{"id":15987,"date":"2022-02-13T14:39:22","date_gmt":"2022-02-13T13:39:22","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=15987"},"modified":"2025-02-14T10:37:46","modified_gmt":"2025-02-14T09:37:46","slug":"lhomme-et-son-jardin-en-voie-de-disparition","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2022\/02\/lhomme-et-son-jardin-en-voie-de-disparition\/","title":{"rendered":"L\u2019Homme et son jardin en voie de disparition"},"content":{"rendered":"<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">D&rsquo;Olivia Csiky Trnka \/ Compte-rendu par Brian Aubert . <\/p><\/div>\n\n\n<p>Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/brian-aubert\/\">Brian Aubert <\/a><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2022\/02\/entretien-avec-olivia-csiky-trnka\/\">Voir l&rsquo;entretien avec Olivia Csiky Trnka<\/a><\/li>\n<\/ul>\n\n\n<div class=\"wp-block-image is-style-default\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/02\/Olivia-Csiky-Trnka-2021-1024x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-15988\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/02\/Olivia-Csiky-Trnka-2021-1024x1024.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/02\/Olivia-Csiky-Trnka-2021-200x200.jpg 200w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/02\/Olivia-Csiky-Trnka-2021-170x170.jpg 170w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/02\/Olivia-Csiky-Trnka-2021-768x768.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/02\/Olivia-Csiky-Trnka-2021.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Olivia Csiky Trnka, dramaturge, com\u00e9dienne et metteuse en sc\u00e8ne, n\u00e9e en Slovaquie et ayant grandi en Suisse, a pr\u00e9sent\u00e9 sa derni\u00e8re cr\u00e9ation <\/em>Demolition Party<em> au Centre Culturel Suisse \u00e0 Paris en juillet et \u00e0 La B\u00e2tie-Festival \u00e0 Gen\u00e8ve en ao\u00fbt 2021&nbsp;: un r\u00e9cit de vie nostalgique et une tragi-com\u00e9die sur les cons\u00e9quences de l\u2019avidit\u00e9 humaine, dont elle nous a livr\u00e9 le texte.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;Il ne restait plus rien de tous les endroits o\u00f9 j\u2019ai habit\u00e9 et j\u2019ai eu besoin d\u2019\u00e9crire ce texte.&nbsp;\u00bb Demolition Party<\/em> est l\u2019histoire d\u2019Olivia et du jardin o\u00f9 elle a grandi, au Chemin de Pierrefleur n.3, \u00e0 Lausanne. Elle \u2013 ou son personnage \u2013 appara\u00eet d\u00e8s la premi\u00e8re sc\u00e8ne, apr\u00e8s un prologue en forme de chant \u00e9pique en slovaque, fran\u00e7ais et anglais. Debout derri\u00e8re un micro, elle parle au public&nbsp;: \u00ab&nbsp;On a toutes et tous un jardin quelque part [\u2026] Un lieu o\u00f9 on peut \u00eatre un peu nous, malgr\u00e9 tout.&nbsp;\u00bb Olivia veut faire rena\u00eetre sur sc\u00e8ne le jardin de son enfance maintenant d\u00e9moli, pour le comm\u00e9morer et lui dire adieu en le d\u00e9truisant. Elle nous invite ainsi \u00ab&nbsp;\u00e0 c\u00e9l\u00e9brer ensemble, l\u2019anniversaire de sa mort.&nbsp;\u00bb Les invit\u00e9s de cette garden party sont \u00e9galement sa m\u00e8re, Janka Trnka, ainsi que son ami musicien am\u00e9ricain Frank Williams et Louis S\u00e9, son amoureux, responsable du dispositif vid\u00e9o de la pi\u00e8ce. Chacun est d\u00e9sign\u00e9 par son v\u00e9ritable nom. Janka, parlant en slovaque et traduit simultan\u00e9ment par sa fille, nous d\u00e9crit ce jardin. On s\u2019imagine \u00ab&nbsp;une vieille balan\u00e7oire avec deux kiwis qui grimpaient de chaque c\u00f4t\u00e9&nbsp;\u00bb et que \u00ab&nbsp;l\u2019herbe \u00e9tait pleine de narcisses, de mauves, de marguerites, de tulipes \u00bb. Mais la parole ne suffit pas. Les cinq sc\u00e8nes suivantes font intervenir des dessins de Janka projet\u00e9s en fond de plateau sur une toile, accompagn\u00e9s d\u2019une discussion entre les quatre amis sur leurs souvenirs du jardin, leurs histoires d\u2019amour, les circonstances dans lesquelles Janka a fui la Tch\u00e9coslovaquie, ou une anecdote sur l\u2019\u00e9tymologie slovaque du mot \u00ab&nbsp;tomate&nbsp;\u00bb. Leurs paroles prennent vie sur un ton l\u00e9ger, avec des r\u00e9pliques courtes, pendant que le jardin prend forme. Frank et Louis am\u00e8nent, depuis les coulisses, des pots, des arceaux, des tabourets, du feuillage, des portes-palmes, des LED, faisant de la sc\u00e8ne un chantier. Cet environnement se peuple peu \u00e0 peu de souvenirs mat\u00e9riels et immat\u00e9riels. L\u2019auteure manifeste une certaine nostalgie pour ce \u00ab&nbsp;jardin magique [qui] n\u2019est plus&nbsp;\u00bb : \u00ab Il y a un rapport \u00e0 la nostalgie qui est tr\u00e8s fort, de ce monde perdu qui \u00e9tait facile et joyeux.&nbsp;\u00bb, d\u00e9clare-t-elle lors de l\u2019entretien qu\u2019elle nous accorde.<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;On a toutes et tous un jardin quelque part.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>La magie s\u2019introduit peu \u00e0 peu dans le jardin et poss\u00e8de ses habitant.e.s. \u00ab&nbsp;Que la Cerisaie comme chez Tchekhov soit&nbsp;!&nbsp;\u00bb s\u2019exclame Frank. Et la Cerisaie fut. Tous.tes s\u2019exclament devant sa grandeur. Notre imagination est stimul\u00e9e. Louis nous dit que \u00ab&nbsp;Parfois, on voit m\u00eame des biches&nbsp;!&nbsp;\u00bb Des passages dans le texte sont \u00e9galement laiss\u00e9s \u00e0 l\u2019improvisation&nbsp;: \u00ab&nbsp;IMPRO&nbsp;\u00bb. La dramaturge&nbsp;commente : \u00ab&nbsp;J\u2019aime laisser des endroits de libert\u00e9, car cet endroit de danger surexcite toujours le public. C\u2019est animal, on sent qu\u2019il y a la possibilit\u00e9 de la catastrophe, et \u00e7a, les gens adorent ! &nbsp;En mettant en jeu notre possible \u00e9chec, le public se fait avoir. C\u2019est l\u00e0 un des grands secrets du th\u00e9\u00e2tre.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;La cr\u00e9ation qui est entre la pulsion, l\u2019instinct, le fantasme.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;J\u2019aime beaucoup travailler sur les images, je viens d\u2019une famille qui travaille sur les arts plastiques. Je fais d\u2019abord un travail sur l\u2019oeil, puis sur le texte et le son, le mouvement, la danse, la performance, et en mettant tout cela ensemble au service d\u2019une exp\u00e9rience.&nbsp;\u00bb&nbsp;explique Olivia Csiky Trnka. Dans la deuxi\u00e8me partie de la pi\u00e8ce, la f\u00eate d\u2019anniversaire plut\u00f4t sage se transforme en d\u00e9bauche. Le chant, la danse, les rires, les bruitages d\u2019animaux accompagnent l\u2019ivresse des personnages. Au fil des sept tableaux, la garden party devient une Demolition Party. L\u2019intrigue et certaines r\u00e9pliques de <em>La Cerisaie<\/em> d\u2019Anton Tchekhov surgissent \u00e0 intervalle r\u00e9guliers&nbsp;: Lopakhin (incarn\u00e9 par Frank) veut vendre le terrain et d\u00e9truire la cerisaie, et tente de convaincre le propri\u00e9taire Lioubov (jou\u00e9 par Janka). Les identit\u00e9s des personnages se brouillent. \u00c0 leur tour, Louis et Olivia prennent l\u2019allure d\u2019Adam et Eve. Ce ne sont plus que des \u00eatres d\u00e9historicis\u00e9s vagabondant dans ce lieu qui \u00e9tait auparavant leur paradis. Le jardin r\u00e9pond \u00e0 leurs exc\u00e8s, des grondements se font entendre et il veut se venger. La transe finale des quatre com\u00e9diens, poss\u00e9d\u00e9s, pr\u00e9dit le d\u00e9luge, la revanche de la Nature sur les d\u00e9boires de l\u2019humanit\u00e9.&nbsp;Ce que leur a donn\u00e9 le jardin, ils l\u2019ont d\u00e9truit par leur cupidit\u00e9. C\u2019est la revanche, la <em>Demolition Party<\/em> de l\u2019Homme par la Nature.<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;Parler de la vengeance de la Nature pendant une \u00e9pid\u00e9mie mondiale, c\u2019est une excellente blague&nbsp;\u00bb dit Olivia avec ironie.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>En attendant sa prochaine cr\u00e9ation, <em>Zombie Zombie<\/em>, qu\u2019elle qualifie de \u00ab&nbsp;dispositif spectaculaire sur une cr\u00e9ation radio-filmique horrifique&nbsp;\u00bb, Olivia a publi\u00e9 un livre qui accompagne la pi\u00e8ce. Il a \u00e9t\u00e9 \u00e9dit\u00e9 par sa troupe, Full PETAL Machine, laboratoire exp\u00e9rimental ayant donn\u00e9 naissance \u00e0 plusieurs cr\u00e9ations originales de la dramaturge depuis 2016, dont par exemple <em>Protocole V.A.L.E.N.T.I.N.A<\/em>. en tourn\u00e9e en Suisse et en France depuis 2017. Ce livre intitul\u00e9<em> <\/em><em>Je ne crois <\/em><em>pas aux fant\u00f4mes mais mon jardin en est plein et ma m\u00e9moire et mon c\u0153ur <\/em>(r\u00e9plique de <em>Demolition Party<\/em>) est compos\u00e9 de dessins et typographies r\u00e9alis\u00e9s par Janka Trnka, m\u00eal\u00e9s \u00e0 des photos de No\u00e9 Cauderay prises lors des r\u00e9p\u00e9titions de <em>Demolition Party <\/em>au Th\u00e9\u00e2tre Saint-Gervais (Gen\u00e8ve) en ao\u00fbt 2020. \u00ab&nbsp;Ce projet parall\u00e8le lutte contre l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re du th\u00e9\u00e2tre&nbsp;\u00bb annonce l\u2019ouvrage. On n\u2019est pourtant pas pr\u00eat de l\u2019oublier, car la pi\u00e8ce sera jou\u00e9e en mars 2023 au Th\u00e9\u00e2tre du Pommier \u00e0 Neuch\u00e2tel et sera peut-\u00eatre reprise les ann\u00e9es \u00e0 venir par d\u2019autres metteurs ou metteuses en sc\u00e8ne&nbsp;: \u00ab&nbsp;J\u2019adorerais ! je serais hyper heureuse de voir \u00e7a. Je n\u2019ai absolument pas peur\u2026 C\u2019est pour cela que j\u2019aimerais que le texte soit \u00e9dit\u00e9.&nbsp;\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D&rsquo;Olivia Csiky Trnka \/ Compte-rendu par Brian Aubert . <\/p>\n","protected":false},"author":1002282,"featured_media":15988,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38],"tags":[250],"class_list":["post-15987","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","tag-brian-aubert"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15987","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002282"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=15987"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15987\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":22844,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15987\/revisions\/22844"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/15988"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=15987"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=15987"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=15987"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}