{"id":14923,"date":"2021-01-21T14:13:51","date_gmt":"2021-01-21T13:13:51","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=14923"},"modified":"2025-02-14T10:43:50","modified_gmt":"2025-02-14T09:43:50","slug":"ecritures-dramatiques-contemporaines-partenariat-avec-le-courrier-4","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2021\/01\/ecritures-dramatiques-contemporaines-partenariat-avec-le-courrier-4\/","title":{"rendered":"In\u00e9dits th\u00e9\u00e2tres \/ Partenariat avec Le Courrier et la Soci\u00e9t\u00e9 suisse du th\u00e9\u00e2tre"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">In\u00e9dits th\u00e9\u00e2tres \/ Partenariat avec Le Courrier et la Soci\u00e9t\u00e9 suisse du th\u00e9\u00e2tre<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Pi\u00e8ce de Nalini Menamkat \/ Compte-rendu par Valentine Bovey . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2021\/01\/entretien-avec-nalini-menamkat\/\">Voir l\u2019entretien avec Nalini Menamkat<\/a><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>Janvier 2021<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/valentine-bovey\/\">Valentine Bovey<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">J&rsquo;ai vraiment r\u00e9alis\u00e9 que cette relation d&rsquo;aide est une relation de pouvoir<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"300\" height=\"200\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/01\/Nalimi-Menamkat_entretien_critique-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-20394\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/01\/Nalimi-Menamkat_entretien_critique-1.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2021\/01\/Nalimi-Menamkat_entretien_critique-1-250x167.jpg 250w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Carole Parodi<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>En Suisse, dans un petit village anonyme entour\u00e9 de vignes, d\u00e9barque Tarek, ou \u00ab&nbsp;le migrant&nbsp;\u00bb. Au c\u0153ur m\u00eame du bourg, son arriv\u00e9e cr\u00e9e un vrai remue-m\u00e9nage : des placards sont ouverts, des habitudes sont bouscul\u00e9es et des secrets sont \u00e9vent\u00e9s. Dans sa com\u00e9die&nbsp;<\/em>Faites comme chez nous,<em>&nbsp;&nbsp;<\/em><em>Nalini Menamkat fait une satire tendre et hautement politique en explorant la question de l\u2019aide aux migrant\u00b7e\u00b7s. \u00ab&nbsp;Aider son prochain. C\u2019est magnifique&nbsp;!&nbsp;\u00bb\u2026 mais encore faut-il savoir comment faire.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Comment distinguer le fait d\u2019aider et l\u2019ing\u00e9rence pure et simple dans la vie d\u2019une personne qui n\u2019a rien demand\u00e9&nbsp;? Tous les travers d\u2019une petite soci\u00e9t\u00e9 suisse villageoise p\u00e9trie de bonnes intentions se retrouvent dans les diff\u00e9rents dispositifs d\u2019aide mis en place par le voisinage pour recevoir le migrant dont l\u2019arriv\u00e9e est annonc\u00e9e. Pi\u00e9g\u00e9s par l\u2019image de leur propre pays \u2013 \u00ab&nbsp;\u2026soi-disant que la Suisse a une longue tradition humanitaire derri\u00e8re elle et que c\u2019est notre devoir d\u2019aider notre prochain&nbsp;\u00bb, r\u00e2le V\u00e9ronique, la future voisine de Tarek \u2013 ou soulag\u00e9s de pouvoir enfin aider quelqu\u2019un concr\u00e8tement, les neuf habitant\u00b7e\u00b7s du Bourg, dont le syndic et l\u2019employ\u00e9 communal, organisent avec plus ou moins d\u2019implication son arriv\u00e9e. Pr\u00eat d\u2019une maison, r\u00e9colte de v\u00eatements, petites attentions&nbsp;: tous les moyens sont bons pour bien&nbsp;<em>accueillir.&nbsp;<\/em>Mais catastrophe&nbsp;: lorsque Tarek arrive, tout droit de Syrie, il semble surtout mal \u00e0 l\u2019aise face \u00e0 l\u2019abondance des dispositifs mis en place. Il manifeste son mal-\u00eatre face \u00e0 cette r\u00e9duction de son identit\u00e9 au simple r\u00f4le de \u00ab&nbsp;l\u2019\u00e9tranger&nbsp;\u00bb pour lequel on sait ce qui est bien, et auquel on ne demande pas son avis. De plus, il pr\u00e9f\u00e9rerait habiter en ville\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Cette com\u00e9die en trois actes, bas\u00e9e sur des faits r\u00e9els, pose habilement des questions cruciales. Comment aider, si la personne que l\u2019on aide ne correspond pas \u00e0 nos attentes&nbsp;? Qu\u2019est-ce que l\u2019int\u00e9gration&nbsp;? Sous les phrases apparemment banales de la vie quotidienne, les neuf personnages de la pi\u00e8ce mettent en lumi\u00e8re les diverses dynamiques de pouvoir qui se cachent sous ce rapport d\u2019aide. La situation initiale se dessine dans les sc\u00e8nes rythm\u00e9es et courtes du premier acte, qui \u00e9tablissent rapidement des duos de personnages toujours en tension, pris dans des instantan\u00e9s de leur vie quotidienne&nbsp;: les \u00e9lections communales pr\u00e9occupent le syndic alors que Nathalie, citoyenne tr\u00e8s investie, souhaite qu\u2019il accueille correctement Tarek&nbsp;; Giuseppe et Sabine se font d\u00e9loger de la maison dans laquelle ils cachent leur liaison adult\u00e8re \u00e0 R\u00e9mi,&nbsp; le mari de Sabine, employ\u00e9 d\u2019une multinationale&nbsp;; V\u00e9ronique s\u2019inqui\u00e8te avec Giuseppe, immigr\u00e9 de deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration, tr\u00e8s m\u00e9fiant envers le nouvel arrivant, d\u2019\u00e9ventuels probl\u00e8mes de voisinage. D\u2019un point de vue dramaturgique, l\u2019intrigue est organis\u00e9e autour de cet \u00e9v\u00e9nement : \u00e0 la fois d\u00e9clencheur et r\u00e9v\u00e9lateur, Tarek agit comme un \u00e9l\u00e9ment perturbateur qui d\u00e9r\u00e8gle les rouages bien huil\u00e9s de ce bourg dont la tranquillit\u00e9 se paie au prix d\u2019une hypocrisie g\u00e9n\u00e9rale. L\u2019arriv\u00e9e de cette figure&nbsp;<em>\u00e9trang\u00e8re&nbsp;<\/em>&nbsp;force chacun des personnages \u00e0 faire face \u00e0 ses contradictions, ses d\u00e9sirs, et fait appara\u00eetre ses traits de caract\u00e8res les plus profond\u00e9ment ancr\u00e9s, aboutissant \u00e0 des sc\u00e8nes extr\u00eamement comiques.<\/p>\n\n\n\n<p>La dimension vaudevillesque s\u2019att\u00e9nue l\u00e9g\u00e8rement dans le deuxi\u00e8me acte qui a pour r\u00f4le d\u2019exposer l\u2019incompr\u00e9hension mutuelle entre les villageois et Tarek&nbsp;: ce dernier se retrouve, bien malgr\u00e9 lui, infantilis\u00e9 et cantonn\u00e9 dans son r\u00f4le de migrant, au d\u00e9triment de sa v\u00e9ritable personnalit\u00e9. De mani\u00e8re significative, la parole est distribu\u00e9e tr\u00e8s in\u00e9galement, et ce personnage central s\u2019exprime essentiellement par monosyllabes. Dans cette position d\u2019inf\u00e9riorit\u00e9 forc\u00e9e, et infiniment r\u00e9ductrice, Tarek reste assis \u00e0 sa table&nbsp;: il observe et \u00e9crit. Son silence fait aussi de lui le r\u00e9cipiendaire de confidences avin\u00e9es ou de la tendresse en manque d\u2019objet de sa voisine V\u00e9ronique, finalement ravie d\u2019avoir de la compagnie. La relation d\u2019aide se d\u00e9cline donc de plusieurs mani\u00e8res&nbsp;; par exemple en transfert affectif bizarrement maternant de la part de V\u00e9ronique, paternalisme \u00e0 outrance de la part de R\u00e9mi ou instrumentalisation \u00e0 des fins politiques de la part du syndic.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette position du personnage principal, \u00e0 la fois central et observateur marginal, \u00e9voque la position m\u00eame de Nalini Menamkat qui, sans pratiquer du th\u00e9\u00e2tre documentaire au sens strict, construit ici \u00e0 partir de faits r\u00e9els un th\u00e9\u00e2tre \u00e9minemment sociologique. La fable nous laisse juges face \u00e0 la r\u00e9ussite des divers efforts mis pour&nbsp;<em>bien faire<\/em>&nbsp;face \u00e0 un b\u00e9n\u00e9ficiaire qui ne r\u00e9clame que son \u00e9mancipation. Le troisi\u00e8me acte, en une seule longue sc\u00e8ne, repr\u00e9sente l\u2019implosion de ce syst\u00e8me clos. \u00c0 la lecture, on ne peut s\u2019emp\u00eacher de saisir l\u2019ambivalence de ces personnages, aussi touchants dans leurs efforts que ridicules. Il est d\u2019ailleurs impossible de ne pas rire jaune, au moins \u00e0 quelques endroits. C\u2019est ce rire qui nous permet de remettre en question certaines id\u00e9es re\u00e7ues sur l\u2019hospitalit\u00e9 suisse et de nous demander si nous ne serions pas tou\u00b7te\u00b7s, finalement, les habitant\u00b7e\u00b7s de ce grand bourg qui ne sait pas vraiment accueillir.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>Janvier 2021<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/valentine-bovey\/\">Valentine Bovey<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pi\u00e8ce de Nalini Menamkat \/ Compte-rendu par Valentine Bovey . <\/p>\n","protected":false},"author":1001835,"featured_media":20164,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38],"tags":[241],"class_list":["post-14923","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","tag-valentine-bovey"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14923","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001835"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=14923"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14923\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":22852,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14923\/revisions\/22852"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/20164"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=14923"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=14923"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=14923"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}