{"id":15897,"date":"2021-12-21T17:53:10","date_gmt":"2021-12-21T16:53:10","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=15897"},"modified":"2025-02-07T12:37:42","modified_gmt":"2025-02-07T11:37:42","slug":"le-balcon-ou-la-maison-dillusions","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2021\/12\/le-balcon-ou-la-maison-dillusions\/","title":{"rendered":"Le Balcon ou la Maison d\u2019illusions"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Le Balcon ou la Maison d\u2019illusions<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">D\u2019apr\u00e8s Jean Genet \/ Mise en sc\u00e8ne par Sandra Gaudin \/ Cie un air de rien \/ La Grange de Dorigny hors les murs \/ du 17 au 23 d\u00e9cembre 2021. <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Des deux c\u00f4t\u00e9s du miroir<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>17 d\u00e9cembre 2021<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/nathan-maggetti\/\">Nathan Maggetti<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/12\/1_arsenic-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-15894\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/12\/1_arsenic-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/12\/1_arsenic-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/12\/1_arsenic-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/12\/1_arsenic-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/12\/1_arsenic-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/12\/1_arsenic.jpg 1800w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Eric Soyer<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Revisitant le classique de Jean Genet, Sandra Gaudin le teinte d\u2019une exub\u00e9rance et d\u2019un comique rafra\u00eechissants. L\u2019esth\u00e9tique kitsch et la direction d\u2019acteur.ice.s qui joue sur l\u2019exc\u00e8s construisent un Balcon tout en illusions, o\u00f9 pulsions et d\u00e9sirs dictent leur r\u00e9alit\u00e9, \u00e9laborent des mondes qui deviendront vrais \u00e0 force de ne pas exister. Miroir du \u00ab&nbsp;bordel dans lequel nous vivons&nbsp;\u00bb, le spectacle en donne un reflet au scintillement de boule \u00e0 facettes, explorant les nombreuses dimensions du texte de Genet, celles de l\u2019univers des repr\u00e9sentations et celles de l\u2019espace sc\u00e9nique. Avec une \u00e9parpillement visuel r\u00e9pondant au bal des illusions que proposait Genet.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Une r\u00e9volte gronde dans la ville. Nous en entendons par moments les cris, les rafales, nous ne la verrons pas, ou presque&nbsp;: c\u2019est dans le Balcon, lupanar d\u2019Irma, que nous sommes plong\u00e9.e.s. Ici, les clients endossent le r\u00f4le qu\u2019ils choisissent, selon un sc\u00e9nario qu\u2019ils ont communiqu\u00e9 au pr\u00e9alable. Nous en voyons trois, un \u00e9v\u00eaque, un juge et un g\u00e9n\u00e9ral, l\u2019un apr\u00e8s l\u2019autre, chacun embrassant ses fantasmes de domination dans un d\u00e9cor sur mesure. La mise en sc\u00e8ne insiste, par les costumes et la pantomime loufoques, ainsi qu\u2019en montrant sans cesse les structures du dispositif spectaculaire, sur la vanit\u00e9 et la fragilit\u00e9 de leurs r\u00f4les Mise en abyme brechtienne, le spectacle exhibe les cam\u00e9ras d\u2019Irma, dont la chambre est tapiss\u00e9e d\u2019\u00e9crans de surveillance, soulignant la fictionnalit\u00e9 des situations projet\u00e9es sur l\u2019arri\u00e8re-sc\u00e8ne. C\u2019est le point de vue d\u2019Irma que l\u2019on adopte pendant tout le spectacle, dans sa chambre d\u2019o\u00f9 s\u2019organisent les activit\u00e9s de la maison, se retrouve le personnel et sont discut\u00e9s les \u00e9v\u00e9nements politiques ext\u00e9rieurs, rapport\u00e9s par le chef de la police.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette chambre, dans cette pi\u00e8ce, rien ne semble jamais atteignable directement, sans le truchement de quelque voile, quelque repr\u00e9sentation interm\u00e9diaire, quelque d\u00e9guisement. Les costumes \u2013 ceux d\u2019\u00e9v\u00eaque, de juge et de g\u00e9n\u00e9ral, mais aussi ceux, entre nuisettes et tenues BDSM, des employ\u00e9.e.s \u2013 t\u00e9moignent de la labilit\u00e9 des identit\u00e9s de chacun.e. Ils mettent aussi en lumi\u00e8re l\u2019auto-r\u00e9f\u00e9rentialit\u00e9 du propos d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sente dans le texte de Genet. Comme les sc\u00e8nes factices du Balcon, le th\u00e9\u00e2tre n\u2019est-il pas, en effet, une illusion, une expression de fantasmes et de d\u00e9sirs, qui imite la r\u00e9alit\u00e9 mais peut aussi finir par s\u2019en emparer, s\u2019y substituer, s\u2019y confondre&nbsp;? La s\u00e9paration de la sc\u00e8ne en plusieurs espaces, non pas les uns \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des autres, mais les uns derri\u00e8res les autres, appuie cette impression&nbsp;: d\u00e9voil\u00e9s en arri\u00e8re-plan ou \u00e9mergeant au contraire devant un autre lieu, les lieux de l\u2019intrigue ont le caract\u00e8re flottant d\u2019une repr\u00e9sentation, l\u2019aspect fragile d\u2019un r\u00eave. Rideaux, \u00e9crans, projections signalent la th\u00e9\u00e2tralit\u00e9 de chacun des instants, interrogent la concr\u00e9tude du r\u00e9el et signifient la pr\u00e9carit\u00e9 ontologique des repr\u00e9sentations mentales.<\/p>\n\n\n\n<p>Pr\u00e9caires, les repr\u00e9sentations n\u2019en sont pas moins, puisqu\u2019omnipr\u00e9sentes, la seule r\u00e9alit\u00e9 du monde&nbsp;: la fascination de Genet pour les fantasmes de domination, exprim\u00e9e sur sc\u00e8ne par le surjeu des com\u00e9dien.ne.s, explore cette fragilit\u00e9 du r\u00e9el. La mat\u00e9rialisation de l\u2019immat\u00e9riel, au centre d\u2019un texte qui traite de la r\u00e9alisation simul\u00e9e de fantasmes, est toujours subvertie par l\u2019inconsistance des situations et personnages, aspect sur lequel la mise en sc\u00e8ne joue malicieusement. L\u2019intrigue, dans laquelle les clients du Balcon sont amen\u00e9s \u00e0 devenir les r\u00e9els interpr\u00e8tes de leur r\u00f4le, pointe le fait que ce n\u2019est ni la fiction qui rattrape la r\u00e9alit\u00e9, ni l\u2019inverse&nbsp;: les deux s\u2019entrelacent, sans cesse et depuis toujours, dans quelque chose qui tient de l\u2019hyperr\u00e9alit\u00e9 baudrillardienne.&nbsp;<em>Le Balcon<\/em>&nbsp;porte bien son titre&nbsp;: la pi\u00e8ce parle d\u2019une existence toujours comme au seuil d\u2019elle-m\u00eame, d\u2019un promontoire duquel on voit les choses sans y acc\u00e9der, mais lieu r\u00e9el n\u00e9anmoins&nbsp;; la mise en sc\u00e8ne de Sandra Gaudin le rappelle bien, se montrant en balcon bien plus qu\u2019en miroir. Ou si elle est un miroir, alors, nous existons \u00e9galement des deux c\u00f4t\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>17 d\u00e9cembre 2021<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/nathan-maggetti\/\">Nathan Maggetti<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Rendez-vous os\u00e9 de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 du miroir <\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>17 d\u00e9cembre 2021<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/celine-bignotti\/\">C\u00e9line Bignotti<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"614\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/12\/image.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-19811\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/12\/image.png 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/12\/image-300x180.png 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/12\/image-250x150.png 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/12\/image-768x461.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Cie Un air de rien<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>La metteuse en sc\u00e8ne Sandra Gaudin et la compagnie lausannoise Un Air de Rien proposent \u00e0 la Grange de Dorigny, hors-les-murs \u00e0 l\u2019Arsenic, une transposition dans un contexte moderne du&nbsp;<\/em>Balcon<em>&nbsp;(1956), pi\u00e8ce controvers\u00e9e de Jean Genet jou\u00e9e pour la premi\u00e8re fois en 1960 \u00e0 Paris. Le spectateur est conduit \u00e0 travers un voyage dans l\u2019absurde, au-del\u00e0 de la fronti\u00e8re entre r\u00e9alit\u00e9 et fiction, qui lui permet de p\u00e9n\u00e9trer dans les coins les plus sombres de l\u2019esprit humain et du d\u00e9sir sexuel.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Les clients du Balcon, maison close tenue par Madame Irma, se livrent \u00e0 d\u2019\u00e9tranges c\u00e9r\u00e9monies sexuelles dans les divers salons. Ils jouent, dans leurs pratiques sadomasochistes, \u00e0 \u00eatre \u00c9v\u00eaque, Juge, G\u00e9n\u00e9ral, Bourreau, Voleuse. Contrairement au&nbsp;<em>Public<\/em>&nbsp;(<em>El P\u00fablico<\/em>) (1929-1930) de Federico Garc\u00eda Lorca, o\u00f9 les th\u00e8mes li\u00e9s \u00e0 la sexualit\u00e9, et en particulier \u00e0 l\u2019homosexualit\u00e9 et aux pratiques sadomasochistes, \u00e9taient trait\u00e9s de mani\u00e8re all\u00e9gorique, dans la pi\u00e8ce de Genet, ils sont abord\u00e9s de mani\u00e8re extr\u00eamement explicite. Dans cet univers d\u2019illusions, chaque client aspire \u00e0 trouver son propre \u00e9panouissement sur le plan sexuel. En m\u00eame temps, \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de la maison close se d\u00e9roule une r\u00e9volution men\u00e9e par une ancienne prostitu\u00e9e, Chantal. Madame Irma attend avec impatience l\u2019arriv\u00e9e du Chef de la police, Georges, qui prot\u00e8ge sa maison. Pour lui, la r\u00e9volte est l\u2019occasion de devenir enfin un h\u00e9ros, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019acc\u00e9der \u00e0 la dignit\u00e9 d\u2019\u00eatre repr\u00e9sent\u00e9 comme une esp\u00e8ce de despote dans un salon de la maison close, le salon du Mausol\u00e9e. Apr\u00e8s que l\u2019envoy\u00e9 de la reine a annonc\u00e9 que le Palais royal a saut\u00e9, il proposera \u00e0 Madame Irma et \u00e0 ses clients, pour sauver l\u2019ordre \u00e9tabli, d\u2019incarner \u00ab&nbsp;vraiment&nbsp;\u00bb les figures du pouvoir en s\u2019exposant au balcon devant les partisans.&nbsp;\u00c0 la fin, m\u00eame la croyance qu\u2019il existe une \u201cvraie\u201d r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de la maison s\u2019av\u00e8re \u00eatre elle aussi une illusion, la preuve \u00e9tant qu\u2019il suffit d\u2019assassiner Chantal, le symbole, pour supprimer l\u2019essence m\u00eame de la r\u00e9volution.<\/p>\n\n\n\n<p>Le point fort du spectacle est sans aucun doute la sc\u00e9nographie&nbsp;qui met en \u00e9vidence le th\u00e8me des illusions. Le trouble entre r\u00e9alit\u00e9 et fiction est produit par plusieurs miroirs (dont certains d\u00e9formants) et \u00e9crans qu\u2019Irma utilise \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un \u00ab&nbsp;Big brother&nbsp;\u00bb pour surveiller les c\u00e9r\u00e9monies sexuelles dans les diff\u00e9rents salons de la maison. Comme dans le c\u00e9l\u00e8bre roman d\u2019Orwell, Sandra Gaudin situe la sc\u00e8ne dans une r\u00e9alit\u00e9 futuriste et dystopique qui met en \u00e9vidence une critique de notre soci\u00e9t\u00e9 contemporaine. C\u2019est surtout gr\u00e2ce \u00e0 la pr\u00e9sence des technologies li\u00e9es \u00e0 l\u2019audiovisuel que le spectacle est tr\u00e8s pr\u00e8s de notre r\u00e9alit\u00e9. Cela, \u00e9voque notre propre relation avec les r\u00e9seaux sociaux et en particulier l\u2019importance de l\u2019image comme medium et la cr\u00e9ation de nouvelles r\u00e9alit\u00e9s (ou fictions&nbsp;?) digitales. Les espaces sc\u00e9niques sont diff\u00e9rents dans chaque tableau (la pi\u00e8ce en compte neuf au total), mais paradoxalement tous ces espaces ne d\u00e9signent qu\u2019un seul univers&nbsp;: celui de l\u2019apparence, \u00ab&nbsp;la glorification de l\u2019image et du reflet, et de la c\u00e9l\u00e9bration du n\u00e9ant&nbsp;\u00bb pour reprendre les termes de Genet lui-m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p>Des possibles rapprochements avec notre soci\u00e9t\u00e9 ont s\u00e9duit la metteuse en sc\u00e8ne : \u00ab&nbsp;Ce texte m\u2019\u00e9voque quelque chose proche de la science-fiction, un peu \u00e0 la Matrix&nbsp;\u00bb explique Sandra Gaudin, \u00ab&nbsp;la r\u00e9sonance de la pi\u00e8ce est tr\u00e8s moderne, avec ce jeu des apparences de notre soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9filant sur des \u00e9crans&nbsp;\u00bb (<em>Le Matin Dimanche<\/em>, 12 d\u00e9cembre 2021). Les personnages impliquent le public en s\u2019adressant directement \u00e0 lui, comme le fait par exemple la figure de l\u2019envoy\u00e9 qui, en sortant de sc\u00e8ne salue les spectateurs de mani\u00e8re amicale. Le public devient ainsi \u00e0 son tour un \u201creflet\u201d de ce monde illusoire. Avec cette rupture du quatri\u00e8me mur, le lien entre r\u00e9alit\u00e9 et fiction, dont le public fait enti\u00e8rement partie, est encore soulign\u00e9. Comme Genet, la metteuse en sc\u00e8ne ne cherche pas ici \u00e0 repr\u00e9senter la vie au th\u00e9\u00e2tre, et n\u2019est pas en qu\u00eate d\u2019une v\u00e9rit\u00e9 absolue, mais au contraire son th\u00e9\u00e2tre grotesque et hyperbolique souligne la fausset\u00e9 dans la repr\u00e9sentation. \u00c0 la fin de la pi\u00e8ce, Madame Irma, d\u00e9sormais couronn\u00e9e reine, prononce cette phrase de conclusion adress\u00e9e au public : \u00ab&nbsp;Il faut rentrer chez vous, o\u00f9 tout, n\u2019en doutez pas, sera encore plus faux qu\u2019ici \u00bb. Le spectacle fait \u00e9cho \u00e0 ce projet : la fiction s\u2019y d\u00e9clare comme telle, par rapport \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 qui se r\u00e9v\u00e8le \u00eatre une fiction \u00e0 son tour.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>17 d\u00e9cembre 2021<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/celine-bignotti\/\">C\u00e9line Bignotti<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/arsenic.ch\/spectacle\/le-balcon-ou-la-maison-des-illusions\/\">Voir la page du spectacle <\/a><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u2019apr\u00e8s Jean Genet \/ Mise en sc\u00e8ne par Sandra Gaudin \/ Cie un air de rien \/ La Grange de Dorigny hors les murs \/ du 17 au 23 d\u00e9cembre 2021.<\/p>\n","protected":false},"author":1002282,"featured_media":15898,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,3,5,38],"tags":[251,248],"class_list":["post-15897","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-theatre-de-larsenic","category-la-grange","category-spectacle","tag-celine-bignotti","tag-nathan-maggetti"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15897","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002282"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=15897"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15897\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":22067,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15897\/revisions\/22067"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/15898"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=15897"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=15897"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=15897"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}