{"id":15217,"date":"2021-06-15T16:40:09","date_gmt":"2021-06-15T14:40:09","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=15217"},"modified":"2025-02-09T16:39:02","modified_gmt":"2025-02-09T15:39:02","slug":"une-rose-et-un-balai","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2021\/06\/une-rose-et-un-balai\/","title":{"rendered":"Une Rose et un balai"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Une Rose et un balai<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Une Rose et un balai \/ Texte de Michel Simonet \/ Mise en sc\u00e8ne par Genevi\u00e8ve Pasquier et Nicolas Rossier \/ Th\u00e9\u00e2tre des Osses \/ du 27 mai au 6 juin 2021 \/ Critique par Johanna Codourey. <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>27 mai 2021<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/johanna-codourier\/\">Johanna Codourey<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Le regard d&rsquo;un cantonnier sur la ville<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/06\/rosebalais-1024x683.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-15215\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/06\/rosebalais-1024x683.jpeg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/06\/rosebalais-300x200.jpeg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/06\/rosebalais-250x167.jpeg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/06\/rosebalais-768x512.jpeg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/06\/rosebalais-1536x1024.jpeg 1536w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/06\/rosebalais.jpeg 1800w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Julien James Auzan<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Au Th\u00e9\u00e2tre des Osses, \u00e0 Fribourg, Genevi\u00e8ve Pasquier et Nicolas Rossier proposent de s\u2019arr\u00eater une bonne heure sur l\u2019exp\u00e9rience de l\u2019un de ces nettoyeurs de l\u2019ombre, en tirant la mati\u00e8re de leur spectacle du r\u00e9cit publi\u00e9 en 2019 par le cantonnier Michel Simonet. Une mise en sc\u00e8ne originale fond\u00e9e sur le principe de la r\u00e9cup\u00e9ration g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, pour aborder la philosophie du m\u00e9tier et l\u2019\u00e9cologie.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Sur sc\u00e8ne se trouvent un chariot de cantonnier, trois panneaux et des d\u00e9chets \u2013 surtout des cannettes. Rien de tr\u00e8s original et pourtant&nbsp;! Les deux artistes qui les manipulent, Alexandre Cellier et Yves Jenny, en uniforme de cantonniers, sauront les d\u00e9tourner habilement, les recycler afin de leur donner une multitude de fonctions&nbsp;: l\u2019accord\u00e9on est aussi une machine \u00e0 \u00e9crire ou sert \u00e0 figurer une biblioth\u00e8que pleine de livres. Le plus fascinant reste l\u2019incongruit\u00e9 des instruments de musique&nbsp;: Alexandre Cellier, qui r\u00e9alise sur sc\u00e8ne tous les bruitages et la \u00ab&nbsp;bande-son&nbsp;\u00bb de la pi\u00e8ce, joue de la cornemuse avec un tuyau d\u2019arrosage et un gant, de la guitare avec un balai, du saxophone avec un arrosoir et bien d\u2019autres instruments inattendus.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce r\u00e9investissement des objets nous invite \u00e0 voir autrement ces d\u00e9chets et se fait l\u2019\u00e9cho du texte de Michel Simonet, dont le spectacle reprend le titre. Pendant une heure dix, Yves Jenny raconte cette exp\u00e9rience au public, en lui adressant son regard ou en lui tendant une bi\u00e8re qu\u2019il vient de d\u00e9crire comme l\u2019objet le plus puant qu\u2019il ait jamais senti. L\u2019objet ne sent rien, mais les mots sont si bien choisis que l\u2019on n\u2019oserait se saisir de la canette.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque le com\u00e9dien joue le narrateur, le corps tient un r\u00f4le secondaire, il sert \u00e0 illustrer le contenu du discours&nbsp;de mani\u00e8re st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9e, dans des interpr\u00e9tations qu\u2019on peut parfois juger malheureuses&nbsp;: lorsque \u00ab&nbsp;la rue devient f\u00e9minine&nbsp;\u00bb, le cantonnier se cache ainsi derri\u00e8re un panneau pour observer d\u2019un regard un peu int\u00e9ress\u00e9 les femmes qu\u2019on imagine passer. Lorsqu\u2019il s\u2019agit cependant d\u2019interagir avec son partenaire, de chanter ou de laisser planer un silence, le jeu devient plus naturel, cassant le rythme parfois un peu r\u00e9p\u00e9titif de la narration.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019accent est mis sur le texte de Simonet, pr\u00e9sent\u00e9 ici avec quelques coupes et quelques r\u00e9organisations. Entre les extraits, les transitions de quelques secondes cr\u00e9ent de l\u00e9g\u00e8res ruptures produisant un effet de discontinuit\u00e9. Les passages en eux-m\u00eames sont judicieusement choisis. Ils donnent acc\u00e8s \u00e0 la pens\u00e9e et au regard de ce \u00ab&nbsp;balayeur et fier de Lettres&nbsp;\u00bb qui nettoie les rues de Fribourg \u2013 dont le sol du plateau est la repr\u00e9sentation \u2013 par choix et conviction. Cet homme d\u00e9crit son entr\u00e9e dans le milieu et le m\u00e9tier, avec ses rencontres, ses maux et ses trouvailles mat\u00e9rielles insolites en ajoutant, \u00e7a et l\u00e0, quelques d\u00e9tails plus personnels qui vont \u00e0 l\u2019encontre des st\u00e9r\u00e9otypes&nbsp;: il r\u00e9cup\u00e8re les consignes des bouteilles pour s\u2019acheter des \u00e9ditions de la Pl\u00e9iade. Il le dit lui-m\u00eame&nbsp;: il renverse un peu les clich\u00e9s sociaux. Et tout cela dans un langage fleuri de double sens et de formules po\u00e9tiques, de la \u00ab&nbsp;d\u00e9chetance&nbsp;\u00bb (entre d\u00e9chet et d\u00e9ch\u00e9ance) \u00e0 la \u00ab&nbsp;maladresse \u00e9thylique&nbsp;\u00bb de l\u2019homme ivre.<\/p>\n\n\n\n<p>En donnant \u00e0 ce texte une nouvelle vie sur la sc\u00e8ne, les metteur.e.s en sc\u00e8ne \u2013 et l\u2019\u00e9crivain \u2013 nous invitent \u00e0 repenser notre vision de cette profession et sensibilisent \u00e0 la question du recyclage et de l\u2019\u00e9cologie. La rose qui fait le bonheur du cantonnier sur son chariot est aussi le symbole d\u2019une simplicit\u00e9 qui contraste avec nos poubelles pleines, \u00ab&nbsp;reflet de notre soci\u00e9t\u00e9 d\u2019abondance&nbsp;\u00bb&nbsp;: ramasser ses d\u00e9chets appara\u00eet bien finalement comme une preuve de \u00ab&nbsp;formation&nbsp;\u00bb et non de \u00ab&nbsp;d\u00e9formation professionnelle&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>27 mai 2021<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/johanna-codourier\/\">Johanna Codourey<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.theatreosses.ch\/spectacles\/une-rose-et-un-balai\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une Rose et un balai \/ Texte de Michel Simonet \/ Mise en sc\u00e8ne par Genevi\u00e8ve Pasquier et Nicolas Rossier \/ Th\u00e9\u00e2tre des Osses \/ du 27 mai au 6 juin 2021 \/ Critique par Johanna Codourey.<\/p>\n","protected":false},"author":1001835,"featured_media":15218,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,11,38],"tags":[222],"class_list":["post-15217","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-theatre-des-osses","category-spectacle","tag-johanna-codourey"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15217","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001835"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=15217"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15217\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20438,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15217\/revisions\/20438"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/15218"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=15217"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=15217"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=15217"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}