{"id":16520,"date":"2022-11-20T12:40:04","date_gmt":"2022-11-20T11:40:04","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=16520"},"modified":"2025-02-07T12:27:23","modified_gmt":"2025-02-07T11:27:23","slug":"resilience-mon-cul","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2022\/11\/resilience-mon-cul\/","title":{"rendered":"R\u00e9silience mon cul"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">R\u00e9silience mon cul<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">\u00c9criture, mise en sc\u00e8ne et interpr\u00e9tation Jo\u00ebl Maillard \/ L\u2019 Arsenic \/ Du 15 au 20 novembre 2022 \/ critique par Sylvain Grangier . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Jo\u00ebl Maillard, un clown triste toujours sur le fil<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>20 novembre 2022<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/stella-wohlers\/\"><\/a><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/sylvain-grangier\/\">Sylvain Grangier<\/a> <\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"731\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/11\/22_01_maillard27773_David-Gagnebin-de-Bons-1024x731.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-16517\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/11\/22_01_maillard27773_David-Gagnebin-de-Bons-1024x731.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/11\/22_01_maillard27773_David-Gagnebin-de-Bons-280x200.jpg 280w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/11\/22_01_maillard27773_David-Gagnebin-de-Bons-238x170.jpg 238w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/11\/22_01_maillard27773_David-Gagnebin-de-Bons-768x549.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/11\/22_01_maillard27773_David-Gagnebin-de-Bons-1536x1097.jpg 1536w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/11\/22_01_maillard27773_David-Gagnebin-de-Bons.jpg 1680w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 David Gagnebin-de Bons<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Sur la sc\u00e8ne de l\u2019Arsenic, un micro sur pied, un synth\u00e9tiseur et Jo\u00ebl Maillard. Ce dernier nous propose un pastiche de stand-up toujours sur le fil. Entre humour et anxi\u00e9t\u00e9, blague potache et sujets touchy, fragilit\u00e9 et clairvoyance, cynisme et feelgood, l\u2019artiste vaudois propose un num\u00e9ro d\u2019\u00e9quilibriste r\u00e9ussi.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Jo\u00ebl Maillard, c\u2019est un clown triste \u2013 ou plus exactement, un clown inquiet &#8211; qui se pr\u00e9sente devant nous. \u00c0 travers une certaine fragilit\u00e9, qu\u2019il exploite comme vecteur d\u2019humour, il nous transmet ses doutes sur le monde qui nous entoure. Cela transpara\u00eet dans son jeu, que ce soit par la finesse de ses ruptures, ou par ses multiples commentaires sur le spectacle lui-m\u00eame. C\u2019est ainsi que tr\u00e8s vite il en vient \u00e0 expliquer le titre : R\u00e9silience mon cul. La r\u00e9silience, c\u2019est la capacit\u00e9 \u00e0 s\u2019adapter, \u00e0 se remettre d\u2019un choc ou d\u2019une catastrophe. Sauf que ce n\u2019est pas tellement le sujet du spectacle : \u00ab Vous pouvez baisser votre horizon d\u2019attente au niveau des p\u00e2querettes \u00bb nous dit-il, lui qui n\u2019a pas lu un seul quatri\u00e8me de couverture de Boris Cyrulnik, qui a popularis\u00e9 le concept. Son cul en revanche, il en parlera beaucoup plus. Comme lorsqu\u2019il r\u00e9sume le message de l\u2019\u00e9glise catholique \u00e0 un pet dans son micro et qu\u2019il commente son gag : \u00ab C\u2019est artistiquement nul, c\u2019est de la merde et en m\u00eame temps, compl\u00e8te-t-il, il faut avoir l\u2019honn\u00eatet\u00e9 de dire que \u00e7a fait quelque chose. \u00bb Cette prise de distance imm\u00e9diate \u00e9vite de tomber dans la grossi\u00e8ret\u00e9 gratuite, et laisse transpara\u00eetre une lucidit\u00e9 ludique.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce type de commentaire est omnipr\u00e9sent : le spectacle s\u2019autor\u00e9f\u00e9rence sans arr\u00eat. Le com\u00e9dien annonce par exemple clairement la structure du spectacle, en signalant les diff\u00e9rentes parties de celui-ci. Mais ces commentaires m\u00e9ta-th\u00e9\u00e2traux vont plus loin. Ainsi, lorsqu\u2019il nous demande si on a des questions, il compl\u00e8te : \u00ab Je sais que c\u2019est tr\u00e8s t\u00f4t dans le spectacle, mais c\u2019est la seule fen\u00eatre dans ma dramaturgie. \u00bb Ailleurs, il nous explique son gestus \u00ab comme on dit dans les \u00e9coles de th\u00e9\u00e2tre \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire son geste pour exprimer \u00ab se faire du bien \u00bb. Une gestuelle qu\u2019il utilise par ailleurs pour rendre visibles des \u00e9l\u00e9ments de mise en forme de son texte : il y a ainsi un geste pour exprimer l\u2019italique, un autre pour les majuscules. On oscille ainsi en permanence entre commentaire et performance.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette oscillation se remarque aussi par le d\u00e9tournement r\u00e9current des codes du stand-up. Jo\u00ebl Maillard moque ainsi par exemple le rituel \u00ab Est-ce que \u00e7a va ? \u00bb pour chauffer le public, puisqu\u2019\u00e0 la r\u00e9ponse positive et enjou\u00e9e du public, il r\u00e9pond : \u00ab C\u2019est pas vrai, c\u2019est pas possible statistiquement [que tout le monde aille bien]. \u00bb Autre code du stand-up brocard\u00e9, l\u2019adresse directe \u00e0 un.e spectateur.ice en particulier. Ici, afin d\u2019\u00e9viter toute \u00ab prise d\u2019otage \u00bb pour reprendre ses mots, Jo\u00ebl Maillard prend le temps de faire lever la main aux personnes du public ne souhaitant pas \u00eatre prises \u00e0 parti. Dans le m\u00eame esprit, \u00e0 la fin du spectacle, une personne du public doit venir sur le plateau pour recevoir un cadeau, encore une fois sur une base purement volontaire. Ailleurs, il performe un \u00ab sketch \u00bb qui prend la forme d\u2019un r\u00eave qui vire au cauchemar dont il est impossible de se r\u00e9veiller. Mais le sketch lui-m\u00eame devient un cauchemar sc\u00e9nique, puisqu\u2019il n\u2019a pas de chute. Impossible donc de sortir du sketch : Jo\u00ebl Maillard tourne en rond, litt\u00e9ralement, autour de son pied de micro, en y enroulant petit \u00e0 petit le c\u00e2ble. Et toujours en commentant : \u00ab Est-ce que quand il aura plus de mou il arr\u00eatera ? Ou est-ce qu\u2019il repartira dans l\u2019autre sens en disant tout le contraire ? \u00bb Le tout avec un effet de distorsion sur la voix : d\u2019ailleurs, le temps lui-m\u00eame semble distordu dans cette s\u00e9quence, non sans provoquer<\/p>\n\n\n\n<p>un certain malaise, mais \u00e0 tel point que cela en devient comique. C\u2019est terriblement long, mais terriblement jouissif. Autre effet sonore : les chansons, accompagn\u00e9es par un vieux synth\u00e9 aux sonorit\u00e9s cheap et aux paroles l\u00e0 encore ind\u00e9cises et oscillantes. Par exemple, la derni\u00e8re chanson, intitul\u00e9e \u00ab J\u2019encule pas \u00bb, fait des allers-retours entre les sens figur\u00e9 et litt\u00e9ral de l\u2019acte de la sodomie dans le but de pouvoir proposer une critique du capitalisme.<\/p>\n\n\n\n<p>En somme, le spectacle est toujours sur le fil, entre humour potache et commentaires m\u00e9ta-th\u00e9\u00e2traux, entre d\u00e9sespoir face au monde d\u2019aujourd\u2019hui et optimisme. Ce sont ces oscillations qui font tout le sel de cette cr\u00e9ation. Elles permettent de parler subitement des bo\u00eetes \u00e0 b\u00e9b\u00e9 puis d\u2019une invitation \u00e0 un bonheur frugal en passant par le cynisme d\u2019un appel \u00e9cologique \u00e0 l\u2019euthanasie volontaire. Et comme c\u2019est toujours sur le fil, l\u2019humour aidant, \u00e7a passe tout seul. Comme un suppositoire.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>20 novembre 2022<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/stella-wohlers\/\"><\/a><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/sylvain-grangier\/\">Sylvain Grangier<\/a> <\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/arsenic.ch\/spectacle\/resilience-mon-cul\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9criture, mise en sc\u00e8ne et interpr\u00e9tation Jo\u00ebl Maillard \/ L\u2019 Arsenic \/ Du 15 au 20 novembre 2022 \/ critique par Sylvain Grangier .<\/p>\n","protected":false},"author":1002282,"featured_media":16521,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,3,38],"tags":[267],"class_list":["post-16520","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-theatre-de-larsenic","category-spectacle","tag-sylvain-grangier"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16520","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002282"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=16520"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16520\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19495,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16520\/revisions\/19495"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16521"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=16520"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=16520"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=16520"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}