{"id":16165,"date":"2022-04-01T14:36:48","date_gmt":"2022-04-01T12:36:48","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=16165"},"modified":"2025-02-07T12:33:47","modified_gmt":"2025-02-07T11:33:47","slug":"ainsi-va-la-vie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2022\/04\/ainsi-va-la-vie\/","title":{"rendered":"Ainsi va la vie"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Ainsi va la vie<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Texte et mise en sc\u00e8ne Samuel Perthuis \/ Th\u00e9\u00e2tres Les Halles Sierre Hors-les-murs \/ du 22 mars au 2 avril 2022 \/ critique par Isabelle Fasnacht . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La vie, c\u2019est une grande suite de rencontres<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>01 avril 2022<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/isabelle-fasnacht\/\">Isabelle Fasnacht<\/a> <\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image is-resized\">\n<figure class=\"alignleft size-large\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/04\/ainsiva1-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-16163\" style=\"width:307px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/04\/ainsiva1-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/04\/ainsiva1-300x169.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/04\/ainsiva1-250x141.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/04\/ainsiva1-768x432.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/04\/ainsiva1-1536x864.jpg 1536w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/04\/ainsiva1.jpg 1600w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 TLH Sierre<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Le com\u00e9dien et metteur en sc\u00e8ne Samuel Perthuis, dipl\u00f4m\u00e9 de la Manufacture, s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la d\u00e9couverte de l\u2019intime et de la personnalit\u00e9 par le biais de l\u2019exploration participative d\u2019un lieu de vie \u2013 en l\u2019occurrence, l\u2019int\u00e9rieur d\u2019une maison \u2013, r\u00e9it\u00e9rant ainsi l\u2019exp\u00e9rience qu\u2019il avait propos\u00e9e dans son projet de master \u00ab&nbsp;Ce matin, je me suis remise \u00e0 vivre&nbsp;\u00bb (2020). Dans \u00ab&nbsp;<\/em>Ainsi va la vie&nbsp;\u00bb<em>, trois spectateur.rices \u00e0 la fois se prom\u00e8nent dans un appartement en \u00e9coutant le r\u00e9cit de Blanche Jacquemin, aimable retrait\u00e9e sierroise qui se croit toujours en 2012. Un spectacle tr\u00e8s touchant qui aborde les th\u00e8mes de la vieillesse et du lien humain, tout en renfor\u00e7ant notre propre capacit\u00e9 \u00e0 d\u00e9velopper ce lien.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Je re\u00e7ois un casque reli\u00e9 \u00e0 un petit Ipod dans une pochette, des instructions simples&nbsp;(rien \u00e0 faire du c\u00f4t\u00e9 technique, tout est r\u00e9gl\u00e9) et suis pr\u00e9venue que les deux autres spectatrices et moi ne suivrons pas exactement le m\u00eame parcours \u2013 tout le reste est \u00e0 d\u00e9couvrir et exp\u00e9rimenter avec l\u2019aide de notre h\u00f4tesse fictive. Et pour cause, avant m\u00eame de passer sa porte, c\u2019est la voix de Blanche (jou\u00e9e par V\u00e9ronique Mermoud) qui accueille les invit\u00e9es en nous enjoignant de sonner pour qu\u2019on nous ouvre&nbsp;! Elle me proposera ensuite tr\u00e8s vite des chaussons en m\u2019indiquant pr\u00e9cis\u00e9ment o\u00f9 ils se trouvent \u2013 \u00ab&nbsp;vous serez certainement plus confortable, enfin, je ne vous force pas\u2026&nbsp;\u00bb, mais ne voit pas d\u2019inconv\u00e9nient \u00e0 ce que je garde mes chaussures. Un peu interdite, je quitte mes baskets pour me mettre dans l\u2019ambiance mais n\u2019ose pas toucher aux chaussons.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est une fois install\u00e9es au salon que Blanche nous raconte (\u00e0 toutes les trois, sans doute) des \u00e9v\u00e8nements de son pass\u00e9 ainsi que de nombreuses petites anecdotes de sa vie quotidienne actuelle. Elle se perd un peu dans les dates et les noms mais fait de son mieux pour nous transmettre ce qui compte pour elle et que l\u2019on se sente bien accueilli.e. Bien s\u00fbr, elle n\u2019est physiquement pas dans la pi\u00e8ce avec nous, mais on finit par oublier ce d\u00e9tail et ne jamais douter de sa pr\u00e9sence&nbsp;: quand elle m\u2019aide \u00e0 jouer \u00e0 une partie de scrabble, dispos\u00e9e sur la table entre nous trois, j\u2019ai l\u2019impression qu\u2019elle est pench\u00e9e par-dessus mon \u00e9paule pour lire mes lettres et r\u00e9fl\u00e9chir avec moi.<\/p>\n\n\n\n<p>Je l\u2019accompagne ensuite de pi\u00e8ce en pi\u00e8ce, au fil de ses paroles. Elle veut me montrer beaucoup de choses, m\u2019en donner d\u2019autres, et me demande parfois mon aide pour des petites t\u00e2ches. J\u2019ai l\u2019impression d\u2019\u00e9couter une grand-m\u00e8re que je n\u2019ai pas connue, d\u2019\u00eatre sa petite-fille \u00e0 qui elle raconterait une \u00e9ni\u00e8me fois les m\u00eames histoires de famille alors que je les d\u00e9couvre pourtant \u00e0 l\u2019instant. Je vis ses joies mais aussi ses peines, et un th\u00e8me plus sombre se dessine d\u2019indice en indice&nbsp;: atteinte de la maladie d\u2019Alzheimer, elle est tr\u00e8s consciente de sa propre fin tout en \u00e9tant face \u00e0 l\u2019inconnu. Lucide, elle me parle des dispositions qu\u2019elle pense prendre.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019appartement est am\u00e9nag\u00e9 jusque dans les moindre d\u00e9tails \u2013 chaque titre de livre, chaque meuble, chaque d\u00e9coration construit le personnage de Blanche. J\u2019ai ressenti une grande impression de familiarit\u00e9 tant les pi\u00e8ces semblaient vivantes, avec de nombreux objets laiss\u00e9s comme en cours d\u2019utilisation \u2013 jeux, livres, ustensiles de cuisine, bo\u00eetes de th\u00e9s. Et pourtant, c\u2019est aussi une sorte d\u2019arr\u00eat sur image constant&nbsp;: les pi\u00e8ces sont immobiles, vides de vie humaine, except\u00e9 les trois n\u00f4tres et la pr\u00e9sence silencieuse d\u2019une invit\u00e9e suppl\u00e9mentaire qui remet les choses en place apr\u00e8s notre passage. C\u2019est nous, en tant que spectateur.rices, qui peuplons cet appartement, et pourtant nous nous en savons \u00e9trangement d\u00e9tach\u00e9.es, petites \u00e2mes venues d\u2019un temps autre que celui de Blanche.<\/p>\n\n\n\n<p>Contrairement \u00e0 certains autres spectacles \u00ab&nbsp;avec casques&nbsp;\u00bb dans lesquels ceux-ci, bien que connect\u00e9s, tendent \u00e0 \u00e9loigner le.a spectateur.rice d\u2019une sensation de communaut\u00e9 en l\u2019isolant des autres, ici, on a bien conscience d\u00e8s le d\u00e9but de n\u2019\u00eatre pas nombreux.ses mais on se rapproche d\u2019autant plus. Les trois personnes ne suivent pas le m\u00eame parcours mais vivent des exp\u00e9riences similaires et surtout construisent ensemble les sc\u00e8nes&nbsp;: guid\u00e9.es par Blanche au creux de l\u2019oreille, chacun.e place son mot au scrabble, sert le vin \u00e0 l\u2019ap\u00e9ro, inspire l\u2019autre \u00e0 se lever pour regarder un objet. La synchronisation des trois audios est si fine que nous nous croisons parfois \u00e0 peine, avant de nous retrouver une pi\u00e8ce plus loin pour une sorte de \u00ab&nbsp;sc\u00e8ne d\u2019ensemble&nbsp;\u00bb. La beaut\u00e9 de ce spectacle r\u00e9side enfin dans sa capacit\u00e9 \u00e0 favoriser l\u2019\u00e9change et l\u2019ouverture&nbsp;: \u00e0 la fin de l\u2019exp\u00e9rience, nous avons tout d\u2019abord retrouv\u00e9 le metteur en sc\u00e8ne et la sc\u00e9nographe, avec qui nous avons pu discuter tr\u00e8s librement, poser de nombreuses questions et partager nos exp\u00e9riences. \u00c0 la sortie enfin, j\u2019ai eu la chance de pouvoir rencontrer mes deux co-participantes, avec qui la conversation a \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement agr\u00e9able, dr\u00f4le et \u00e9mouvante, tant nous avions ce soir \u00e9t\u00e9 habitu\u00e9es \u00e0 partager les r\u00e9flexions les plus intimes sans g\u00eane ni barri\u00e8re. Humainement comme techniquement, ce spectacle est capable de toucher et connecter des spectateur.rices diff\u00e9rent.es tout en sensibilisant \u00e0 des th\u00e8mes importants.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>01 avril 2022<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/isabelle-fasnacht\/\">Isabelle Fasnacht<\/a> <\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.tlh-sierre.ch\/evenements\/ainsi-va-la-vie\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Texte et mise en sc\u00e8ne Samuel Perthuis \/ Th\u00e9\u00e2tres Les Halles Sierre Hors-les-murs \/ du 22 mars au 2 avril 2022 \/ critique par Isabelle Fasnacht .<\/p>\n","protected":false},"author":1002282,"featured_media":16166,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,14],"tags":[264],"class_list":["post-16165","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-les-halles","tag-isabelle-fasnacht"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16165","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002282"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=16165"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16165\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19615,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16165\/revisions\/19615"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16166"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=16165"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=16165"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=16165"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}