{"id":15991,"date":"2022-02-13T14:52:53","date_gmt":"2022-02-13T13:52:53","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=15991"},"modified":"2025-01-29T11:44:33","modified_gmt":"2025-01-29T10:44:33","slug":"entretien-avec-olivia-csiky-trnka","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2022\/02\/entretien-avec-olivia-csiky-trnka\/","title":{"rendered":"Entretien avec Olivia Csiky Trnka"},"content":{"rendered":"\n<p>\u00a9Le Courrier<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Dans le cadre de l&rsquo;op\u00e9ration In\u00e9dits textes dramatiques, en collaboration avec le journal&nbsp;<em>Le Courrier.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Un entretien r\u00e9alis\u00e9 le 1 d\u00e9cembre 2021 \u00e0 Gen\u00e8ve autour de la pi\u00e8ce <em>Demolition Party <\/em>\/ De Olivia Csiky Trnka<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/brian-aubert\/\">Brian Aubert <\/a><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2022\/02\/lhomme-et-son-jardin-en-voie-de-disparition\/\">Voir aussi la critique sur<em> Demolition Party<\/em> <\/a><\/li>\n<\/ul>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/02\/Olivia-Csiky-Trnka-2021-1024x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-15988\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/02\/Olivia-Csiky-Trnka-2021-1024x1024.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/02\/Olivia-Csiky-Trnka-2021-200x200.jpg 200w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/02\/Olivia-Csiky-Trnka-2021-170x170.jpg 170w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/02\/Olivia-Csiky-Trnka-2021-768x768.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/02\/Olivia-Csiky-Trnka-2021.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong>Brian Aubert : Pourriez-vous r\u00e9sumer en une phrase ce qui vous tient \u00e0 c\u0153ur dans cette pi\u00e8ce ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Olivia Csiky Trnka : Comment avons-nous pu oublier que nous sommes profond\u00e9ment li\u00e9.e.s \u00e0 la Nature ? Les m\u00e9tamorphoses de l\u2019anthropoc\u00e8ne sont et fascinantes et terrifiantes. Nous ne reconnaissons plus le monde qui nous a vu na\u00eetre et que nous avons terriblement exploit\u00e9. Or celui- ci vient se venge: l&rsquo;enjeu est clair. Mais, au d\u00e9but, j\u2019ai commenc\u00e9 par rendre hommage \u00e0 la relation singuli\u00e8re entre ma m\u00e8re et son jardin ; en tant que peintre, elle l\u2019a cultiv\u00e9 comme une \u0153uvre d\u2019art vivante. J\u2019en ai profit\u00e9 sans me rendre compte de cette richesse. Or, chaque jardin est un point de contact pr\u00e9cieux avec l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me. Sentir \u00e0 quel point on perd le lien avec le vivant nous fait souffrir. \u00c9videmment, l\u2019analogie entre ma <em>m\u00e8re <\/em>et la <em>M\u00e8re Nature <\/em>n\u2019est pas innocente. C\u2019est aussi cette splendeur \u00e0 la fois vorace et tendre que je voulais interroger.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>B.A : Pourriez-vous dire quelques mots sur le processus de cr\u00e9ation ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>O.C-T. : En pr\u00e9paration, j\u2019ai une d\u00e9marche tr\u00e8s th\u00e9orique, issue de mes \u00e9tudes ; en r\u00e9p\u00e9tition je penche \u00e0 l\u2019inverse. Pour moi, le th\u00e9\u00e2tre est un outil pour r\u00e9fl\u00e9chir le futur. Nous parlions d\u2019un backclash de la Nature, or la fiction \u00e9tait devenue r\u00e9alit\u00e9 ! Si toute cr\u00e9ation de plateau est perm\u00e9able au contexte, nous ne voulions cependant pas parler de la pand\u00e9mie mais en interroger les origines. Le th\u00e9\u00e2tre est un outil pour r\u00e9fl\u00e9chir le futur. Je remercie mon \u00e9quipe qui s\u2019est lanc\u00e9e dans cette aventure au milieu de l\u2019effroi collectif ! Pour cr\u00e9er un vocabulaire commun, les interpr\u00e8tes se sont empar\u00e9.e.s du dispositif : peinture en live, musique et projection-vid\u00e9o. Nous voulions envahir l\u2019espace pour litt\u00e9ralement englober le public. Heureusement, le re-enactement du Jardin offrait beaucoup de libert\u00e9. Je savais aussi qu\u2019il y aurait une c\u00e9r\u00e9monie, des rituels, une transe finale. Nous avons fait de longues improvisations dirig\u00e9es en convoquant des sensations, des souvenirs, des arch\u00e9types&#8230; Ensuite je fais du montage. Je cr\u00e9e des correspondances entre r\u00e9cit et sc\u00e9nographie \u00e9volutive, chor\u00e9graphies et lumi\u00e8re. J\u2019aime d\u00e9ployer des rouages invisibles. Notre dramaturgie fonctionne comme une fugue \u00e0 la fois tenue et insistante, in\u00e9dite et pourtant reconnaissable. Enfin, au Centre Culturel Suisse \u00e0 Paris, la pi\u00e8ce s\u2019est <em>repos\u00e9e <\/em>; on l\u2019a r\u00e9duite de 10 minutes. Il y a un travail de polissage qui n\u00e9cessite un temps incompressible. Celui-ci manque le plus souvent. La Premi\u00e8re est le d\u00e9but de l\u2019exp\u00e9rience&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>B.A : Comment justifierez-vous l\u2019emploi de plusieurs langues dans vos pi\u00e8ces ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>O.C-T. : Le m\u00e9tissage est la richesse de nos identit\u00e9s. Je parle plusieurs langues au quotidien. Or le langage organise notre pens\u00e9e. Parler\/entendre de multiples langues d\u00e9cloisonne le rapport au monde et le complexifie. D\u2019ailleurs, les sonorit\u00e9s nous parlent aussi&#8230; Cette hybridit\u00e9 me fascine. Elle me donne la sensation d\u2019appartenir au monde et non pas \u00e0 une nation.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>B.A. : Quels ont \u00e9t\u00e9 les retours sur <em>Demolition Party <\/em>?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>O.C-T. : \u00ab Si on va au th\u00e9\u00e2tre et que l\u2019on choppe le COVID, il faut que la pi\u00e8ce en ait valu la peine \u00bb cette boutade de Claude Ratz\u00e9, le directeur de la B\u00e2tie, m\u2019avait marqu\u00e9e. Je suis persuad\u00e9e que le public d\u00e9sire des enjeux forts pour se faire emporter. Nombre de gens, connus et inconnus, se sont reconnu.e.s dans cette qu\u00eate du Jardin comme Paradis Perdu. Par ailleurs, inviter sa m\u00e8re sur sc\u00e8ne, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 un d\u00e9fi. Mais lorsque celle-ci est aussi une artiste, cela devient un pari sur la Grace&#8230; Alors assister \u00e0 ce type de rapport intime est rare, cela touche. Enfin, voir \u00e9voluer une \u00e9migr\u00e9e plus \u00e2g\u00e9e sans mis\u00e9rabilisme fait aussi du bien. On m\u2019en parle encore ! A Paris, les gens sont revenus voir. C\u2019est beau de les voir ainsi hant\u00e9.e.s par ce miroir joyeux et grondant. Je m\u2019inscris dans du th\u00e9\u00e2tre contemporain, pluridisciplinaire ; mais qu\u2019est-ce que cela signifie vraiment ? Du point de vue des professionnel.le.s, il y avait quelque chose d\u2019hybride qui interrogeait. Sans doute est-ce la marque de mes cr\u00e9ations : quelque chose de populaire avec une base th\u00e9orique et plastique tr\u00e8s forte.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>B.A : Comment qualifierez-vous vos cr\u00e9ations ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>O.C-T. : Il faut toujours aller au plus loin dans ce qu\u2019on d\u00e9sire. Lorsqu\u2019on s\u2019engage profond\u00e9ment dans une exp\u00e9rience sc\u00e9nique, c\u2019est \u00e0 dire de mani\u00e8re intime, physique et intellectuelle, le public suit, que ce soit la Grand-M\u00e8re aux \u00e9tudiant.e.x.s des Beaux-arts. Ce vertige fonctionne comme un appel. Depuis mes \u00e9tudes, je travaille avec le concept du sublime, mais c\u2019est toujours une aventure \u00e0 construire ! J\u2019essaie d\u2019utiliser des langages qui sont frontaux mais se r\u00e9pondent de mani\u00e8re complexe entre r\u00e9cit, sc\u00e9nographie et chor\u00e9graphie. Le th\u00e9\u00e2tre est une exp\u00e9rience qui augmente la r\u00e9alit\u00e9. Voil\u00e0 la jouissance !<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Brian Aubert. <\/p>\n","protected":false},"author":1002282,"featured_media":15988,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[250],"class_list":["post-15991","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-entretien","tag-brian-aubert"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15991","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002282"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=15991"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15991\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21481,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15991\/revisions\/21481"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/15988"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=15991"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=15991"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=15991"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}