{"id":16545,"date":"2022-11-28T11:09:35","date_gmt":"2022-11-28T10:09:35","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=16545"},"modified":"2025-02-07T12:26:29","modified_gmt":"2025-02-07T11:26:29","slug":"le-malade-imaginaire-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2022\/11\/le-malade-imaginaire-2\/","title":{"rendered":"Le Malade Imaginaire"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Le Malade Imaginaire<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">D&rsquo;apr\u00e8s Moli\u00e8re \/ Mise en sc\u00e8ne de Jean Liermier \/ Th\u00e9\u00e2tre de Carouge (Gen\u00e8ve) \/ Du 22 novembre au 18 d\u00e9cembre 2022 \/ critiques par Claire Cornuz et Sylvain Grangier . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Une imagination d\u00e9bordant sur sc\u00e8ne<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>28 novembre 2022<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/claire-cornaz\/\">Claire Cornaz<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/11\/caroleparodi-web-4016-1600x0-c-default-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-16543\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/11\/caroleparodi-web-4016-1600x0-c-default-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/11\/caroleparodi-web-4016-1600x0-c-default-300x169.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/11\/caroleparodi-web-4016-1600x0-c-default-250x141.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/11\/caroleparodi-web-4016-1600x0-c-default-768x432.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/11\/caroleparodi-web-4016-1600x0-c-default-1536x864.jpg 1536w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/11\/caroleparodi-web-4016-1600x0-c-default.jpg 1600w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9Carole Parodi<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>En cette fin d\u2019ann\u00e9e, Jean Liermier et le th\u00e9\u00e2tre de Carouge pr\u00e9sentent le Malade Imaginaire, repris d\u2019un premier spectacle cr\u00e9\u00e9 en 2014. Ici, la derni\u00e8re \u0153uvre dramatique de Moli\u00e8re est mise en sc\u00e8ne en conservant tout l\u2019esprit et le comique de la pi\u00e8ce, mais en incluant des passages au caract\u00e8re plus anxiog\u00e8ne, n\u00e9s de l\u2019imagination d\u2019Argan. Jean Liermier donne corps aux inqui\u00e9tudes du malade et leur donne forme sur sc\u00e8ne, offrant une lecture nouvelle de sa sant\u00e9 physique et mentale.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Argan est un homme hant\u00e9 par ses angoisses de maladie, dont les m\u00e9decins profitent pour s\u2019enrichir, et que sa famille doit subir. C\u2019est autour de lui que les \u00e9l\u00e9ments principaux de l&rsquo;intrigue se d\u00e9veloppent au fil de la pi\u00e8ce. Par exemple, \u00e0 cause de ses peurs, il souhaite forcer sa fille Ang\u00e9lique \u00e0 \u00e9pouser un m\u00e9decin qu\u2019elle n\u2019aime pas, ce qui pousse celle-ci \u00e0 participer aux subterfuges de son amoureux Cl\u00e9ante. L\u2019anxi\u00e9t\u00e9 d\u2019Argan est telle que sa seconde \u00e9pouse B\u00e9line profite de la r\u00e9daction d\u2019un testament pour tenter de s\u2019enrichir. De plus, sa servante Toinette est oblig\u00e9e de le berner pour qu\u2019il r\u00e9alise la v\u00e9rit\u00e9 sur ses m\u00e9decins et sa femme. Ce sont donc les craintes d\u2019Argan qui motivent le r\u00e9cit et qui incitent ses proches \u00e0 le tromper.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces peurs surplombent le malade d\u00e8s le d\u00e9but du spectacle sous diverses formes. On peut par exemple voir une marionnette de la mort qui vole au-dessus de la sc\u00e8ne \u00e0 l\u2019ouverture des rideaux, donnant l\u2019impression qu\u2019elle hante le sommeil d\u2019Argan. Celui-ci se trouve dans un lit d\u2019h\u00f4pital plac\u00e9 au centre de la sc\u00e8ne repr\u00e9sentant le cabinet de travail du malade alors qu\u2019\u00e0 cour se trouve une table presque \u00e9cras\u00e9e par des piles de m\u00e9dicaments, tout ceci semblant indiquer qu\u2019il ne dort m\u00eame plus dans sa chambre \u00e0 cause de ses inqui\u00e9tudes sanitaires. Accroch\u00e9s aux murs, on peut aussi remarquer des tableaux sur lesquels sont peintes des le\u00e7ons d\u2019anatomie et de m\u00e9decine, images qui montrent \u00e0 la fois ce qu\u2019il admire (les m\u00e9decins) et ce qui l\u2019effraie (la mort associ\u00e9e aux corps anatomiques).<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9tant \u00e0 l\u2019origine une com\u00e9die-ballet, la musique conserve sa place (sans toutefois la danse) et marque les transitions entre les actes. Elle participe aussi \u00e0 l\u2019incarnation des \u00e9motions d\u2019Argan sur sc\u00e8ne, faisant \u00e9cho \u00e0 ce qu\u2019il ressent. On entend ainsi r\u00e9sonner des glas cr\u00e9ant des harmonies tendues lorsque le malade est auscult\u00e9 et diagnostiqu\u00e9 par les m\u00e9decins Diafoirus, signifiant sa peur profonde de la mort. Lorsqu\u2019il est choy\u00e9 par son \u00e9pouse et sa servante, c\u2019est une musique plus douce qui accompagne cet instant, indiquant la tranquillit\u00e9 qu\u2019il ressent et dans laquelle il ose s\u2019installer. Ainsi, la musique permet de nous faire ressentir les maux dont Argan pense \u00eatre afflig\u00e9 : ils deviennent momentan\u00e9ment r\u00e9alit\u00e9 en prenant forme sur sc\u00e8ne, comme s\u2019ils d\u00e9bordaient de son esprit anxieux. Ses angoisses prennent v\u00e9ritablement corps lorsque Monsieur Purgon, outr\u00e9 que le malade ait refus\u00e9 ses soins, annonce ne plus vouloir \u00eatre son m\u00e9decin et quitte sa demeure. C\u2019est alors que de gigantesques marionnettes de chirurgiens ressemblant \u00e0 Monsieur Purgon et son apothicaire surgissent de derri\u00e8re le d\u00e9cor et \u2013 comme des g\u00e9ants depuis le haut des murs \u2013 invectivent Argan, qui n\u2019a nulle part o\u00f9 se cacher. Elles le pointent du doigt et lui font de s\u00e9v\u00e8res remontrances tandis que leur voix gronde \u00e0 travers un microphone. La lumi\u00e8re sur sc\u00e8ne dispara\u00eet presque pour n\u2019\u00e9clairer que les marionnettes, laissant Argan seul et paniqu\u00e9 dans le noir tandis qu\u2019elles lui pr\u00e9disent milles malheurs. Cet effet de gigantisme, le jeu de lumi\u00e8re et les voix r\u00e9sonnant des haut-parleurs accentuent le monde anxiog\u00e8ne dans lequel vit Argan.<\/p>\n\n\n\n<p>Le <em>Malade Imaginaire <\/em>de Jean Liermier pr\u00e9sente donc un malade qui n\u2019est pas si imaginaire que \u00e7a. Son imagination et son hypocondrie sont telles que ses craintes d\u00e9bordent et prennent pleinement place sur sc\u00e8ne. La mise en sc\u00e8ne offre ainsi une lecture sensible des souffrances d\u2019Argan, en les mettant en sc\u00e8ne et sur sc\u00e8ne, sans pour autant emp\u00eacher la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 d\u2019accompagner ce que lui et sa famille traversent. Le rire all\u00e8ge les anxi\u00e9t\u00e9s d\u2019Argan, soutient les spectateurs, et on peut m\u00eame finalement penser qu\u2019il peut participer \u00e0 gu\u00e9rir les peurs.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>28 novembre 2022<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/claire-cornaz\/\">Claire Cornaz<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Mise en sc\u00e8ne \u00ab classique \u00bb pour une pi\u00e8ce classique?<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>28 novembre 2022<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/sylvain-grangier\/\">Sylvain Grangier<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/11\/caroleparodi-web-4013-1600x0-c-default-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-16550\" style=\"width:301px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/11\/caroleparodi-web-4013-1600x0-c-default-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/11\/caroleparodi-web-4013-1600x0-c-default-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/11\/caroleparodi-web-4013-1600x0-c-default-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/11\/caroleparodi-web-4013-1600x0-c-default-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/11\/caroleparodi-web-4013-1600x0-c-default-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/11\/caroleparodi-web-4013-1600x0-c-default.jpg 1600w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Carole Parodi<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Jean Liermier reprend sa mise en sc\u00e8ne du <\/em>Malade imaginaire<em>, cr\u00e9\u00e9e \u00e0 l\u2019origine en 2014. Un spectacle \u00e0 la mise en sc\u00e8ne \u00ab classique \u00bb pour un classique de Moli\u00e8re.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le malade imaginaire, derni\u00e8re pi\u00e8ce du g\u00e9nie Moli\u00e8re, frapp\u00e9 par l\u2019ironie du sort : alors qu\u2019il jouait lui-m\u00eame le personnage hypocondriaque d\u2019Argan, il meurt \u00e0 l\u2019issue de la quatri\u00e8me repr\u00e9sentation, malade des poumons. Tout le monde conna\u00eet l\u2019histoire, comme tout le monde conna\u00eet l\u2019intrigue de cette pi\u00e8ce \u00f4 combien classique. \u00c0 cet \u00e9gard, la mise en sc\u00e8ne qu\u2019en propose Jean Liermier reste elle aussi plut\u00f4t classique, au sens de conventionnel cette fois. Cela ne veut pas dire qu\u2019elle est d\u00e9nu\u00e9e de qualit\u00e9s, au contraire : elle t\u00e9moigne d\u2019un savoir-faire, et ce dans toutes les dimensions du spectacle. Les com\u00e9dien.ne.s sont \u00e0 ce titre le meilleur exemple : leur performance est ma\u00eetris\u00e9e et impeccable. On retiendra le jeu toujours juste, percutant et \u00e9minemment dr\u00f4le de Gilles Privat dans le r\u00f4le-titre d\u2019Argan. Rapha\u00ebl Vachoux impressionne lui aussi dans tous ses r\u00f4les (Thomas Diafoirus, Monsieur Purgon et Monsieur Bonnefoy) gr\u00e2ce \u00e0 un pouvoir comique certain. Mais tou.te.s font preuve d\u2019habilet\u00e9 technique, notamment dans la performance du texte : on entend Moli\u00e8re, et on le comprend sans effort.<\/p>\n\n\n\n<p>Savoir-faire \u00e9galement dans la sc\u00e9nographie, magnifique, sign\u00e9e feu Jean-Marc Stehl\u00e9 et Catherine Rankl. Trois immenses pans de mur donnent le cadre \u00e0 la com\u00e9die, et si le papier peint peut \u00e9voquer le XVIIe si\u00e8cle, c\u2019est une intemporalit\u00e9 toute th\u00e9\u00e2trale qui est choisie ici, par le biais du m\u00e9lange des \u00e9poques. Ainsi, tous les \u00e9l\u00e9ments m\u00e9dicaux sont contemporains, comme s\u2019ils avaient envahi la demeure d\u2019Argan. C\u2019est le cas de son lit, tout droit sorti d\u2019un h\u00f4pital, ou du chariot \u00e0 m\u00e9dicaments qui jure avec le mobilier ancien. Mais l\u2019exemple le plus frappant \u2013 et sans doute l\u2019un des plus r\u00e9ussis de la sc\u00e9nographie \u2013 ce sont les cabinets priv\u00e9s d\u2019Argan qui apparaissent comme sortis d\u2019un tiroir du d\u00e9cor : compl\u00e8tement aseptis\u00e9es, avec une lumi\u00e8re froide, ces toilettes ont plus l\u2019air de sortir d\u2019un asile lovecraftien que d\u2019un riche appartement bourgeois de l\u2019\u00e2ge classique. Les costumes \u00e9galement t\u00e9moignent du m\u00e9lange des \u00e9poques, avec des redingotes et hauts-de-forme typiques du XIXe si\u00e8cle pour les Diafoirus (Rapha\u00ebl Vachoux et Jean-Pierre Gos) et B\u00e9ralde (Jacques Michel), qui c\u00f4toient les v\u00eatements plus contemporains de Toinette (Madeleine Assas) et B\u00e9line (Sabrina Martin).<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, au-del\u00e0 de ces quelques choix de sc\u00e9nographie originaux, la mise en sc\u00e8ne de Liermier ne contient finalement que tr\u00e8s peu de surprises. Certes, l\u2019apparition des marionnettes g\u00e9antes \u00e0 l\u2019effigie des m\u00e9decins Fleurant et Purgon, tels des spectres de la mort, est inattendue et saisissante, puisque cette vision cauchemardesque cherche \u00e0 faire ressentir les angoisses d\u2019Argan au public. Mais on en restera l\u00e0, et les marionnettes ne seront que peu exploit\u00e9es. Cela ne veut pas dire que Jean Liermier ne propose pas de lecture originale de la pi\u00e8ce de Moli\u00e8re. Au contraire, il parvient \u00e0 nous faire comprendre le ressenti du malade imaginaire, qui ne l\u2019est pas tant que \u00e7a, puisque ses angoisses d\u2019hypocondrie l\u2019emp\u00eachent de vivre et de fonctionner normalement. Par ailleurs, la pand\u00e9mie du coronavirus que nous avons tou.te.s v\u00e9cue fait r\u00e9sonner diff\u00e9remment les d\u00e9bats sur la m\u00e9decine entre Argan et B\u00e9ralde, ce qui les rend plus subtiles, plus n\u00e9cessaires aussi. C\u2019est peut-\u00eatre l\u00e0 l\u2019un des int\u00e9r\u00eats majeurs de remonter ce spectacle huit ans apr\u00e8s sa cr\u00e9ation. La question de la n\u00e9cessit\u00e9 du th\u00e9\u00e2tre, mise \u00e0 mal durant la pand\u00e9mie est aussi mise \u00e0 l\u2019honneur, puisque dans la pi\u00e8ce les personnages se servent de stratag\u00e8mes proprement th\u00e9\u00e2traux \u00e0 de multiples reprises pour se tirer d\u2019affaire, comme lorsque Cl\u00e9ante (David Casada), l\u2019amant d\u2019Ang\u00e9lique (Marie Ruchat), pr\u00e9tend \u00eatre son ma\u00eetre de chant pour pouvoir lui parler, ou lorsque Toinette se travestit en m\u00e9decin pour donner \u00e0 Argan une vision diff\u00e9rente de la m\u00e9decine, ou encore lorsque ce dernier feint la mort pour confondre sa femme, qui n\u2019en a que pour son argent, et r\u00e9v\u00e9ler l\u2019amour sinc\u00e8re de sa fille pour lui. Pourtant, il demeure que la mise en sc\u00e8ne manque sans doute d\u2019un peu de piquant.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, Le Malade imaginaire de Liermier est un spectacle abouti, bien ex\u00e9cut\u00e9 et qui fonctionne dans tous ses aspects, que cela soit dans ses dimensions comiques ou dans les r\u00e9flexions philosophiques qu\u2019il propose. Mais si les textes classiques sont souvent mati\u00e8re \u00e0 exp\u00e9rimentation pour les mises en sc\u00e8ne, on pourrait reprocher \u00e0 cette \u00e9ni\u00e8me it\u00e9ration du Malade de manquer de prise de risque.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>28 novembre 2022<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/sylvain-grangier\/\">Sylvain Grangier<\/a>\u00a0<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/theatredecarouge.ch\/spectacle\/le-malade-imaginaire\/\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D&rsquo;apr\u00e8s Moli\u00e8re \/ Mise en sc\u00e8ne de Jean Liermier \/ Th\u00e9\u00e2tre de Carouge (Gen\u00e8ve) \/ Du 22 novembre au 18 d\u00e9cembre 2022 \/ critiques par Claire Cornuz et Sylvain Grangier .<\/p>\n","protected":false},"author":1002282,"featured_media":16547,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,7],"tags":[263,267],"class_list":["post-16545","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-de-carouge","tag-claire-cornaz","tag-sylvain-grangier"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16545","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002282"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=16545"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16545\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19487,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16545\/revisions\/19487"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16547"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=16545"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=16545"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=16545"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}