{"id":1659,"date":"2013-12-17T14:59:17","date_gmt":"2013-12-17T13:59:17","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=1659"},"modified":"2025-02-10T13:58:56","modified_gmt":"2025-02-10T12:58:56","slug":"staying","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2013\/12\/staying\/","title":{"rendered":"Staying Alive"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Staying Alive<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">mise en sc\u00e8ne et conception Dorian Rossel, Delphine Lanza, Antonio Buil et Paola Pagani \/ Th\u00e9\u00e2tre du Loup \u00e0 Gen\u00e8ve \/ du 13 au 22 d\u00e9cembre 2013 \/ Critiques par Sophie Badoux et Deborah Strebel. <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>13 d\u00e9cembre 2013<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/sophie-badoux\">Sophie Badoux<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Saturday Night Theater<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"320\" height=\"214\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/12\/Staying-alive.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-9579\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/12\/Staying-alive.png 320w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/12\/Staying-alive-250x167.png 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/12\/Staying-alive-300x200.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Erika Irmler<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong><em>Fragments de m\u00e9moires et enchev\u00eatrement d\u2019histoires familiales, <\/em>Staying Alive<em>, \u00e0 voir au Th\u00e9\u00e2tre du Loup jusqu\u2019au 22 d\u00e9cembre, tisse avec l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 et humour les fils de la vie des deux com\u00e9diens de la compagnie Teatro Due Punti.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Qui n\u2019a pas r\u00eav\u00e9 d\u2019une mort dramatiquement r\u00e9ussie&nbsp;? De quitter son monde \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019une sortie de sc\u00e8ne th\u00e9\u00e2trale o\u00f9 le d\u00e9funt s\u2019offre le luxe d\u2019observer en coulisses la r\u00e9action de son entourage? Ironiquement, c\u2019est dans <em>Staying Alive<\/em> que le com\u00e9dien Antonio Buil (pr\u00e9)m\u00e9dite sa propre mort. Il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019imaginer sa fin pour mieux rester vivant. Mais avant la crise cardiaque fictive, le com\u00e9dien arrange une \u00e0 une sur sc\u00e8ne ses plantes vertes comme autant de legs d\u2019une identit\u00e9 fragment\u00e9e \u2013 la foug\u00e8re m\u00e9lomane sur le piano, le ficus narcissique devant le miroir, les deux plantes jumelles c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te. Il les confie \u00e0 Paola Pagani, sa compagne sur sc\u00e8ne comme dans la vie, qui devra d\u00e9sormais en prendre soin. Que laisse-t-on derri\u00e8re soi apr\u00e8s avoir parcouru les diff\u00e9rents chemins de la vie jusque dans l\u2019obscure for\u00eat de Dante que cite la com\u00e9dienne&nbsp;? Entre po\u00e9sie et disco <em>seventies<\/em>, le spectacle interroge souvenirs r\u00e9els, d\u00e9form\u00e9s ou fictifs pour tenter de d\u00e9crypter l\u2019h\u00e9ritage familial, social et artistique des deux protagonistes. Ces derniers embarquent avec eux un public convaincu.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;D\u00e9rouler le fil du temps<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Chass\u00e9-crois\u00e9 biographique \u00e9mouvant, <em>Staying Alive<\/em> propose de revisiter au son des Bee Gees la vie des deux acteurs dans une mise en sc\u00e8ne de leurs complices Dorian Rossel et Delphine Lanza. Quand la compagnie STT, fond\u00e9e en 2003 par Dorian Rossel, rencontre le Teatro Due Punti qui f\u00eate ses quinze ans d\u2019existence cette ann\u00e9e, ing\u00e9niosit\u00e9 et finesse du jeu \u00e9closent pour offrir au public un spectacle d\u2019une grande sensibilit\u00e9. La sc\u00e8ne est sobre. Sur des panneaux bleus coulissants viennent s\u2019inscrire \u00e0 la craie les cartes de l\u2019Italie et de l\u2019Espagne, pays d\u2019origine des deux acteurs, leurs liens familiaux et la ligne temporelle de leur histoire qui traverse toute la sc\u00e8ne&nbsp;: de la naissance d\u2019Antonio Buil et de Paola Pagani en 1964 jusqu\u2019\u00e0 l\u2019hommage que la com\u00e9dienne rend \u00e0 son compagnon en 2044, en passant par 1977, l\u2019ann\u00e9e de la sortie de la chanson <em>Staying Alive<\/em>, et 2013 celle du spectacle du m\u00eame nom ainsi que celle de la mort factice d\u2019Antonio. Mais bient\u00f4t les panneaux se d\u00e9placent et brouillent la lin\u00e9arit\u00e9 du temps. Aux histoires de chacun, s\u2019ajoute le d\u00e9voilement du m\u00e9canisme th\u00e9\u00e2tral par une astucieuse mise en abyme, qui contribue \u00e0 perdre le spectateur dans un songe d\u00e9licieusement flou. On revisite en partie la pi\u00e8ce de 2013 depuis le souvenir qu\u2019en a gard\u00e9 la Paola Pagani \u00e2g\u00e9e de 80 ans en 2044.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Au d\u00e9but de <em>Staying Alive<\/em>, j\u2019entrais chaque soir en sc\u00e8ne et allumais la radio. J\u2019\u00e9coutais avec le public l\u2019\u00e9mission du moment&nbsp;\u00bb, raconte du haut de ses 80 ans imaginaires Paola Pagani en alliant le geste \u00e0 la parole. De la vieille radio r\u00e9sonne alors la voix d\u2019un journaliste sportif qui commente les descentes \u00e0 ski de Super-G de la journ\u00e9e. \u00ab&nbsp;Mais ce soir-l\u00e0, en 2013, j\u2019\u00e9tais tomb\u00e9e sur une \u00e9mission qui parlait de la r\u00e9animation cardiaque&nbsp;\u00bb, continue la com\u00e9dienne en expliquant que les battements de la chanson culte <em>Staying Alive<\/em> correspondent tr\u00e8s exactement au rythme \u00e0 observer lors d\u2019un massage cardiaque. Elle raconte les r\u00e9p\u00e9titions avec son regrett\u00e9 ami, qui appara\u00eet alors \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s. Quelques pas de danse plus loin, des souvenirs cocasses refont surface, comme celui d\u2019une poule apparue dans une ancienne mise en sc\u00e8ne ou le r\u00e9cit hilarant de la relation tortueuse de Paolo Pagani et de son fr\u00e8re Carlo. On plonge peu \u00e0 peu plus profond\u00e9ment dans les m\u00e9moires jusqu\u2019\u00e0 rencontrer la r\u00e9incarnation d\u2019Antonio, le p\u00e8re du com\u00e9dien Antonio Buil. Assis dans son vieux fauteuil de velours verd\u00e2tre, le berger espagnol se retrouve malgr\u00e9 lui dans le spectacle de son fils suite \u00e0 sa simple \u00e9vocation. Commence un improbable dialogue entre les deux hommes dans lequel le p\u00e8re raconte avec humour le travail qu\u2019il fait avec les moutons \u2013 symbolis\u00e9s sur sc\u00e8ne par un vieux radiateur \u00e9lectrique beige \u2013, leur comptage et recomptage permanent. La virtuosit\u00e9 du com\u00e9dien \u00e0 incarner son p\u00e8re puis son grand-p\u00e8re, \u00e9galement pr\u00e9nomm\u00e9 Antonio, fascine. Paola Pagani se transforme elle aussi pour interpr\u00e9ter Nieve, la grand-m\u00e8re d\u2019Antonio et rejouer ainsi la rencontre et la demande en mariage.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Labyrinthe inextricable<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les souvenirs se succ\u00e8dent&nbsp;; les trous de m\u00e9moire aussi, comme lorsque le personnage de Paola Pagani n\u2019arrive pas \u00e0 retrouver la citation de Primo Levi qui cl\u00f4turait <em>Chemin d\u00e9tourn\u00e9<\/em>, le premier spectacle de la troupe Due Punti en 1998. Elle la prononcera pourtant des plus naturellement un peu plus tard&nbsp;: \u00ab&nbsp;ce n\u2019est pas vrai que les souvenirs restent immobiles, fig\u00e9s dans la m\u00e9moire, ils vont aussi \u00e0 la d\u00e9rive comme les corps&nbsp;\u00bb. Tortueuse m\u00e9moire, qui fait de la vie ce qui lui pla\u00eet. Quel autre art que le th\u00e9\u00e2tre pour repr\u00e9senter si bien la transformation de cette mati\u00e8re vivante&nbsp;? Passant du comique au s\u00e9rieux, de la po\u00e9sie \u00e0 l\u2019humour, de la mort \u00e0 la vie et du souvenir \u00e0 l\u2019imaginaire, <em>Staying Alive<\/em> est un r\u00e9cit intime qui tient de l\u2019universel. A chacun de s\u2019approprier ces fragments de vie et d\u2019histoire pour former la mati\u00e8re de sa propre m\u00e9moire.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>13 d\u00e9cembre 2013<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/sophie-badoux\">Sophie Badoux<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>13 d\u00e9cembre 2013<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/deborah-strebel\/\">Deborah Strebel<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">De strate en strate\u00a0: sur le chemin confus de la m\u00e9moire<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"320\" height=\"214\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/12\/Staying-alive.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-9579\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/12\/Staying-alive.png 320w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/12\/Staying-alive-250x167.png 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/12\/Staying-alive-300x200.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Erika Irmler<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong><em>Paola Pagani et Antonio Buil rassemblent leurs r\u00eaves et leurs souvenirs afin de conter leur parcours personnel et professionnel, sur un mode non lin\u00e9aire et quelque peu brouill\u00e9, \u00e0 l\u2019image des pens\u00e9es qui nous reviennent confus\u00e9ment lorsque nous tentons de raconter un \u00e9pisode de notre vie, par association d&rsquo;id\u00e9es.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9cor, fait d\u2019objets dispers\u00e9s \u00e7a et l\u00e0 &#8211; un fauteuil, une radio ou encore un radiateur &#8211; se donne d&#8217;embl\u00e9e comme fragment\u00e9. Une superposition de trois panneaux, qui semblent symboliser diff\u00e9rentes strates, pr\u00e9figure une certaine segmentation. La pi\u00e8ce ne cessera, de fait, d\u2019effectuer des va-et-vient entre diverses couches temporelles renvoyant \u00e0 diff\u00e9rents moments d\u00e9cisifs de la vie des protagonistes. Nous sommes tout d\u2019abord amen\u00e9s \u00e0 faire un saut dans le futur. Un prix est remis \u00e0 une actrice \u00e2g\u00e9e de huitante ans : Paola Pagani. Lors de son discours de remerciement, elle se rem\u00e9more une certaine pi\u00e8ce, qu\u2019elle avait jou\u00e9e en 2014 ou 2013, dont le titre \u00e9tait <em>Staying alive.<\/em> Nous sommes ensuite renvoy\u00e9s, sans transition, dans le pass\u00e9, lors des r\u00e9p\u00e9titions de cette m\u00eame pi\u00e8ce. Nous remontons encore le temps et assistons \u00e0 un \u00e9pisode marquant de la vie des parents d\u2019Antonio Buil. Les couches commencent petit \u00e0 petit \u00e0 se multiplier et s\u2019enchev\u00eatrer. Se m\u00ealent alors non seulement certains \u00e9v\u00e9nements li\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9laboration de la pi\u00e8ce qui se d\u00e9roule sous nos yeux, mais aussi de nombreuses anecdotes familiales des deux protagonistes et des r\u00e9miniscences litt\u00e9raires, li\u00e9es \u00e0 leur culture latine. Ainsi, au fil du temps, les deux personnages, qui incarnent les figures des deux acteurs, dessinent chacun, \u00e0 la craie, sur les diff\u00e9rents murs du d\u00e9cor, leurs propres esquisses biographiques, afin peut-\u00eatre de remettre un peu d\u2019ordre dans cette mati\u00e8re compos\u00e9e de r\u00e9miniscences floues et incompl\u00e8tes.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela fait d\u00e9j\u00e0 plus de dix ans que Paola Pagani et Antonio Buil collaborent. Ensemble, ils ont \u00e9labor\u00e9s onze spectacles. A la fois dr\u00f4les et po\u00e9tiques, ces r\u00e9alisations ont \u00e9t\u00e9 appr\u00e9ci\u00e9es autant par le public que par la critique. Mettant l\u2019accent sur le corps et le mouvement, la compagnie qu\u2019ils ont cr\u00e9\u00e9e, Teatro Due Punti, accorde une place centrale \u00e0 l\u2019acteur. Tout comme une autre compagnie, la STT (Super Trop Top), avec laquelle ils collaborent pour ce spectacle. Fond\u00e9e en 2003, la STT a produit une quinzaine de pi\u00e8ces. Dorian Rossel, son metteur en sc\u00e8ne (qui remplit aussi cette fonction pour <em>Staying alive<\/em>), conf\u00e8re \u00e9galement une importance majeure aux acteurs en leur confiant de nombreuses responsabilit\u00e9s dans le d\u00e9roulement du spectacle. Il s\u2019entoure, en g\u00e9n\u00e9ral, des m\u00eames com\u00e9diens et collabore avec eux sur le long terme. Au sein de ses r\u00e9alisations, il leur lance des d\u00e9fis, en les invitant par exemple \u00e0 \u00eatre tous en sc\u00e8ne simultan\u00e9ment, chacun endossant plusieurs personnages \u00e0 la fois. C\u2019est \u00e9galement le cas dans <em>Staying Alive,<\/em> Paola Pagani et Antonio Buil interpr\u00e9tant conjointement plusieurs personnages. Que ce soit leur propre r\u00f4le, celui d\u2019un proche ou encore celui de Tony Manero, incarn\u00e9 jadis par John Travolta, dans le film de Sylvester Stalone &nbsp;\u00ab&nbsp;Staying alive&nbsp;\u00bb&nbsp;sorti en 1983, ils changent sans cesse de personnages sans qu\u2019il y ait une once d\u2019h\u00e9sitation pour le public. Ils passent d\u2019un r\u00f4le \u00e0 l\u2019autre sans quitter la sc\u00e8ne, sans changer de costumes, sans annonce particuli\u00e8re : ce fonctionnement pourrait d\u00e9stabiliser le spectateur mais, gr\u00e2ce \u00e0 un jeu magistral et \u00e0 l\u2019aide, parfois, de quelques discrets accessoires, ils parviennent \u00e0 \u00e9viter toute confusion et pr\u00e9sentent une belle palette de personnalit\u00e9s aussi attachantes les unes que les autres.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette errance au sein de leur vie pass\u00e9e oscille entre gaiet\u00e9 et nostalgie. La mort, th\u00e8me cher aux deux com\u00e9diens (elle est souvent pr\u00e9sente dans leurs spectacles) est \u00e9galement abord\u00e9e ici. Un d\u00e9funt prend notamment la parole pour \u00e9voquer subtilement les notions de transmission et de post\u00e9rit\u00e9. Entre souvenirs heureux et pens\u00e9es m\u00e9lancoliques, la pi\u00e8ce tente donc de retracer l\u2019histoire des deux figures centrales. Par strates successives et d\u00e9sordonn\u00e9es, le spectacle propose un cheminement discontinu et parcellaire. Ce voyage au milieu des r\u00eaves et des souvenirs m\u00e9lange les \u00e9poques et les r\u00e9f\u00e9rences culturelles. Divers mondes, diverses cultures se c\u00f4toient, et la musique des Bee Gees cohabite avec les vers de Dante Alighieri. Dans le but de mettre en sc\u00e8ne deux biographies morcel\u00e9es, incompl\u00e8tes et d\u00e9sordonn\u00e9es, <em>Staying Alive<\/em> propose un fascinant p\u00e9riple au sein d\u2019un univers presque aussi obscur et tout aussi sinueux que la for\u00eat dantesque ouvrant le premier chant de la <em>Divine Com\u00e9die<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>13 d\u00e9cembre 2013<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/deborah-strebel\/\">Deborah Strebel<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>mise en sc\u00e8ne et conception Dorian Rossel, Delphine Lanza, Antonio Buil et Paola Pagani \/ Th\u00e9\u00e2tre du Loup \u00e0 Gen\u00e8ve \/ du 13 au 22 d\u00e9cembre 2013 \/ Critiques par Sophie Badoux et Deborah Strebel.<\/p>\n","protected":false},"author":784,"featured_media":9581,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,6],"tags":[31,19],"class_list":["post-1659","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-du-loup","tag-deborah-strebel","tag-sophie-badoux"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1659","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/784"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1659"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1659\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21733,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1659\/revisions\/21733"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9581"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1659"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1659"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1659"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}