{"id":16319,"date":"2022-05-10T21:04:47","date_gmt":"2022-05-10T19:04:47","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=16319"},"modified":"2025-02-07T12:31:04","modified_gmt":"2025-02-07T11:31:04","slug":"dix-petites-anarchistes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2022\/05\/dix-petites-anarchistes\/","title":{"rendered":"Dix petites anarchistes"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Dix petites anarchistes<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Adaptation du roman de Daniel de Roulet par Marie Perny \/ Mise en sc\u00e8ne de Julie Burnier \/ 2.21 Lausanne \/ du 03 au 08 mai 2022 \/ Critiques par Manon Leli\u00e8vre et Cl\u00e9mentine Glardon . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Embarquement pour une lutte d\u2019hier et d\u2019aujourd\u2019hui<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>10 mai 2022<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/manon-lelievre\/\">Manon Leli\u00e8vre<\/a><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/celine-bignotti\/\"> <\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image is-resized\">\n<figure class=\"alignleft size-full\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"667\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/05\/Dix-petits-anarchistes_Manon-Lelievre.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-19775\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/05\/Dix-petits-anarchistes_Manon-Lelievre.jpg 1000w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/05\/Dix-petits-anarchistes_Manon-Lelievre-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/05\/Dix-petits-anarchistes_Manon-Lelievre-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/05\/Dix-petits-anarchistes_Manon-Lelievre-768x512.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Mathilda Olmi<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Le th\u00e9\u00e2tre 2.21 accueille pendant une semaine la nouvelle cr\u00e9ation de la Cie Mezza Luna. Marie Perny s\u2019est empar\u00e9e du roman de Daniel de Roulet, <\/em>Les 10 petites anarchistes<em>, publi\u00e9 en 2018, afin d\u2019en proposer une adaptation th\u00e9\u00e2trale. La Cie Mezza Luna, compos\u00e9e de la metteuse en sc\u00e8ne Julie Burnier ainsi que de dix com\u00e9diennes et musiciennes de talent et entour\u00e9e d\u2019une large \u00e9quipe de professionnel.le.s, nous emm\u00e8ne dans une fiction historique retra\u00e7ant les aventures de dix femmes anarchistes bien d\u00e9cid\u00e9es \u00e0 changer leurs vies. Le spectacle nous emporte dans une vieille lutte qui prend pourtant des airs d\u2019actualit\u00e9 et offre un vaste champ de r\u00e9flexions sur notre soci\u00e9t\u00e9 et ses combats, d\u00e9j\u00e0 men\u00e9s et \u00e0 continuer.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Un feuillet, aux allures de revue militante, est distribu\u00e9 \u00e0 l\u2019entr\u00e9e du th\u00e9\u00e2tre&nbsp;: <em>La Brebis noire, journal f\u00e9ministe et anarchiste d\u2019hier et d\u2019aujourd\u2019hui<\/em>. En plus des notes d\u2019intentions, il contient des citations revendicatrices, un po\u00e8me et des chansons anarchistes, ainsi que quelques images de manifestations. Imm\u00e9diatement, avant m\u00eame d\u2019entrer dans la salle, nous sommes transport\u00e9s dans le combat des 10 petites anarchistes et de tant d\u2019autres.<\/p>\n\n\n\n<p>Elles sont dix sur sc\u00e8ne, de toutes les g\u00e9n\u00e9rations et de tous les horizons, dix femmes du XXI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, aux go\u00fbts, aux exp\u00e9riences et aux personnalit\u00e9s diff\u00e9rentes. Elles vont chacune interpr\u00e9ter pendant deux heures le r\u00f4le d\u2019autres femmes issues d\u2019un autre si\u00e8cle&nbsp;; dix amies, \u00e9prises de libert\u00e9s et d\u2019id\u00e9es r\u00e9volutionnaires&nbsp;; dix jeunes femmes qui s\u2019embarquent dans un voyage \u00e0 l\u2019autre bout du monde avec l\u2019espoir de r\u00e9aliser leur r\u00eave d\u2019une vie nouvelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette histoire commence un dimanche de l\u2019ann\u00e9e 1851, \u00e0 Saint-Imier, petit village suisse sous la juridiction du Jura bernois. L\u2019expulsion controvers\u00e9e d\u2019un docteur juif et les soul\u00e8vements villageois qui s\u2019en suivent marquent les esprits de quelques fillettes. Vingt ans plus tard, la r\u00e9volution industrielle bat son plein, la Commune de Paris a \u00e9clat\u00e9 et Bakounine vient s\u2019exprimer \u00e0 Saint-Imier lors de l\u2019Internationale antiautoritaire. Les id\u00e9es se construisent dans l\u2019esprit de dix jeunes filles. Elles discutent et r\u00eavent ensemble \u00e0 un monde meilleur. C\u2019est d\u2019abord Juliette et Colette, amoureuses l\u2019une de l\u2019autre, qui d\u00e9cident de partir aux Am\u00e9riques. Elles se font assassiner et voler en Argentine. Loin d\u2019\u00eatre d\u00e9courag\u00e9es, les huit femmes restantes suivent l\u2019exemple de leurs amies. En 1873, elles partent pour la Patagonie, avec leurs enfants et quelques bagages, \u00e0 la recherche d\u2019une nouvelle fa\u00e7on de vivre, loin des contraintes sociales et de l\u2019autorit\u00e9 patriarcale qui deviennent de plus en plus \u00e9touffantes. D\u00e8s lors, nous suivons leur parcours, ponctu\u00e9 de joies et de drames, et nous d\u00e9couvrons l\u2019\u00e9volution de ces femmes, combatives, convaincues de leurs forces et amoureuses de la vie.<\/p>\n\n\n\n<p>Le r\u00e9cit, construit sur le mod\u00e8le d\u2019un c\u00e9l\u00e8bre roman d\u2019Agatha Christie, voit chacune des femmes quitter successivement le groupe, appel\u00e9es ailleurs soit par la mort, soit par l\u2019amour. Chaque d\u00e9part est accompagn\u00e9 d\u2019un m\u00eame mouvement sc\u00e9nique&nbsp;: une danse et une m\u00e9lodie poignante, tant\u00f4t triste, tant\u00f4t joyeuse. Elles sont dix. \u00c0 la fin, il n\u2019en reste plus qu\u2019une. Sa derni\u00e8re mission est d\u2019\u00e9crire. Et bien que l\u2019histoire se d\u00e9roule \u00e0 la fin du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, la mise en sc\u00e8ne laisse entrevoir une superposition des \u00e9poques. En effet, le r\u00e9cit pourrait tout aussi bien commencer en 1909 \u2013 lorsque celui-ci se termine officiellement \u2013 ou en 1971, alors que le droit de vote des femmes vient d\u2019\u00eatre accept\u00e9. Il pourrait m\u00eame commencer maintenant. Le rapprochement entre l\u2019anarchisme et le mouvement f\u00e9ministe est clairement fait, pas seulement par la proximit\u00e9 des id\u00e9es d\u00e9fendues, mais surtout parce que ce sont des femmes qui m\u00e8nent le combat et tentent de faire bouger les choses. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>De nombreuses r\u00e9f\u00e9rences dans la sc\u00e9nographie et la mise en sc\u00e8ne participent \u00e0 cette transposition des \u00e9poques, rendant compte des toutes les g\u00e9n\u00e9rations de femmes qui se sont battues et se battent encore. D\u2019abord, les pancartes, utilis\u00e9es pour situer les dates et les lieux, rappellent celles que l\u2019on retrouve g\u00e9n\u00e9ralement dans les manifestations. Grandes, noires et soutenues par un piquet, elles sont faites pour \u00eatre port\u00e9es et facilement d\u00e9plac\u00e9es. L\u2019avanc\u00e9e dans le r\u00e9cit s\u2019apparente alors presque \u00e0 celle d\u2019une marche militante. Les costumes, sans \u00eatre sp\u00e9cifique \u00e0 une mode, ne sont ind\u00e9niablement pas d\u2019\u00e9poque et appuient cette impression de r\u00e9actualisation. Ils provoquent \u00e9galement une confusion int\u00e9ressante&nbsp;: on se demande parfois si, sur sc\u00e8ne, ce sont bel et bien des personnages ou tout simplement les com\u00e9diennes. En effet, ces derni\u00e8res semblent plut\u00f4t offrir leurs voix \u00e0 la narration que v\u00e9ritablement incarner les dix anarchistes. Mais ce sont surtout la musique, les danses et les chants r\u00e9volutionnaires qui \u00e9largissent notre horizon. Tir\u00e9s de p\u00e9riodes et de nations vari\u00e9es, tous issus de luttes et de mouvements diff\u00e9rents, en fran\u00e7ais, en italien ou en espagnol, ils ponctuent le r\u00e9cit et inscrivent le combat de ces dix femmes dans une vaste lutte universelle contre l\u2019in\u00e9galit\u00e9 et les injustices.<\/p>\n\n\n\n<p>Elles sont dix sur sc\u00e8ne. En racontant l\u2019histoire de dix de nos a\u00efeules, elles repr\u00e9sentent le combat de toutes les femmes. L\u2019adaptation th\u00e9\u00e2trale offre une autre version de l\u2019histoire et invite les spectateurs \u00e0 aller lire le roman de Daniel de Roulet. Remonter le temps par la fiction, r\u00e9actualiser le pass\u00e9 par le th\u00e9\u00e2tre, c\u2019est permettre de ne pas oublier d\u2019o\u00f9 l\u2019on vient et qui l\u2019on est. C\u2019est la possibilit\u00e9 de se remettre en question et d\u2019avancer, de poursuivre la marche parce que la lutte continue, maintenant, hors de la fiction, hors du th\u00e9\u00e2tre, dans les rues de nos villes.&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>10 mai 2022<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/manon-lelievre\/\">Manon Leli\u00e8vre<\/a><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/celine-bignotti\/\"> <\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">L\u2019union fait l\u2019anarchie<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>15 mai 2022<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/manon-lelievre\/\"> <\/a><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/clementine-glardon\/\">Cl\u00e9mentine Glardon<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image is-resized\">\n<figure class=\"alignleft size-full\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"667\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/05\/dixpetitsx.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-16354\" style=\"width:318px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/05\/dixpetitsx.jpg 1000w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/05\/dixpetitsx-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/05\/dixpetitsx-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/05\/dixpetitsx-768x512.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Mathilda Olmi<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>C\u2019est une histoire de conviction, de lutte et d\u2019espoir. La recherche de libert\u00e9 m\u00e8ne 10 femmes au loin, au moins jusqu\u2019en Patagonie. <\/em>Dix petites anarchistes<em> est un spectacle cr\u00e9\u00e9 par la compagnie Mezza-Luna, fond\u00e9e par Heidi Kipfer et Marie Perny en 1989. Habitu\u00e9es \u00e0 int\u00e9grer des moments musicaux \u00e0 leurs cr\u00e9ations, elles s\u2019emparent cette fois du roman <\/em>Dix petites anarchistes<em> de Daniel Roulet et l\u2019adaptent pour la sc\u00e8ne et y ajoute des chants anarchistes.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>St-Imier, fin du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Dix femmes, unies par la mis\u00e8re et le travail, se prennent \u00e0 r\u00eaver d\u2019une vie meilleure. L\u2019inspiration et l\u2019espoir leur viennent en partie des conf\u00e9rences de Bakounine sur l\u2019anarchie. En 1873, elles embarquent ensemble avec leurs enfants sur un navire pour la Patagonie pour cr\u00e9er leur propre soci\u00e9t\u00e9, lib\u00e9r\u00e9es des contraintes qui p\u00e8sent sur elles (salaires in\u00e9gaux, normes maritales et oppression dans le monde ouvrier en g\u00e9n\u00e9ral). Ces femmes rencontrent de nombreuses \u00e9preuves&nbsp;: le mal de mer, le mal du pays, le mal que leur font les hommes, mais le travail acharn\u00e9 et la solidarit\u00e9 dont elles font preuve pour vivre leur r\u00eave forcent l\u2019admiration.<\/p>\n\n\n\n<p>Le spectacle commence par une \u00e9vocation de l\u2019artiste japonaise Megumi Igarashi, qui fait des moulages de son vagin et les transforme en sculpture, mais que la justice japonaise a condamn\u00e9e \u00e0 la prison. Il s\u2019agit \u00e0 la fois d\u2019un d\u00e9tail, mais qui repr\u00e9sente bien le spectacle&nbsp;: remettre les femmes au centre afin de pouvoir les rendre visibles et ma\u00eetresses de leur vie. Mais cela permet aussi de montrer que la soci\u00e9t\u00e9 actuelle a encore un contr\u00f4le tr\u00e8s fort sur le corps des femmes.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 leur arriv\u00e9e en Patagonie, sans homme, le gouverneur refuse de leur donner les 30 hectares de terre qui leur sont dus. Elles doivent n\u00e9gocier et n\u2019obtiennent que la moiti\u00e9. Malgr\u00e9 cette injustice, gr\u00e2ce \u00e0 leur union et \u00e0 leur soutien mutuel, elles r\u00e9ussissent \u00e0 prosp\u00e9rer petit \u00e0 petit, puis ouvrent une boulangerie coop\u00e9rative, et cr\u00e9ent des chambres d\u2019h\u00f4tes pour les nouveaux colons. Ainsi, le groupe oscille entre individualit\u00e9 et communaut\u00e9&nbsp;; il en d\u00e9coule une tr\u00e8s belle forme de sororit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Le texte est entrem\u00eal\u00e9 de slogans humoristiques de la lutte historique des ouvriers, mais aussi de celle des f\u00e9ministes contemporaines, comme \u00ab&nbsp;patriarcat is ovaire&nbsp;\u00bb. Le spectacle permet alors d\u2019aborder certains tabous et injustices (toujours d\u2019actualit\u00e9) li\u00e9s aux femmes&nbsp;: les r\u00e8gles, le clitoris, les in\u00e9galit\u00e9s salariales, tout en se r\u00e9appropriant la figure de la \u00ab&nbsp;sorci\u00e8re&nbsp;\u00bb des f\u00e9ministes. Cet alliage entre modernit\u00e9 et r\u00e9f\u00e9rences historiques permet d\u2019interroger le statut des femmes actuellement, tout en remettant aussi en cause le syst\u00e8me capitaliste qui les laisse pour compte.<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, l\u2019atmosph\u00e8re du th\u00e9\u00e2tre du 2.21 rend bien compte de la th\u00e9matique industrielle du texte. La sc\u00e9nographie renforce encore davantage cet effet, avec des colonnes en briques rouges qui rappellent les usines. Les \u00e9l\u00e9ments de d\u00e9cor sont recycl\u00e9s tout au long du spectacle, ce qui donne des airs tr\u00e8s minimalistes. Ainsi, durant la repr\u00e9sentation, plusieurs caisses sont d\u00e9plac\u00e9es et transform\u00e9es en bureau, puis en bar ou encore en si\u00e8ges de voiture. Plus g\u00e9n\u00e9ralement, la couleur noire est pr\u00e9pond\u00e9rante dans l\u2019esth\u00e9tique de la sc\u00e9nographie. Le drapeau noir flotte et affirme l\u2019orientation politique du groupe. Les costumes quant \u00e0 eux ne correspondent pas aux v\u00eatements du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Ils sont modernes, tout en restant tr\u00e8s simples, ainsi, ils renforcent encore l\u2019aspect minimaliste de la mise en sc\u00e8ne. Tout cela laisse une grande place au texte et \u00e0 l\u2019histoire de ces diff\u00e9rentes femmes.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, dans ce spectacle, l\u2019union de ce groupe de femmes est primordiale. Les ch\u0153urs sont tr\u00e8s pr\u00e9sents o\u00f9 l\u2019on ressent la solidarit\u00e9 et ils sont altern\u00e9s par des moments individuels, notamment lors de la disparition des protagonistes, les unes apr\u00e8s les autres. Malgr\u00e9 les pertes et la recherche de libert\u00e9 qui n\u2019aboutit pas ou ne correspond plus \u00e0 leur id\u00e9al de d\u00e9part, ces femmes n\u2019ont pas perdu leur vie. La solidarit\u00e9 et l\u2019union d\u00e9coulent en partie des mauvais traitements et des injustices contre les femmes, mais aussi de l\u2019amour qu\u2019elles se portent. Elles veillent ainsi les unes sur les autres. Mais malgr\u00e9 la sororit\u00e9 qui les unit, la col\u00e8re contre la soci\u00e9t\u00e9 demeure. L\u2019envie de prendre leur revanche sur les injustices m\u00e8ne \u00e0 ce cri du c\u0153ur&nbsp;: \u00ab&nbsp;Il ne fallait pas exclure la caste des femmes de l\u2019humanit\u00e9&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>15 mai 2022<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/manon-lelievre\/\"> <\/a><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/clementine-glardon\/\">Cl\u00e9mentine Glardon<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.theatre221.ch\/spectacle\/445\/dix-petites-anarchistes\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Adaptation du roman de Daniel de Roulet par Marie Perny \/ Mise en sc\u00e8ne de Julie Burnier \/ 2.21 Lausanne \/ du 03 au 08 mai 2022 \/ Critiques par Manon Leli\u00e8vre et Cl\u00e9mentine Glardon .<\/p>\n","protected":false},"author":1002282,"featured_media":16320,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,120],"tags":[262,228],"class_list":["post-16319","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-2-21-lausanne","tag-clementine-glardon","tag-manon-lelievre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16319","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002282"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=16319"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16319\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19776,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16319\/revisions\/19776"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16320"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=16319"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=16319"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=16319"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}