{"id":16443,"date":"2022-10-25T14:04:16","date_gmt":"2022-10-25T12:04:16","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=16443"},"modified":"2025-02-07T12:29:14","modified_gmt":"2025-02-07T11:29:14","slug":"lost-for-life","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2022\/10\/lost-for-life\/","title":{"rendered":"Lost for Life"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Lost for Life<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Texte et mise en sc\u00e8ne de Lola Giouse \/ Jeu La Division de la joie \/ Th\u00e9\u00e2tre Saint-Gervais \u2013 Gen\u00e8ve \/ du 30 septembre au 9 octobre 2022 \/ critique par C\u00e9line Bignotti . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Un solo silencieux de rock and roll <\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>25 octobre 2022<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/celine-bignotti\/\">C\u00e9line Bignotti<\/a> \u00a0<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image is-resized\">\n<figure class=\"alignleft size-large\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"674\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/10\/lustforlife_out-1024x674.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-16441\" style=\"width:273px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/10\/lustforlife_out-1024x674.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/10\/lustforlife_out-300x197.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/10\/lustforlife_out-250x164.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/10\/lustforlife_out-768x505.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/10\/lustforlife_out-1536x1011.jpg 1536w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/10\/lustforlife_out.jpg 1824w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Mathilda Olmi<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>\u00ab And a lust for life \/ Keeps us alive \u00bb : le refrain de <\/em>Lust for Life<em> de la chanteuse am\u00e9ricaine Lana Del Rey est, \u00e0 l\u2019image de la plupart de ses chansons, empreint d\u2019un contraste saisissant entre euphorie et tristesse m\u00e9lancolique. L\u00e9g\u00e8ret\u00e9 et d\u00e9couragement, silence et bruit sont \u00e9galement les p\u00f4les entre lesquels se meut la cr\u00e9ation de Lola Giouse et de la compagnie <\/em>La Division de la joie<em>. <\/em>Lust for Life<em> est, apr\u00e8s <\/em>This is not a love song<em> (2020), le deuxi\u00e8me volet de la \u00ab trilogie de la joie \u00bb. Ce spectacle est un v\u00e9ritable miroir de la soci\u00e9t\u00e9 contemporaine qui place l&rsquo;amiti\u00e9 au centre du propos, et qui r\u00e9fl\u00e9chit \u00e0 l\u2019incommunicabilit\u00e9 des sentiments, en abordant, non sans certains clich\u00e9s, un sujet sensible, le \u00ab mal du si\u00e8cle \u00bb qu\u2019est la d\u00e9pression.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le spectacle se joue en plein air. Un groupe de quatre amis est pr\u00eat \u00e0 chanter une chanson de rock en anglais, dont le refrain tr\u00e8s simple (\u00ab You&rsquo;re Here\/ We&rsquo;re Here \u00bb) est cens\u00e9 \u00eatre ponctu\u00e9 de cris du public, qui re\u00e7oit des instructions en ce sens. G\u00e9g\u00e9 (G\u00e9raldine Dupla) tient la basse et le chant, Fribourg (Martin Perret) joue de la batterie, Saumon (Simon Hildebrand) de la guitare et Chouchou (C\u00e9dric Leproust) se charge du tambourin. Cependant, l&rsquo;enthousiasme initial du groupe disparait lorsque Fribourg, tr\u00e8s calme jusqu&rsquo;alors, arr\u00eate de jouer et d\u00e9clare \u00ab Je crois que je n&rsquo;en ai plus envie \u00bb. Comment l\u2019aider ? Ses amis tentent tour \u00e0 tour de lui redonner la joie de vivre. Geg\u00e9, comme le myst\u00e9rieux passant (ou ange) de la chanson de Domenico Modugno, Meraviglioso, tente de convaincre Fribourg de la beaut\u00e9 de la vie avec un discours qui \u00e9num\u00e8re toutes les choses magnifiques qu&rsquo;il y a \u00e0 voir et \u00e0 faire. Saumon fait appel \u00e0 son imagination : les amis inventent un voyage vers la mer, regardant l&rsquo;horizon ou imitant de mani\u00e8re ludique le cri de la mouette, dans un jeu remarquablement suggestif. Chouchou, quant \u00e0 lui, perd son sang-froid et tente de secouer son ami. \u00c0 la fin, chacun en saura plus sur lui-m\u00eame et sur ses relations avec les autres membres du groupe.<\/p>\n\n\n\n<p>Le spectacle joue \u00e0 brouiller les fronti\u00e8res entre le jeu et le non jeu. D\u00e8s que les spectateurs mettent le pied sur la terrasse du Th\u00e9\u00e2tre Saint-Gervais, ils sont accueillis par ce groupe d&rsquo;amis euphoriques qui se disent pr\u00eats \u00e0 produire le spectacle. Le trouble est ensuite maintenu : le point fort de ce spectacle est sans aucun doute la sc\u00e9nographie dans laquelle tous les murs s\u00e9parant les com\u00e9diens des spectateurs sont abattus. Les com\u00e9diens interagissent avec le public, se d\u00e9placent parmi les spectateurs ; ils quittent la sc\u00e8ne et se m\u00ealent aux passants dans les rues de Gen\u00e8ve. La question de la d\u00e9pression prend une tournure universelle et s&rsquo;adresse au public \u00e0 la premi\u00e8re personne.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme dans le th\u00e9\u00e2tre de la cruaut\u00e9, l\u2019\u00e9nergie du spectacle contamine les spectateurs, que Chouchou accuse de rester l\u00e0 sans rien faire pour aider son ami, comme celles et ceux qui, dans la vie de tous les jours, restent sans rien faire face \u00e0 ceux qui ont besoin d\u2019aide. Un parall\u00e9lisme qui est peut-\u00eatre aussi, si l\u2019on en croit la note d&rsquo;intention du spectacle, une critique voil\u00e9e de l&rsquo;individualisme prolif\u00e9rant dans notre syst\u00e8me capitaliste, qui nous a fait perdre peu \u00e0 peu les vraies valeurs qui font vivre une communaut\u00e9, l&rsquo;amour du prochain et le sens de l&rsquo;abn\u00e9gation.<\/p>\n\n\n\n<p>En plus de passer d&rsquo;un \u00e9tat d&rsquo;euphorie \u00e0 un \u00e9tat de tristesse plus r\u00e9flexive, le spectacle met en jeu un contraste int\u00e9ressant entre le bruit et le silence. Les mots ont un poids particulier, ce sont les vecteurs par lesquels le groupe d&rsquo;amis tente d\u2019\u00e9loigner Fribourg des pens\u00e9es qui l\u2019oppressent. Des mots, trop de mots, auxquels le personnage interpr\u00e9t\u00e9 par Martin Perret r\u00e9pond par des expressions faciales boulevers\u00e9es et des monosyllabes. Au moment o\u00f9 Fribourg trouve le courage n\u00e9cessaire, il est laiss\u00e9 seul par ses amis pour s&rsquo;adresser directement au public. Il d\u00e9cide alors d\u2019externaliser son malaise en montrant des phrases \u00e9crites sur de grandes feuilles, comme un cri silencieux, qui portent un message universel sur ce que ressentent r\u00e9ellement les personnes dans la m\u00eame situation que lui. L&rsquo;utilisation de ces affiches contraste efficacement avec le bruit caus\u00e9 par un exc\u00e8s de mots et souligne le silence r\u00e9v\u00e9lateur de Fribourg. Elle peine toutefois \u00e0 convaincre et \u00e0 produire un effet v\u00e9ritablement efficace tant elle \u00e9voque les clich\u00e9s, voire les parodies de films romantiques &#8211; on pense par exemple \u00e0 la sc\u00e8ne iconique du film Love Actually de Richard Curtis, en 2003, dans laquelle Mark (Andrew Lincoln) d\u00e9clare son amour \u00e0 Juliet (Keira Christina Knightley) de la m\u00eame fa\u00e7on.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce ne sera pas avec l\u2019aide de ses amis que Fribourg retrouvera l\u2019envie de jouer et donc de vivre. Il a besoin de ses moments, nous avons tous besoin de nos moments, pour mettre fin au bruit ext\u00e9rieur afin que nous puissions enfin nous \u00e9couter les uns les autres. Son solo final, de plus en plus fort, est la pi\u00e8ce ma\u00eetresse de cette ode \u00e0 la vie, un c\u0153ur qui recommence \u00e0 battre.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>25 octobre 2022<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/celine-bignotti\/\">C\u00e9line Bignotti<\/a> \u00a0<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/saintgervais.ch\/spectacle\/lust-for-life\/\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Texte et mise en sc\u00e8ne de Lola Giouse \/ Jeu La Division de la joie \/ Th\u00e9\u00e2tre Saint-Gervais \u2013 Gen\u00e8ve \/ du 30 septembre au 9 octobre 2022 \/ critique par C\u00e9line Bignotti .<\/p>\n","protected":false},"author":1002282,"featured_media":16444,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,8,38],"tags":[251],"class_list":["post-16443","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-maison-saint-gervais","category-spectacle","tag-celine-bignotti"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16443","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002282"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=16443"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16443\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19518,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16443\/revisions\/19518"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16444"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=16443"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=16443"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=16443"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}