{"id":15964,"date":"2022-01-28T17:18:54","date_gmt":"2022-01-28T16:18:54","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=15964"},"modified":"2025-02-07T12:36:23","modified_gmt":"2025-02-07T11:36:23","slug":"hiver-a-sokcho","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2022\/01\/hiver-a-sokcho\/","title":{"rendered":"Hiver \u00e0 Sokcho"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Hiver \u00e0 Sokcho<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">D\u2019apr\u00e8s le roman de Elisa Shua Dusapin\/ Mise en sc\u00e8ne par Frank Semelet \/ Le Spot Sion \/ mardi 25 janvier 2022 \/ Critique par Antoine Klotz . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading has-text-align-left is-style-default\">L&rsquo;Encre de Cor\u00e9e<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>25 janvier 2022<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/antoine-klotz\/\">Antoine Klotz<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/01\/E1_DSCF6339_NB-scaled-1-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-15955\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/01\/E1_DSCF6339_NB-scaled-1-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/01\/E1_DSCF6339_NB-scaled-1-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/01\/E1_DSCF6339_NB-scaled-1-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/01\/E1_DSCF6339_NB-scaled-1-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/01\/E1_DSCF6339_NB-scaled-1-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2022\/01\/E1_DSCF6339_NB-scaled-1.jpg 1800w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Yann Becker<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p><em>En adaptant le roman&nbsp;<\/em>Hiver \u00e0 Sokcho<em>&nbsp;de la Jurassienne Elisa Shua Dusapin, Frank Semelet offre une pi\u00e8ce m\u00ealant douceur de la rencontre avec frustration sentimentale. La petite ville sud-cor\u00e9enne de Sokcho devient le th\u00e9\u00e2tre de la fascination d\u2019une jeune locale pour un auteur de bandes-dessin\u00e9es \u00e0 succ\u00e8s lorsque celui-ci arrive dans la pension o\u00f9 elle travaille. Un tourbillon de sentiments vient chambouler sa vie toute trac\u00e9e dans une mise en sc\u00e8ne qui tire profit de l\u2019excellente sc\u00e9nographie dessin\u00e9e de l\u2019artiste Pitch Comment.<\/em><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p>Sokcho est une petite station baln\u00e9aire de Cor\u00e9e du Sud o\u00f9 il ne se passe pas grand-chose. Une jeune fille franco-cor\u00e9enne (Isabelle Caillat), dont le nom n\u2019est jamais d\u00e9voil\u00e9, y m\u00e8ne une vie morne entre son travail \u00e0 la pension de M. Park, sa m\u00e8re malade, son fianc\u00e9 obs\u00e9d\u00e9 par la chirurgie esth\u00e9tique et sa tante m\u00e9disante. Lorsque l\u2019auteur de bandes-dessin\u00e9es Yann Kerrand (Frank Semelet) arrive \u00e0 la pension pour y trouver de l\u2019inspiration, une relation entre les deux se cr\u00e9e, s\u2019\u00e9toffe petit \u00e0 petit \u00e0 travers les visites et les balades \u00e0 Sokcho, une relation qui tourne vite \u00e0 la fascination pour la jeune femme qui se met \u00e0 observer en cachette l\u2019auteur tous les soirs lorsqu\u2019il dessine.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<br>La pi\u00e8ce emm\u00e8ne les spectateurs en voyage, avant tout en Cor\u00e9e du Sud mais surtout vers la bande-dessin\u00e9e. En effet, chaque sc\u00e8ne est illustr\u00e9e par des dessins r\u00e9alis\u00e9s en partie en direct par l\u2019artiste Pitch Comment. C\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 lui que l\u2019on passe, d\u2019un coup de gomme num\u00e9rique, de la r\u00e9ception de la pension au parvis d\u2019un temple ou \u00e0 l\u2019espace exigu de deux chambres contig\u00fces. Ainsi, la pi\u00e8ce \u00e9chappe au pi\u00e8ge de n\u2019utiliser l\u2019\u00e9cran que comme un simple PowerPoint en en faisant un v\u00e9ritable objet narratif et interactif. Le dessin ne sert pas qu\u2019\u00e0 repr\u00e9senter des lieux ou \u00e0 doubler la narration, mais permet de faire appara\u00eetre les sentiments profonds de la jeune femme au point que la bande-dessin\u00e9e vient parfois remplacer le th\u00e9\u00e2tre&nbsp;: les \u00e9motions int\u00e9rieures habituellement exprim\u00e9es en apart\u00e9 apparaissent ici sous forme de dessins ou de s\u00e9quences anim\u00e9es cr\u00e9ant une certaine ironie entre ce qui est dit\u2014ou plut\u00f4t ce qui ne l\u2019est pas\u2014et ce qui est montr\u00e9.&nbsp;&nbsp;&nbsp;<br>Malheureusement, un concept si fort vient avec quelques inconv\u00e9nients, notamment un jeu quasiment en \u00ab&nbsp;deux dimensions&nbsp;\u00bb. Le d\u00e9cor enveloppe si bien les personnages qu\u2019il force les acteurs \u00e0 rester proches de l\u2019\u00e9cran en fond de sc\u00e8ne, ce qui cr\u00e9e une certaine distance avec ce qui se d\u00e9roule sous nos yeux. On se sent parfois renvoy\u00e9 \u00e0 notre place de spectateurs sans se sentir impliqu\u00e9 \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019une bande-dessin\u00e9e dont le style nous pla\u00eet mais dont l\u2019histoire peine \u00e0 nous garder captiv\u00e9s. Le spectacle est donc plaisant sans \u00eatre tout \u00e0 fait touchant. De plus, lorsque l\u2019\u00e9cran s\u2019\u00e9teint et que le d\u00e9cor redevient un simple d\u00e9cor de th\u00e9\u00e2tre, on se prend \u00e0 le regretter. Les sc\u00e8nes dessin\u00e9es marquent nos esprits avec une telle force que l\u2019on a envie de rester avec elles jusqu\u2019au bout ce qui m\u00e8ne \u00e0 une fin en demi-teinte avec une narration qui aurait pu b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019effets dessin\u00e9s. On ne s\u2019ennuie pas, mais on ne peut s\u2019emp\u00eacher de trouver parfois le temps long sans ce support visuel qui nous emm\u00e8ne \u00e0 travers les m\u00e9andres d\u2019un esprit en proie au doute.<\/p>\n\n\n\n<p>Toutefois, plusieurs moments musicaux accompagnent ces questionnements de mani\u00e8re tr\u00e8s r\u00e9ussie&nbsp;: les musiques alternent entre des chants traditionnels cor\u00e9ens et des chansons plus pop qui rappellent les douces m\u00e9lancolies d\u2019Ad\u00e8le. Ces m\u00e9lodies entourent la pi\u00e8ce d\u2019une atmosph\u00e8re lente et d\u00e9licate mais aussi pesante comme doit l\u2019\u00eatre Sokcho pour une jeune femme. La ville est belle, mais on s\u2019y ennuie, surtout en hiver. La musique sait aussi s\u2019emballer pour repr\u00e9senter les \u00e9mois de la jeune femme et lorsqu\u2019on couple cela aux dessins anim\u00e9s, cela donne un mini court-m\u00e9trage d\u2019animation qui laisse sans voix.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi,&nbsp;<em>Hiver \u00e0 Sokcho<\/em>&nbsp;r\u00e9ussit le tour de force de bien int\u00e9grer la bande-dessin\u00e9e \u00e0 sa sc\u00e9nographie et \u00e0 sa narration tout en offrant des propositions visuelles fortes et immersives, le tout soutenu par des moments de fulgurances comiques et le jeu tout en nuances d\u2019Isabelle Caillat. Cependant, on reste quelque peu sur sa faim devant l\u2019objet th\u00e9\u00e2tral qui h\u00e9site entre son statut de pi\u00e8ce et celui de bande-dessin\u00e9e. Une adaptation compl\u00e8te vers la seconde renferme un potentiel plus que prometteur l\u00e0 o\u00f9 la pi\u00e8ce peine \u00e0 convaincre compl\u00e8tement.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>25 janvier 2022<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/antoine-klotz\/\">Antoine Klotz<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/spot-sion.ch\/spectacles\/hiver-a-sokcho\/\">Voir la page du spectacle <\/a><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u2019apr\u00e8s le roman de Elisa Shua Dusapin\/ Mise en sc\u00e8ne par Frank Semelet \/ Le Spot Sion \/ mardi 25 janvier 2022 \/ Critique par Antoine Klotz .<\/p>\n","protected":false},"author":1002282,"featured_media":15953,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,259],"tags":[],"class_list":["post-15964","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-spot-sion"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15964","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002282"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=15964"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15964\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20095,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15964\/revisions\/20095"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/15953"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=15964"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=15964"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=15964"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}