{"id":15003,"date":"2021-03-22T17:15:37","date_gmt":"2021-03-22T16:15:37","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=15003"},"modified":"2025-02-09T16:44:37","modified_gmt":"2025-02-09T15:44:37","slug":"doreen","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2021\/03\/doreen\/","title":{"rendered":"Doreen"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Doreen<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">D\u2019apr\u00e8s Lettre \u00e0 D. Histoire d\u2019amour d\u2019Andr\u00e9 Gorz \/ Mise en sc\u00e8ne par David Geselson \/ Captation du 4 novembre 2016 au Th\u00e9\u00e2tre de Vanves, mise en ligne du 15 au 19 mars 2020 sur Vidygital \/ Critique par Sarah Neu . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>15 mars 2020<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/sarah-neu\/\">Sarah Neu<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Retomber amoureux de toi<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/03\/Doreen-2-\u00a9-Charlotte-Corman-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-15001\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/03\/Doreen-2-\u00a9-Charlotte-Corman-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/03\/Doreen-2-\u00a9-Charlotte-Corman-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/03\/Doreen-2-\u00a9-Charlotte-Corman-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/03\/Doreen-2-\u00a9-Charlotte-Corman-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/03\/Doreen-2-\u00a9-Charlotte-Corman.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Charlotte Corman<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Existentialisme, engagements, relations amoureuses, affres du temps et maladie&nbsp;: c\u2019est soixante ans de vie commune \u2013 touchants de r\u00e9alisme \u2013 que propose le dramaturge et metteur en sc\u00e8ne David Geselson en r\u00e9crivant l\u2019histoire du couple illustre que forme le pionnier de l\u2019\u00e9cologie politique Andr\u00e9 Gorz et sa femme Doreen Keir. La pi\u00e8ce, construite autour du texte&nbsp;<\/em>\u00ab&nbsp;Lettre \u00e0 D&nbsp;\u00bb<em>&nbsp;\u00e9crite en 2006 par Andr\u00e9 Gorz, m\u00eale subtilement fiction et r\u00e9alit\u00e9.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Bien que confortablement install\u00e9.e.s dans l\u2019intimit\u00e9 de son propre chez-soi, c\u2019est avec regret que l\u2019on ne peut rejoindre le public invit\u00e9 \u00e0 prendre place dans le salon d\u2019Andr\u00e9 Gorz et Doreen Keir, qui forme le cadre de ce spectacle, visionn\u00e9 en captation, faute de repr\u00e9sentations publiques au Th\u00e9\u00e2tre de Vidy. Le d\u00e9cor ne distingue pas l\u2019espace de la salle de celui du plateau, il prend la forme d\u2019un int\u00e9rieur commun, meubl\u00e9 sous l\u2019influence des ann\u00e9es septante. On retrouve dispos\u00e9s de fa\u00e7on simple et r\u00e9aliste une grande table, diff\u00e9rents meubles dont le bureau de chacun des conjoints, des chaises et lampes choisies avec go\u00fbt. La grande \u00e9tag\u00e8re fix\u00e9e au mur du fond a la sp\u00e9cificit\u00e9 de contenir divers \u00e9crans qui s\u2019allument en temps voulu pour imager quelques passages forts. Sans attendre un signal qui marquerait le d\u00e9but de la repr\u00e9sentation, le couple magnifiquement interpr\u00e9t\u00e9 par David Geselson et Laure Mathis re\u00e7oit chaleureusement \u00ab&nbsp;chez eux&nbsp;\u00bb le public. D\u00e8s leur arriv\u00e9e, les spectateurs et spectatrices de chairs et d\u2019os sont convi\u00e9.e.s \u00e0 se servir un verre et \u00e0 s\u2019assoir parmi eux. S\u2019ensuit une agitation cacophonique, mais pleine d\u2019enthousiasme&nbsp;: les deux personnages se pr\u00e9sentent et reviennent sur le r\u00e9cit de leur rencontre en s\u2019adressant simultan\u00e9ment \u00e0 leurs invit\u00e9s. Nous sommes avec eux en 1947 \u00e0 Lausanne et remontons le cours de leur histoire le temps d\u2019une heure quinze, au fil de leurs r\u00e9cits, jusqu\u2019\u00e0 se trouver dans ce m\u00eame salon symbolique, un soir de septembre 2007, le dernier soir de leur vie.<\/p>\n\n\n\n<p>La lecture de certains passages de \u00ab&nbsp;Lettre \u00e0 D&nbsp;\u00bb \u00e9toffe la pi\u00e8ce de po\u00e9sie tout en attestant d\u2019un rapport au r\u00e9el puisque les mots de l\u2019auteur sont adopt\u00e9s pour t\u00e9moigner de son propre v\u00e9cu. Anecdotes, \u00e9tats d\u2019\u00e2me, d\u00e9clarations d\u2019amour et crises de col\u00e8re sont adress\u00e9s au public dans un jeu sobre qui \u00e9pouse les nuances subtiles des diff\u00e9rentes \u00e9motions. La complicit\u00e9 \u00e9clatante des deux personnages fait \u00e9galement place \u00e0 des moments teint\u00e9s d\u2019humour largement bienvenus pour all\u00e9ger le climat poignant qui na\u00eet dans la salle. Les diff\u00e9rents&nbsp;<em>flashbacks<\/em>&nbsp;offrent d\u2019une part un acc\u00e8s saisissant \u00e0 la sinc\u00e9rit\u00e9 d\u2019instants de vie aussi intimes qu\u2019universels et permettent d\u2019autre part de donner vie au panorama intellectuel et social passionnant de la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 du vingti\u00e8me si\u00e8cle. \u00c0 ce titre, le r\u00e9cit, ponctu\u00e9 de correspondances et de r\u00e9f\u00e9rences, contextualise les id\u00e9ologies et \u00e9v\u00e9nements qui ont entour\u00e9, stimul\u00e9 et influenc\u00e9 la vie du couple et plus sp\u00e9cifiquement du penseur dans ses th\u00e9ories politiques, philosophiques et \u00e9cologiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Ne disposant que de peu de sources relatant le v\u00e9ritable caract\u00e8re de l\u2019anglaise Doreen Keir, qui a laiss\u00e9 peu d\u2019\u00e9crits en comparaison de son \u00e9poux \u00e9crivain, le metteur en sc\u00e8ne et l\u2019actrice se sont permis une interpr\u00e9tation plut\u00f4t libre de son personnage. Ainsi, sa figure, dont la pi\u00e8ce porte le nom, est r\u00e9habilit\u00e9e avec beaucoup d\u2019esprit, d\u2019humour et de force, malgr\u00e9 la vuln\u00e9rabilit\u00e9 qu\u2019impose la maladie incurable dont elle souffrit les quarante derni\u00e8res ann\u00e9es de sa vie. C\u2019est cette terrible maladie qui am\u00e8ne tragiquement les deux conjoints \u00e0 se retirer de la sc\u00e8ne, comme de leur vie, sous l\u2019intensit\u00e9 de l\u2019\u00e9motion qui se d\u00e9gage de la salle avant le noir final.<\/p>\n\n\n\n<p>La pi\u00e8ce r\u00e9unit des ingr\u00e9dients d\u2019une grande richesse historique, affective et intellectuelle. L\u2019expression de l\u2019amour et de l\u2019engagement qui nourrissent et renforcent le couple au fil des six d\u00e9cennies qui les unissent, en d\u00e9pit de tous les travers v\u00e9cus et conscientis\u00e9s, donnent \u00e0 croire en la vie.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>15 mars 2020<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/sarah-neu\/\">Sarah Neu<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/vidy.ch\/doreen\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u2019apr\u00e8s Lettre \u00e0 D. 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