{"id":16340,"date":"2022-05-12T20:06:50","date_gmt":"2022-05-12T18:06:50","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=16340"},"modified":"2025-02-07T12:30:34","modified_gmt":"2025-02-07T11:30:34","slug":"girls-and-boys","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2022\/05\/girls-and-boys\/","title":{"rendered":"Girls and Boys"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Girls and Boys<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">D&rsquo;apr\u00e8s Dennis Kelly \/ Cie des Bernardes \/ Mis en sc\u00e8ne par Cl\u00e9mence Mermet \/ Th\u00e9\u00e2tre 2.21 \/ Du 3 au 15 mai 2022 \/ critique par Alexis Junod . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">\u00c0 l&rsquo;estomac<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>12 mai 2022<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/applicationspub.unil.ch\/interpub\/noauth\/php\/Un\/UnPers.php?PerNum=1133600&amp;LanCode=37\">Alexis Junod<\/a> <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/celine-bignotti\/\"> <\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image is-resized\">\n<figure class=\"alignleft size-large\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/05\/Girls_and_boys_Anais_Viranyi-2-505-img-1920-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-16336\" style=\"width:285px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/05\/Girls_and_boys_Anais_Viranyi-2-505-img-1920-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/05\/Girls_and_boys_Anais_Viranyi-2-505-img-1920-300x169.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/05\/Girls_and_boys_Anais_Viranyi-2-505-img-1920-250x141.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/05\/Girls_and_boys_Anais_Viranyi-2-505-img-1920-768x432.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/05\/Girls_and_boys_Anais_Viranyi-2-505-img-1920-1536x864.jpg 1536w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/05\/Girls_and_boys_Anais_Viranyi-2-505-img-1920.jpg 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"> \u00a9 Ana\u00efs Viranyi<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>La compagnie des Bernardes s\u2019empare de <\/em>Girls and Boys<em>, monologue de Dennis Kelly \u00e9crit en 2018, et l\u2019adapte pour deux de ses com\u00e9diennes, Giulia Belet et Coralie Vollichard<\/em>. <em>En r\u00e9sulte un magnifique spectacle qui permet de rappeler que le th\u00e9\u00e2tre peut devenir un lieu o\u00f9 se jouent des \u00e9motions visc\u00e9rales et dont on ne ressort pas tout \u00e0 fait indemnes.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Une femme. Anonyme. C\u2019est tout. La voil\u00e0 qui arrive sur sc\u00e8ne. Ou plut\u00f4t les voil\u00e0 qui arrivent sur sc\u00e8ne, car elle sera incarn\u00e9e pour l\u2019occasion par deux com\u00e9diennes, lesquelles porteront son histoire. Elle \u00e9voque le d\u00e9but de sa vie de famille heureuse avec son d\u00e9sormais ex-mari, anonyme lui aussi, tout en s\u2019adressant sporadiquement \u00e0 ses deux jeunes enfants, Danny et L\u00e9anne, qu\u2019elle fait mine de gronder. Sont-ils cependant vraiment encore <em>l\u00e0<\/em>&nbsp;? Puis, tout bascule&nbsp;: apr\u00e8s l\u2019idylle, la descente aux enfers. Dans les vingt derni\u00e8res minutes du spectacle, le public se retrouve confront\u00e9 \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 la plus sombre de la domination masculine, qu\u2019il refusait de voir malgr\u00e9 les nombreux indices diss\u00e9min\u00e9s \u00e7\u00e0 et l\u00e0 au fil du monologue.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout concourt, dans la mise en sc\u00e8ne de Cl\u00e9mence Mermet, \u00e0 rappeler que le th\u00e9\u00e2tre n\u2019est pas uniquement l\u00e0 pour faire rire ou pleurer, mais qu\u2019il existe aussi (et surtout&nbsp;?) pour <em>faire<\/em> et <em>provoquer <\/em>des choses aux corps qui le composent. Ainsi, Giulia Belet et Coralie Vollichard cr\u00e9ent avec la m\u00e8re qu\u2019elles incarnent une forme d\u2019osmose, de sororit\u00e9. Car on ne sait pas toujours si les actrices jouent le r\u00f4le de cette femme ou si elles ne sont que porte-parole d\u2019une histoire cruellement r\u00e9aliste. \u00c0 la fin, l\u2019une des interpr\u00e8tes doit d\u2019ailleurs essuyer quelques larmes. S\u2019agit-il de celles du personnage&nbsp;? Ou simplement de celles de la com\u00e9dienne&nbsp;? Cette osmose finit quoi qu\u2019il en soit par d\u00e9border&nbsp;davantage : le public est happ\u00e9 par la performance, et on a le sentiment d\u2019\u00eatre sur sc\u00e8ne, avec elles, de n\u2019\u00eatre plus qu\u2019un seul corps, et ce d\u2019autant que la fronti\u00e8re physique entre sc\u00e8ne et salle est, au th\u00e9\u00e2tre du 2.21, t\u00e9nue.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette performance est accompagn\u00e9e d\u2019une sc\u00e9nographie \u00e9pur\u00e9e qui parvient toutefois \u00e0 prolonger le d\u00e9go\u00fbt lors de la fin du spectacle. Seuls une rang\u00e9e de LEGO en fond de sc\u00e8ne, un mobile accroch\u00e9 au plafond duquel pendent plusieurs jouets et un escabeau composent le d\u00e9cor. Les com\u00e9diennes, au fil de la repr\u00e9sentation, transformeront ces morceaux de d\u00e9cor et ces jouets en accessoires de jeu, lesquels vont amplifier la port\u00e9e du r\u00e9cit de la jeune femme. L\u2019innocence qu\u2019\u00e9voquent ces objets enfantins est souill\u00e9e lorsqu\u2019ils servent \u00e0 illustrer l\u2019acm\u00e9 de l\u2019intrigue. Un robot pour enfant, qui permet gr\u00e2ce \u00e0 un microphone d\u2019enregistrer des paroles pour les diffuser ensuite de fa\u00e7on digitalis\u00e9e avec une comptine entra\u00eenante en fond sonore, est ainsi utilis\u00e9 pour r\u00e9p\u00e9ter les menaces qu\u2019a subies la jeune femme, m\u00ealant ainsi l\u2019innocuit\u00e9 de l\u2019enfance \u00e0 la terreur vengeresse d\u2019un \u00eatre qu\u2019on croyait pourtant inoffensif quelques minutes plus t\u00f4t. Le public est alors asphyxi\u00e9, t\u00e9tanis\u00e9, retourn\u00e9&nbsp;: on se surprend \u00e0 sentir son rythme cardiaque acc\u00e9l\u00e9rer, son voisin se racler compulsivement la gorge et quelques personnes du premier rang tenter, tant bien que mal, de trouver une position confortable sur leurs chaises. Le personnage (ou \u00e9tait-ce alors simplement la com\u00e9dienne Coralie Vollichard&nbsp;?) nous avait pourtant pr\u00e9venus&nbsp;: \u00ab&nbsp;Rappelez-vous que ce que je vais vous raconter n\u2019est pas en train d\u2019arriver ici m\u00eame.&nbsp;\u00bb Cela n\u2019aura pas suffi.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Girls and Boys<\/em> version Cie des Bernardes est un spectacle formidable, touchant et finement adapt\u00e9 pour permettre au texte de Dennis Kelly, d\u00e9j\u00e0 intense, de prendre une ampleur suppl\u00e9mentaire. On ressort modifi\u00e9s d\u2019une prestation comme celle-ci&nbsp;: les r\u00e9pliques rentrent par une oreille, mais font un d\u00e9tour par nos poumons, nos c\u0153urs, nos estomacs et la sc\u00e9nographie les y confine un instant pour les y faire mac\u00e9rer. C\u2019est une exp\u00e9rience bouleversante et qui nous confirme, car on a toujours besoin d\u2019une dose de rappel, que le th\u00e9\u00e2tre permet, plus que toute autre forme artistique sans doute, de nous travailler au corps et de l\u2019unir \u00e0 ceux des autres, pour mieux supporter l\u2019inf\u00e2me.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>12 mai 2022<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/applicationspub.unil.ch\/interpub\/noauth\/php\/Un\/UnPers.php?PerNum=1133600&amp;LanCode=37\">Alexis Junod<\/a> <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/celine-bignotti\/\"> <\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.theatre221.ch\/spectacle\/443\/girls-and-boys\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D&rsquo;apr\u00e8s Dennis Kelly \/ Cie des Bernardes \/ Mis en sc\u00e8ne par Cl\u00e9mence Mermet \/ Th\u00e9\u00e2tre 2.21 \/ Du 3 au 15 mai 2022 \/ critique par Alexis Junod .<\/p>\n","protected":false},"author":1002282,"featured_media":16341,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,120],"tags":[],"class_list":["post-16340","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-2-21-lausanne"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16340","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002282"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=16340"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16340\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19550,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16340\/revisions\/19550"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16341"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=16340"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=16340"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=16340"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}