{"id":16604,"date":"2023-01-30T11:22:33","date_gmt":"2023-01-30T10:22:33","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=16604"},"modified":"2025-02-07T12:24:02","modified_gmt":"2025-02-07T11:24:02","slug":"une-oreille-nue-a-la-patte-de-lamour-ou-comment-filer-une-puce-malgre-soi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2023\/01\/une-oreille-nue-a-la-patte-de-lamour-ou-comment-filer-une-puce-malgre-soi\/","title":{"rendered":"Une oreille nue \u00e0 la patte de l\u2019amour\u2026 ou comment filer une puce malgr\u00e9 soi"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Une oreille nue \u00e0 la patte de l\u2019amour\u2026 ou comment filer une puce malgr\u00e9 soi<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Par Rebekka Kricheldorf d\u2019apr\u00e8s l\u2019ensemble de l\u2019\u0153uvre de Georges Feydeau \/ Mise en sc\u00e8ne Superprod (C\u00e9line Nidegger et Bastien Semenzato) \/ Th\u00e9\u00e2tre Poche &#8211; Gen\u00e8ve \/ du 14 novembre 2022 au 5 f\u00e9vrier 2023 \/ critiques par M\u00e9lanie Carrel et Sylvain Grangier . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Le capitalisme se Feydeau-rer la pillule<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>30 janvier 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/melanie-carrel\/\">M\u00e9lanie Carrel<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"593\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/01\/Capture-decran-2023-01-30-105752-1024x593.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-16599\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/01\/Capture-decran-2023-01-30-105752-1024x593.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/01\/Capture-decran-2023-01-30-105752-300x174.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/01\/Capture-decran-2023-01-30-105752-250x145.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/01\/Capture-decran-2023-01-30-105752-768x444.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/01\/Capture-decran-2023-01-30-105752.jpg 1479w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Rebecca Bowring<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Et si Feydeau avait v\u00e9cu au XXIe si\u00e8cle ? De quoi aurait-il ri ? Quels travers de la soci\u00e9t\u00e9 aurait-il port\u00e9s sur les planches pour les pousser jusqu\u2019\u00e0 l\u2019absurde devant un public hilare ? Pour ses 75 ans, le Poche nous propose un vaudeville 2.0, inspir\u00e9 du grand ma\u00eetre du genre, et nous livre une critique du capitalisme et de l\u2019air du temps dans un emballage rose bonbon.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Les intrigues amoureuses de ce si\u00e8cle ne ressemblent gu\u00e8re \u00e0 celles de Feydeau. Entre sapiophilie et objectophilie, coups d\u2019un soir et v\u0153ux d\u2019exclusivit\u00e9, f\u00e9tichistes de peluches et coups de foudre virtuels unilat\u00e9raux, Kricheldorf a trouv\u00e9 de la mati\u00e8re pour son vaudeville des temps modernes. \u00c0 l\u2019\u00e9poque de tous les exc\u00e8s, o\u00f9 rien n\u2019est plus simple que de mettre quelqu\u2019un dans son lit, l\u2019Amour avec un grand A se faufile toujours entre les doigts de celui ou celle qui voudrait s\u2019en saisir et il faut surmonter gueules de bois et quiproquos, tout en respectant le code d\u2019honneur des meilleures copines cis, pour arriver \u00e0 ses fins.<\/p>\n\n\n\n<p>Le public est plong\u00e9 dans l\u2019histoire de Louise qui, portant un poulet congel\u00e9 comme couvre-chef pour soulager ses maux de t\u00eate, re\u00e7oit la visite de sa meilleure amie Am\u00e9lie. Celle-ci lui annonce qu\u2019elle a (comme chaque semaine) trouv\u00e9 l\u2019homme de sa vie sur internet : il s\u2019agit du brillantissime psychologue Hannes Schlumberger dont elle a visionn\u00e9 des conf\u00e9rences et avec lequel elle sent une connexion profonde et intime. Am\u00e9lie d\u00e9cide de se rendre au congr\u00e8s de psychologie afin de le conqu\u00e9rir. Suite \u00e0 une invitation \u00e9m\u00e9ch\u00e9e sur un site d\u2019extase duveteuse, un homme d\u00e9guis\u00e9 en goupil (qui n\u2019est autre que Hannes Schlumberger) s\u2019introduit chez Louise : c\u2019est le coup de foudre. Louise, assist\u00e9 par son colocataire Momo, met alors en place un plan (pas du tout) infaillible pour vivre son amour sans trahir aucun code d\u2019honneur.<\/p>\n\n\n\n<p>Le rythme est effr\u00e9n\u00e9, tout s\u2019encha\u00eene, les jeux de mots fusent, les portes claquent, les quiproquos se succ\u00e8dent, les com\u00e9diens changent de personnages, et les personnages changent d\u2019orientation sexuelle comme ils changent de plan : \u00e0 leur guise. Tous les codes du vaudeville sont mobilis\u00e9s sur ce plateau dont l\u2019organisation spatiale offre de nombreuses possibilit\u00e9s de jeu : deux portes-tambours, donnant sur de petits sas permettent de d\u00e9couvrir l\u2019arriv\u00e9e des personnages d\u00e9licieusement absurdes avant leur \u00ab entr\u00e9e en sc\u00e8ne \u00bb, ces sas donnant eux-m\u00eames sur deux portes, de chaque c\u00f4t\u00e9 du plateau, qui ne demandent qu\u2019\u00e0 \u00eatre claqu\u00e9es, enfonc\u00e9es ou contourn\u00e9es. Le moment du changement de d\u00e9cor entre les deux parties du spectacle offre quant \u00e0 lui un instant de respiration bienvenu, les com\u00e9diens et com\u00e9diennes proc\u00e9dant \u00e0 un d\u00e9fil\u00e9 de plantes vertes en plastique avec une gr\u00e2ce exag\u00e9r\u00e9e sur un morceau de piano\u2026 mim\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Les com\u00e9diens et com\u00e9diennes de l\u2019ensemble du Poche prennent un malin plaisir \u00e0 jouer les situations les plus loufoques dans un univers multicolore et d\u00e9jant\u00e9. Mais ces situations, bien qu\u2019elles semblent absurdes au premier abord, ne sont finalement qu\u2019une exacerbation de probl\u00e9matiques contemporaines. Au Poche ce soir-l\u00e0, on rit de la pi\u00e8ce, mais on rit surtout de soi, de l\u2019absurdit\u00e9 d\u2019un monde en perte de sens, et l\u2019air que l\u2019on chantonne en sortant dans la vieille ville a un arri\u00e8re-go\u00fbt aigre-doux : \u00ab Tout va tr\u00e8s bien, le capitalisme se porte \u00e0 merveille \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>30 janvier 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/melanie-carrel\/\">M\u00e9lanie Carrel<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Du boulevard contemporain et sexoposotif : oui, c\u2019est possible !<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>30 janvier 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/sylvain-grangier\/\"> Sylvain Grangier <\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"638\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/01\/Une-oreille-nue-a-la-patte-de-lamour\u2026-ou-comment-filer-une-puce-malgre-soi_Sylvain-Grangier-1024x638.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-19786\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/01\/Une-oreille-nue-a-la-patte-de-lamour\u2026-ou-comment-filer-une-puce-malgre-soi_Sylvain-Grangier-1024x638.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/01\/Une-oreille-nue-a-la-patte-de-lamour\u2026-ou-comment-filer-une-puce-malgre-soi_Sylvain-Grangier-300x187.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/01\/Une-oreille-nue-a-la-patte-de-lamour\u2026-ou-comment-filer-une-puce-malgre-soi_Sylvain-Grangier-250x156.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/01\/Une-oreille-nue-a-la-patte-de-lamour\u2026-ou-comment-filer-une-puce-malgre-soi_Sylvain-Grangier-768x479.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2023\/01\/Une-oreille-nue-a-la-patte-de-lamour\u2026-ou-comment-filer-une-puce-malgre-soi_Sylvain-Grangier.jpg 1280w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Rebecca Bowring<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Pour ses 75 ans, le Th\u00e9\u00e2tre de Poche se demande \u00e0 quoi pourrait bien ressembler la com\u00e9die de Boulevard contemporaine. Pour y r\u00e9pondre, il commande \u00e0 l\u2019autrice allemande Rebekka Krichledorf une pi\u00e8ce bas\u00e9e sur l\u2019\u0153uvre de Georges Feydeau, et en confie la mise en sc\u00e8ne \u00e0 C\u00e9line Nidegger et Bastien Semenzato (Superprod). Le r\u00e9sultat est tr\u00e8s haut en couleur : malgr\u00e9 une entr\u00e9e en mati\u00e8re qui laisse quelque peu perplexe, le spectacle s\u2019av\u00e8re d\u00e9lirant, entre parodie, d\u00e9rision et humour absurde.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Un d\u00e9but difficile, confus pour les spectateur.ice.s. Le rythme est imm\u00e9diatement d\u00e9brid\u00e9, les r\u00e9pliques fusent, et il faut un certain temps avant de comprendre la situation, celle d\u2019un lendemain de cuite. En moins de dix minutes, c\u2019est presque autant de personnages diff\u00e9rents qui sont d\u00e9j\u00e0 apparus sur sc\u00e8ne, pour seulement quatre com\u00e9dien.ne.s. Mais ce sont surtout les propos qui d\u00e9concertent, qui laissent craindre un simple vernis \u00abjeun\u2019s\u00bb : on assiste \u00e0 un name-dropping de termes en vogue, tels que vegan ou toute une d\u00e9clinaison d\u2019orientations sexuelles, smartphone et Instagram \u00e0 l\u2019appui. Chaque occurrence est l\u2019occasion d\u2019une blague. Mais alors que l\u2019on pourrait croire que tout cela nous pr\u00e9pare \u00e0 un humour malveillant et peu inform\u00e9 (et que l\u2019on s\u2019appr\u00eate \u00e0 d\u00e9gainer un \u00ab OK boomer \u00bb de circonstance), le rire vient. Ceci lorsqu\u2019on se rend compte que l\u2019humour pratiqu\u00e9 n\u2019est jamais condescendant, mais qu\u2019il rel\u00e8ve avant tout d\u2019une forme d\u2019autod\u00e9rision. \u00abRions de tout et de tous, explique le programme, mais de mani\u00e8re sexopositive et non sexiste.\u00bb Alors toutes les dimensions de l\u2019humour peuvent faire mouche.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout pr\u00eate en effet \u00e0 rire. Dans les r\u00e9pliques bien s\u00fbr, mais aussi dans le dispositif sc\u00e9nique. Ainsi, la m\u00e9ridienne, le rideau de fond aussi bien que le peignoir de l\u2019un des personnages ont le m\u00eame habillage : un papier peint rose \u00e0 motifs animaliers kitch. Les costumes participent \u00e9galement au d\u00e9lire, tel celui de la vieille m\u00e8re (Zacharie Jourdain) tout droit sorti d\u2019un film de Tim Burton, ou ce costume de renard tout droit sorti d\u2019une convention de furry. M\u00eame le changement de d\u00e9cor pr\u00eate \u00e0 rire, lorsque les com\u00e9dien.ne.s am\u00e8nent sur le plateau une quantit\u00e9 d\u00e9mesur\u00e9e de plantes vertes, le plus s\u00e9rieusement du monde, tout en se contorsionnant pour passer entre les \u00e9chafaudages qui soutiennent le d\u00e9cor. L\u2019humour frise parfois l\u2019absurde, \u00e0 la mani\u00e8re des films des ZAZ (Zucker, Abrahams et Zucker), comme lorsqu\u2019une com\u00e9dienne (Aline Papin) joue avec entrain du piano, avant de se retirer pour qu\u2019on constate qu\u2019en r\u00e9alit\u00e9 le piano joue tout seul. De m\u00eame, lorsqu\u2019un personnage est \u00e9voqu\u00e9 comme \u00abla carotte\u00bb, au sens d\u2019app\u00e2t, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il apparaisse vraiment dans un costume de carotte g\u00e9ante. On pourrait continuer la liste longtemps, tant le spectacle est une avalanche de gags.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais il y a aussi la parodie. Celle de Feydeau, dont tous les ressorts dramatico-comiques sont utilis\u00e9s, des quiproquos aux amant.e.s dans le placard. Mais comme les com\u00e9dien.ne.s sont tr\u00e8s conscient.e.s de l\u2019artificialit\u00e9 de ces proc\u00e9d\u00e9s, ils jouent avec ces codes, en pleine connivence avec le public. Cette couche s\u2019ajoute donc \u00e0 l\u2019humour d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sent chez Feydeau, le compl\u00e8te, le commente. D\u2019une certaine mani\u00e8re, on rit avec Feydeau, mais on rit aussi de Feydeau. C\u2019est ce qui en permet le renversement, passant d\u2019un th\u00e9\u00e2tre sexiste \u00e0 un th\u00e9\u00e2tre f\u00e9ministe et queer. La narration elle-m\u00eame est parodi\u00e9e, car elle frise l\u2019incompr\u00e9hensible. Il est pratiquement impossible de r\u00e9sumer l\u2019intrigue, puisque presque chaque personnage poss\u00e8de son arc narratif propre. Parce que l\u2019essentiel se raconte ailleurs, dans les interstices du rire.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la fin du spectacle, on rallume la lumi\u00e8re. Les com\u00e9dien.ne.s chantent : \u00ab C\u2019est que du divertissement, le capitalisme se porte \u00e0 merveille.\u00bb Le politique tout \u00e0 coup surgit. Apr\u00e8s avoir racont\u00e9 la fin fictive de tous les personnages, on demande \u00e0 l\u2019un des com\u00e9diens, Djemi Pittet : \u00abEt toi ?\u00bb &#8211; \u00abEt moi ? C\u2019est mon premier engagement.\u00bb Et en effet, il s\u2019agit de son premier r\u00f4le professionnel, son premier engagement dans un th\u00e9\u00e2tre, cette ann\u00e9e, au Poche. Surgissement du r\u00e9el. La com\u00e9dienne Valeria Bertolotto encha\u00eene en listant les r\u00f4les qu\u2019elle a jou\u00e9s, dont la plupart sont une d\u00e9clinaison de \u00abune m\u00e8re\u00bb : subtile critique des textes de th\u00e9\u00e2tre o\u00f9 trop souvent les personnages f\u00e9minins ne sont d\u00e9finis que par rapport \u00e0 un personnage masculin. Au final, sous les couches apparentes de l\u2019embourgeoisement dort quelque chose de plus fondamental, de plus vrai. Derri\u00e8re les rires, d\u00e9lirants et jouissifs, appara\u00eet l\u2019engagement politique, rendant caduque ma perplexit\u00e9 au d\u00e9but du spectacle, tout ceci me faisant r\u00e9aliser que cr\u00e9er un boulevard contemporain est non seulement possible mais surtout jouissif.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>30 janvier 2023<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/sylvain-grangier\/\"> Sylvain Grangier <\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/poche---gve.ch\/spectacle\/une-oreille-nue-a-la-patte-de-lamour-ou-comment-filer-une-puce-malgre-soi\/\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Rebekka Kricheldorf d\u2019apr\u00e8s l\u2019ensemble de l\u2019\u0153uvre de Georges Feydeau \/ Mise en sc\u00e8ne Superprod (C\u00e9line Nidegger et Bastien Semenzato) \/ Th\u00e9\u00e2tre Poche &#8211; Gen\u00e8ve \/ du 14 novembre 2022 au 5 f\u00e9vrier 2023 \/ critiques par M\u00e9lanie Carrel et Sylvain Grangier .<\/p>\n","protected":false},"author":1002282,"featured_media":16605,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,171,38],"tags":[309,267],"class_list":["post-16604","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-le-poche","category-spectacle","tag-melanie-carrel-2","tag-sylvain-grangier"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16604","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002282"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=16604"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16604\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19787,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16604\/revisions\/19787"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16605"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=16604"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=16604"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=16604"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}