{"id":15853,"date":"2021-12-18T11:14:32","date_gmt":"2021-12-18T10:14:32","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=15853"},"modified":"2025-02-07T12:38:43","modified_gmt":"2025-02-07T11:38:43","slug":"chambre-avec-vieux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2021\/12\/chambre-avec-vieux\/","title":{"rendered":"Chambre avec vieux"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Chambre avec vieux<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Chambre avec vieux \/ Mise en sc\u00e8ne par Fabrice Gorgerat \/ La Grange de Dorigny hors les murs \/ du 14 au 19 d\u00e9cembre \/ Critique par Sarah Neu . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Flashs interg\u00e9n\u00e9rationnels<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>14 d\u00e9cembre2021<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/sarah-neu\/\">Sarah Neu<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"900\" height=\"490\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/12\/chambre-avec-vieux_couverture.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-19849\" style=\"object-fit:cover;width:300px;height:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/12\/chambre-avec-vieux_couverture.jpg 900w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/12\/chambre-avec-vieux_couverture-300x163.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/12\/chambre-avec-vieux_couverture-250x136.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/12\/chambre-avec-vieux_couverture-768x418.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/12\/chambre-avec-vieux_couverture-735x400.jpg 735w\" sizes=\"auto, (max-width: 900px) 100vw, 900px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Fabrice Ducrest<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Chambre avec vieux<em>&nbsp;vient d\u00e9ranger avec pertinence ce qui nous g\u00eane, interrogeant notre rapport au corps et \u00e0 l\u2019amour dans les \u00e9tapes du vieillissement. La&nbsp;<\/em>Cie Jours tranquilles<em>&nbsp;part comme souvent de la mythologie grecque, pour une envol\u00e9e lyrique \u00e9tourdissante, pleine d\u2019images, de nus et de dorures. Un \u00e9loge de la vieillesse qui adoucit nos appr\u00e9hensions et nous fait sentir le caract\u00e8re pr\u00e9cieux de notre mortalit\u00e9. &nbsp;&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Un d\u00e9cor brut et abstrait pose le cadre d\u2019un spectacle dont on ne saisira jamais tout le sens. Un sol \u00e0 motifs marbr\u00e9s, une large colonne antiquisante sans chapiteau sur la gauche et une structure minimaliste en bois br\u00fbl\u00e9 sur la droite. Derri\u00e8re, un fond de sc\u00e8ne d\u00e9tonnant&nbsp;: un mur de briques rouges recouvert d\u2019un l\u00e9ger rideau blanc. Appara\u00eet en com\u00e9dien le metteur en sc\u00e8ne Christophe Jaquet, fid\u00e8le \u00e0 son allure&nbsp;<em>retro pop,<\/em>&nbsp;dont le pullover vintage annonce un d\u00e9calage avec la ligne esth\u00e9tique des autres personnages. Il se montre excessivement sensuel, ce qui entame d\u2019embl\u00e9e un discours sur notre rapport embarrass\u00e9 au corps vieillissant. La dissonance entre ses gestes lubriques, ses cheveux blancs, son corps longiligne et son langage teint\u00e9 d\u2019un accent bien vaudois provoque des rires dans la salle, dans lesquels on devine une part de malaise. L\u2019 appr\u00e9hension commune de l\u2019association entre vieillesse et sexualit\u00e9 restera d\u00e8s lors un th\u00e8me transversal de la pi\u00e8ce, qui cherche vraisemblablement \u00e0 d\u00e9construire les tabous qui gravitent autour de nos conceptions. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Entre ensuite un trio de choristes v\u00eatus dans les tons blancs, dont la douceur et l\u2019\u00e2ge avanc\u00e9 \u00e9voquent un trio d\u2019anges gardiens. La puret\u00e9 qu\u2019induit leur image de groupe d\u00e9tonne avec le sens absurde des paroles qu\u2019ils chantent, provocant \u00e0 nouveau des rires d\u00e9concert\u00e9s dans le public. n cadre narratif commence \u00e0 \u00eatre pos\u00e9 lors de l\u2019apparition du sublime Tithon (incarn\u00e9 dans sa version jeune par le com\u00e9dien et danseur Victor Poltier ), prince troyen r\u00e9put\u00e9 pour son incroyable beaut\u00e9. On comprend alors que Christophe Jaquet incarne Zeus, le Dieu des dieux, qui a une ma\u00eetrise absolue de son monde. Puis interviennent la d\u00e9esse de l\u2019Aurore (Catherine Travelletti), le soleil (Fiamma Camesi) et selon toute probabilit\u00e9 la&nbsp;sagesse (Dominique Favre-Bulle). D\u2019apr\u00e8s le mythe grec, Aurore trouve Tithon si beau qu\u2019elle demande \u00e0 Zeus de lui accorder l\u2019immortalit\u00e9 pour en faire son \u00e9poux. Mais elle oublie d\u2019exiger aussi la jeunesse \u00e9ternelle pour lui. Le pauvre Tithon finit par vieillir \u00e9ternellement, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019Aurore le transforme en cigale pour le soulager et garder son chant aupr\u00e8s d\u2019elle.<\/p>\n\n\n\n<p>Le mythe n\u2019est pas si clairement explicit\u00e9 dans la proposition de Fabrice Gorgerat, qui semble s\u2019en servir comme toile de fond \u00e0 un univers po\u00e9tique et symbolique. S\u2019encha\u00eenent desimages fortes, mettant en valeur la corporalit\u00e9 de chaque personnage, dont les costumes dor\u00e9s sont en harmonie avec l\u2019esth\u00e9tique charg\u00e9e qui pr\u00e9domine sur la sc\u00e8ne. Le th\u00e8me antique est exploit\u00e9 notamment au travers de r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 l\u2019Histoire de l\u2019art, par exemple par le tableau tr\u00e8s r\u00e9ussi que forment Tithon le jeune et Tithon le vieux (Armand Delado\u00eby) lorsque qu\u2019ils sont \u00e0 demi-\u00e9tendus dans le lit de la d\u00e9esse, dans une pose qui n\u2019a rien de naturel et qui rappelle les toiles mani\u00e9ristes des peintres de la Renaissance et les reprises classiques de ce genre au XVIIIe si\u00e8cle. Fabrice Gorgerat r\u00e9it\u00e8re ici, comme il l\u2019avait fait dans \u00ab&nbsp;Nous&nbsp;\u00bb, une mise en valeur de chaque personnage par un effet de portrait mouvant, au travers duquel chaque univers int\u00e9rieur est illustr\u00e9 par la pr\u00e9sence physique. &nbsp; La sensualit\u00e9 est au c\u0153ur de la performance des com\u00e9diens et com\u00e9diennes qui semblent habit\u00e9.e.s d\u2019une m\u00eame pulsion effr\u00e9n\u00e9e. Cet \u00e9lan se justifie par la pr\u00e9sence de Tithon, \u00e9l\u00e9ment d\u00e9clencheur de ces \u00e9nergies tumultueuses. La raison d\u2019\u00eatre de tout cet \u00e9rotisme reste cependant parfois incompr\u00e9hensible&nbsp;: est-ce pour bousculer nos repr\u00e9sentations de la sexualit\u00e9, qui incluent g\u00e9n\u00e9ralement peu les personnes d\u2019un \u00e2ge avanc\u00e9&nbsp;? ? Les personnes plus \u00e2g\u00e9es pr\u00e9sentes sur sc\u00e8ne incarnent des forces tranquilles, des \u00eatres d\u2019un grand charisme. Comme l\u2019\u00e9voque ici le Soleil, qui souhaite devenir mortel, la vieillesse rend plus r\u00e9ceptif et compr\u00e9hensif. De ce recul d\u00e9coule une libert\u00e9 amenant \u00e0 une grande disponibilit\u00e9 de pr\u00e9sence et d\u2019esprit. Cette conception du temps bien particuli\u00e8re, quand le temps ne presse plus, car il n\u2019y a plus rien \u00e0 jouer, est transpos\u00e9e dans le rythme de certaines sc\u00e8nes dont la lenteur d\u00e9gage une paisible langueur. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>14 d\u00e9cembre 2021<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/sarah-neu\/\">Sarah Neu<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/arsenic.ch\/spectacle\/chambre-avec-vieux\/\">Voir la page du spectacle<\/a> <\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chambre avec vieux \/ Mise en sc\u00e8ne par Fabrice Gorgerat \/ La Grange de Dorigny hors les murs \/ du 14 au 19 d\u00e9cembre \/ Critique par Sarah Neu .<\/p>\n","protected":false},"author":1002282,"featured_media":19849,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,3,5,38],"tags":[235],"class_list":["post-15853","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-theatre-de-larsenic","category-la-grange","category-spectacle","tag-sarah-neu"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15853","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002282"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=15853"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15853\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20167,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15853\/revisions\/20167"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/19849"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=15853"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=15853"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=15853"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}