{"id":16296,"date":"2022-05-10T07:49:18","date_gmt":"2022-05-10T05:49:18","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=16296"},"modified":"2025-02-07T12:31:33","modified_gmt":"2025-02-07T11:31:33","slug":"le-traitement","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2022\/05\/le-traitement\/","title":{"rendered":"Le Traitement"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Le Traitement<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">D\u2019apr\u00e8s Martin Crimp\/ Mise en sc\u00e8ne Julien Schmutz \/ Th\u00e9\u00e2tre Equilibre-Nuithonie, Fribourg \/ du 4 au 8 mai 2022 \/ Critique par No\u00e9mie Jeannet . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Et si on allait au th\u00e9\u00e2tre comme au cin\u00e9ma?<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>10 mai 2022<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/noemie-jeannet\/\">No\u00e9mie Jeannet <\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image is-resized\">\n<figure class=\"alignleft size-large\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/05\/Le-Traitement-3\u00a9Guillaume-Perret-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-16294\" style=\"width:299px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/05\/Le-Traitement-3\u00a9Guillaume-Perret-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/05\/Le-Traitement-3\u00a9Guillaume-Perret-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/05\/Le-Traitement-3\u00a9Guillaume-Perret-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/05\/Le-Traitement-3\u00a9Guillaume-Perret-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/05\/Le-Traitement-3\u00a9Guillaume-Perret-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/05\/Le-Traitement-3\u00a9Guillaume-Perret.jpg 1800w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Guillaume Perret<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Avec une esth\u00e9tique se rapprochant \u00e0 la fois du thriller psychologique et du \u00ab&nbsp;soap opera&nbsp;\u00bb, c\u2019est un spectacle aux allures de film que pr\u00e9sente Julien Schmutz dans son adaptation du<\/em> Traitement<em> de l\u2019auteur anglais Martin Crimp. \u00c9crite dans les ann\u00e9es 1990, cette pi\u00e8ce a pour sujets principaux la maltraitance des femmes, l\u2019abus de pouvoir ou encore la manipulation par les mots. D\u2019une mani\u00e8re fluide et cadenc\u00e9e, la mise en sc\u00e8ne fait glisser dans des univers contrast\u00e9s d\u2019une sc\u00e8ne \u00e0 l\u2019autre, maintenant la tension jusqu\u2019au bout.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s une seule repr\u00e9sentation en novembre 2020, et un essai radiophonique sur RadioFr. en octobre 2021, la compagnie <em>Le Magnifique Th\u00e9\u00e2tre<\/em> pr\u00e9sente une pi\u00e8ce coup de poing. Andrew et Jennifer, des producteurs se d\u00e9signant comme des \u00ab&nbsp;facilitateurs&nbsp;\u00bb, recherchent des r\u00e9cits authentiques \u00e0 porter \u00e0 l\u2019\u00e9cran. Anne r\u00e9pond \u00e0 l\u2019annonce car elle pense avoir une histoire int\u00e9ressante \u00e0 raconter&nbsp;: la sienne. Elle a \u00e9t\u00e9 s\u00e9questr\u00e9e et b\u00e2illonn\u00e9e pendant plusieurs ann\u00e9es par son mari. D\u00e8s le d\u00e9but de ses entretiens avec le couple de producteurs, on sent que l\u2019histoire d\u2019Anne ne r\u00e9pond pas en tout point \u00e0 ce que le box-office attend d\u2019un film \u00e0 succ\u00e8s. Par cons\u00e9quent, Andrew et Jennifer d\u00e9cident d\u2019en changer certaines parties en faisant appel \u00e0 un com\u00e9dien de renom, qui incarnera le mari d\u2019Anne dans le film, et \u00e0 un auteur, Clifford, qui y ajoutera des \u00e9l\u00e9ments de sa pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre. Maltrait\u00e9e une premi\u00e8re fois par son mari, Anne se retrouve donc \u00e0 nouveau dans une situation de n\u00e9gligence et de manipulation psychologique. Pour ceux qui fa\u00e7onnent son histoire, elle ne repr\u00e9sente qu\u2019un outil de cr\u00e9ation qui donne une direction \u00e0 leur nouveau film. Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e et \u00ab&nbsp;jet\u00e9e&nbsp;\u00bb, elle appara\u00eet \u00e0 la fin du spectacle de retour chez elle\u2026sous l\u2019emprise de son mari violent.<\/p>\n\n\n\n<p>Le nombre de d\u00e9cors diff\u00e9rents est impressionnant&nbsp;: quinze en tout, aussi divers qu\u2019un bureau dans le quartier de Tribeca \u00e0 New York, un restaurant japonais, un coin de Central Park ou encore une course en taxi. De grands \u00e9crans sont dispos\u00e9s sur la sc\u00e8ne et sont d\u00e9plac\u00e9s entre chaque d\u00e9cor, mais aussi pendant les sc\u00e8nes comme lorsqu\u2019Anne et son mari se retrouvent dans une rame de m\u00e9tro et que les \u00e9crans s\u2019\u00e9cartent et se referment, repr\u00e9sentant les portes du v\u00e9hicule arr\u00eat\u00e9. Les images projet\u00e9es sur ces \u00e9crans changent d\u2019une sc\u00e8ne \u00e0 l\u2019autre pour cr\u00e9er une nouvelle ambiance \u00e0 chaque fois. Cinq techniciens s\u2019occupent des d\u00e9placements des \u00e9crans, des meubles, des accessoires et de cam\u00e9ras qui sont parfois utilis\u00e9es pour projeter sur les \u00e9crans ce qui se passe sur sc\u00e8ne. Malgr\u00e9 les nombreux changements, ils se font discrets et pr\u00e9cis dans leurs mouvements, facilitant le passage en fluidit\u00e9 d\u2019une sc\u00e8ne \u00e0 l\u2019autre. La musique est tr\u00e8s pr\u00e9sente, notamment \u00e0 la fin des sc\u00e8nes&nbsp;: ces transitions douces \u00e9voquent les pratiques cin\u00e9matographiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Le public est transport\u00e9 sans grand effort d\u2019imagination d\u2019un feuilleton m\u00e9lodramatique \u00e0 des sc\u00e8nes angoissantes de manipulation ou encore \u00e0 des moments absurdes et dr\u00f4les dans un taxi conduit par un aveugle. La mise en sc\u00e8ne ing\u00e9nieuse de Julien Schmutz am\u00e8ne parfois le public \u00e0 se sentir comme devant un film \u00e0 suspense. Par exemple, dans les minutes pr\u00e9c\u00e9dant les sc\u00e8nes de violence, les lumi\u00e8res diminuent d\u2019intensit\u00e9 et la musique se fait saisissante et angoissante. Puis, on passe \u00e0 une sc\u00e8ne plus joyeuse comme celle o\u00f9 Anne d\u00e9couvre la nourriture japonaise aux c\u00f4t\u00e9s d\u2019Andrew et de Jennifer.<\/p>\n\n\n\n<p>Seul regret du spectacle&nbsp;: l\u2019utilisation des techniciens, sans changement de costume, dans certains r\u00f4les, notamment dans celui du public pr\u00e9sent, verre de champagne \u00e0 la main, pour l\u2019avant-premi\u00e8re du film bas\u00e9 sur la vie d\u2019Anne. Cela sort le public de l\u2019histoire, car contrairement aux personnages enti\u00e8rement incarn\u00e9s et habill\u00e9s de fa\u00e7on conforme \u00e0 leur r\u00f4le, les techniciens semblent juste \u00eatre utilis\u00e9s pour \u00ab&nbsp;d\u00e9panner&nbsp;\u00bb. Fort heureusement, ces moments ne suffisent pas \u00e0 \u00f4ter le plaisir que l\u2019on \u00e9prouve \u00e0 ressentir, au th\u00e9\u00e2tre, la surprenante impression d\u2019\u00eatre assis dans une salle de cin\u00e9ma.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>10 mai 2022<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/noemie-jeannet\/\">No\u00e9mie Jeannet <\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.equilibre-nuithonie.ch\/fr\/spectacles\/le-traitement-0\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u2019apr\u00e8s Martin Crimp\/ Mise en sc\u00e8ne Julien Schmutz \/ Th\u00e9\u00e2tre Equilibre-Nuithonie, Fribourg \/ du 4 au 8 mai 2022 \/ Critique par No\u00e9mie Jeannet .<\/p>\n","protected":false},"author":1002282,"featured_media":16297,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,131,34,38],"tags":[252],"class_list":["post-16296","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-equilibre-nuithonie","category-expired","category-spectacle","tag-noemie-jeannet"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16296","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002282"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=16296"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16296\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19575,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16296\/revisions\/19575"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16297"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=16296"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=16296"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=16296"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}