{"id":15995,"date":"2022-02-13T15:11:00","date_gmt":"2022-02-13T14:11:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=15995"},"modified":"2025-02-14T11:00:29","modified_gmt":"2025-02-14T10:00:29","slug":"la-belle-et-la-bete-version-generation-z","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2022\/02\/la-belle-et-la-bete-version-generation-z\/","title":{"rendered":"La Belle et la B\u00eate version G\u00e9n\u00e9ration Z"},"content":{"rendered":"<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">De Ludovic Chazaud \/ Compte-rendu par Brian Aubert . <\/p><\/div>\n\n\n<p>Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/brian-aubert\/\">Brian Aubert <\/a><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2022\/02\/entretien-avec-ludovic-chazaud\/\">Voir l&rsquo;entretien avec Ludovic Chazaud <\/a><\/li>\n<\/ul>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/02\/telechargement-1024x538.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-15996\" style=\"width:300px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Ludovic Chazaud, metteur en sc\u00e8ne, com\u00e9dien et directeur artistique de la Cie Jeanne F\u00f6hn, s\u2019empare du conte classique de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont datant de la fin du XVIIIe si\u00e8cle. C\u2019est durant le premier confinement, au printemps 2020, qu\u2019il r\u00e9\u00e9crit <\/em>La Belle et la B\u00eate<em> pour la sc\u00e8ne, pi\u00e8ce qui verra le jour sur les planches en automne 2023 \u00e0 l\u2019Usine \u00e0 Gaz, la Grange et la Com\u00e9die, puis qui partira en tourn\u00e9e.&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;J\u2019avais envie d\u2019\u00e9crire une pi\u00e8ce pour les enfants. De trouver aussi comment on raconte une histoire qui a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 \u00e9crite&nbsp;\u00bb, annonce Ludovic Chazaud.D\u00e8s la premi\u00e8re sc\u00e8ne, \u00e0 travers un moniteur TV vintage, appara\u00eet le personnage de Bella, \u00e2g\u00e9e. Sa petite-fille, en voix off, lui demande : \u00ab&nbsp;Tu te souviens de ton premier baiser&nbsp;?&nbsp;\u00bb C\u2019est en flash-backs qu\u2019est racont\u00e9e l\u2019histoire de Bella (Isabella), de son premier \u00e0 son dernier baiser, de sa vie de jeune fille en Italie jusqu\u2019\u00e0 la rencontre avec la B\u00eate et les cons\u00e9quences sur son destin. Un dispositif narratif et dramaturgique complexe, mais tr\u00e8s lisible, est mis en place pour pr\u00e9senter cette histoire qui se d\u00e9roule sur plusieurs ann\u00e9es. Conform\u00e9ment \u00e0 la tradition orale du conte, une grande partie de l\u2019intrigue avance gr\u00e2ce \u00e0 la parole partag\u00e9e entre tous les com\u00e9diens sur sc\u00e8ne, incarnant d\u2019embl\u00e9e le r\u00f4le de narrateurs : \u00ab&nbsp;Nous allons essayer de repasser la vie de Bella devant vous&nbsp;\u00bb. Cette voix over compl\u00e8te \u00e9galement les ellipses laiss\u00e9es par les dialogues entre le p\u00e8re, Bella, et ses deux s\u0153urs, Magdalena et Nina. Ces ellipses marquent la transition d\u2019une sc\u00e8ne \u00e0 l\u2019autre, mais le rythme reste soutenu car chaque sc\u00e8ne nous plonge souvent dans une action en cours. Le dispositif est \u00e9galement compl\u00e9t\u00e9 par la lecture d\u2019extraits du journal intime de Bella.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;La fiction doit avoir un pied dans la vie et la vie un pied dans la fiction&nbsp;\u00bb, d\u00e9clare le metteur en sc\u00e8ne<em>.<\/em> Le texte se construit sur deux temporalit\u00e9s : le pr\u00e9sent de la narration et celui de l\u2019\u00e9change entre Bella \u00e2g\u00e9e et sa petite fille, m\u00e9lang\u00e9 au pass\u00e9 (la vie de Bella jeune). D\u2019un c\u00f4t\u00e9, ces superpositions temporelles donnent \u00e0 la pi\u00e8ce un aspect documentaire, avec le moniteur TV. D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, elles la dotent d\u2019une dimension fictive, voir onirique, \u00e0 travers la pr\u00e9sence d\u2019un personnage fantastique (la B\u00eate) et du d\u00e9doublement du personnage de Bella (\u00e2g\u00e9e sur l\u2019\u00e9cran et jeune sur sc\u00e8ne). La plus grande partie de l\u2019action, sous forme de dialogues entre les personnages, mobilise beaucoup d\u2019\u00e9motions, avec de longs passages sur la captivit\u00e9 de Bella chez la B\u00eate. Sans chants, ni objets anim\u00e9s, cette version est tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9e du conte fantasmagorique r\u00e9-imagin\u00e9 par Walt Disney en 1991&nbsp;: c\u2019est une histoire un peu tragique sur l\u2019amour et la vie.<\/p>\n\n\n\n<p>Une touche d\u2019humour, parfois \u00e0 travers un langage familier, assaisonne tout le texte, \u00e9voquant de ce point de vue <em>Cendrillon<\/em> revisit\u00e9 par Jo\u00ebl Pommerat. Cependant, le texte invite \u00e0 une lecture plus sombre : \u00ab&nbsp;Les hommes ont trop besoin de dominer !&nbsp;\u00bb s&rsquo;exclame la B\u00eate en racontant la mani\u00e8re ex\u00e9crable dont il a \u00e9t\u00e9 trait\u00e9 dans sa jeunesse. Il parle de l\u2019Homme en g\u00e9n\u00e9ral, mais aussi des hommes. Ludovic Chazaud met au c\u0153ur de l\u2019intrigue la relation nocive qu\u2019entretient Bella avec son amoureux, Antonio. Ce dernier est pr\u00e9sent\u00e9 comme un bon \u00e0 rien, profiteur, manipulateur, adoptant des caract\u00e9ristiques que l\u2019on rapporterait aujourd\u2019hui \u00e0 la masculinit\u00e9 toxique. A l\u2019inverse, Bella trouve du r\u00e9confort chez la B\u00eate et des liens affectueux se tissent entre eux. Mais \u00e0 son retour dans sa famille, elle se plie de nouveau aux d\u00e9sirs d\u2019Antonio et finit par se marier avec lui. Ce n\u2019est pas le <em>happy end<\/em> attendu d\u2019un conte pour enfants. Ludovic Chazaud rapproche le conte du r\u00e9el, ce qu\u2019il qualifie de \u00ab&nbsp;fantasmagorie r\u00e9aliste&nbsp;\u00bb. Il esp\u00e8re que cela fera r\u00e9agir le public, que cela provoquera les conversations. \u00ab&nbsp;Le r\u00eave absolu serait que ce soit un spectacle o\u00f9 il y ait plusieurs g\u00e9n\u00e9rations qui viennent. Cela me plairait beaucoup que ce soient des jeunes adolescents qui viennent avec leur grands-parents pour qu\u2019apr\u00e8s des questions soient pos\u00e9es.&nbsp;\u00bb Comment \u00e9tait per\u00e7u le premier baiser par les baby-boomers, par comparaison avec la g\u00e9n\u00e9ration Z ? A-t-on la m\u00eame vision de ce qu\u2019est l\u2019amour ? Qu\u2019en \u00e9tait-il avant et maintenant de la condition de la femme, et du sch\u00e9ma patriarcal&nbsp;? \u00ab&nbsp;Il y a tellement de si\u00e8cles o\u00f9 la masculinit\u00e9 a fait du mal aux histoires&nbsp;\u00bb nous dit Ludovic Chazaud. Sa r\u00e9\u00e9criture th\u00e9\u00e2trale lui permet d\u2019explorer cette probl\u00e9matique et de demander, aux petits et grands, quel est le meilleur usage \u00e0 faire des contes&nbsp;: \u00e0 ne pas toucher ? ou, justement, \u00e0 r\u00e9\u00e9crire&nbsp;en les transposant&nbsp;?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De Ludovic Chazaud \/ Compte-rendu par Brian Aubert .<\/p>\n","protected":false},"author":1002282,"featured_media":22376,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38],"tags":[250],"class_list":["post-15995","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","tag-brian-aubert"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15995","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002282"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=15995"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15995\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":22878,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15995\/revisions\/22878"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/22376"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=15995"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=15995"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=15995"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}