{"id":161,"date":"2013-10-28T14:01:52","date_gmt":"2013-10-28T13:01:52","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=161"},"modified":"2025-02-10T13:35:23","modified_gmt":"2025-02-10T12:35:23","slug":"avancer","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2013\/10\/avancer\/","title":{"rendered":"La Maison d&rsquo;Antan"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">La Maison d&rsquo;Antan<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Mise en sc\u00e8ne Oscar Gomez Mata \/ Compagnie l&rsquo;Alakran \/ L&rsquo;Arsenic \u00e0 Lausanne \/ Th\u00e9\u00e2tre Saint-Gervais \u00e0 Gen\u00e8ve \/ Th\u00e9\u00e2tre Les Halles de Sierre \/ du 24 au 25 octobre 2013 \/ Critique par Sophie Badoux. <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>24 octobre 2013<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a title=\"Sophie Badoux\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/sophie-badoux\">Sophie Badoux<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Avancer masqu\u00e9 pour mieux se lib\u00e9rer<\/strong><\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"790\" height=\"800\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/10\/maison-dantan-maison-dantan_steeve-luncker-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-21849\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/10\/maison-dantan-maison-dantan_steeve-luncker-1.jpg 790w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/10\/maison-dantan-maison-dantan_steeve-luncker-1-198x200.jpg 198w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/10\/maison-dantan-maison-dantan_steeve-luncker-1-168x170.jpg 168w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/10\/maison-dantan-maison-dantan_steeve-luncker-1-768x778.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 790px) 100vw, 790px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 N. Baixas<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong><em>Le r\u00e9volt\u00e9 de la sc\u00e8ne genevoise Oscar Gomez Mata met en sc\u00e8ne pour sa derni\u00e8re cr\u00e9ation&nbsp;<\/em>La Maison d\u2019Antan<em>&nbsp;\u2013 une fable utopiste de Robert Louis Stevenson, dans laquelle libert\u00e9 rime avec absurdit\u00e9. Une quinzaine d\u2019adolescents et trois com\u00e9diens professionnels incarnent avec brio l\u2019histoire de Jack, un enfant qui tente de se d\u00e9livrer de ses cha\u00eenes. Entre p\u00e9dagogie et magie, la formule fonctionne.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le monde d\u2019Antan, c\u2019est tout d\u2019abord cette vieille salle du Faubourg \u00e0 Gen\u00e8ve avec son parquet de bois, son plafond en boiseries et ses vieux balcons du d\u00e9but du XX<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle. Un lieu qui transporte imm\u00e9diatement le spectateur dans une autre temporalit\u00e9. Celle du conte \u2013 une forme qu\u2019affectionne Oscar Gomez Mata \u2013 o\u00f9 vont se brouiller les fronti\u00e8res du r\u00e9el et de l\u2019imaginaire pour prendre une forme in\u00e9dite le temps d\u2019une repr\u00e9sentation. Le noir se fait, la magie peut op\u00e9rer.<\/p>\n\n\n\n<p>Premi\u00e8re vision ensorcelante. Dans une for\u00eat clairsem\u00e9e de b\u00e2tons, apparaissent et disparaissent dans un clignotement de lumi\u00e8res aveuglantes de jeunes sorciers masqu\u00e9s, hantant le bois d\u2019Antan. Le monde envo\u00fbtant du conte nous absorbe. Mais on nous pr\u00e9vient aussi&nbsp;: \u00ab&nbsp;la r\u00e9alit\u00e9 c\u2019est tout droit&nbsp;\u00bb. Car, que le spectateur ne s\u2019y trompe pas, sous couvert de fable, la derni\u00e8re cr\u00e9ation du metteur en sc\u00e8ne hispano-genevois aborde bien des th\u00e9matiques qui interrogent concr\u00e8tement notre soci\u00e9t\u00e9 actuelle. La peur et la stigmatisation de l\u2019\u00e9tranger, les relations entre les g\u00e9n\u00e9rations, les combats de l\u2019adolescence, la possibilit\u00e9 d\u2019\u00eatre libre, l\u2019histoire, l\u2019identit\u00e9 ou la question de la transmission.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Au travers du prisme des Jack<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;D\u00e8s qu\u2019un enfant \u00e9tait en \u00e2ge de parler, on lui mettait les fers&nbsp;\u00bb. Le d\u00e9cor est plant\u00e9. Les jeunes, qui ont repris leur apparence d\u2019adolescents, se pr\u00e9sentent affubl\u00e9s de leur jeans et t-shirts color\u00e9s. \u00ab&nbsp;Je m\u2019appelle Jack, j\u2019ai onze ans et j\u2019habite aux Charmilles&nbsp;\u00bb. Chacun leur tour, se d\u00e9marquant de la masse des multiples Jack qui traversent la sc\u00e8ne d\u2019un c\u00f4t\u00e9 \u00e0 l\u2019autre, ils affirment au micro leur identit\u00e9, leur diff\u00e9rence et leur combat commun&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je m\u2019appelle Jack, j\u2019ai quinze ans et je refuse&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Mais pourtant leur refus est bien vite confin\u00e9 derri\u00e8re les parois vitr\u00e9es qui entourent la sc\u00e8ne. Enferm\u00e9s loin du monde des adultes, ils regardent passivement les trois com\u00e9diens apparus sur sc\u00e8ne conter leur histoire. On regrette presque que ce soit d\u2019abord aux adultes de contester, de se rebeller, de narguer le public ou de taguer le portrait de Stevenson projet\u00e9 sur un immense voile recouvrant la sc\u00e8ne.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Retournement impr\u00e9vu<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les com\u00e9diens \u2013 Jean-Luc Farquet, Esperanza L\u00f3pez et Valerio Scamuffa \u2013 dont le jeu de gestes l\u00e9g\u00e8rement st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9 par moment mais soulignant le plus souvent le texte avec intelligence \u2013 insufflent un humour potache au spectacle. Ils racontent, alors que les jeunes gens ponctuent la narration de leurs chants sur de superbes musiques qui transfigurent la fable. Si les ados veulent se d\u00e9livrer de leurs injustes cha\u00eenes qui leur enserrent la cheville droite, ils doivent toutefois selon la l\u00e9gende, se rendre dans la Maison d\u2019Antan et vaincre par trois fois le sorcier qui y vit. Mais m\u00eame si le h\u00e9ros suivra \u00e0 la lettre les indications du conte, ses efforts n\u2019en seront pas pour autant r\u00e9compens\u00e9s. Au contraire. Une fois d\u00e9livr\u00e9 de ses fers, Jack se rend compte que le peuple n\u2019aspire qu\u2019\u00e0 se contraindre par d\u2019autres croyances, d\u2019autre fers, rendant toute id\u00e9e de libert\u00e9 vaine.<\/p>\n\n\n\n<p>Que reste-t-il alors de la morale du conte&nbsp;? Une structure faite de triangles de bois, construite collectivement par les ados et les adultes lors d\u2019une longue sc\u00e8ne finale. \u00ab&nbsp;Combien de temps serez-vous capables de nous laisser pour construire&nbsp;?&nbsp;\u00bb La phrase adress\u00e9e au public r\u00e9sonne comme la requ\u00eate de toute une g\u00e9n\u00e9ration. Repr\u00e9sentante du succ\u00e8s du collectif et des liens tiss\u00e9s, la structure s\u2019\u00e9l\u00e8ve pour flotter au milieu de la sc\u00e8ne comme un totem permettant de lever le masque sur l\u2019absurdit\u00e9 de la vie et d\u2019en r\u00e9v\u00e9ler l\u2019essentiel. Se lib\u00e9rer, ce n\u2019est pas n\u00e9cessairement rompre ses liens. Mais bien plut\u00f4t les renforcer.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>24 octobre 2013<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a title=\"Sophie Badoux\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/sophie-badoux\">Sophie Badoux<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/archive.saintgervais.ch\/programme\/detail\/la-maison-d-antan.html\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mise en sc\u00e8ne Oscar Gomez Mata \/ Compagnie l&rsquo;Alakran \/ L&rsquo;Arsenic \u00e0 Lausanne \/ Th\u00e9\u00e2tre Saint-Gervais \u00e0 Gen\u00e8ve \/ Th\u00e9\u00e2tre Les Halles de Sierre \/ du 24 au 25 octobre 2013 \/ Critique par Sophie Badoux.<\/p>\n","protected":false},"author":784,"featured_media":21849,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,3,8,38,14],"tags":[19],"class_list":["post-161","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-theatre-de-larsenic","category-maison-saint-gervais","category-spectacle","category-theatre-les-halles","tag-sophie-badoux"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/161","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/784"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=161"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/161\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21852,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/161\/revisions\/21852"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/21849"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=161"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=161"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=161"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}