{"id":15837,"date":"2021-12-14T18:34:11","date_gmt":"2021-12-14T17:34:11","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=15837"},"modified":"2024-11-29T17:57:49","modified_gmt":"2024-11-29T16:57:49","slug":"je-suis-devenue-ma-verite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2021\/12\/je-suis-devenue-ma-verite\/","title":{"rendered":"Je suis devenue ma v\u00e9rit\u00e9"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Je suis devenue ma v\u00e9rit\u00e9<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">D\u2019apr\u00e8s la pi\u00e8ce Introspection de Peter Handke \/ Mise en sc\u00e8ne par Sarah Eltschinger \/ \u00c9quilibre Nuithonie \/ du 08 au 12 d\u00e9cembre \/ Critiques par Nathan Maggetti et No\u00e9mie Jeannet . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">\u00ab\u00a0J&rsquo;ai applaudi \u00e0 contre-temps\u00a0\u00bb<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>8 d\u00e9cembre 2021<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/nathan-maggetti\/\">Nathan Maggetti<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/12\/je_suis_devenue_ma_verite_08122021_\u00a9pierre_yves_massot_02A8883-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-15834\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/12\/je_suis_devenue_ma_verite_08122021_\u00a9pierre_yves_massot_02A8883-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/12\/je_suis_devenue_ma_verite_08122021_\u00a9pierre_yves_massot_02A8883-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/12\/je_suis_devenue_ma_verite_08122021_\u00a9pierre_yves_massot_02A8883-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/12\/je_suis_devenue_ma_verite_08122021_\u00a9pierre_yves_massot_02A8883-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/12\/je_suis_devenue_ma_verite_08122021_\u00a9pierre_yves_massot_02A8883-1536x1025.jpg 1536w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/12\/je_suis_devenue_ma_verite_08122021_\u00a9pierre_yves_massot_02A8883.jpg 1799w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Pierre-Yves Massot<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Quand un spectacle nous d\u00e9pla\u00eet, apr\u00e8s la premi\u00e8re r\u00e9action de rejet , on cherche \u00e0 mieux le comprendre. On cherche \u00e0 comprendre ce qui aurait pu plaire \u00e0 quelqu\u2019un d\u2019autre, on cherche ce que l\u2019on a omis qui nous aurait plu. Apr\u00e8s r\u00e9flexion, ce qui me pla\u00eet, dans&nbsp;<\/em>Je suis devenue ma v\u00e9rit\u00e9,&nbsp;<em>c\u2019est de ne pas l\u2019avoir aim\u00e9. La mise en sc\u00e8ne de Sarah Eltschinger pose des questions comme malgr\u00e9 elle, qui \u00e0 force de rumination finissent par en \u00e9clairer la profondeur. Et me voil\u00e0 rattrap\u00e9 par la proposition sc\u00e9nique \u2013 ou par moi-m\u00eame&nbsp;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Cela commen\u00e7ait bien, pourtant. Vrombissement, crissement de pneus et bruit de collision font taire d\u2019un coup les spectateurs encore bavards devant la sc\u00e8ne totalement obscure. Deux phares s\u2019allument, d\u00e9coupant, dans une dense fum\u00e9e, la silhouette d\u2019une femme gisante&nbsp;: Anna, incarn\u00e9e par Prune Beuchat, puis d\u00e9doubl\u00e9e entre celle-ci et D\u00e9lia Krayenb\u00fchl. Son agonie s\u2019accompagne d\u2019une introspection dont les deux com\u00e9diennes, identiquement v\u00eatues et coiff\u00e9es, se font tour \u00e0 tour la voix, se partageant le long monologue qui forme la pi\u00e8ce&nbsp;<em>Introspection,&nbsp;<\/em>&nbsp;cr\u00e9\u00e9e en 1966 par Peter Handke. &nbsp;Une introspection sous forme de longue liste \u00e9num\u00e9rative des conditionnements, contraintes et r\u00e9bellions de sa vie&nbsp;: d\u00e9terminations sociales, soci\u00e9tales, morales, culturelles d\u2019une part, refus d\u2019obtemp\u00e9rer et transgressions de l\u2019autre. Outre la longueur et la r\u00e9p\u00e9titivit\u00e9 du texte, c\u2019est l\u2019absence de coh\u00e9sion d\u2019ensemble, de structure qui d\u00e9pla\u00eet. La mise en sc\u00e8ne ne forme pas une proposition coh\u00e9rente qui permettrait de mettre le texte en valeur. La r\u00e9partition entre les deux voix et la diction semblent al\u00e9atoires, sans rapport avec le propos&nbsp;; les lumi\u00e8res, tour \u00e0 tour blanches, bleues, rouges ou \u00e9teintes, n\u2019appuient pas le discours plus que ne semblent le faire les objets, suspendus par des fils, qui flottent au-dessus des com\u00e9diennes. Ces derni\u00e8res parfois se f\u00e2chent, parfois rient, parfois nous font face, parfois se font face&nbsp;: le contenu du texte reste, lui, monotone, et l\u2019\u00e9num\u00e9ration des actes de la vie d\u2019Anna n\u2019en finit pas.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais tout cela, pourquoi&nbsp;? Pourquoi cette inad\u00e9quation des corps aux mots, du d\u00e9cor au propos&nbsp;? Sans doute le projet est-il ailleurs, dissimul\u00e9, comme souterrain&nbsp;; sans doute faut-il l\u2019en extraire des ph\u00e9nom\u00e8nes, r\u00e9aliser, de cette introspection qui nous est montr\u00e9e, la psychanalyse. Parce qu\u2019on ne peut vraiment se fier aux phrases d\u2019Anna, \u00e0 y repenser. La pi\u00e8ce d\u2019Handke sugg\u00e8re dans sa forme m\u00eame une certaine mauvaise foi du personnage. Parce que, sur sc\u00e8ne aussi, ce d\u00e9doublement du personnage en deux com\u00e9diennes ne manifeste pas une r\u00e9elle mise \u00e0 distance de soi, une auto-analyse objectiv\u00e9e&nbsp;: elles finissent les phrases l\u2019une de l\u2019autre, travaillent de concert \u00e0 prouver leurs r\u00e9bellions pass\u00e9es et \u00e0 affirmer leur identit\u00e9. Ou plut\u00f4t celle d\u2019Anna, en porte-\u00e0-faux avec les normes, s\u2019extirpant de ses d\u00e9terminations en les contrecarrant, trouvant dans son \u00e9mancipation et ses bravades une individualit\u00e9 propre. Ou peut-\u00eatre pas, au fond. Les objets suspendus au plafond y restent, immobiles, immuables&nbsp;; les lumi\u00e8res ne sont rien d\u2019autre qu\u2019un gyrophare d\u2019ambulance, dans le lointain de la perception d\u2019Anna, ind\u00e9pendant de ses pens\u00e9es quoi qu\u2019elle ressasse. Mais ses r\u00e9voltes, alors, son refus de la conformit\u00e9 et son insoumission aux r\u00e8gles&nbsp;?&nbsp; \u00ab&nbsp;J\u2019ai crach\u00e9 \u00e0 terre dans un lieu o\u00f9 cracher \u00e9tait inconvenant&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;J\u2019ai parl\u00e9 \u00e0 voix basse quand il seyait de parler haut&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;J\u2019ai jou\u00e9 au m\u00e9pris des conventions&nbsp;\u00bb&nbsp;: autant de transgressions soumises aux normes qu\u2019elles transgressent, soumises au partage que les normes op\u00e8rent.<\/p>\n\n\n\n<p>Le spectacle ne performerait-il donc pas, alors, sur nous qui formons le public, ces injonctions qui nous conditionnent forc\u00e9ment&nbsp;? En donn\u00e9e externe \u00e0 nous, le spectacle, du moment qu\u2019on y assiste, subordonne notre r\u00e9action \u00e0 son existence. Une fois d\u00e9fini en spectateur, c\u2019est toujours par rapport au spectacle que j\u2019agis, jusque dans mon rejet&nbsp;: son m\u00e9canisme est ainsi similaire \u00e0 celui des injonctions et contraintes sociales qu\u2019explore&nbsp;<em>Introspection.<\/em>&nbsp;N\u2019\u00e9tais-je pas son otage, et les choses qui m\u2019en ont d\u00e9plu n\u2019\u00e9taient-elle pas justement la marque de cette prise d\u2019otage, que le texte d\u00e9voilait, sur un autre plan, \u00e0 propos d\u2019Anna&nbsp;? Extraordinaire tour de force&nbsp;et remarquable d\u00e9monstration pratique des interrogations, ch\u00e8res \u00e0 Handke&nbsp;:&nbsp;<em>Outrage au public<\/em>, cr\u00e9\u00e9 la m\u00eame ann\u00e9e qu\u2019<em>Introspection<\/em>, creusait de fa\u00e7on provocatrice la question du rapport au public et des contraintes qui en structurent la condition ! Ce renversement, peut-\u00eatre, n\u2019est aucunement intentionnel, et n\u2019en est un que pour moi&nbsp;; je choisis d\u2019y croire, comme Anna, une fois l\u2019unification de ses deux avatars pleinement effectu\u00e9e en fin de spectacle, choisit de croire qu\u2019elle est devenue sa v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>8 d\u00e9cembre 2021<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/nathan-maggetti\/\">Nathan Maggetti<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Les r\u00f4les de notre vie<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>8 d\u00e9cembre 2021<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/noemie-jeannet\/\">&nbsp;No\u00e9mie Jeannet<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"681\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/12\/2021-12-14-1024x681.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-15842\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/12\/2021-12-14-1024x681.png 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/12\/2021-12-14-300x200.png 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/12\/2021-12-14-250x166.png 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/12\/2021-12-14-768x511.png 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/12\/2021-12-14.png 1155w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Pierre-Yves Massot<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Sarah Eltschinger met en sc\u00e8ne un texte de Peter Handke relatant l\u2019histoire d\u2019Anna, une femme ayant v\u00e9cu un accident de voiture. Se retrouvant aux portes de la mort, celle-ci s\u2019interroge sur sa vie dans un long monologue introspectif. Deux com\u00e9diennes incarnent ce personnage aux multiples identit\u00e9s. Bien que la mise en sc\u00e8ne soit en coh\u00e9rence avec le message du texte, le rythme lent du spectacle provoque un effet de pesanteur.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le titre de la pi\u00e8ce originale,&nbsp;<em>Selbstbezichtigung&nbsp;<\/em>(\u00ab&nbsp;auto-accusation&nbsp;\u00bb) indique d\u00e9j\u00e0 dans quel sens le r\u00e9cit d\u2019Anna va se diriger. En effet, il s\u2019agit d\u2019une liste d\u2019injonctions soci\u00e9tales qu\u2019Anna a subies tout au long de sa vie, r\u00e9cit\u00e9es par une premi\u00e8re com\u00e9dienne, Prune Beuchat puis par une seconde, D\u00e9lia Krayenb\u00fchl, repr\u00e9sentant une autre facette de l\u2019identit\u00e9 d\u2019Anna. Celle-ci semble plus affirm\u00e9e, plus courageuse. A elles deux, elles r\u00e9citent les regrets d\u2019une vie pass\u00e9e. L\u2019agacement se fait ressentir entre elles. N\u00e9anmoins, elles se rendent progressivement compte qu\u2019elles repr\u00e9sentent une et m\u00eame personne. En effet, au d\u00e9but, Anna fuit, physiquement, ce nouveau personnage qui la suit. Son regard est \u00e9galement fuyant. A la fin, elles semblent se r\u00e9concilier, elles se regardent plus tendrement, leurs corps se rapprochent. Le texte est aussi prononc\u00e9 de fa\u00e7on plus douce et joyeuse. La chanson entonn\u00e9e \u00e0 l\u2019unisson par les deux com\u00e9diennes nous convainc d\u00e9finitivement de la r\u00e9conciliation entre les deux identit\u00e9s d\u2019Anna.<\/p>\n\n\n\n<p>Le jeu de lumi\u00e8re am\u00e8ne au spectacle une atmosph\u00e8re en symbiose avec le texte. Au d\u00e9but, les phares de la voiture qui a provoqu\u00e9 l\u2019accident d\u2019Anna \u00e9clairent les spectateurs de plein fouet. On en est presque \u00e9blouis. Le reste de l\u2019espace sc\u00e9nique est compl\u00e8tement plong\u00e9 dans le noir. Anna est allong\u00e9e par terre. Elle commence tr\u00e8s lentement \u00e0 se lever, r\u00e9citant des phrases courtes faisant allusion \u00e0 son enfance et \u00e0 ses premi\u00e8res heures sur terre. Les d\u00e9buts de phrases se r\u00e9p\u00e8tent&nbsp;: \u00ab&nbsp;je me souviens&nbsp;\u00bb, par exemple, d\u00e9clin\u00e9 dix fois de suite. La sc\u00e8ne est toujours plong\u00e9e dans le noir. La com\u00e9dienne se d\u00e9place, on la suit par le son de sa voix. La deuxi\u00e8me surgit d\u2019entre les phares de voiture. Puis la lumi\u00e8re se fait gr\u00e2ce \u00e0 des projecteurs install\u00e9s de chaque c\u00f4t\u00e9 de la sc\u00e8ne sous lesquels se tiennent les deux femmes. Lors de leur face-\u00e0-face, des voix comme \u00e9touff\u00e9es semblent \u00e9maner des personnes dans le r\u00e9el qui s\u2019affolent autour du corps d\u2019Anna. On sent qu\u2019Anna prend conscience de sa situation. Pas par ses mots, mais par ses expressions faciales exprimant une certaine angoisse. Le texte continue, quoiqu\u2019il arrive, \u00e0 lister tous les regrets, toutes les col\u00e8res du personnage. Des lumi\u00e8res rouges s\u2019allument. On comprend que c\u2019est la fin pour Anna. Et puis, une lumi\u00e8re bleue, une musique sainte. Est-elle arriv\u00e9e au paradis&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019espace sc\u00e9nique symbolise l\u2019int\u00e9rieur psychologique d\u2019Anna. On le comprend notamment par les lumi\u00e8res qui semblent suivre les humeurs changeantes du personnage&nbsp;: lorsqu\u2019elle semble se r\u00e9concilier avec sa deuxi\u00e8me identit\u00e9, les lumi\u00e8res deviennent plus claires. Les deux personnages rappellent \u00e0 quel point nous sommes compos\u00e9s de plusieurs identit\u00e9s dict\u00e9es par la soci\u00e9t\u00e9. La confrontation des deux figures incarnant Anna montre bien \u00e0 quel point, en tant qu\u2019individu, nous devons endosser des identit\u00e9s diff\u00e9rentes selon la situation v\u00e9cue. L\u2019ambiance lourde provoqu\u00e9e par la lumi\u00e8re et les bruitages inqui\u00e9tants puis les silences, ainsi que la lenteur du d\u00e9but am\u00e8nent un ton encore plus angoissant au spectacle.<\/p>\n\n\n\n<p>La mise en sc\u00e8ne de Sarah Eltschinger est ambitieuse. Amener \u00e0 la sc\u00e8ne un texte aussi \u00ab&nbsp;r\u00e9p\u00e9titif&nbsp;\u00bb que celui de Paul Handke reste un d\u00e9fi. Elle parvient \u00e0 souligner le poids que les normes de la soci\u00e9t\u00e9 peuvent avoir sur l\u2019\u00eatre humain. On en sort perturb\u00e9, voire tendu et m\u00eame un peu d\u00e9prim\u00e9. Le rythme lent de la repr\u00e9sentation alourdit le sujet sans provoquer une quelconque&nbsp;<em>introspection<\/em>&nbsp;en miroir chez le spectateur. On perd le fil de ce long monologue, l\u2019attention se focalise alors sur les expressions des com\u00e9diennes, ou le jeu de lumi\u00e8re mis en place. De plus, les d\u00e9placements sont rares, les com\u00e9diennes restent assez statiques, m\u00eame si D\u00e9lia Krayenb\u00fchl s\u2019aventure dans quelques mouvements plus dansants qui am\u00e8nent un peu de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 \u00e0 la pi\u00e8ce. Dommage que ceux-ci ne soient pas plus nombreux, car ils font du bien et all\u00e8gent l\u2019ambiance g\u00e9n\u00e9rale du spectacle, dont on sort \u00e9cras\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>8 d\u00e9cembre 2021<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/noemie-jeannet\/\">&nbsp;No\u00e9mie Jeannet<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.equilibre-nuithonie.ch\/fr\/spectacles\/je-suis-devenue-ma-verite\">Voir la page du spectacle<\/a> <\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u2019apr\u00e8s la pi\u00e8ce Introspection de Peter Handke \/ Mise en sc\u00e8ne par Sarah Eltschinger \/ \u00c9quilibre Nuithonie \/ du 08 au 12 d\u00e9cembre \/ Critiques par Nathan Maggetti et No\u00e9mie Jeannet .<\/p>\n","protected":false},"author":1002282,"featured_media":15838,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,131,34,38],"tags":[248,252],"class_list":["post-15837","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-equilibre-nuithonie","category-expired","category-spectacle","tag-nathan-maggetti","tag-noemie-jeannet"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15837","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002282"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=15837"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15837\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20168,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15837\/revisions\/20168"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/15838"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=15837"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=15837"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=15837"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}