{"id":16472,"date":"2022-11-03T09:50:43","date_gmt":"2022-11-03T08:50:43","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=16472"},"modified":"2025-02-07T12:28:27","modified_gmt":"2025-02-07T11:28:27","slug":"quand-souffle-le-vent","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2022\/11\/quand-souffle-le-vent\/","title":{"rendered":"Quand souffle le vent\u00a0"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Quand souffle le vent\u00a0<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Mise en sc\u00e8ne Pauline Epiney \/ TLH &#8211; Th\u00e9\u00e2tre Les Halles \/ les 29 et 30 octobre 2022 \/ critique par Julie Fievez . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Quand souffle le vent, also younger than the sun<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>03 novembre 2022<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/julie-fievez\/\">Julie Fievez<\/a>\u00a0 <\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"500\" height=\"333\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/11\/Quand_souffle_le_vent-p-500.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-16470\" style=\"width:299px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/11\/Quand_souffle_le_vent-p-500.jpeg 500w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/11\/Quand_souffle_le_vent-p-500-300x200.jpeg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/11\/Quand_souffle_le_vent-p-500-250x167.jpeg 250w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Diane M Photography<br><br><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Avec <\/em>Quand souffle le vent<em>, la metteuse en sc\u00e8ne et com\u00e9dienne valaisanne Pauline Epiney signe un spectacle tout en douceur et en \u00e9motion. Ils sont cinq \u00e0 monter sur sc\u00e8ne dans le cadre de ce projet de th\u00e9\u00e2tre amateur : \u00e2g\u00e9.e.s de plus de 65 ans, ils nous content ce qui est et ce qui fut, mais aussi ce qui sera. Loin d\u2019un r\u00e9cit mortif\u00e8re, moments de vie, amours inconditionnels et grands r\u00eaves s\u2019entrem\u00ealent pour proposer un spectacle touchant dont, c\u2019est certain, on se souviendra.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Avec le temps tout s\u2019en va \u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Pauline Epiney rentre en sc\u00e8ne la premi\u00e8re : elle se raconte \u00e0 travers la description des rues de Sierre, non loin du Th\u00e9\u00e2tre des Halles. Le public s\u2019exclame, se souvient : la rue en pav\u00e9s, la neige jusqu\u2019\u00e0 mi-cuisse, ce premier baiser \u00e9chang\u00e9 proche du ch\u00e2teau de Villa. Quand vient le tour de la petite troupe de com\u00e9dien.ne.s-amateur.rice.s, mes voisin.e.s de rang\u00e9e, apparemment de la m\u00eame g\u00e9n\u00e9ration, ne s\u2019arr\u00eatent plus : les souvenirs des un.e.s rappellent le pass\u00e9 des autres. \u00c0 travers les musiques choisies par les artistes en herbe, les esprits semblent se rencontrer pour partager, le temps d\u2019un instant, ce que leur \u00e9voquent les quelques notes.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi se construit le spectacle \u00e0 travers un travail consciencieux des images et de leur pouvoir \u00e9vocateur. \u00c0 partir des nombreux d\u00e9tails qui animent chaque histoire, l\u2019imagination op\u00e8re : les spectateur.rice.s se retrouvent couch\u00e9.e.s dans l\u2019herbe grasse de l\u2019\u00c9cosse, sentent l\u2019odeur des saucisses grill\u00e9es pour un anniversaire, per\u00e7oivent le jazz qui s\u2019\u00e9coule d\u2019un club de la Nouvelle-Orl\u00e9ans. Les sens en \u00e9veil, le public est plong\u00e9 dans des \u00e9poques ou m\u00eame des continents diff\u00e9rents. Mais c\u2019est, cependant, les r\u00e9cits de l\u2019intime et du quotidien qui touchent particuli\u00e8rement. Le travail \u00e0 la premi\u00e8re personne ainsi que les quelques h\u00e9sitations ou oublis donnent \u00e0 voir une m\u00e9moire qui n\u2019est pas fig\u00e9e mais qui, au contraire, continue de s\u2019\u00e9laborer. \u00c0 la mani\u00e8re du conte de tradition orale, le r\u00e9cit semble \u00eatre ici le reflet de son objet : une forme vivante, destin\u00e9e \u00e0 se r\u00e9inventer sans cesse.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Mais vivre sans tendresse \u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est notamment dans la construction de sa relation avec les spectateur.rice.s que le spectacle est unique. Au d\u00e9part impression\u00e9.e.s par la salle comble puis de plus en plus \u00e0 l\u2019aise, les cinq com\u00e9dien.ne.s n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 s\u2019offrir tout entier au public, \u00e0 le regarder ou \u00e0 s\u2019adresser directement \u00e0 lui lorsqu\u2019arrive un doute. \u00ab C\u2019est \u00e0 toi l\u00e0 \u00bb, peut-on aussi entendre chuchot\u00e9 ; parfois c\u2019est un geste affectueux qui vient accompagner l\u2019histoire d\u2019un moment particuli\u00e8rement douloureux. La forme du r\u00e9cit de vie mais aussi l\u2019authenticit\u00e9 difficile \u00e0 imiter des com\u00e9dien.ne.s perturbent les cat\u00e9gories traditionnelles. C\u2019est avant tout une m\u00e9moire v\u00e9cue qui est pr\u00e9sent\u00e9e : en ce sens, l\u2019\u00e9motion est palpable lorsque sont rem\u00e9mor\u00e9es la rencontre d\u2019une idole ou la mort d\u2019un amour. Mais on retrouve, toutefois, un v\u00e9ritable travail des corps et de mise en sc\u00e8ne. Un canap\u00e9 permet ainsi aux com\u00e9dien.ne.s de se rassembler et de figurer une discussion entre ami.e.s. \u00c0 ces moments collectifs, viennent se superposer des r\u00e9cits singuliers mais dans lequel l\u2019Autre a toujours une place pr\u00e9pond\u00e9rante.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Una matina, mi son svegliato &#8230;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Aussi, dans une soci\u00e9t\u00e9 dans laquelle les personnes \u00e2g\u00e9es souffrent de solitude et sont invisibilis\u00e9es, Pauline Epiney prend le contrepied et fait acte de r\u00e9sistance face aux diff\u00e9rents dictats. \u00c0 travers notamment une vid\u00e9o de David Gaudin, ce sont des corps vieillissants qui sont donn\u00e9s \u00e0 voir : \u00e9tranges que ces plis et ces taches inhabituels. Pourtant, les spectateur.rice.s le savent alors, ils ne sont que l\u2019\u00e9cho des moments dont ils ont \u00e9t\u00e9 les t\u00e9moins le temps d\u2019une soir\u00e9e. \u00c0 travers ce spectacle, se noue aussi l\u2019envie d\u2019aller interroger ses propres grands-parents ; de se retrouver pour se faire raconter les grands moments d\u2019une vie ou les r\u00eaves fous de demain. Par l\u00e0 m\u00eame, ensemble, de se rem\u00e9morer ce qui s\u2019en est all\u00e9 pour construire des souvenirs nouveaux.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>03 novembre 2022<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/julie-fievez\/\">Julie Fievez<\/a>\u00a0 <\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.theatre-leshalles.ch\/spectacles\/quand-souffle-le-vent\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mise en sc\u00e8ne Pauline Epiney \/ TLH &#8211; Th\u00e9\u00e2tre Les Halles \/ les 29 et 30 octobre 2022 \/ critique par Julie Fievez .<\/p>\n","protected":false},"author":1002282,"featured_media":16473,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,14],"tags":[268],"class_list":["post-16472","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-les-halles","tag-julie-fievez"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16472","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002282"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=16472"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16472\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19510,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16472\/revisions\/19510"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16473"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=16472"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=16472"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=16472"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}