{"id":16434,"date":"2022-10-12T09:35:13","date_gmt":"2022-10-12T07:35:13","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=16434"},"modified":"2025-02-07T12:29:31","modified_gmt":"2025-02-07T11:29:31","slug":"im-wald","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2022\/10\/im-wald\/","title":{"rendered":"Im Wald"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Im Wald<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Compagnie Chamar bell clochette : de et avec Chine Curchod et Roland Bucher \/ Th\u00e9\u00e2tre des Marionnettes de Gen\u00e8ve \/ du 29 septembre au 6 octobre 2022 \/ Critique par Isabelle Fasnacht . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Seul.e en for\u00eat&#8230; oder was?<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>12 octobre 2022<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/isabelle-fasnacht\/\">Isabelle Fasnacht<\/a> <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/celine-bignotti\/\"> <\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image is-resized\">\n<figure class=\"alignleft size-large\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/10\/im_wald_in-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-16432\" style=\"width:315px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/10\/im_wald_in-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/10\/im_wald_in-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/10\/im_wald_in-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/10\/im_wald_in-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/10\/im_wald_in.jpg 1300w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Rob Lewis<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Avec <\/em>Im Wald<em>, la Compagnie Chamar bell clochette propose une cr\u00e9ation marionnettique sur le th\u00e8me de la for\u00eat et de notre rapport \u00e0 la nature. Coproduit par Le Th\u00e9\u00e2tre des Marionnettes de Gen\u00e8ve<\/em> (TMG)<em> et le Theater Stadelhofen de Z\u00fcrich, le spectacle se veut une exploration cr\u00e9ative et joueuse de questions profondes, adapt\u00e9 \u00e0 un public de toute langue parce que sans paroles ou presque, con\u00e7u pour adultes et ados d\u00e8s 12 ans.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Une classe de coll\u00e9gien.nes s\u2019installe au rang derri\u00e8re le mien, \u00e0 grands renforts de d\u00e9bats et de man\u0153uvres dans le petit espace disponible, tandis qu\u2019\u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi, on se resserre et on va jusqu\u2019\u00e0 s\u2019excuser de ne pas pouvoir laisser de places vides entre nous. Car la salle du TMG a beau \u00eatre grande, on y est pr\u00e8s de son.a voisin.e. Il fait aussi particuli\u00e8rement sombre, m\u00eame si le spectacle n\u2019a pas encore commenc\u00e9. Dans cette ambiance un peu \u00e9trange, on ne distingue rien de la sc\u00e8ne \u2013 si proche mais sans rideau \u2013 et on sent l\u2019attente grandissante du public. La lumi\u00e8re augmente alors de fa\u00e7on si progressive qu\u2019on se surprend \u00e0 plisser les yeux pour d\u00e9couvrir chaque d\u00e9tail du d\u00e9cor qui s\u2019offre \u00e0 nous : des arbres, des troncs, des cailloux, peints en trompe-l\u2019\u0153il (ou l\u00e9g\u00e8rement sculpt\u00e9s) dans un style semi-r\u00e9aliste et dispos\u00e9s sur la sc\u00e8ne en profondeur sur plusieurs plans. Je crois voir une sorci\u00e8re ou un dr\u00f4le de monstre dans le fond. Et oh, quelque chose bouge sur l\u2019arbre couch\u00e9 ! Qu\u2019est-ce que c\u2019est ? Une queue, une patte ? En tout cas si \u00e7a bouge, forc\u00e9ment, \u00e7a doit \u00eatre un animal. On dirait de la fourrure, mais je n\u2019arrive pas encore \u00e0 comprendre la forme. Le couple \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi pointe avec contentement chaque nouvelle trouvaille, mais moi, je me sens fi\u00e8re comme une enfant (et un peu suffisante) de les avoir rep\u00e9r\u00e9s avant eux. Pas de sorci\u00e8re finalement, mais des animaux, une joggeuse et deux tas de lichens qui \u00e9voluent sur la sc\u00e8ne et se r\u00e9v\u00e8lent \u00eatre des marionnettistes. La plupart des animaux sont en effet des marionnettes manipul\u00e9es \u00e0 vue par cet homme ou cette femme pr\u00e9sent.e sur sc\u00e8ne \u00e0 c\u00f4t\u00e9, bien visible\u2026 en tenue de camouflage. Ces animateurices \u00ab informes \u00bb accompagnent chaque animal mais constituent aussi des personnages \u00e0 part enti\u00e8re : quand iels ne sont pas occup\u00e9.es \u00e0 donner vie \u00e0 un blaireau ou un serpent, on peut voir ces masses de mousse et de branchages ramper, s\u2019arr\u00eater, consid\u00e9rer pos\u00e9ment un objet ou encore engloutir une souche. La danse des marionnettistes-lichens est fascinante \u00e0 observer : certaines marionnettes (notamment le blaireau ou la joggeuse) tirent directement leur d\u00e9marche de la leur. L\u2019artiste ne se contente pas de manipuler un objet de mani\u00e8re m\u00e9canique mais semble se fondre dans la marionnette pour incarner l\u2019animal. Dans d\u2019autres cas, les animateurices coop\u00e8rent pour animer une cr\u00e9ature \u00e0 deux, ou bien encore forment avec leur corps le buisson duquel elle va \u00e9merger. Tant\u00f4t acteurices costum\u00e9.es, artistes \u00ab de l\u2019ombre \u00bb ou m\u00eame objets de d\u00e9cor, ces deux personnes portent \u00e0 elles seules la vie d\u2019une for\u00eat enti\u00e8re (avec l\u2019aide, de temps \u00e0 autre, de quelques robots et autre pi\u00e8ces m\u00e9canis\u00e9es).<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019esth\u00e9tique oscille entre r\u00e9alisme et symbolisme, le majestueux et parfois le ridicule. En termes de rythme et d\u2019allure par exemple : des mouvements de t\u00eate ou de respiration sont particuli\u00e8rement d\u00e9taill\u00e9s chez un animal, avant d\u2019\u00eatre suivis par un moment de course furieuse o\u00f9 les pattes volent dans tous les sens et ne touchent plus terre. De m\u00eame, un jeu de tailles et proportions traverse toute la sc\u00e9nographie : si la plupart des animaux semblent adapt\u00e9s \u00e0 leur environnement, la fourmi est gigantesque et l\u2019humaine-joggeuse minuscule, plus petite encore qu\u2019un enfant. On alterne constamment entre une repr\u00e9sentation illusionniste que l\u2019on peut \u00ab prendre au s\u00e9rieux \u00bb et des images clownesques, ce qui semble perturber particuli\u00e8rement les coll\u00e9gien.nes : j\u2019entends beaucoup de commentaires chuchot\u00e9s sur un ton un peu narquois et des rires pas forc\u00e9ment assum\u00e9s (parce qu\u2019oser rire devant un spectacle de marionnettes, quand on n\u2019est plus un enfant ?!). Le spectacle semble les avoir d\u2019autant plus captiv\u00e9s. Questionner l\u2019illusion fait partie int\u00e9grante d\u2019une volont\u00e9 de \u00ab d\u00e9voiler les ficelles \u00bb de l\u2019art, d\u00e9fendue par le TMG dans son dernier magazine (MAGMA, n\u00b01, septembre 2022) : contrairement \u00e0 ce que d\u00e9plorait la lettre d\u2019une spectatrice, un.e marionnettiste visible ne r\u00e9duit en rien la qualit\u00e9 du spectacle.<\/p>\n\n\n\n<p>Loin d\u2019emp\u00eacher toute forme d\u2019immersion, ces moments \u00ab renforcent \u00bb d\u2019autant plus ceux o\u00f9 l\u2019on \u00ab plonge compl\u00e8tement \u2013 et avec consentement \u2013 dans l\u2019illusion \u00bb : voir les aspects techniques nous fait prendre conscience d\u2019un travail immense et de talents sans cela cach\u00e9s, satisfait notre curiosit\u00e9, et nous permet alors de revenir \u00e0 l\u2019illusion avec une appr\u00e9ciation toute diff\u00e9rente. Gr\u00e2ce \u00e0 ce recul, nous conservons et d\u00e9veloppons \u00e9galement tout au long du spectacle la conscience forte d\u2019\u00eatre un public humain devant un univers forestier \u00e0 la fois familier et d\u00e9concertant. La question de l\u2019immersion (ou non) des spectateurs est alors un \u00e9cho direct de celle que soul\u00e8ve le contenu de la pi\u00e8ce : quelle est la place de l\u2019humain dans la nature, et quand est-ce qu\u2019on d\u00e9range, finalement ?<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>12 octobre 2022<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/isabelle-fasnacht\/\">Isabelle Fasnacht<\/a> <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/celine-bignotti\/\"> <\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.marionnettes.ch\/spectacle\/264\/im-wald\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Compagnie Chamar bell clochette : de et avec Chine Curchod et Roland Bucher \/ Th\u00e9\u00e2tre<br \/>\ndes Marionnettes de Gen\u00e8ve \/ du 29 septembre au 6 octobre 2022 \/ Critique par Isabelle Fasnacht .<\/p>\n","protected":false},"author":1002282,"featured_media":16435,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,182],"tags":[264],"class_list":["post-16434","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-des-marionnettes","tag-isabelle-fasnacht"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16434","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002282"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=16434"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16434\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19534,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16434\/revisions\/19534"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16435"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=16434"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=16434"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=16434"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}