{"id":16509,"date":"2022-11-15T10:29:48","date_gmt":"2022-11-15T09:29:48","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=16509"},"modified":"2025-03-06T11:15:20","modified_gmt":"2025-03-06T10:15:20","slug":"on-nest-pas-venues-les-mains-vides","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2022\/11\/on-nest-pas-venues-les-mains-vides\/","title":{"rendered":"On n\u2019est pas venues les mains vides !"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">On n\u2019est pas venues les mains vides !<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">De Tatiana Baumgartner et Caroline Imhof de la Compagnie S\u00f6r\u00f6r\u00f6 \/ La Grange \u2013 Centre \/ Arts et Science \/ UNIL \/ du 11 au 16 novembre 2022 \/ critique par Manon Leli\u00e8vre . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">L\u2019absurdit\u00e9 : fiction ou r\u00e9alit\u00e9 ?<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>15 novembre 2022<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/manon-lelievre\/\">Manon Leli\u00e8vre <\/a> <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/celine-bignotti\/\"> <\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"592\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/11\/6-sororo-onnestpasvenueslesmainsvides-alan-humerose-z-lo-images-h-1920x1110-1-1024x592.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-16507\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/11\/6-sororo-onnestpasvenueslesmainsvides-alan-humerose-z-lo-images-h-1920x1110-1-1024x592.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/11\/6-sororo-onnestpasvenueslesmainsvides-alan-humerose-z-lo-images-h-1920x1110-1-300x173.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/11\/6-sororo-onnestpasvenueslesmainsvides-alan-humerose-z-lo-images-h-1920x1110-1-250x145.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/11\/6-sororo-onnestpasvenueslesmainsvides-alan-humerose-z-lo-images-h-1920x1110-1-768x444.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/11\/6-sororo-onnestpasvenueslesmainsvides-alan-humerose-z-lo-images-h-1920x1110-1-1536x888.jpg 1536w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/11\/6-sororo-onnestpasvenueslesmainsvides-alan-humerose-z-lo-images-h-1920x1110-1.jpg 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Alan Humerose<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>La compagnie S\u00f6r\u00f6r\u00f6, compos\u00e9e des artistes Tatiana Baumgartner et Caroline Imhof, pr\u00e9sente sa nouvelle cr\u00e9ation \u00e0 La Grange du 10 au 16 novembre. Les deux jeunes femmes y incarnent Tatian\u00f6 et Carolin\u00f6, com\u00e9diennes en crise qui se lancent dans un projet autour de la pression professionnelle que peuvent subir les artistes. Les spectateur.ices sont plac\u00e9s dans le r\u00f4le d\u2019un public assistant \u00e0 une r\u00e9p\u00e9tition. Perdu entre les niveaux de fictionnalit\u00e9s, le propos n\u2019en reste pas moins clair : nos actes ne correspondent pas toujours aux belles id\u00e9es que l\u2019on professe. Il n\u2019y a qu\u2019un pas pour tomber dans l\u2019absurdit\u00e9 et S\u00f6ror\u00f6 nous le fait franchir.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Au d\u00e9but, elles attendent. Imm\u00e9diatement, on sent la tension : regards en coin, moues et soupirs agitent leurs corps. Du trac ? De l\u2019appr\u00e9hension ? De l\u2019agacement ? Cette tension se construit autant entre elles qu\u2019avec nous. Elles semblent attendre une r\u00e9action de notre part. Peut-\u00eatre n\u2019aurions-nous pas d\u00fb venir les mains vides ?<\/p>\n\n\n\n<p>Le changement de lumi\u00e8re se fait doucement, tellement naturellement qu\u2019on le remarque \u00e0 peine. Quelques rires subsistent jusqu\u2019\u00e0 ce que Tatian\u00f6 \u2013 ou est-ce encore Tatiana ? \u2013 commence \u00e0 parler. D\u2019embl\u00e9e, le passage de la r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 la fiction est incertain. Et si la proximit\u00e9 des pr\u00e9noms entre les com\u00e9diennes et les personnages ne suffisait d\u00e9j\u00e0 pas \u00e0 brouiller les pistes, les ruptures brutales entre les diff\u00e9rentes sc\u00e8nes viennent confirmer cette confusion permanente. En quelques secondes, nous passons d\u2019un moment de jeu \u00e9tabli \u00e0 la mise en doute de celui-ci, et alors que nous pensions \u00eatre dans la fiction, nous sommes en fait dans la r\u00e9p\u00e9tition d\u2019une sc\u00e8ne.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsqu\u2019Edouard\u00f6 arrive, les tensions d\u00e9velopp\u00e9es entre Tatian\u00f6 et Carolin\u00f6 se rivent sur lui. Enrobant leurs paroles destructrices et leurs regards m\u00e9prisants de bienveillance, elles s\u2019approprient ses r\u00e9ponses, elles fa\u00e7onnent ses envies, elles iront jusqu\u2019\u00e0 manipuler son corps et ses gestes. Elles lui font jouer des sc\u00e8nes qu\u2019il vient de vivre avec elles, explicitant le non-sens des situations. Elles deviennent tyranniques avec leur nouvel assistant, sans que l\u2019on parvienne \u00e0 saisir o\u00f9 se situe exactement cette tyrannie : est-ce dans le projet de Carolin\u00f6 et Tatian\u00f6 ? est-ce dans leur r\u00e9alit\u00e9 ? est-ce dans la n\u00f4tre ?<\/p>\n\n\n\n<p>La convention du quatri\u00e8me mur, impliquant la s\u00e9paration des acteur.ices et spectateur.ices et le silence de ces dernier.es, est rapidement mise \u00e0 mal. Comme il s\u2019agit d\u2019une r\u00e9p\u00e9tition du projet, le dialogue est ouvert et fr\u00e9quemment, les deux femmes s\u2019adressent \u00e0 nous et demandent notre avis. Pourtant, au fil du temps, on se rend compte qu\u2019il n\u2019y a pas de v\u00e9ritable \u00e9coute de leur part. Si elles prennent en compte nos quelques r\u00e9ponses, ce n\u2019est que pour les remanier \u00e0 leurs convenances. Au m\u00eame titre qu\u2019Edouard\u00f6, nous sommes manipul\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Il para\u00eet \u00e9vident qu\u2019Edouard\u00f6 est victime. Pourtant, la fiction est devenue tellement poreuse qu\u2019il est devenu impossible, sur un plateau o\u00f9 le r\u00e9el est par d\u00e9finition objet de manipulation, de savoir o\u00f9 se trouve la v\u00e9rit\u00e9. Renversement de pouvoirs, renversement fictionnel, renversement des genres, renversement des situations se succ\u00e8dent\u2026 jusqu\u2019au moment o\u00f9 l\u2019on d\u00e9couvre que Tatian\u00f6 et Carolin\u00f6 sont elles-m\u00eames soumises \u00e0 une autre instance qui fait pression sur elles et renforce les tensions pr\u00e9sentes entre chaque personnage, puis entre la sc\u00e8ne et le public.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout m\u00e8ne vers un basculement total dans l\u2019absurdit\u00e9. Rien ne parvient \u00e0 sortir Tatian\u00f6 et Carolin\u00f6 de leur d\u00e9lire. L\u2019absurde des situations devient alors un outil de r\u00e9flexion et r\u00e9v\u00e8le des sentiments tels que la col\u00e8re, la g\u00eane, la m\u00e9fiance et surtout l\u2019impuissance. Il permet de rendre compte des situations grotesques dans lesquels certaines personnes peuvent tomber dans leur milieu professionnel.<\/p>\n\n\n\n<p>Entra\u00een\u00e9s malgr\u00e9 nous dans un monde o\u00f9 la fiction semble s\u2019\u00eatre effac\u00e9e, o\u00f9 le oui veut dire non et le non veut dire oui, nous sommes confront\u00e9s \u00e0 la m\u00eame question : de quel c\u00f4t\u00e9 du mur suis-je plac\u00e9 ? Qui suis-je ?<\/p>\n\n\n\n<p>Suis-je Manon ou Man\u00f6 ?<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>15 novembre 2022<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/manon-lelievre\/\">Manon Leli\u00e8vre <\/a> <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/celine-bignotti\/\"> <\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.grange-unil.ch\/evenement\/on-nest-pas-venues-les-mains-vides\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page de spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De Tatiana Baumgartner et Caroline Imhof de la Compagnie S\u00f6r\u00f6r\u00f6 \/ La Grange \u2013 Centre \/ Arts et Science \/ UNIL \/ du 11 au 16 novembre 2022 \/ critique par Manon Leli\u00e8vre .<\/p>\n","protected":false},"author":1002282,"featured_media":16510,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,5,38],"tags":[228],"class_list":["post-16509","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-la-grange","category-spectacle","tag-manon-lelievre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16509","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002282"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=16509"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16509\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":22923,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16509\/revisions\/22923"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16510"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=16509"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=16509"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=16509"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}