{"id":15686,"date":"2021-11-08T09:28:44","date_gmt":"2021-11-08T08:28:44","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=15686"},"modified":"2025-02-09T16:35:48","modified_gmt":"2025-02-09T15:35:48","slug":"sous-influence","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2021\/11\/sous-influence\/","title":{"rendered":"Sous influence"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Sous influence<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">D\u2019apr\u00e8s le film\u00a0Une femme sous influence\u00a0de John Cassavetes \/ Mise en sc\u00e8ne par Nina Negri \/ Th\u00e9\u00e2tre de Vidy \/ du 3 au 13 novembre 2021 \/ Critiques par Valentine Bovey et Fr\u00e9d\u00e9rique Sautin . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>3 novembre 2021<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-admin\/customize.php?url=https%3A%2F%2Fwp.unil.ch%2Fateliercritique%2F\">Valentine Bovey<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Mabel, sous tous nos regards<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"908\" height=\"597\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/11\/1_mg_9624_i.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-15682\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/11\/1_mg_9624_i.jpg 908w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/11\/1_mg_9624_i-300x197.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/11\/1_mg_9624_i-250x164.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/11\/1_mg_9624_i-768x505.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 908px) 100vw, 908px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Manuele Geromini<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;C\u2019est seulement lorsque l\u2019on regardera autrement qu\u2019on pourra agir diff\u00e9remment.&nbsp;\u00bb Cette affirmation d\u2019Iris Brey, th\u00e9oricienne du&nbsp;<\/em>female gaze<em>&nbsp;au cin\u00e9ma, renferme la probl\u00e9matique de la nouvelle cr\u00e9ation de Nina Negri,&nbsp;<\/em>Sous influence<em>. En adaptant librement le film \u00e9ponyme de John Cassavetes, ce spectacle ambitieux propose entre danse et th\u00e9\u00e2tre des regards crois\u00e9s sur le personnage de Mabel \u2013 quitte &nbsp;\u00e0 nous faire oublier cette r\u00e9flexion au profit de la performance.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque le public s\u2019installe dans la salle, Mabel est d\u00e9j\u00e0 l\u00e0. Ou peut-\u00eatre la com\u00e9dienne, Laura den Hondt, on ne sait jamais tr\u00e8s bien. Elle commente les habits des gens, leur parle, s\u2019adresse \u00e0 eux avec une gouaille enfantine et joyeuse, teint\u00e9e parfois de mouvements d\u2019angoisse. En \u00e9chauffement en direct face aux spectateur\u00b7rice\u00b7s qui comprennent progressivement que dans cette histoire, librement adapt\u00e9e du film de John Cassavetes&nbsp;<em>Une femme sous influence&nbsp;<\/em>(1974), tout le monde sera pris \u00e0 parti. Les adresses au public indiquent d\u00e9j\u00e0 le proc\u00e9d\u00e9 dominant de la pi\u00e8ce&nbsp;: sous les personnages apparaissent toujours les acteur\u00b7rice\u00b7s, qui narrent le film avec un vocabulaire parfois technique, et les gestes de leur propre personnage. Ce rappel du proc\u00e9d\u00e9 brechtien de distanciation vise \u00e0 encourager, chez le public, une attitude critique par rapport \u00e0 ce qu\u2019il voit \u2013 ou plut\u00f4t, par rapport \u00e0 ce qui n\u2019est jamais pr\u00e9sent\u00e9 sur sc\u00e8ne, c\u2019est-\u00e0-dire les images du film original.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019histoire en est simple&nbsp;: il s\u2019agit de la vie du couple Nick et Mabel Longhetti. Nick est un ouvrier italien, qui souffre de l\u2019ali\u00e9nation caus\u00e9e par son travail. En face, sa femme, Mabel, est consid\u00e9r\u00e9e comme folle par le voisinage, car elle n\u2019agit pas selon les normes sociales qui incombent aux \u00e9pouses. Ses mimiques, son exub\u00e9rance, son enthousiasme sont constamment sanctionn\u00e9s par la soci\u00e9t\u00e9, jusqu\u2019\u00e0 un internement en h\u00f4pital psychiatrique qui aura de graves s\u00e9quelles. Cette femme \u00ab&nbsp;sous influence&nbsp;\u00bb n\u2019est pas simplement alcoolique \u2013 comme cela a pu \u00eatre dit \u2013&nbsp;; elle souffre des normes sociales, incarn\u00e9es par les nombreux regards qui p\u00e8sent sur elles et l\u2019enjoignent \u00e0 se conformer. C\u2019est pourquoi la pi\u00e8ce s\u2019annonce d\u2019embl\u00e9e comme un jeu de regards&nbsp;: \u00ab&nbsp;J\u2019ai regard\u00e9 qu\u2019on m\u2019a regard\u00e9&nbsp;\u00bb, soupire Mabel, tr\u00e8s consciente du poids des yeux pos\u00e9s sur elle, ceux de Nick, le mari amoureux et violent, et ceux du public, qui incarne tour \u00e0 tour les coll\u00e8gues de Nick ou les invit\u00e9\u00b7e\u00b7s d\u2019une f\u00eate d\u2019anniversaire. La sc\u00e9nographie renforce encore ce th\u00e8me&nbsp;: des panneaux mobiles, qui refl\u00e8tent imparfaitement le corps des personnes pr\u00e9sentes sur sc\u00e8ne, et qui les enserrent dans un labyrinthe de reflets et de repr\u00e9sentations.<\/p>\n\n\n\n<p>Le film de Cassavetes est c\u00e9l\u00e8bre pour sa narration fragment\u00e9e et son usage du faux-raccord. La mise en sc\u00e8ne de Nina Negri reprend cette id\u00e9e en mettant en place un dispositif hybride entre th\u00e9\u00e2tre, narration et danse. En effet, les personnages de Nick (Guillaume Miramond) et de Mabel sont d\u00e9doubl\u00e9s par la pr\u00e9sence de deux danseur\u00b7euse\u00b7s KRUMP. Cette danse (acroynme de&nbsp;<em>Kingdom Radically Uplifted Mighty Praise<\/em>) est n\u00e9e dans les ghettos afro-am\u00e9ricains \u00e0 Los Angeles en r\u00e9action \u00e0 la violente r\u00e9pression polici\u00e8re des ann\u00e9es 1990. Par des mouvements contr\u00f4l\u00e9s et saccad\u00e9s, elle permet aux interpr\u00e8tes de se \u00ab&nbsp;r\u00e9-approprier [leur] espace vital et de r\u00e9unir toutes les conditions n\u00e9cessaires pour que le corps puisse exprimer son intensit\u00e9, sans se blesser ou blesser l\u2019autre&nbsp;\u00bb, selon la d\u00e9finition donn\u00e9e dans le dossier de presse. On comprend rapidement sa pertinence, en tout cas sur le plan th\u00e9orique, pour figurer la souffrance de Mabel, constamment en lutte contre des d\u00e9terminations \u00e9trang\u00e8res, qu\u2019elles soient mat\u00e9rielles ou immat\u00e9rielles. Toutefois, l\u2019excellence des deux danseur\u00b7euse\u00b7s \u2013 Mamu Tshi, nomm\u00e9e meilleure danseuse KRUMP europ\u00e9enne de l\u2019ann\u00e9e 2020, et Dakota Simao, aussi plusieurs fois acclam\u00e9 pour ses performances \u2013 sur les chor\u00e9graphies cr\u00e9\u00e9es par Nina Negri cr\u00e9e parfois un effet de \u00ab&nbsp;spectacle dans le spectacle&nbsp;\u00bb. Ces passages dans\u00e9s, \u00e9mouvants et tr\u00e8s incarn\u00e9s, entrent en contradiction avec le jeu distanci\u00e9 des acteur\u00b7rice\u00b7s, produisant un hiatus d\u00e9routant dans l\u2019articulation entre ces deux niveaux du spectacle. N\u00e9anmoins, ce d\u00e9s\u00e9quilibre est un peu unifi\u00e9 par des sc\u00e8nes hybrides o\u00f9, par exemple, Mabel danse avec ses enfants, incarn\u00e9s par de jeunes com\u00e9dien\u00b7ne\u00b7s recrut\u00e9\u00b7e\u00b7s dans des ateliers th\u00e9\u00e2tre-danse-cam\u00e9ra cr\u00e9\u00e9s par la troupe de la pi\u00e8ce, sur des chor\u00e9graphies d\u2019Alex Landa Aguirreche. Tout ceci est mis en valeur par une composition musicale renversante&nbsp;: Mozarf, compositeur KRUMP, reprend pour mieux le d\u00e9molir le th\u00e8me du&nbsp;<em>Lac des Cygnes&nbsp;<\/em>de Tcha\u00efkovski, et Boris Boublil&nbsp;fait de m\u00eame avec la bande-originale de Bo Harwood. Cette cr\u00e9ation au caract\u00e8re collectif (la phase d\u2019\u00e9criture de plateau est cr\u00e9dit\u00e9e de plus de dix noms) interpr\u00e9t\u00e9e uniquement par des jeunes professionnel\u00b7le\u00b7s du monde du th\u00e9\u00e2tre romand, dont la plupart sont pass\u00e9\u00b7e\u00b7s sur les bancs de la Manufacture, souffre peut-\u00eatre paradoxalement du talent individuel et de l\u2019ambition de chacun\u00b7e de ces cr\u00e9ateur\u00b7rice\u00b7s. Cette \u0153uvre d\u2019art ambitieuse \u00e9clate en tous sens et oblit\u00e8re parfois le propos de la pi\u00e8ce, qui tente de proposer pour le personnage de Mabel un&nbsp;<em>female gaze&nbsp;<\/em>\u2013 ce qui veut dire, par la narration, induire une identification forte et une empathie pour le personnage f\u00e9minin plut\u00f4t que de l\u2019objectiver par le regard. Ce th\u00e8me de pr\u00e9dilection de la metteuse en sc\u00e8ne r\u00e9appara\u00eet toutefois lors de la sc\u00e8ne finale, qui propose \u00e0 l\u2019instar de&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2021\/10\/cest-arrive-pres-de-chez-nous\/\">la d\u00e9marche de Christiane Jatahy<\/a>&nbsp;avec un autre film dans<em>&nbsp;Entre chien et Loup<\/em>, une fin alternative, chant\u00e9e d\u2019une voix magnifique par l\u2019actrice principale. R\u00e9dempteur.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>3 novembre 2021<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-admin\/customize.php?url=https%3A%2F%2Fwp.unil.ch%2Fateliercritique%2F\">Valentine Bovey<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>3 novembre 2021<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/tag\/frederique-sautin\/\" data-type=\"post_tag\" data-id=\"244\">Fr\u00e9d\u00e9rique Sautin<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Cassavetes en pi\u00e8ces<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"908\" height=\"597\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/11\/1_mg_9719_i.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-15691\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/11\/1_mg_9719_i.jpg 908w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/11\/1_mg_9719_i-300x197.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/11\/1_mg_9719_i-250x164.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/11\/1_mg_9719_i-768x505.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 908px) 100vw, 908px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Manuele Geromini<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Le th\u00e9\u00e2tre de Vidy accueille jusqu\u2019au 13 novembre le dernier spectacle de Nina Negri&nbsp;<\/em>Sous influence<em>, librement inspir\u00e9 du film&nbsp;<\/em>A woman under the influence<em>&nbsp;du r\u00e9alisateur am\u00e9ricain John Cassavetes. La metteuse en sc\u00e8ne et chor\u00e9graphe m\u00e9lange th\u00e9\u00e2tre et danse urbaine par le biais d\u2019un duo d\u2019acteur.rices et de danseur.ses \u00e0 travers un montage fragment\u00e9, \u00e0 l\u2019image d\u2019un couple en perp\u00e9tuelle composition et d\u00e9composition.<\/em>&nbsp;<em>Le spectacle sera en tourn\u00e9e en Suisse romande \u2013 \u00e0 Gen\u00e8ve, \u00e0 Sierre et \u00e0 La Chaux-de-Fonds \u2013 jusqu\u2019en f\u00e9vrier 2022.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Ce n\u2019est pas premi\u00e8re fois que Nina Negri s\u2019empare de la question f\u00e9ministe en y alliant des r\u00e9f\u00e9rences cin\u00e9matographiques&nbsp;:&nbsp;<em>M. la Multiple<\/em>&nbsp;en 2018 (d\u2019apr\u00e8s&nbsp;<em>M, le Maudit<\/em>&nbsp;de Fritz Lang) sur l\u2019injonction sociale de la maternit\u00e9, puis&nbsp;<em>Ad\u00e8le H<\/em>. en 2019 (d\u2019apr\u00e8s le titre \u00e9ponyme de Fran\u00e7ois Truffaut) sur le harc\u00e8lement sexuel subi par l\u2019actrice Ad\u00e8le Haenel.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec&nbsp;<em>Sous influence<\/em>, l\u2019artiste pluridisciplinaire, s\u2019attaque \u00e0 l\u2019emprise des normes sociales et familiales, au rapport de domination d\u2019un mari (Nick) sur sa femme (Mabel) en 2021, presque 50 ans apr\u00e8s la sortie du film de Cassavetes&nbsp;<em>Une femme sous influence&nbsp;<\/em>(1974)<em>,<\/em>&nbsp;dans lequel Peter Falk et la magnifique Gena Rowlands \u2013 \u00e9pouse du cin\u00e9aste \u2013 jouaient ce couple amoureux en crise.<\/p>\n\n\n\n<p>Le spectacle conserve la chronologie de l\u2019\u0153uvre originale, ses personnages principaux (le couple et leurs trois enfants), ses r\u00e9pliques-cl\u00e9s (en fran\u00e7ais ou en anglais), ses sc\u00e8nes rep\u00e8res (l\u2019attente de Mabel, son errance dans la ville, son internement forc\u00e9, son retour \u00e0 la maison), en modifiant cependant sa fin. Pour renforcer le lien entre cin\u00e9ma et th\u00e9\u00e2tre, les \u00e9changes incluent des indications de cadrage cin\u00e9matographique (\u00ab&nbsp;<em>Plan serr\u00e9 sur Nick<\/em>&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;<em>Plan large dans la rue<\/em>&nbsp;\u00bb) et la bande-son comprend m\u00eame un extrait du film. Pour son adaptation, Nina Negri a recours au montage de diff\u00e9rents m\u00e9diums sc\u00e9niques&nbsp;originaux : d\u2019une part, des projections vid\u00e9o sur des pans de verre mobiles qui forment des murs opaques, des paravents-miroirs, puis finalement une cage d\u2019enfermement psychiatrique pour Mabel. D\u2019autre part, deux danseur.ses<em>&nbsp;krump&nbsp;<\/em>(une danse urbaine n\u00e9e \u00e0 Los Angeles dans les ann\u00e9es 1990 dans les ghettos de la communaut\u00e9 afro-am\u00e9ricaine) incarnent les doubles de Nick et Mabel&nbsp;; dansent leurs rapports de force ou les troubles de l\u2019h\u00e9ro\u00efne.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Sous influence<\/em>, \u00ab&nbsp;<em>c\u2019est l\u2019histoire d\u2019une femme qui s\u2019appelle Mabel<\/em>&nbsp;\u00bb. Elle est devenue dingue \u00e0 force de jouer un r\u00f4le qu\u2019elle n\u2019assume pas&nbsp;; celui de bonne \u00e9pouse, de bonne m\u00e8re. Et elle a honte, parce qu\u2019elle n\u2019arrive pas \u00e0 s\u2019adapter. Son mari Nick, un type tr\u00e8s \u00ab&nbsp;normal&nbsp;\u00bb qui croit \u00e0 la famille, aime sa femme passionn\u00e9ment&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>\u00e7a ne me g\u00eane pas que tu sois cingl\u00e9e\u2026&nbsp;\u00bb,&nbsp;<\/em>mais son comportement le met, malgr\u00e9 tout, tr\u00e8s mal \u00e0 l\u2019aise.<\/p>\n\n\n\n<p>La com\u00e9dienne Laura Den Hondt, qui incarne Mabel, joue avec ce malaise d\u00e8s l\u2019arriv\u00e9e des spectateurs et spectatrices dans la salle de spectacle, en adoptant un jeu d\u00e9routant, d\u00e9rangeant parfois, en interpellant directement (\u00ab&nbsp;<em>Comment tu t\u2019appelles<\/em>&nbsp;?&nbsp;\u00bb) ou en touchant m\u00eame certaines personnes, \u00e0 la mani\u00e8re de Gena Rowlands qui accueillait les amis et la famille de Nick dans le film<em>.&nbsp;<\/em>La com\u00e9dienne brise les conventions th\u00e9\u00e2trales comme Mabel brise les conventions sociales. Elle ose, non sans difficult\u00e9, et elle va m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 nous faire chanter en canon en mode \u00ab&nbsp;mabelesque&nbsp;\u00bb. Mais Mabel ose trop, alors il faut la calmer, la cadrer, l\u2019enfermer. Ce sera dans une cage de verre, une sorte d\u2019aquarium g\u00e9ant qui donne lieu \u00e0 la projection de belles images aquatiques o\u00f9 l\u2019h\u00e9ro\u00efne semble d\u2019abord se noyer, puis se transformer en sir\u00e8ne avant sa m\u00e9tamorphose finale en cygne blanc, au son de la m\u00e9lodie \u00ab&nbsp;d\u00e9construite&nbsp;\u00bb du Lac des Cygnes de Tchaikovsky. La repr\u00e9sentation se termine sur l\u2019image d\u2019une Mabel en plumes, apais\u00e9e et chantant, en anglais, une composition originale&nbsp;: \u00ab&nbsp;Birds in the cage&nbsp;\u00bb \u2026<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>3 novembre 2021<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/tag\/frederique-sautin\/\" data-type=\"post_tag\" data-id=\"244\">Fr\u00e9d\u00e9rique Sautin<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/vidy.ch\/sous-influence\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/vidy.ch\/sous-influence\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir le spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u2019apr\u00e8s le film\u00a0Une femme sous influence\u00a0de John Cassavetes \/ Mise en sc\u00e8ne par Nina Negri \/ Th\u00e9\u00e2tre de Vidy \/ du 3 au 13 novembre 2021 \/ Critiques par Valentine Bovey et Fr\u00e9d\u00e9rique Sautin .<\/p>\n","protected":false},"author":1002282,"featured_media":15687,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,2],"tags":[244,241],"class_list":["post-15686","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-de-vidy","tag-frederique-sautin","tag-valentine-bovey"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15686","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002282"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=15686"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15686\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20416,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15686\/revisions\/20416"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/15687"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=15686"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=15686"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=15686"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}