{"id":16759,"date":"2023-04-29T13:15:33","date_gmt":"2023-04-29T11:15:33","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=16759"},"modified":"2025-02-07T12:21:36","modified_gmt":"2025-02-07T11:21:36","slug":"la-pomme-empoisonnee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2023\/04\/la-pomme-empoisonnee\/","title":{"rendered":"La Pomme empoisonn\u00e9e"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">La Pomme empoisonn\u00e9e<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">\u00c9criture et mise en sc\u00e8ne Julie Annen \/ Le Petit Th\u00e9\u00e2tre Lausanne \/ du 26 avril au 14 mai 2023 \/ critique par Sylvain Grangier et Th\u00e9o Krebs . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Filtre d\u2019amour<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>29 avril 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/sylvain-grangier\/\">Sylvain Grangier<\/a>\u00a0 <\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"900\" height=\"600\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/04\/LaPommeEmpoisonnee_rupille7_julieannen_PetitTheatre_PhPache__5690_light.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-16757\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/04\/LaPommeEmpoisonnee_rupille7_julieannen_PetitTheatre_PhPache__5690_light.jpg 900w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/04\/LaPommeEmpoisonnee_rupille7_julieannen_PetitTheatre_PhPache__5690_light-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/04\/LaPommeEmpoisonnee_rupille7_julieannen_PetitTheatre_PhPache__5690_light-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/04\/LaPommeEmpoisonnee_rupille7_julieannen_PetitTheatre_PhPache__5690_light-768x512.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 900px) 100vw, 900px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9&nbsp;Philippe Pache <\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Avec un clin d\u2019\u0153il \u00e0 Blanche-Neige, Julie Annen \u00e9voque le vivre ensemble d\u2019une famille recompos\u00e9e. De l\u2019int\u00e9gration au conte d\u2019une exp\u00e9rience personnelle et d\u2019un travail documentaire effectu\u00e9 en amont, il r\u00e9sulte une alchimie d\u00e9licate, un spectacle intelligent et touchant sur les relations entre belle-m\u00e8re et belle-fille.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Conte d\u2019effet<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les parents de Blanche (Ninon Perez), le roi et la reine, ont divorc\u00e9. Le roi a une nouvelle amoureuse, M (Diana Fontannaz), qui devient de fait la belle-m\u00e8re de Blanche. La mar\u00e2tre, comme on dit dans les contes de f\u00e9es, o\u00f9 le terme \u00e9voque la sorci\u00e8re. \u00ab Mais non, la belle-m\u00e8re n\u2019est pas m\u00e9chante ! \u00bb, annoncent d\u2019embl\u00e9e les com\u00e9diennes en ch\u0153ur. Car si le spectacle utilise certains codes du conte de f\u00e9es, en prenant la royaut\u00e9 comme m\u00e9taphore de la sph\u00e8re familiale notamment, c\u2019est pour d\u00e9construire ce clich\u00e9 tenace. C\u2019est aussi et surtout pour raconter la relation entre belle-fille et belle-m\u00e8re, avec tout ce que cela comporte de doutes, de col\u00e8res, de tendresse. Mais l\u2019originalit\u00e9 tient ici au fait que, contrairement au r\u00e9cit de Blanche-Neige, le point de vue est surtout celui de la belle-m\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur la sc\u00e8ne, une longue table et des chaises rappellent le palais royal. Avec ce simple mobilier qui repr\u00e9sente le c\u0153ur du foyer, toutes les autres pi\u00e8ces sont \u00e9voqu\u00e9es, comme autant d\u2019alc\u00f4ves du th\u00e9\u00e2tre intime de de Blanche et M., la table servant aussi bien de lit que de sol de salle de bain. Au d\u00e9but tout va bien, elles s\u2019adorent, mues par une sinc\u00e8re bonne volont\u00e9. Mais peu \u00e0 peu \u00e0 peu, le poids du quotidien vient peser sur leur relation. M apprend le m\u00e9tier de m\u00e8re, avec les charges mentale et \u00e9motionnelle qui lui sont li\u00e9es, et la non-reconnaissance de ce travail : le go\u00fbter, les devoirs, la lecture, les jeux, la douche, la cuisine, le coucher. A la fin de la journ\u00e9e, elle est \u00ab lessiv\u00e9e-d\u00e9livr\u00e9e \u00bb. Cette r\u00e9p\u00e9titivit\u00e9 est traduite par une rengaine chor\u00e9graphi\u00e9e que les deux com\u00e9diennes performent comme une formule rituelle de contes de f\u00e9es. Pour Blanche, la difficult\u00e9 est de trouver sa place au milieu d\u2019un triangle form\u00e9 par son p\u00e8re, sa m\u00e8re et sa belle-m\u00e8re. Toutes les deux sont tiraill\u00e9es entre un amour sinc\u00e8re et l\u2019\u00e9puisement ou la jalousie, qui va jusqu\u2019\u00e0 la ranc\u0153ur. L\u2019action alterne entre dialogues incarn\u00e9s par les com\u00e9diennes et monologues \u00e0 la premi\u00e8re personne adress\u00e9s au public, ce qui donne acc\u00e8s aux non-dits et aux \u00e9motions de chacune. Heureusement tout se finit dans la tendresse, dans une \u00e9treinte touchante.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Miroir, dis-moi le r\u00e9el<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Si l\u2019histoire qui est montr\u00e9e para\u00eet si vraie, c\u2019est qu\u2019elle vient au d\u00e9part de l\u2019exp\u00e9rience propre de Julie Annen, qui a v\u00e9cu ce type de relation, dans le r\u00f4le de la belle-m\u00e8re. Avec l\u2019aide de sa belle-fille, elles ont men\u00e9 une enqu\u00eate aupr\u00e8s de leurs proches qui \u00e9taient dans la m\u00eame situation. Cette d\u00e9marche documentaire se retrouve dans la forme du spectacle. Ce dernier s\u2019ouvre et se conclut sur des enregistrements d\u2019enfants effectu\u00e9s dans des classes, diffusant leurs points de vue sur cette th\u00e9matique. Sur le plateau, une cam\u00e9ra retransmet des images du spectacle en direct dans\u2026 un miroir magique ! Quel meilleur symbole de l\u2019alliance du conte et du documentaire que le miroir ? L\u2019effet fonctionne \u00e0 merveille et donne lieu \u00e0 des images fortes, magiques \u2013 le c\u00e2lin final notamment. Mais outre l\u2019effet produit, la pr\u00e9sence de la cam\u00e9ra symbolise cette volont\u00e9 d\u2019observation, d\u2019enqu\u00eate \u00e0 l\u2019origine m\u00eame du spectacle. \u00c0 plusieurs moments, les com\u00e9diennes manipulent la cam\u00e9ra, la d\u00e9placent, refont le cadrage, le tout \u00e0 vue et \u00e0 haute voix, montrant la fabrique du spectacle. Elles se filment comme si elles r\u00e9alisaient un documentaire consacr\u00e9 aux \u00e9motions suscit\u00e9es par leur relation. En plus d\u2019assumer pleinement qu\u2019on est au th\u00e9\u00e2tre, ces moments sont des respirations qui laissent aux parents et aux enfants le temps de discuter de la s\u00e9quence pr\u00e9c\u00e9dente.<\/p>\n\n\n\n<p>De cette fine synergie entre le conte et travail documentaire r\u00e9sulte un spectacle intelligent, qui ne prend pas les enfants pour des idiots. Cela se retrouve dans l\u2019\u00e9criture, dans le choix d\u2019un lexique par moment \u00e9labor\u00e9. L\u2019humour est \u00e9galement un \u00e9l\u00e9ment essentiel, qu\u2019il soit plut\u00f4t destin\u00e9 aux enfants avec des r\u00e9pliques du type \u00ab Miroir, suis-je belle comme une poubelle ? \u00bb, ou plut\u00f4t destin\u00e9 aux adultes avec des instants de complicit\u00e9 sur le r\u00f4le de m\u00e8re. Et c\u2019est \u00e0 mon sens le signe d\u2019un spectacle familial r\u00e9ussi, celui o\u00f9 tant les enfants que les adultes y trouvent leur compte \u2026 et leur conte.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>29 avril 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/sylvain-grangier\/\">Sylvain Grangier<\/a>\u00a0 <\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Universalit\u00e9 du conte et du quotidien<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>02 mai 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/theo-krebs\/\">Th\u00e9o Krebs  <\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"840\" height=\"600\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/05\/LaPommeEmpoisonnee_rupille7_julieannen_PetitTheatre_PhPache__4385_light.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-16774\" style=\"width:291px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/05\/LaPommeEmpoisonnee_rupille7_julieannen_PetitTheatre_PhPache__4385_light.jpg 840w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/05\/LaPommeEmpoisonnee_rupille7_julieannen_PetitTheatre_PhPache__4385_light-280x200.jpg 280w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/05\/LaPommeEmpoisonnee_rupille7_julieannen_PetitTheatre_PhPache__4385_light-238x170.jpg 238w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/05\/LaPommeEmpoisonnee_rupille7_julieannen_PetitTheatre_PhPache__4385_light-768x549.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 840px) 100vw, 840px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Philippe Pache<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Julie Annen n\u2019en est pas \u00e0 son coup d\u2019essai. L\u2019autrice et metteuse en sc\u00e8ne genevoise a d\u00e9j\u00e0 \u00e0 plusieurs reprises modernis\u00e9 et adapt\u00e9 des contes pour la sc\u00e8ne et pour le jeune public en y insufflant des petits bouts de son quotidien. C\u2019\u00e9tait le cas par exemple avec <\/em>La petite fille aux allumettes<em> en 2014 o\u00f9 elle avait ajout\u00e9 au conte d\u2019Andersen une part de ses exp\u00e9riences v\u00e9cues. Force est de constater qu\u2019une fois encore, c\u2019est une r\u00e9ussite avec La pomme empoisonn\u00e9e dont le titre rappelle le conte de Blanche-Neige. Cr\u00e9ation pour les enfants et leurs parents, elle ravira gr\u00e2ce \u00e0 la force comique des deux com\u00e9diennes et des situations ; et pourra \u00e9mouvoir par sa po\u00e9sie et l\u2019\u00e9cho que trouvera en nous le texte.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Si certains des enfants avouaient, \u00e0 la fin du spectacle, ne pas avoir tout compris \u00e0 cette histoire d\u2019amour \u00e0 la fois si sp\u00e9ciale et si commune entre une petite fille, Blanche, et sa belle-m\u00e8re, M (pour mar\u00e2tre), cela ne les a pas emp\u00each\u00e9s de rire de bon c\u0153ur : un chant \u00e0 tue-t\u00eate sous une douche illusoire, le passage de la moustache du p\u00e8re d\u2019une com\u00e9dienne \u00e0 l\u2019autre ou les diff\u00e9rents stratag\u00e8mes de M pour que Blanche fasse ses devoirs auront su faire mouche.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019efficacit\u00e9 du spectacle doit beaucoup \u00e0 ses deux com\u00e9diennes, Nina Perez et Diana Fontannaz, qui livrent une interpr\u00e9tation \u00e9nergique et frontale sur une sc\u00e8ne peu charg\u00e9e. Le spectacle s\u2019ouvre par une voix off qui retentit sur le plateau plong\u00e9 presque enti\u00e8rement dans le noir. On n\u2019y voit que la pomme du conte semblant flotter tandis que la voix narre un conte qui \u00e9voque celui de Blanche neige \u00e0 des enfants qui s\u2019interrogent : d\u2019o\u00f9 vient cette curieuse id\u00e9e de vouloir tuer sa belle-fille ? La lumi\u00e8re se fait sur le plateau. On n\u2019y voit qu\u2019une tr\u00e8s longue table, qui \u00e0 l\u2019occasion fera aussi office de baignoire ou de lit ; trois chaises ; un miroir et une cam\u00e9ra. C\u2019est dans ce d\u00e9cor \u00e9pur\u00e9 qu\u2019apparaissent les deux com\u00e9diennes, narratrices \u00e0 deux bustes mais \u00e0 une voix, qui racontent l\u2019histoire de Blanche et de M avant de se s\u00e9parer pour les incarner.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout est fait pour mettre en avant le travail des actrices. Parfois debout, elles incarnent les personnages en situation et miment une commode ou du linge sale, bruitent la sonnerie du t\u00e9l\u00e9phone ; parfois assises, elles racontent l\u2019histoire de M et de Blanche \u00e0 la deuxi\u00e8me personne. A plusieurs reprises, entre deux sc\u00e8nes, elles sortent de leurs r\u00f4les respectifs pour entrer, de fa\u00e7on m\u00e9tath\u00e9\u00e2trale, dans un r\u00f4le de com\u00e9diennes sur sc\u00e8ne, chantonnant et pr\u00e9parant le plateau pour la sc\u00e8ne suivante.<\/p>\n\n\n\n<p>Surgit alors un curieux sentiment de r\u00e9el, d\u00e9cupl\u00e9 lorsqu\u2019on apprend que Julie Annen s\u2019est inspir\u00e9e de sa propre exp\u00e9rience. Des commentaires d\u2019\u00e9l\u00e8ves vaudois.e.s et valaisan.ne.s au sujet de l\u2019intrigue de la pi\u00e8ce et du conte, que l\u2019on entend en ouverture et fermeture du spectacle, enregistr\u00e9s sur le vif avec le bruit du monde autour, cr\u00e9ent un effet de th\u00e9\u00e2tralit\u00e9 du r\u00e9el ou de r\u00e9alit\u00e9 du th\u00e9\u00e2tre o\u00f9 les diff\u00e9rentes strates de narration et de r\u00e9alit\u00e9 se superposent et s\u2019accumulent. La cam\u00e9ra sur sc\u00e8ne filme les com\u00e9diennes et les projette sur un \u00e9cran, nous ramenant \u00e0 notre place dans le public, face \u00e0 un spectacle, et le dispositif entre en \u00e9cho avec le propos de la pi\u00e8ce. En effet, la concurrence entre les deux personnages dans la vie du \u00ab roi-p\u00e8re \u00bb se traduit par le choix sc\u00e9nographique de mettre en concurrence les com\u00e9diennes pour capter l\u2019attention des spectateurs dans l\u2019espace sc\u00e9nique. Le miroir magique du conte d\u2019origine devient, sur sc\u00e8ne, un \u00e9cran qui diffuse le visage du personnage qui nous tourne le dos, tandis que l\u2019autre se fait narratrice de sa propre vie.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, si, dans le conte de Blanche-Neige, la belle-m\u00e8re en vient \u00e0 empoisonner la pomme, c\u2019est peut-\u00eatre que, comme dans l\u2019intrigue de la pi\u00e8ce, il y a rivalit\u00e9 entre ces deux femmes dans la vie d\u2019un m\u00eame homme, p\u00e8re et compagnon absent \u00e0 cause du travail. Absent dans l\u2019intrigue, mais \u00e9galement sur la sc\u00e8ne, o\u00f9 il n\u2019a pas droit \u00e0 une incarnation propre : les deux com\u00e9diennes le figurent tour \u00e0 tour en mettant un doigt au-dessus de leur bouche.<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00e9chos au texte de Blanche-Neige et le choix d\u2019incorporer \u00e0 la pi\u00e8ce des moments de narration m\u00ealent, dans l\u2019intrigue et dans le dispositif, le conte et la r\u00e9alit\u00e9 contemporaine. Le ch\u00e2teau de la princesse devient l\u2019appartement de Blanche et de son p\u00e8re tandis que le conte d\u2019origine se fond dans cette histoire du quotidien. Le conte est r\u00e9alit\u00e9 et la r\u00e9alit\u00e9 est th\u00e9\u00e2tre. Heureusement, nous sommes dans la vraie vie, et dans la vraie vie, \u00ab il n\u2019y a pas de pomme empoisonn\u00e9e \u00bb. Heureusement, nous sommes dans un conte, et \u00ab les contes finissent toujours bien \u00bb. La belle-m\u00e8re et la belle-fille se r\u00e9unissent finalement dans ce miroir \u2013 et au milieu du plateau.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>02 mai 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/theo-krebs\/\">Th\u00e9o Krebs  <\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.lepetittheatre.ch\/programme\/saison-2022-23\/spectacle\/la-pomme-empoisonnee\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9criture et mise en sc\u00e8ne Julie Annen \/ Le Petit Th\u00e9\u00e2tre Lausanne \/ du 26 avril au 14 mai 2023 \/ critique par Sylvain Grangier et Th\u00e9o Krebs .<\/p>\n","protected":false},"author":1002282,"featured_media":16760,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,4,38],"tags":[267,269],"class_list":["post-16759","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-le-petit-theatre","category-spectacle","tag-sylvain-grangier","tag-theo-krebs"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16759","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002282"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=16759"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16759\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19413,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16759\/revisions\/19413"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16760"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=16759"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=16759"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=16759"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}