mes carnets, remplis de tes po\u00e8mes chuchot\u00e9s au creux de mon cou. Mais le manuscrit est l\u00e0, Ma\u00eetre Abril, et je suis la veuve de Juan Luis Martinez \u00e0 qui il d\u00e9voilait tous ses coups \u00e0 l\u2019avance, n\u2019est-ce pas&nbsp;? Vous savez, c\u2019est un joueur, mon Juan Luis, et le premier jeu n\u2019est m\u00eame pas termin\u00e9 qu\u2019il veut en relancer un nouveau.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-group is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex\">\n<p><em>Un \u00e9clat de rire s\u2019\u00e9chappe de ses l\u00e8vres. Elle voudrait rire, elle veut danser. Par-dessus tout, elle souhaite monter sur le socle, embrasser la statue et lui dessiner des moustaches. Elle boit vite une gorg\u00e9e avant qu\u2019on ne la remarque. Elle se sent un peu excentrique, un peu folle, mais maintenant qu\u2019elle a d\u00e9pass\u00e9 l\u2019\u00e2ge d\u2019\u00eatre grand-m\u00e8re, elle a le droit, n\u2019est-ce pas&nbsp;? Elle chuchote alors&nbsp;<\/em>:<\/p>\n\n\n\n<p>La vie d\u2019une femme<\/p>\n\n\n\n<p>Aux courbes parfaites m\u2019enflamme<\/p>\n\n\n\n<p>Et si tu ne la suis pas<\/p>\n\n\n\n<p>Et si tu ne joues pas<\/p>\n\n\n\n<p>Elle part, elle s\u2019enfuit<\/p>\n\n\n\n<p>Elle vol\u00e8te comme un colibri\u2026<\/p>\n<\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p><em>Elle baisse la t\u00eate, pose sa coupe sur le sol, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du socle. Elle reste un instant, pensive et silencieuse. Dans un geste soudain, elle plonge la main dans sa veste, \u00e0 l\u2019endroit de son c\u0153ur, et en ressort un petit carnet reli\u00e9. Elle le regarde, caresse la couverture, sent les pages qu\u2019elle feuillette d\u00e9licatement. Elle le pose sur le socle, entre les pieds de la statue. Elle se retourne alors, s\u2019appr\u00eate \u00e0 partir, h\u00e9site. Mais ses \u00e9paules s\u2019affaissent, elle reprend le carnet et le glisse \u00e0 nouveau contre son c\u0153ur.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Elle sort.<\/em><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>02 mai 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/manon-lelievre\/\">Manon Leli\u00e8vre<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Retourner \u00e0 Valparaiso<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>02 mai 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/timon-musy\/\">Timon Musy<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"980\" height=\"800\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/05\/valparaisodaphne-bengoa-005.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-16789\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/05\/valparaisodaphne-bengoa-005.jpg 980w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/05\/valparaisodaphne-bengoa-005-245x200.jpg 245w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/05\/valparaisodaphne-bengoa-005-208x170.jpg 208w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/05\/valparaisodaphne-bengoa-005-768x627.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 980px) 100vw, 980px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Daphn\u00e9 Bengoa<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>(Cette tentative essaye de travailler le discours du personnage de Violeta, et pourrait \u00e0 la fois servir de fin alternative ou s\u2019int\u00e9grer en fragments plus t\u00f4t dans la pi\u00e8ce.)<\/em><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex\">\n<p>Violeta&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut retourner \u00e0 Valparaiso. Valparaiso c\u2019est joli, il y a les murs et les fleurs, les ascenseurs roulent toujours. C\u2019est une ville de po\u00e8tes, Valparaiso, couch\u00e9e en plis sur la colline. Les \u00e9tudiants \u00e9taient tous un peu po\u00e8tes \u00e0 cette \u00e9poque-l\u00e0, sinon ils l\u2019auraient br\u00fbl\u00e9, ce journal\u2026 ou ils seraient rest\u00e9s chez eux. Mais maintenant Valparaiso, c\u2019est plus calme, il faut y retourner\u2026 J\u2019aimerais y retourner. Maintenant je vis ici, \u00e7a fait longtemps, les gens sont aussi un peu po\u00e8tes parfois, pas tous, et pas de la m\u00eame po\u00e9sie non plus. Vous savez, on me dit souvent que j\u2019ai le m\u00eame nom que Violeta Parra, la chanteuse de <em>Gracias a la vida<\/em>. Elle aussi elle a v\u00e9cu en Suisse, mais elle en est repartie. Plus po\u00e8te que l\u2019amour, peut-\u00eatre. Des jours, vivre ici c\u2019est <em>a\u00f1oranza<\/em>, mais Valparaiso c\u2019est <em>a\u00f1oranza<\/em> aussi. Il faut retourner \u00e0 Valparaiso mais Valparaiso c\u2019est loin. Ils ont d\u00fb repeindre les murs, les po\u00e8tes, je pense. Ils sont encore l\u00e0-bas tous. Ils ont les mots, eux. Ce po\u00e8me que je vous ai montr\u00e9, c\u2019est d\u2019un po\u00e8te de l\u00e0-bas, moi je ne peux que le lire ici. Le papier est tout jaune maintenant.<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex\">\n<p>Karim&nbsp;<em>(qui a pris la place d\u2019Alice derri\u00e8re la petite table) <\/em>:<\/p>\n\n\n\n<p>On m\u2019a montr\u00e9 une photo de ce po\u00e8te une fois, elle \u00e9tait jaunie elle aussi. <em>(Le personnage de Karim n\u2019est pas suppos\u00e9 l\u2019avoir vu, mais le com\u00e9dien \u00e9tait pr\u00e9sent dans l\u2019espace au moment du cours de Scott Bloom.)<\/em><\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-group is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex\">\n<p>Violeta&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>Les po\u00e8tes aussi ont les dents jaunes. <em>(Rires)<\/em> Le jaune c\u2019est la couleur de l\u2019or et des couronnes, c\u2019est sans doutes pour cela que c\u2019est aussi la couleur du pass\u00e9. Valparaiso, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, c\u2019\u00e9taient des couleurs, Pinochet en photo c\u2019est jaune, ou gris. C\u2019est terrible pour un po\u00e8te d\u2019\u00eatre si \u00e9troitement li\u00e9 \u00e0 la dictature. Un po\u00e8te de Valparaiso, c\u2019est un enfant des lumi\u00e8res et de la c\u00f4te pacifique. Il faut retourner \u00e0 Valparaiso, aujourd\u2019hui ce n\u2019est plus s\u00e9pia, c\u2019est solaire. Mon fils m\u2019a trouv\u00e9 une nouvelle photo de Valparaiso en couleur l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, c\u2019est beau. La seule que j\u2019avais pendant des ann\u00e9es \u00e9tait aussi une vieillerie jaunie, ma Valparaiso au pass\u00e9. Maintenant je respire \u00e0 nouveau. Pinochet est parti, un jour je demanderai \u00e0 mon fils de porter des bouquets sur la tombe des po\u00e8tes des photos jaunes ou grises, les remettre en couleur.<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<p><em>(Sons de musique chilienne \u00e0 bas volume)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Ce Martinez \u00e0 la Croix-Rouge que vous avez trouv\u00e9, il a l\u2019air sympathique, il \u00e9crit de beaux po\u00e8mes lui aussi. Et la Croix-Rouge\u2026 il doit \u00eatre gentil. C\u2019est bien de votre part de le mettre dans votre pi\u00e8ce, de ne pas l\u2019oublier. Le pauvre, il doit se sentir bizarre. C\u2019est surprenant qu\u2019il ne soit jamais all\u00e9 au Chili. Avec ses po\u00e8mes je l\u2019aurais bien imagin\u00e9 manifester \u00e0 Santiago avec les autres, cet autre po\u00e8te.<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex\">\n<p>Fabien&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est pourtant le m\u00eame&nbsp;!<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex\">\n<p>Violeta&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne sais pas, ce sont ses mots, mais tous ceux qui les ont connus se les sont r\u00e9appropri\u00e9s. Ni Martinez ni Martinez en fait. C\u2019est une manchette de journal, c\u2019est un cri, c\u2019est le retour des fleurs, ce sont des mots vous savez. Il leur en a fait don malgr\u00e9 lui. Il leur. Donn\u00e9 un voyage vers l\u2019ailleurs et \u00e0 moi il me ram\u00e8ne encore mon pays.<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex\">\n<p>Karim&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>Qui&nbsp;?<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex\">\n<p>Violeta&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>Martinez\u2026 Je ne sais plus ce que je disais, je ne sais plus o\u00f9 je voulais en venir. C\u2019est loin les souvenirs, Gen\u00e8ve, la Sorbonne, Pinochet. Qu\u2019est-ce que je racontais d\u00e9j\u00e0&nbsp;?<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex\">\n<p>Karim&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>Vous cl\u00f4turiez notre spectacle. <em>(Fin des sons de musique chilienne)<\/em><\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex\">\n<p>Violeta&nbsp;<em>(Lent fade out)<\/em>:<\/p>\n\n\n\n<p>Ah oui, c\u2019est \u00e7a&nbsp;! Je disais qu\u2019il faut retourner \u00e0 Valparaiso. Valparaiso c\u2019est joli, il y a les murs, les fleurs, les ascenseurs qui roulent de haut en bas. Ils semblent toujours ne faire que monter. C\u2019est une ville de po\u00e8tes, Valparaiso, couch\u00e9e en plis sur les collines, les \u00e9tudiants \u00e9taient tous un peu po\u00e8te \u00e0 cette \u00e9poque-l\u00e0, les \u00e9tudiants plus \u00e2g\u00e9s aussi. Ils me manquent. Il faut y retourner \u00e0 Valparaiso. Vous savez, il para\u00eet que j\u2019ai le m\u00eame pr\u00e9nom que Violeta Parra, la chanteuse de <em>Gracias a la vida<\/em>. Elle aussi elle a v\u00e9cu au Chili, peut-\u00eatre \u00e0 Valparaiso si \u00e7a se trouve, puis elle est partie. Trop po\u00e8te pour rester peut-\u00eatre. Ne pas \u00eatre l\u00e0-bas, c\u2019est <em>a\u00f1oranza<\/em>, y vivre des jours c\u2019est <em>a\u00f1oranza<\/em>. \u00catre un po\u00e8te c\u2019est beau, c\u2019est pour \u00e7a qu\u2019il faut retourner, toujours, \u00e0 Valparaiso.<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>02 mai 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/timon-musy\/\">Timon Musy<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Bord de sc\u00e8ne<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>02 mai 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/theo-krebs\/\">Th\u00e9o Krebs<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p><em>Tous les po\u00e8tes habitent Valparaiso<\/em> \/ Texte de Carine Corajoud \/ Conception et mise en sc\u00e8ne par Dorian Rossel \/ Cie Super Trop Top \/ La Grange (Lausanne) \/ du 07 au 12 mars 2023 \/ <a href=\"https:\/\/www.explore-unil.ch\/evenement\/tous-les-poetes-habitent-valparaiso\/\">Plus d&rsquo;infos<\/a>.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"980\" height=\"800\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/05\/valparaisodaphne-bengoa-001.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-16793\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/05\/valparaisodaphne-bengoa-001.jpg 980w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/05\/valparaisodaphne-bengoa-001-245x200.jpg 245w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/05\/valparaisodaphne-bengoa-001-208x170.jpg 208w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/05\/valparaisodaphne-bengoa-001-768x627.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 980px) 100vw, 980px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Daphn\u00e9 Bengoa<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Aur\u00e9lie. \u2013&nbsp; Et comment finit la pi\u00e8ce&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Jean-Louis (le&nbsp; faux). \u2013 La pi\u00e8ce finit comme \u00e7a.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Aur\u00e9lie quitte Jean-Louis et reprend sa place sous la chaise o\u00f9 elle dialoguait avec Violetta. La lumi\u00e8re baisse et la voix de la Chilienne retentit.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Violetta. \u2013 Oui, oui, Valparaiso \u00e9tait une ville parfaite pour les po\u00e8tes avec ses vieux ascenseurs et toutes ses couleurs. Oui, je crois que c\u2019\u00e9tait facile de devenir po\u00e8te \u00e0 Valparaiso.<\/p>\n\n\n\n<p><em>La lumi\u00e8re tombe doucement sur le plateau, les applaudissements retentissent dans la salle. Alors que le public s\u2019appr\u00eate \u00e0 descendre, entre le metteur en sc\u00e8ne.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le metteur en sc\u00e8ne. \u2013 Voil\u00e0, je vous remercie pour tous vos applaudissements, mais je vous invite \u00e0 rester encore un moment pour un bord de sc\u00e8ne, car nous avons ce soir le plaisir d\u2019avoir avec nous le vrai Jean-Louis&nbsp;! Et puis, si cela ne vous int\u00e9resse pas, n\u2019h\u00e9sitez pas \u00e0 vous en aller, on ne va pas vous obliger \u00e0 rester.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Le public continue \u00e0 sortir, mais certains spectateurs restent pour assister au bord de sc\u00e8ne. Le metteur en sc\u00e8ne attend seul et Jean-Louis n\u2019arrive toujours pas.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Premier Spectateur. \u2013 S\u2019il met si longtemps \u00e0 venir, je ne sais pas si on a bien fait de rester.<\/p>\n\n\n\n<p>La Spectatrice. \u2013 Imagine qu\u2019il ne vienne pas et que cela fait encore partie du spectacle.<\/p>\n\n\n\n<p>Premier Spectateur. \u2013 Dans ce cas, je dirais qu\u2019ils auraient mieux fait de finir \u00e0 la sc\u00e8ne d\u2019avant, tout simplement, parce que l\u00e0, \u00e7a commence \u00e0 devenir long.<\/p>\n\n\n\n<p><em>La sc\u00e9nographe (r\u00f4le muet) et la dramaturge entrent et se placent aux c\u00f4t\u00e9s du metteur en sc\u00e8ne<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Le metteur en sc\u00e8ne. \u2013 &nbsp;Voil\u00e0, alors Jean-Louis met un peu de temps \u00e0 arriver, mais je peux d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 vous pr\u00e9senter Carine qui s\u2019est occup\u00e9e de l\u2019\u00e9criture, et de la mise en dialogue de notre texte ainsi que Delphine qui s\u2019est occup\u00e9e de\u2026 <em>(il h\u00e9site)<\/em> de la mise en sc\u00e8ne. Oui, je crois qu\u2019on peut dire \u00e7a.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Pendant que le metteur en sc\u00e8ne parle, le Jean-Louis en question entre \u00e0 son tour.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le metteur en sc\u00e8ne. \u2013 Et puis, les com\u00e9diens ne vont pas tarder, ils se changent seulement, boivent un peu d\u2019eau, et caetera, vous vous doutez que ce qu\u2019ils viennent de faire \u00e9tait fatiguant. <em>(Il aper\u00e7oit Jean-Louis.)<\/em> Ah&nbsp;! Et voil\u00e0 Jean-Louis&nbsp;! Comment vas-tu&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p><em>Jean-Louis ne r\u00e9pondra pas. D\u00e8s que le metteur en sc\u00e8ne termine sa phrase, des applaudissements retentissent. Jean-Louis effectue quelques petits saluts avant de mimer des gestes de g\u00eane.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Jean-Louis. \u2013 Non, non, arr\u00eatez, je ne m\u00e9rite pas tous ces applaudissements. Moi je n\u2019y suis pour rien, j\u2019ai seulement v\u00e9cu ma vie. Et il se trouve que, par chance, il y avait de quoi en faire une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre. Mais r\u00e9servez vos applaudissements aux com\u00e9diens et \u00e0 l\u2019\u00e9quipe artistique.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Il lance lui-m\u00eame les applaudissements, suivi par le public.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le metteur en sc\u00e8ne. \u2013 Bon, eh bien, je vous propose de vous laisser parler. Peut-\u00eatre, tout simplement, en vous laissant la parole. Je ne sais pas si vous avez des questions&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Premier spectateur. \u2013 Vous \u00eates vraiment le vrai Jean-Louis&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Jean-Louis. \u2013 \u00c9videmment. Et toute la pi\u00e8ce est inspir\u00e9e de ma vie. Je suis moi-m\u00eame all\u00e9 au Chili, j\u2019ai rencontr\u00e9 la veuve de Juan Luis Martinez \u2013 le chilien \u2013 j\u2019ai \u00e9galement rencontr\u00e9 sa fille, et\u2026 je ne sais pas si on peut le dire\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Le metteur en sc\u00e8ne. \u2013 Oui, vas-y seulement.<\/p>\n\n\n\n<p>Jean-Louis. \u2013 Bon, voil\u00e0, on ne l\u2019a pas mis dans la pi\u00e8ce parce qu\u2019on s\u2019est dit que c\u2019\u00e9tait un peu trop gros, mais quand je suis all\u00e9 au Chili rencontrer la famille de Juan Luis, au moment de partir, j\u2019\u00e9tais avec sa fille, je suis rentr\u00e9 dans le m\u00e9tro et alors que les portes se fermaient entre elle et moi, elle m\u2019a dit&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;Adieu papa&nbsp;\u00bb. Bon alors, on ne l\u2019a pas mis, parce que oh, ah, hein, bon&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>La spectatrice. \u2013 Et comment avez-vous entendu parler de cette folle histoire&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Jean-Louis. \u2013 En fait, je ne suis pas le seul personnage\u2026 la seule personne&#8230; enfin, vous comprenez que c\u2019est compliqu\u00e9\u2026 disons que le personnage de Jean-Louis n\u2019est pas le seul personnage inspir\u00e9 par de v\u00e9ritables personnes, et c\u2019est la personne qui a inspir\u00e9 le personnage de Scott Bloom qui m\u2019a contact\u00e9, comme dans la pi\u00e8ce\u2026 Cette histoire est tout de m\u00eame une histoire assez folle, avec encore bien des points d\u2019ombres, m\u00eame apr\u00e8s avoir rencontr\u00e9 la famille de ce Juan Luis.<\/p>\n\n\n\n<p>Deuxi\u00e8me spectateur. \u2013 Moi je voulais avant tout vous f\u00e9liciter, c\u2019\u00e9tait vraiment tr\u00e8s bien comme pi\u00e8ce, vraiment tr\u00e8s int\u00e9ressant, et je me posais une question sur\u2026 comment dire, excusez-moi, j\u2019essaie d\u2019organiser mes id\u00e9es en parlant. Oui, voil\u00e0, on sait que Juan Luis Martinez est un po\u00e8te tr\u00e8s exigeant, tr\u00e8s exp\u00e9rimental, on a par exemple retrouv\u00e9 un de ses recueils de po\u00e8mes plein de collages de diff\u00e9rentes \u0153uvres qui n\u2019\u00e9taient pas les siennes, dans une sorte d\u2019interrogation constante sur la place de l\u2019auteur et sur son identit\u00e9, d\u2019ailleurs, je trouve que vous rendez vraiment tr\u00e8s bien compte de ce prisme dans la pi\u00e8ce, et voil\u00e0, je me posais une question, notamment par rapport \u00e0 l\u2019enregistrement que vous pr\u00e9sentez dans la pi\u00e8ce qui a l\u2019air d\u2019\u00eatre un v\u00e9ritable t\u00e9moignage d\u2019une Chilienne sous le r\u00e9gime de Pinochet, et je trouvais un peu bizarre que ce grand po\u00e8te exigeant qu\u2019est Juan Luis Martinez ait \u00e9t\u00e9 comme \u00e7a mobilis\u00e9 lors des r\u00e9voltes chiliennes. Alors voil\u00e0, je me demandais quelle \u00e9tait la r\u00e9action des personnes que vous avez pu interroger quand vous leur parliez de ce po\u00e8me.<\/p>\n\n\n\n<p>Le metteur en sc\u00e8ne. \u2013 Il faut dire qu\u2019on a peut-\u00eatre un peu exag\u00e9r\u00e9 l\u2019importance de ce po\u00e8te.<\/p>\n\n\n\n<p>La dramaturge. \u2013 Pour \u00eatre honn\u00eate, beaucoup des Chiliens et Chiliennes que l\u2019on a pu interroger pour pr\u00e9parer la pi\u00e8ce n\u2019avaient jamais entendu parler de ce po\u00e8te, et\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><em>Le com\u00e9dien et la com\u00e9dienne reviennent sur sc\u00e8ne. Le Deuxi\u00e8me spectateur coupe la dramaturge.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Deuxi\u00e8me spectateur. \u2013 Et je me posais une autre question. Sur votre m\u00e9thode de travail. C\u2019est-\u00e0-dire, est-ce que vous travailliez \u00e0 partir d\u2019improvisation, est-ce c\u2019est une sorte d\u2019\u00e9criture collective, de plateau, ou\u2026&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Jean-Louis. \u2013 et bien, d\u00e9j\u00e0, ils travaillaient \u00e0 partir de ma vie\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Le metteur en sc\u00e8ne, <em>le coupant<\/em>. \u2013 que l\u2019on a mis en cha\u00eene et qu\u2019on a organis\u00e9e, si je puis dire. C\u2019est un peu \u00e0 \u00e7a que sert le th\u00e9\u00e2tre, pas vrai&nbsp;? La vie c\u2019est un grand flou \u2013 et c\u2019est vrai que le d\u00e9but de la pi\u00e8ce rend un peu cette impression \u00e9galement \u2013 mais au th\u00e9\u00e2tre, on organise au moins un tout petit peu. On a essay\u00e9 d\u2019organiser un peu ce grand fatras. Et peut-\u00eatre, je l\u2019esp\u00e8re, peut-\u00eatre a-t-on r\u00e9ussi un tant soit peu \u00e0 lever ce grand voile de brouillard qui trainait sur notre histoire et qu\u2019on a mis des petites cases ici et l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p>La spectatrice <em>(au Premier spectateur).<\/em> \u2013 Il n\u2019a pas r\u00e9pondu\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>La dramaturge. \u2013 Et pour r\u00e9pondre un peu plus clairement \u00e0 votre question, on est arriv\u00e9s, avec Dorian, aux r\u00e9p\u00e9titions, avec d\u00e9j\u00e0 des sc\u00e8nes \u00e9crites et un grand squelette, mais on a \u00e9galement fait beaucoup de recherche avec les com\u00e9diens et com\u00e9diennes.<\/p>\n\n\n\n<p>La com\u00e9dienne. \u2013 Par exemple, on a improvis\u00e9 beaucoup de sc\u00e8nes entre Scott et sa directrice de th\u00e8se, mais finalement, on n\u2019en a presque rien gard\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Le com\u00e9dien. \u2013 Il y a encore des questions, ou on va boire des coups&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p><em>Le troisi\u00e8me spectateur s\u2019appr\u00eate \u00e0 poser une nouvelle question, mais est coup\u00e9 par le com\u00e9dien.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le com\u00e9dien. \u2013 Pas de r\u00e9ponse&nbsp;? Tr\u00e8s bien&nbsp;! Dans ce cas, on va boire des coups&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>02 mai 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/theo-krebs\/\">Th\u00e9o Krebs<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.explore-unil.ch\/evenement\/tous-les-poetes-habitent-valparaiso\/\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Texte de Carine Corajoud \/ Conception et mise en sc\u00e8ne par Dorian Rossel \/ Cie Super Trop Top \/ La Grange \u2013 Centre \/ Arts et Science \/ UNIL \/ du 07 au 12 mars 2023 \/ cr\u00e9ations libres par Sylvain Grangier, Manon Leli\u00e8vre, Timon Musy et Th\u00e9o Krebs .<\/p>\n","protected":false},"author":1002282,"featured_media":16796,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","_seopress_analysis_target_kw":"","footnotes":""},"categories":[32,34,5,38],"tags":[228,267,269,271],"class_list":["post-16795","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-la-grange","category-spectacle","tag-manon-lelievre","tag-sylvain-grangier","tag-theo-krebs","tag-timon-musy"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16795","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002282"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=16795"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16795\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":22921,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16795\/revisions\/22921"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16796"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=16795"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=16795"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=16795"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}