{"id":16568,"date":"2022-12-14T16:55:35","date_gmt":"2022-12-14T15:55:35","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=16568"},"modified":"2025-02-07T12:25:36","modified_gmt":"2025-02-07T11:25:36","slug":"un-spectacle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2022\/12\/un-spectacle\/","title":{"rendered":"Un spectacle"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Un spectacle<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Une cr\u00e9ation d&rsquo;Igor Cardellini et Tomas Gonzalez \/ Th\u00e9\u00e2tre de Vidy \/ du 7 au 17 d\u00e9cembre 2022 \/ critique par M\u00e9lanie Carrel . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Une critique \u2013 ou comment \u00ab\u00a0Un spectacle\u00a0\u00bb r\u00eave le th\u00e9\u00e2tre de demain<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>14 d\u00e9cembre 2022<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/melanie-carrel\/\">M\u00e9lanie Carrel <\/a><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/celine-bignotti\/\"> <\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"879\" height=\"585\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/12\/un-spectacle_couverture.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-19762\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/12\/un-spectacle_couverture.jpeg 879w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/12\/un-spectacle_couverture-300x200.jpeg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/12\/un-spectacle_couverture-250x166.jpeg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/12\/un-spectacle_couverture-768x511.jpeg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 879px) 100vw, 879px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Matthieu Gafsou<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Cr\u00e9\u00e9 \u00e0 la M\u00e9nagerie de Verre \u00e0 Paris en octobre, <\/em>Un spectacle<em> investit ce mois-ci les murs de la salle Ren\u00e9 Gonzalez du Th\u00e9\u00e2tre de Vidy. Apr\u00e8s <\/em>L\u2019\u00c2ge d\u2019or<em> et <\/em>Showroom<em>, cette performance poursuit la r\u00e9flexion du duo Cardellini\/Gonzalez sur le rapport entre dispositif et pouvoir. Sous la forme d\u2019une visite guid\u00e9e imaginaire du Th\u00e9\u00e2tre de Vidy, elle nous fait voyager au sein de l\u2019histoire du th\u00e9\u00e2tre.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Une toile peinte repr\u00e9sentant un th\u00e9\u00e2tre \u00e0 l\u2019italienne. Une musique baroque. Un air d\u2019op\u00e9ra. Voil\u00e0 sur quoi s\u2019ouvre <em>Un spectacle<\/em>. Puis une voix. Off tout d\u2019abord, puis incarn\u00e9e par Dominique Gillioz. La lumi\u00e8re r\u00e9v\u00e8le ce qui se passe derri\u00e8re la toile. En transparence, on devine un d\u00e9cor d\u2019un blanc immacul\u00e9. Un tapis de danse. Une paroi. Une boule. Des blocs, \u00e9l\u00e9ments sc\u00e9niques polyvalents. Et puis les protagonistes de la visite guid\u00e9e : Gillioz et une petite dizaine de spectateurs privil\u00e9gi\u00e9s (ou non, selon leur affinit\u00e9 avec la lumi\u00e8re des projecteurs). La toile se l\u00e8ve. Script \u00e0 la main, Gillioz d\u00e9crit les diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments du dispositif aux participants. Tous les codes de la visite guid\u00e9e sont r\u00e9unis. Sauf que la visite est observ\u00e9e, par nous, spectateurs rest\u00e9s passifs. Et que nous aussi nous sommes scrut\u00e9s, depuis la sc\u00e8ne.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec l\u2019aide des spectateurs privil\u00e9gi\u00e9s, Gillioz d\u00e9cortique et fait jouer les diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments du dispositif th\u00e9\u00e2tral. Ils commencent par s\u2019approprier l\u2019espace sc\u00e9nique en d\u00e9ambulant, tout d\u2019abord timidement puis avec un amusement de plus en plus affich\u00e9. Puis ils parlent cyclo, r\u00e9gie, installation sonore en quadriphonie, perches, gradins, sc\u00e9nographie et machine \u00e0 fum\u00e9e. Tous les \u00e9l\u00e9ments sont d\u2019abord pr\u00e9sent\u00e9s, leur origine et leur fonctionnement expliqu\u00e9s, puis ils sont mobilis\u00e9s durant la repr\u00e9sentation. \u00c0 la suite de la pr\u00e9sentation du mat\u00e9riel technique, le light show, d\u00e9livr\u00e9 sur une sc\u00e8ne vide, fait par exemple voir tout le pouvoir \u00e9vocateur de la lumi\u00e8re et du son, en transportant le public d\u2019une maison bourgeoise du XIXe si\u00e8cle \u00e0 une bo\u00eete de nuit, en passant par des espaces abstraits mais dont la beaut\u00e9 esth\u00e9tique suffit \u00e0 illustrer l\u2019infini des possibilit\u00e9s d\u2019\u00e9clairage. Une d\u00e9monstration qui permet de mettre en avant le caract\u00e8re radicalement polymorphe d\u2019un m\u00eame espace th\u00e9\u00e2tral.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais cette singuli\u00e8re visite guid\u00e9e est \u00e9galement une le\u00e7on d\u2019histoire du th\u00e9\u00e2tre. Prenant comme point de d\u00e9part l\u2019agencement du dispositif th\u00e9\u00e2tral, Gillioz retrace l\u2019\u00e9volution de l\u2019architecture th\u00e9\u00e2trale depuis le XVIe si\u00e8cle avec l\u2019arriv\u00e9e de la perspective. La particularit\u00e9 de cette le\u00e7on \u00e9tant qu\u2019elle ne se contente pas de d\u00e9crire l\u2019\u00e9volution de cette architecture, mais de montrer comment celle-ci est au service du pouvoir en place. L\u2019artiste \u00e9voque par exemple la \u00ab place du Prince \u00bb, place centrale et l\u00e9g\u00e8rement sur\u00e9lev\u00e9e depuis laquelle la perspective est parfaite. La question de la repr\u00e9sentation de la nature, plus sp\u00e9cifiquement son utilisation comme d\u00e9cor, est aussi abord\u00e9e avec tout ce que cela nous dit sur la domination de l\u2019homme sur la nature et l\u2019anthropoc\u00e8ne. Gillioz fait \u00e9galement le lien entre l\u2019architecture d\u2019un th\u00e9\u00e2tre et ce qu\u2019elle nous dit sur le r\u00e9pertoire qui s\u2019y joue. Par exemple, le rideau rouge, ce morceau de velours qui nous invite \u00e0 plonger dans le th\u00e9\u00e2tre comme dans un livre, serait caract\u00e9ristique du th\u00e9\u00e2tre dramatique qui emporte le spectateur dans l\u2019histoire qu\u2019il repr\u00e9sente. On \u00e9carte la couverture et on se trouve immerg\u00e9 dans l\u2019histoire. La d\u00e9cision d\u2019\u00e9liminer le rideau est donc une sorte de prise de distance avec la th\u00e9\u00e2tralit\u00e9. Bien que ne se voulant pas p\u00e9dagogique selon les dires des metteurs en sc\u00e8ne, <em>Un spectacle<\/em> est un parfait outil de m\u00e9diation culturelle.<\/p>\n\n\n\n<p>La question du public traverse toute la performance. Gillioz explique pourquoi et depuis quand le public se retrouve dans le noir et silencieux. Il nous renvoie \u00e0 notre propre position de spectateurs, nous fait questionner notre passivit\u00e9, notre lien \u00e0 ce qui se passe sur sc\u00e8ne. Lorsque deux publics se font face, lequel est le plus r\u00e9el ? Le public privil\u00e9gi\u00e9 align\u00e9 \u00e0 l\u2019avant-sc\u00e8ne s\u2019avance, traverse le quatri\u00e8me mur et nous observe. Il est singuli\u00e8rement beau d\u2019\u00eatre un spectateur passif qui observe des spectateurs actifs. On envie, on compatit. \u00ab Qu\u2019est-ce qu\u2019on fait l\u00e0, tous ensemble ? \u00bb demande Gillioz. L\u2019artiste raconte qu\u2019au th\u00e9\u00e2tre, un ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e9trange se produit. Les c\u0153urs des spectateurs se synchronisent. Ils font ch\u0153ur. Une parenth\u00e8se o\u00f9 l\u2019\u00eatre humain fait r\u00e9ellement communaut\u00e9, gr\u00e2ce \u00e0 la fiction.<\/p>\n\n\n\n<p>Le th\u00e9\u00e2tre est le miroir de la soci\u00e9t\u00e9. Ce postulat qui est presque devenu un lieu commun se trouve au c\u0153ur de <em>Un spectacle<\/em>. Car cette performance est d\u2019abord un questionnement. Sc\u00e8ne et salle se r\u00e9unissent, le temps d\u2019une heure et quart, pour r\u00e9fl\u00e9chir ensemble \u00e0 la mani\u00e8re dont le th\u00e9\u00e2tre refl\u00e8te la soci\u00e9t\u00e9. Comment il reproduit l\u2019organisation et la hi\u00e9rarchisation qui organise la vie en dehors de ses murs. La performance d\u00e9compose et remet en perspective les \u00e9l\u00e9ments constitutifs du dispositif sc\u00e9nique. \u00c0 quoi servent-ils ? Quelles sont leurs possibilit\u00e9s ? Et comment le th\u00e9\u00e2tre peut-il nous aider \u00e0 penser et \u00e0 r\u00eaver le monde de demain ? \u00c0 moins que le reflet s\u2019av\u00e8re finalement plus r\u00e9el que son double ?<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>14 d\u00e9cembre 2022<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/melanie-carrel\/\">M\u00e9lanie Carrel <\/a><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/celine-bignotti\/\"> <\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/vidy.ch\/fr\/evenement\/igor-cardellini-tomas-gonzalez-un-spectacle-2\/\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une cr\u00e9ation d&rsquo;Igor Cardellini et Tomas Gonzalez \/ Th\u00e9\u00e2tre de Vidy \/ du 7 au 17 d\u00e9cembre 2022 \/ critique par M\u00e9lanie Carrel .<\/p>\n","protected":false},"author":1002282,"featured_media":19762,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,2],"tags":[309],"class_list":["post-16568","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-de-vidy","tag-melanie-carrel-2"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16568","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002282"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=16568"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16568\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19763,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16568\/revisions\/19763"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/19762"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=16568"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=16568"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=16568"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}