{"id":15174,"date":"2021-05-18T09:41:19","date_gmt":"2021-05-18T07:41:19","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=15174"},"modified":"2024-12-12T14:49:04","modified_gmt":"2024-12-12T13:49:04","slug":"noces-de-vers","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2021\/05\/noces-de-vers\/","title":{"rendered":"Noces de vers"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Noces de vers<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Cr\u00e9ation et mise en sc\u00e8ne par Yann Marussich et Kamil Guenatri \/ En coproduction avec l\u2019ADC \u2013 l\u2019Association pour la danse contemporaine \/ Biennale \u00ab Out of the Box \u00bb \/ du 14 au 16 mai 2021 \/ Critique par Darya Feral . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>14 mai 2021<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/darya-feral\/\">Darya Feral<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Les corps immobiles<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"700\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/05\/NocesDeVers-1024x700.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-15169\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/05\/NocesDeVers-1024x700.jpeg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/05\/NocesDeVers-293x200.jpeg 293w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/05\/NocesDeVers-250x170.jpeg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/05\/NocesDeVers-768x525.jpeg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/05\/NocesDeVers-1536x1050.jpeg 1536w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/05\/NocesDeVers-135x93.jpeg 135w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/05\/NocesDeVers.jpeg 1756w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Isabelle Meister<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>La cinqui\u00e8me \u00e9dition de la Biennale des Arts inclusifs \u00ab\u2009Out of the Box\u2009\u00bb, dont la programmation est centr\u00e9e sur la relation entre l\u2019art et la situation de handicap, s\u2019ouvre avec la performance&nbsp;<\/em>Noces de vers&nbsp;<em>au Pavillon de l\u2019Association pour la danse contemporaine. Yann Marussich et Kamil Guenatri collaborent dans ce triptyque, sur trois soir\u00e9es, et ritualisent l\u2019immobilit\u00e9, successivement en lien avec le th\u00e8me du mariage, du doute, et de la mort.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Il est intriguant de se trouver dans un lieu qui c\u00e9l\u00e8bre la danse pour assister \u00e0 une performance qui ne propose pas de mouvements du corps. L\u2019immobilit\u00e9, que Yann Marussich explore dans ses productions depuis&nbsp;<em>Bleu provisoire<\/em>&nbsp;en 2001, est constitutive de la condition physique de Kamil Guenatri. Les deux artistes ont travaill\u00e9 ensemble sur ce projet, dont la pr\u00e9paration fait l\u2019objet d\u2019une exposition photographique de Sarah Maitrot. D\u00e8s la premi\u00e8re soir\u00e9e, dans le hall du b\u00e2timent, un assistant d\u00e9shabille Yann Marussich, qui se tient debout, au rythme des instructions de Kamil Guenatri. Sur le plateau, les postures immobiles sont tenues durant presque une heure chaque soir. Les corps, partiellement ensevelis dans du riz ou de la terre, se touchent lors du \u00ab\u2009mariage\u2009\u00bb et de la \u00ab\u2009mort\u2009\u00bb. Ils sont habill\u00e9s et \u00e9tendus s\u00e9par\u00e9ment dans le volet central du triptyque, seul moment o\u00f9 le public entend du texte. Les postures, toujours allong\u00e9es et minimalistes, r\u00e9pondent au d\u00e9pouillement du plateau, presque nu\u2009: une toile blanche ronde entour\u00e9e de verres, une planche suspendue, ou un terreau constituent le d\u00e9cor.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette immobilit\u00e9 des artistes, qui peut para\u00eetre d\u00e9routante les premi\u00e8res minutes, contraste avec le mouvement de leur environnement. Dans le premier volet, un assistant porte Kamil Guenatri et le place sur le corps allong\u00e9 de son partenaire qui l\u2019enlace. Un tube au-dessus d\u00e9verse lentement du riz, associ\u00e9 au rite du mariage, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019on ne distingue plus que leurs jambes et leur visage. Le contact entre le corps et la mati\u00e8re constitue un fil conducteur de ce triptyque, qu\u2019il s\u2019agisse de riz, d\u2019\u00e9pluchures de crayon, ou de terre. Ici, l\u2019\u00e9coulement constant du riz agit comme une all\u00e9gorie du temps qui passe, dans une temporalit\u00e9 diff\u00e9rente du quotidien et de son agitation. Le deuxi\u00e8me soir, la planche o\u00f9 est plac\u00e9 Kamil Guenatri s\u2019abaisse lentement, occultant progressivement Yann Marussich, allong\u00e9 en dessous. Dans le dernier volet, les spectateurs, invit\u00e9s \u00e0 venir sur le plateau, se d\u00e9placent, tournent autour des performeurs sur sc\u00e8ne, ou s\u2019assoient sur des chaises. Tous ces mouvements, des corps, de la machine, ou de la mati\u00e8re, offrent un contraste avec l\u2019immobilit\u00e9 des artistes sur sc\u00e8ne, et la soulignent efficacement.<\/p>\n\n\n\n<p>Les trois parties proposent des atmosph\u00e8res diff\u00e9rentes, dues notamment \u00e0 l\u2019utilisation du son. Lors du \u00ab\u2009mariage\u2009\u00bb, les \u00ab\u2009youyou\u2009\u00bb rappellent le th\u00e8me durant les premi\u00e8res minutes, mais ensuite, les sons deviennent ind\u00e9finissables. Ils se superposent et s\u2019encha\u00eenent, donnant une dimension auditive \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience des spectateurs. Pour exprimer le \u00ab\u2009doute\u2009\u00bb, Yann Marussich enregistre sa voix (outil dont il se sert rarement pour ses performances), dans un dialogue po\u00e9tique unilat\u00e9ral avec son partenaire. Le bruit du respirateur de Kamil Guenatri rythme la retransmission de ces paroles. Dans le volet centr\u00e9 sur la mort, le public n\u2019entend plus que la respiration assist\u00e9e de Kamil Guenatri (ou celle des deux artistes, Yann Marussich portant lui aussi un masque lors de cette soir\u00e9e), en m\u00eame temps qu\u2019il voit le mouvement de son ventre \u00e0 chaque inspiration. Le foisonnement sonore des noces laisse place au d\u00e9nuement. La performance en triptyque montre les d\u00e9clinaisons possibles de l\u2019immobilit\u00e9, non comme une absence ou un manque, mais comme le point de rencontre de deux artistes, qui s\u2019engagent dans une exp\u00e9rience particuli\u00e8re du mouvement et du temps.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>14 mai 2021<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/darya-feral\/\">Darya Feral<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/biennaleoutofthebox.ch\/programme\/noces-de-vers\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cr\u00e9ation et mise en sc\u00e8ne par Yann Marussich et Kamil Guenatri \/ En coproduction avec l\u2019ADC \u2013 l\u2019Association pour la danse contemporaine \/ Biennale \u00ab Out of the Box \u00bb \/ du 14 au 16 mai 2021 \/ Critique par Darya Feral .<\/p>\n","protected":false},"author":1001835,"featured_media":15175,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","_seopress_analysis_target_kw":"","footnotes":""},"categories":[246,32,34,38],"tags":[239],"class_list":["post-15174","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-biennale-out-of-the-box","category-critique","category-expired","category-spectacle","tag-darya-feral"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15174","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001835"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=15174"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15174\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20430,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15174\/revisions\/20430"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/15175"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=15174"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=15174"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=15174"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}