{"id":16720,"date":"2023-03-31T22:28:48","date_gmt":"2023-03-31T20:28:48","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=16720"},"modified":"2025-02-07T12:22:26","modified_gmt":"2025-02-07T11:22:26","slug":"booom","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2023\/03\/booom\/","title":{"rendered":"Booom !"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Booom !<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Une cr\u00e9ation collective avec Luxxx, Isabelle Vesseron, Carolina Varela, Adrien Rupp, Michael Scheuplein \/ Th\u00e9\u00e2tre de Vidy \/ du 28 mars au 06 avril \/ critiques par Julie Fievez et Sylvain Grangier . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Une cinquantaine de vari\u00e9t\u00e9s d\u2019orchid\u00e9es sauvages en Suisse : et le reste ?<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>31 mars 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/julie-fievez\/\">Julie Fievez<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/03\/booom-07-norarupp-scaled-1-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-16713\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/03\/booom-07-norarupp-scaled-1-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/03\/booom-07-norarupp-scaled-1-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/03\/booom-07-norarupp-scaled-1-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/03\/booom-07-norarupp-scaled-1-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/03\/booom-07-norarupp-scaled-1-1536x1025.jpg 1536w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/03\/booom-07-norarupp-scaled-1.jpg 1799w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Nora Rupp<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Le 30 mars 2021, la ZAD de la colline du Mormont, pr\u00e8s d&rsquo;\u00c9cl\u00e9pens et de La Sarraz, est \u00e9vacu\u00e9e. BOOOM !, c\u2019est le bruit que fait l\u2019an\u00e9antissement de mois de lutte par les forces arm\u00e9es ; c\u2019est le bruit de la dislocation des habitats, des liens et des r\u00eaves qui y grandissaient ; c\u2019est surtout le bruit de col\u00e8res, pr\u00eates \u00e0 exploser. Ces exp\u00e9riences sont transform\u00e9es en un r\u00e9cit lumineux. BOOOM ! devient le bruit de l\u2019impact que provoque cette cr\u00e9ation sur son public. Et, peut-\u00eatre aussi, finalement, le bruit de touxtes cell.eux qui, ensemble, s\u2019unissent pour un monde meilleur.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Les orchid\u00e9es, symbole de la premi\u00e8re ZAD suisse n\u00e9e le 17 octobre 2020, jonchent le sol. C\u2019\u00e9tait alors pour les sauver des projets d\u2019extension du cimentier Holcim que ce sont regroup\u00e9.e.x.s d&rsquo;innombrable.x.s  militant.e.x.s. Celles de plastique, pr\u00e9sentes sur la sc\u00e8ne du Th\u00e9\u00e2tre de Vidy, ont un tout autre objectif. Il s\u2019agit de raconter la lutte, non seulement comme instant donn\u00e9 mais surtout comme mode de vie. Pour cela, chacun.e.x utilise ce qui lui para\u00eet le moyen le plus juste pour se d\u00e9voiler. Pendant que l\u2019un projette ses dessins, r\u00e9alis\u00e9s principalement \u00e0 l\u2019encre de chine, l\u2019autre cuisine des cookies. De m\u00eame le chant est beaucoup utilis\u00e9 pour pallier les manquements de la parole \u2013 une des performeuse, par exemple, ne parlant pas fran\u00e7ais. Une des questions que portent les com\u00e9dien.ne.x.s est, en effet, notre rapport au langage. D\u2019une part, celui-ci semble \u00eatre un outil de r\u00e9volte. L\u2019un raconte avoir rejoint la colline apr\u00e8s avoir entendu le slam envoy\u00e9 par l\u2019un de ses amis. L\u2019autre, avoir tagg\u00e9 sur le goudron du chemin qui menait \u00e0 la ZAD les histoires de cell.eux qui y grimpaient. Son texte commen\u00e7ait par \u00ab Et si habiter signifiait plus que vivre entre quatre murs \u00bb. Comme le reste, il a disparu. Le langage sert l\u00e0 encore \u00e0 transmettre. Une place est \u00e9galement donn\u00e9e aux t\u00e9moignages, enregistr\u00e9s, d\u2019une personne sexis\u00e9e membre de la Gr\u00e8ve f\u00e9ministe et d\u2019une personne racis\u00e9e. Leur diffusion permet de rendre compte des liens entre les diff\u00e9rentes luttes et de l\u2019importance d\u2019utiliser l\u2019espace du th\u00e9\u00e2tre pour leur donner une voix.<\/p>\n\n\n\n<p>Et pourtant, d\u2019autre part, tout n\u2019a pas besoin \u2013 ou ne doit pas \u2013 \u00eatre dit. Ainsi, l\u2019arriv\u00e9e dans la ZAD suppose de choisir un blaze et de masquer certaines informations. L\u2019une des performeuse.x raconte qu\u2019\u00e0 la question \u00ab Tu fais quoi dans la vie ? \u00bb, on lui r\u00e9pondait \u00ab Ben, je vis. \u00bb. L\u2019ordre des choses \u00e9tait boulevers\u00e9, ce qui a de l\u2019importance en ville ne signifiant plus rien dans la nature. Le langage aussi s\u2019av\u00e8re insuffisant, et c\u2019est parfois dans les blancs ou les \u00e0-c\u00f4t\u00e9s que se r\u00e9v\u00e8lent les \u00e9l\u00e9ments les plus importants. Dans le public, on peut apercevoir les sourires rendant compte de l\u2019adelphit\u00e9 r\u00e9gnante. Dans les quelques trous de m\u00e9moire des performeur.euse.x.s se d\u00e9voile toute l\u2019authenticit\u00e9 de ce qui est cont\u00e9. Enfin, dans le cahier de Michael Scheuplein, les pages blanches r\u00e9v\u00e8lent l\u2019\u00e9motion des rencontres qui ponctuent son parcours de militant : un mariage tout en couleurs \u00e0 Brian\u00e7on ou un repas partag\u00e9 pour Shabbat. C\u2019est donc s\u00fbrement dans ce qui n\u2019est pas dit que se situe l\u2019essentiel du message transmis. D\u2019ailleurs, le d\u00e9cor est par lui-m\u00eame signifiant : au plafond, le grand mobile compos\u00e9 de troncs d\u2019arbres semble repr\u00e9senter l\u2019ouverture sur la nature. Celle-ci n\u2019a pas non plus besoin de mots pour s\u2019exprimer. Et peut-\u00eatre, semble-t-on deviner en filigrane, que si les hommes cessaient de lui imposer leur langage, elle irait mieux.<\/p>\n\n\n\n<p>Car le langage est aussi per\u00e7u comme oppressif. Dans la ZAD, il \u00e9tait omnipr\u00e9sent pour tenter de d\u00e9m\u00ealer des questions compliqu\u00e9es. Or c\u2019est souvent cell.eux qui l\u2019utilisaient le mieux qui \u00e9taient \u00e9cout\u00e9.e.x.s. De m\u00eame, en fin de parcours, Carolina Varela pose les questions : \u00ab Pourquoi devrais-je vous parler ? \u00cates-vous s\u00fbrs de vouloir \u00e9couter ? \u00cates-vous s\u00fbrs de vouloir entendre ? \u00bb. Elle interroge les possibilit\u00e9s de dire une lutte en utilisant des mots au passif oppressif tout en questionnant notre position en tant que spectateur.rice.x.s.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, le spectacle nous donne le sentiment d\u2019\u00eatre partie prenante de la lutte. Tout est d\u2019ailleurs mis en place pour qu\u2019on se sente accueilli : du th\u00e9, des coussins plac\u00e9s directement sur la sc\u00e8ne. Une r\u00e9elle proximit\u00e9 est cr\u00e9\u00e9e. Du maquillage est m\u00eame propos\u00e9 : les plus t\u00e9m\u00e9raires s\u2019en barbouillent et signifient par l\u00e0 m\u00eame leur engagement. La devise est \u00ab Si tu viens en ami.e.x la maison est tienne \u00bb. Alors que des combats similaires \u00e0 celui de la ZAD du Mormont traversent au m\u00eame moment les pays frontaliers, le sentiment de n\u2019\u00eatre pas seul est plus que n\u00e9cessaire. C\u2019est exactement cette sensation qui r\u00e8gne tandis que, invit\u00e9 \u00e0 sortir hors des murs du b\u00e2timent, le public est r\u00e9uni face au lac, sur la plage de Vidy : la possibilit\u00e9, malgr\u00e9 les doutes et les remises en question, de faire collectivit\u00e9 autrement.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>31 mars 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/julie-fievez\/\">Julie Fievez<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Multipli-cit\u00e9.e.x.s<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>31 mars 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/sylvain-grangier\/\">Sylvain Grangier<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"702\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/03\/BOOOM-Michael-Scheuplein-Comm-2-702x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-16717\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/03\/BOOOM-Michael-Scheuplein-Comm-2-702x1024.jpg 702w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/03\/BOOOM-Michael-Scheuplein-Comm-2-137x200.jpg 137w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/03\/BOOOM-Michael-Scheuplein-Comm-2-117x170.jpg 117w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/03\/BOOOM-Michael-Scheuplein-Comm-2-768x1120.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/03\/BOOOM-Michael-Scheuplein-Comm-2.jpg 823w\" sizes=\"auto, (max-width: 702px) 100vw, 702px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Michael Scheuplein<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Form\u00e9 dans la foul\u00e9e de l\u2019\u00e9vacuation de la ZAD de la colline du Mormont en mars 2021,dont l\u2019exp\u00e9rience est \u00e0 l\u2019origine du travail pr\u00e9sent\u00e9 ici, un collectif compos\u00e9 d\u2019amie.x.s artistes et \/ou militant.e.x.s cherche \u00e0 savoir comment se rassembler, comment exprimer sa col\u00e8re, ses doutes et ses joies \u00e0 travers une \u00ab odyss\u00e9e dans des territoires en lutte \u00bb. Avec une diversit\u00e9 \u00e0 tous les niveaux, cette performance est un moment collectif intime, sinc\u00e8re et fort qui ne laisse personne indiff\u00e9rent.e.x.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Tout commence par l\u2019accueil dans la salle Ren\u00e9 Gonzalez, transform\u00e9e pour l\u2019occasion en un lieu de vie et de lutte : diff\u00e9rents espaces d\u00e9bordent du plateau, comme par exemple une cuisine am\u00e9nag\u00e9e dans le gradin, avec un four. De longues branches de bois flott\u00e9 sont accroch\u00e9es les unes aux autres au plafond, des costumes self-made color\u00e9s pendent \u00e0 l\u2019arri\u00e8re du plateau, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019un \u00e9cran sur lequel est projet\u00e9 un carnet de dessins, dont on peut voir l\u2019original sur un tapis. Sur l\u2019avant du plateau, un dj-set complet, un micro, des masques multicolores. Ce sont les artistes qui nous accueillent, nous invitant \u00e0 nous asseoir sur les chaises ou les coussins au sol, dispos\u00e9s en tri-frontal. On nous propose du th\u00e9 ou du sirop, on s\u2019assure qu\u2019on comprend l\u2019anglais. Tr\u00e8s vite on sait qu\u2019il n\u2019y aura pas de quatri\u00e8me mur. Et de toute fa\u00e7on, iels auraient bris\u00e9 les trois autres aussi s\u2019iels l\u2019avaient pu, cherchant d\u2019autres mani\u00e8res de vivre ensemble, \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019une ZAD.<\/p>\n\n\n\n<p>Car c\u2019est avec l\u2019\u00e9vacuation de la ZAD de la colline du Mormont que tout a commenc\u00e9. Une \u00e9vacuation qui a profond\u00e9ment boulevers\u00e9 les artistes, qui se lancent dans une \u00ab odyss\u00e9e dans des territoire en lutte \u00bb, au Portugal et en France notamment. Iels nous racontent ces histoires, v\u00e9cues \u2013 on n\u2019en doute pas une seconde \u2013 avec une touchante sinc\u00e9rit\u00e9. Les luttes auxquelles ces histoires sont rattach\u00e9es sont multiples : contre le capitalisme, contre la destruction de la plan\u00e8te, contre le patriarcat, contre le racisme, le sexisme, en bref contre toute forme de syst\u00e8me oppressif. Cette diversit\u00e9 se retrouve \u00e0 tous les niveaux du spectacle.<\/p>\n\n\n\n<p>Diversit\u00e9 des artistes d\u2019abord. Venant d\u2019horizons diff\u00e9rents, de langues diff\u00e9rentes, d\u2019identit\u00e9s diff\u00e9rentes, de disciplines artistiques diff\u00e9rentes. En cons\u00e9quence, les formes d\u2019expressions artistiques sont tr\u00e8s diverses. Par exemple, Michael Scheuplein dessine, et c\u2019est son carnet qui est projet\u00e9, comme support aux souvenirs \u00e9voqu\u00e9es, mais aussi \u00e0 diff\u00e9rent mots du lexique militant. Luxxx, qui vient de ce milieu militant, nous cuisine des cookies vegan et sans gluten. Carolina Varela chante. La musique est omnipr\u00e9sente, l\u00e0 aussi dans des formes tr\u00e8s diverses. Cela va du chant traditionnel portugais au yodle en passant par le slam sur de l\u2019\u00e9lectro-house perform\u00e9 par Adrien Rupp. Ainsi, les tableaux s\u2019encha\u00eenent, jonglant d\u2019une forme \u00e0 l\u2019autre.<\/p>\n\n\n\n<p>Diversit\u00e9 aussi dans les \u00e9motions suscit\u00e9es. On est d\u2019abord touch\u00e9.e.x. par les t\u00e9moignages, que ce soient ceux des artistes ou ceux des militant.e.x.s qu\u2019iels ont enregistr\u00e9s, enregistrements diffus\u00e9s sur des boom box dispos\u00e9es \u00e0 diff\u00e9rents endroits dans la salle. On rit aussi, l\u2019humour et la joie ne sont pas absents de la lutte. Isabelle Vesseron et Adrien Rupp apportent dans leurs t\u00e9moignages cette l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 qui fait respirer. Enfin, on est g\u00ean\u00e9.e.x ou boulevers\u00e9.e.x par la puissance des mots de Carolina Varela, lorsqu\u2019\u00e0 fleur de peau elle nous dit qu\u2019elle ne chantera plus : \u00ab Je ne donnerai pas aux autres le plaisir de marquer le rythme avec leurs mains alors que ces mains sont coupables de tant de violence sur mon corps \u00bb. Un r\u00e9quisitoire antiraciste, antisexiste, anticlassiste et surtout anticolonialiste qui vient heurter aux tripes. La traduction du texte, perform\u00e9 en anglais, nous est propos\u00e9 en format papier au moment de sortir.<\/p>\n\n\n\n<p>Parfois, on a l\u2019impression que la pr\u00e9paration de la performance n\u2019est pas pleinement aboutie, comme lorsqu\u2019un \u00ab c\u2019est quoi maintenant ? \u00bb est l\u00e2ch\u00e9, ou lorsqu\u2019on nous invite \u00e0 nous resservir \u00e0 boire, dans une pause manifestement n\u00e9cessaire bien que non pr\u00e9vue. \u00c0 d\u2019autres moments, on voit les artistes se r\u00e9f\u00e9rer au texte du spectacle. Mais l\u2019essentiel n\u2019est pas l\u00e0. Du reste, lire ces textes au lieu de les jouer en souligne d\u2019autant plus l\u2019authenticit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette performance n\u2019est pas une r\u00e9cup\u00e9ration politique de l\u2019art, ni une r\u00e9cup\u00e9ration artistique du politique. Parce que ce n\u2019est pas du tout une r\u00e9cup\u00e9ration. C\u2019est une manifestation artistique collective, toujours en lutte. Il ne s\u2019agit pas non plus d\u2019une petite bulle de catharsis, car l\u2019effet d\u00e9borde les limites du spectacle. En ce sens, la feuille de salle nous recommande des liens et adresses pour s\u2019informer autrement, pour manger autrement, se divertir autrement, rencontrer des gens autrement ou encore d\u00e9penser son argent autrement. Dans un dernier \u00e9lan, les artistes nous invitent \u00e0 les suivre pour quitter la salle et se retrouver au bord du lac, simplement pour \u00e9couter le bruit de l\u2019eau. Comme un ultime apaisement. Mais il faut se m\u00e9fier de l\u2019eau qui dort&#8230;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>31 mars 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/sylvain-grangier\/\">Sylvain Grangier<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/vidy.ch\/fr\/evenement\/zooscope-luxxx-a-rupp-m-scheuplein-c-varela-i-vesseron-booom\/#generique\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une cr\u00e9ation collective avec Luxxx, Isabelle Vesseron, Carolina Varela, Adrien Rupp, Michael Scheuplein \/ Th\u00e9\u00e2tre de Vidy \/ du 28 mars au 06 avril \/ critiques par Julie Fievez et Sylvain Grangier .<\/p>\n","protected":false},"author":1002282,"featured_media":16721,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,2],"tags":[268,267],"class_list":["post-16720","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-de-vidy","tag-julie-fievez","tag-sylvain-grangier"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16720","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002282"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=16720"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16720\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19439,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16720\/revisions\/19439"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16721"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=16720"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=16720"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=16720"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}