{"id":15184,"date":"2021-05-25T16:19:17","date_gmt":"2021-05-25T14:19:17","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=15184"},"modified":"2025-02-09T16:44:08","modified_gmt":"2025-02-09T15:44:08","slug":"villa-dolorosa","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2021\/05\/villa-dolorosa\/","title":{"rendered":"Villa Dolorosa"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Villa Dolorosa<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Texte de Rebekka Kricheldorf \/ Mise en sc\u00e8ne de Guillaume B\u00e9guin \/ Sc\u00e9nographie de Sylvie Kleiber \/ Captation au Poche\/GVE en octobre 2015, repris au Th\u00e9\u00e2tre Vidy du 9 au 18 f\u00e9vrier 2016 \/ Critique par Micha\u00ebl Rolli . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>9 f\u00e9vrier 2016<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/michael-rolli\/\">Micha\u00ebl Rolli<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Villa du glandouillage<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/05\/\u00a9Samuel-Rubio-28-1024x683.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-15182\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/05\/\u00a9Samuel-Rubio-28-1024x683.jpeg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/05\/\u00a9Samuel-Rubio-28-300x200.jpeg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/05\/\u00a9Samuel-Rubio-28-250x167.jpeg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/05\/\u00a9Samuel-Rubio-28-768x512.jpeg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/05\/\u00a9Samuel-Rubio-28-1536x1024.jpeg 1536w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/05\/\u00a9Samuel-Rubio-28.jpeg 1800w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Samuel Rubio<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Entre dialogues acerbes, rires, cris et \u00ab&nbsp;glandouillage&nbsp;\u00bb, Guillaume B\u00e9guin nous invite \u00e0 voir un ennui plein de vie.&nbsp;<\/em>Villa Dolorosa<em>&nbsp;de Rebekka Kricheldorf est men\u00e9 avec \u00e9nergie par un plateau de six excellents com\u00e9diens. Cette satire sociale, adaptation des&nbsp;<\/em>Trois s\u0153urs<em>&nbsp;de Tchekhov dans une Allemagne contemporaine, est une richesse d\u2019\u00e9criture et d\u2019interpr\u00e9tation.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;<\/em>Le metteur en sc\u00e8ne lausannois Guillaume B\u00e9guin poursuit sa recherche sur la repr\u00e9sentation des relations humaines et du malaise identitaire avec&nbsp;<em>Villa Dolorosa<\/em>&nbsp;de la jeune dramaturge allemande Rebekka Kricheldorf. Peu repr\u00e9sent\u00e9e en Suisse romande, l\u2019autrice, n\u00e9e en 1974, est consid\u00e9r\u00e9e comme l\u2019une des dramaturges les plus talentueuses de la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de la sc\u00e8ne allemande. Avec d\u00e9j\u00e0 plus d\u2019une trentaine de pi\u00e8ces, Kricheldorf revisite les classiques du th\u00e9\u00e2tre occidental, mais aussi les textes plus anciens, comme les contes et les mythes, en les int\u00e9grant dans notre monde contemporain. Ici, elle revisite avec une langue corrosive et sarcastique&nbsp;<em>Les Trois s\u0153urs<\/em>&nbsp;d\u2019Anton Tchekhov, en pla\u00e7ant les trois protagonistes dans une Allemagne moderne et rock\u2019n\u2019roll.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Je d\u00e9clare le glandouillage comme une activit\u00e9 g\u00e9n\u00e9ratrice de sens&nbsp;\u00bb. Dans une esth\u00e9tique volontairement kitsch, Irina au caract\u00e8re fort et empot\u00e9 est assise sur son lit, devant un mur vert, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019une chaise verte, pr\u00e8s de cadres sans verre et de bouteilles en verre vert vides. \u00c0 gauche, Olga, figure matriarcale, est debout avec une stature imposante, elle ne bouge presque pas. \u00c0 droite, Macha, assise sur le cadre du lit, l\u00e9g\u00e8re et amus\u00e9e, tient son verre de champagne \u00e0 la main. Elles f\u00eatent le premier des trois anniversaires rat\u00e9s d\u2019Irina. Vingt-huit, vingt-neuf et finalement trente ans, les ann\u00e9es se succ\u00e8dent dans trois actes diff\u00e9rents qui se ressemblent tous&nbsp;: toujours les m\u00eames cadeaux, ce m\u00eame samovar, ces m\u00eames chroniques du lyc\u00e9e Schiller, toujours les m\u00eames invit\u00e9s \u2013 qui ne le sont pas vraiment \u2013 et toujours les m\u00eames probl\u00e8mes. Rien ne change, tout se ressemble.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cet univers color\u00e9 et simple, les personnages de Tchekhov s\u2019ennuient\u2026 encore. Olga pleure son r\u00f4le d\u2019institutrice et de future directrice, Irina r\u00eave d\u2019une vie tr\u00e9pidante aux multiples d\u00e9couvertes et Macha esp\u00e8re un amour impossible avec le malheureux Georg. La r\u00e9p\u00e9tition des p\u00e9rip\u00e9ties, des cadeaux, des actions, mais aussi le d\u00e9cor qui ne change pas, ne sont que des illustrations de ce tournoiement et cette course lente dans un d\u00e9sespoir sans fin. Le texte cru et acerbe de Kricheldorf est bien mis en valeur dans cette interpr\u00e9tation. \u00ab&nbsp;J\u2019ai une vie de merde, Macha&nbsp;\u00bb, dit Georg. La vulgarit\u00e9, la morosit\u00e9 et l\u2019ironie caract\u00e9risent les paroles qui tombent en lambeaux, qui ne m\u00e8nent \u00e0 rien, dans une exag\u00e9ration de la perte de communication&nbsp;<em>tchekhovienne<\/em>. Les relations sont d\u2019autant plus d\u00e9t\u00e9rior\u00e9es que le langage s\u2019appauvrit, \u00e0 l\u2019images des r\u00e9p\u00e9titions des termes \u00ab&nbsp;chiants&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;ta gueule&nbsp;\u00bb qui rythment les trois actes.<\/p>\n\n\n\n<p>La nostalgie et l\u2019ennui, d\u00e9j\u00e0 caract\u00e9ristiques de la pi\u00e8ce de l\u2019auteur russe, sont, ici, encore plus marqu\u00e9s. \u00ab&nbsp;J\u2019ai le chemin le plus long vers le cercueil&nbsp;\u00bb&nbsp;: la malheureuse Macha \u2013 cadette dans cette version \u2013 d\u00e9sesp\u00e8re de voir une fin \u00e0 cet \u00e9ternel ennui, comme si apr\u00e8s avoir jou\u00e9 la version russe, elle recommen\u00e7ait l\u2019histoire en version allemande.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Je suis un singe qui dysfonctionne&nbsp;\u00bb&nbsp;: hurle Irina dans un exc\u00e8s de col\u00e8re. L\u2019esth\u00e9tique des spectacles de Guillaume B\u00e9guin se retrouve dans cette vibration intense entre humanit\u00e9 et bestialit\u00e9, sinc\u00e9rit\u00e9 et grotesque, instants de douceur et hurlements. Le jeu de Tiphanie Bovay-Klameth (Irina) est brillant et volontairement in\u00e9l\u00e9gant&nbsp;; aux allures de d\u00e9esse grecque potiche, elle incarne une jeune adulte, \u00e9tudiante en mal d\u2019actions&nbsp;:\u00ab&nbsp;Tout est chiant et tout le monde est chiant&nbsp;\u00bb. Les trois s\u0153urs s\u2019enferment dans leur cocon familial, en esp\u00e9rant vainement pouvoir en sortir. Olga (Caroline Gasser) a une droiture imposante et une \u00e9locution douce mais affirmative, dr\u00f4lement aga\u00e7ante. En face, il y a la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 et l\u2019\u00e9nergie de Macha (Lara Khattabi), qui esp\u00e8re le grand amour. Dans ce portrait de famille aux accents acerbes, le personnage du fr\u00e8re, auteur sans succ\u00e8s, est ici emport\u00e9 avec bravoure par la jeunesse animale du com\u00e9dien genevois Matteo Zimmermann. Et que seraient les&nbsp;<em>Trois s\u0153urs<\/em>&nbsp;sans l\u2019acide belle-s\u0153ur&nbsp;? Jeannine (Nastassja Tanner) \u2013 qui est une adaptation de la Natacha de Tchekhov \u2013 s\u2019emballe dans un amour d\u2019adolescent, dans lequel le bonheur mourra bien vite. On retient la justesse de son jeu dans ses exc\u00e8s de col\u00e8re et d\u2019amour tendre.<\/p>\n\n\n\n<p>Guillaume B\u00e9guin reprend le texte de Rebekka Kricheldorf avec un souffle printanier, pla\u00e7ant les trois s\u0153urs dans un jardin de ronces, dans lequel les personnages sont mus par un d\u00e9sir de plaire et de briller.&nbsp;<em>Villa Dolorosa<\/em>&nbsp;est cet&nbsp;<em>after<\/em>&nbsp;de soir\u00e9e auquel on ne veut pas assister, mais dans lequel on est coinc\u00e9. C\u2019est une triste com\u00e9die brillamment grotesque qui nous est propos\u00e9e. Il ne nous reste plus qu\u2019\u00e0 nous servir du champagne et \u00e0 profiter.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>9 f\u00e9vrier 2016<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/michael-rolli\/\">Micha\u00ebl Rolli<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/vidy.ch\/villa-dolorosa-1\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Texte de Rebekka Kricheldorf \/ Mise en sc\u00e8ne de Guillaume B\u00e9guin \/ Sc\u00e9nographie de Sylvie Kleiber \/ Captation au Poche\/GVE en octobre 2015, repris au Th\u00e9\u00e2tre Vidy du 9 au 18 f\u00e9vrier 2016 \/ Critique par Micha\u00ebl Rolli .<\/p>\n","protected":false},"author":1001835,"featured_media":15182,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,171,38,2],"tags":[243],"class_list":["post-15184","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-le-poche","category-spectacle","category-theatre-de-vidy","tag-michael-rolli"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15184","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001835"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=15184"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15184\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20429,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15184\/revisions\/20429"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/15182"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=15184"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=15184"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=15184"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}