{"id":14762,"date":"2020-10-31T20:44:03","date_gmt":"2020-10-31T19:44:03","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=14762"},"modified":"2025-02-09T16:55:44","modified_gmt":"2025-02-09T15:55:44","slug":"dapres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2020\/10\/dapres\/","title":{"rendered":"D&rsquo;apr\u00e8s"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">D&rsquo;apr\u00e8s<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Adapt\u00e9 du texte Benoni\u00a0de Knut Hamsun \/ Conception, adaptation et mise en sc\u00e8ne de Adrien Barazzone \/ Co-mise en sc\u00e8ne Barbara Schlittler \/ Th\u00e9\u00e2tre du Loup \/ du 23 octobre au 8 novembre 2020 \/ Critiques par Stella Wohlers et Katharine Simblet. <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>23 octobre 2020<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/stella-wohlers\/\">Stella Wohlers<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Entre th\u00e9\u00e2tre et radio<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"686\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2020\/10\/Capture-de\u0301cran-2020-10-31-a\u0300-20.27.44-1024x686.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-14760\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2020\/10\/Capture-de\u0301cran-2020-10-31-a\u0300-20.27.44-1024x686.png 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2020\/10\/Capture-de\u0301cran-2020-10-31-a\u0300-20.27.44-300x200.png 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2020\/10\/Capture-de\u0301cran-2020-10-31-a\u0300-20.27.44-250x168.png 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2020\/10\/Capture-de\u0301cran-2020-10-31-a\u0300-20.27.44-768x515.png 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2020\/10\/Capture-de\u0301cran-2020-10-31-a\u0300-20.27.44-1536x1029.png 1536w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2020\/10\/Capture-de\u0301cran-2020-10-31-a\u0300-20.27.44.png 1791w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Nicolas Dupraz<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Adrien&nbsp;<\/em><em>Barazzone<\/em><em>&nbsp;d\u00e9crit son spectacle comme un \u00ab mille-feuilles&nbsp;<\/em><em>quantique<\/em><em>&nbsp;\u00bb.&nbsp;&nbsp;<\/em><em>Entre les couches de<\/em><em>&nbsp;p\u00e2te feuillet\u00e9e des trois \u00e9poques repr\u00e9sent\u00e9es \u2013 1870, 1940 et 2020 \u2013 le spectacle propose une subtile cr\u00e8me p\u00e2tissi\u00e8re \u00e0 base de drame et de satire, envelopp\u00e9e d\u2019un gla\u00e7age acoustique. Comme toutes les meilleures recettes, le spectacle n\u2019utilise que de bons ingr\u00e9dients : une \u00e9criture sensible, relev\u00e9e par un jeu de com\u00e9dien tr\u00e8s nuanc\u00e9. Manque juste le petit craquant d\u2019un rythme qu\u2019on aurait parfois aim\u00e9 plus soutenu.&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>D\u2019apr\u00e8s<\/em>&nbsp;est une adaptation du roman&nbsp;<em>Benoni<\/em>, publi\u00e9 en 1908 par l\u2019auteur norv\u00e9gien Knut Hamsun, laur\u00e9at du prix Nobel de litt\u00e9rature en 1920. L\u2019histoire d\u2019amour et de corruption, qui en forme le sujet, se d\u00e9roule en 1870. Ce roman est lu \u00e0 quatre voix par des com\u00e9diens incarnant des acteurs qui, en 1940, en font un enregistrement radiophonique \u00e0 Gen\u00e8ve. Alain Borek, dans la peau de l\u2019un d\u2019entre eux, Maurice, accueille le public avec un prologue situ\u00e9 quant \u00e0 lui en 2020. Il joue avec le bruitage num\u00e9rique d\u2019une mouche et nous encourage \u00e0 bien ouvrir les oreilles&nbsp;: l\u2019histoire de&nbsp;<em>Benoni<\/em>&nbsp;sera transmise par le pouvoir du son.<\/p>\n\n\n\n<p>Maurice est un conteur naturel avec une voix riche et des mains sensuelles qui s\u2019expriment comme si elles jouaient d\u2019un instrument de musique. Chacun des acteurs personnifie, de mani\u00e8re charmante et l\u00e9g\u00e8re, un st\u00e9r\u00e9otype associ\u00e9 au m\u00e9tier de com\u00e9dien&nbsp;: ultra-sensible, d\u00e9pressif ou pompeux. Les artistes de la compagnie&nbsp;<em>L\u2019homme de dos<\/em>&nbsp;mettent en valeur la complexit\u00e9 de l\u2019\u00e9criture de ce spectacle gr\u00e2ce \u00e0 une complicit\u00e9 qui transpire sur le plateau. Ils parviennent \u00e0 se projeter ensemble d\u2019un univers \u00e0 l\u2019autre, ce qui est tout sauf ais\u00e9 lorsqu\u2019on change d\u2019\u00e9poque toutes les dix minutes ! On mesure aussi le travail individuel que chacun a d\u00fb mener pour d\u00e9velopper son propre jeu. La difficult\u00e9 est que chaque personnage incarne lui-m\u00eame un acteur cr\u00e9ant un personnage qui porte son empreinte : c\u2019est du Stanislavski en poup\u00e9e russe. Ici, douze personnages sont donc projet\u00e9s sur les corps des quatre artistes. On peut y voir un \u00e9cho avec le motif de l\u2019homme (ou de la femme) de dos, qui donne son nom \u00e0 la compagnie d\u2019Adrien Barazzone : sur le corps d\u2019un homme de dos, le public peut tout projeter, st\u00e9r\u00e9otypes, traits de caract\u00e8re et \u00e9motions.<\/p>\n\n\n\n<p>Entre les enregistrements de&nbsp;<em>Benoni,<\/em>&nbsp;les acteurs de 1940 font rire le public. Marion Chabloz, dans la peau de Ren\u00e9e, nous offre notamment un moment ravissant avec son monologue de&nbsp;<em>La Mouette&nbsp;<\/em>de Tchekhov. Les plaisanteries sont entrecoup\u00e9es par des moments plus charg\u00e9s en \u00e9motions et en vuln\u00e9rabilit\u00e9. Comme le symbolise le bunker en carton-p\u00e2te c\u00f4t\u00e9 cour, la guerre est pr\u00e9sente malgr\u00e9 la neutralit\u00e9 de la Suisse&nbsp;: la ville a notamment subi un bombardement par erreur en 1940. Les personnages se laissent envahir par des \u00e9motions d\u00e9sagr\u00e9ables, ou craquent carr\u00e9ment devant leurs coll\u00e8gues.&nbsp; Ils sont syst\u00e9matiquement accueillis par le silence et la g\u00eane des autres&nbsp;: l\u2019effet produit est celui d\u2019une tension \u00e9lectrique. De fa\u00e7on int\u00e9ressante, le public du Th\u00e9\u00e2tre du Loup est amen\u00e9 \u00e0 se trouver lui aussi dans des situations o\u00f9 il r\u00e9agit de fa\u00e7on peu empathique. Face aux sc\u00e8nes de malaise, nous avons tendance \u00e0 ricaner. Par exemple, lors du monologue de Ren\u00e9e qui raconte des anecdotes de sa vie \u00e0 Paris \u2013 une vie faite de solitude \u2013 le public n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 rire alors que son histoire est entrelac\u00e9e de tristesse. \u00ab Vous trouvez \u00e7a dr\u00f4le ? \u00bb, demande-t-elle. Elle nous offre un moment de divertissement mais en m\u00eame temps nous supplie des yeux de ne pas rester \u00ab neutres \u00bb face \u00e0 sa souffrance.<\/p>\n\n\n\n<p>Le vrai d\u00e9fi est de rendre spectaculaire les sc\u00e8nes d\u2019enregistrement de&nbsp;<em>Benoni<\/em>. Sur ce terrain, les choix dramaturgiques ne parviennent pas r\u00e9ellement \u00e0 r\u00e9soudre la contradiction&nbsp;: les personnages se placent autour du microphone et s\u2019enferment dans un cadre intime. Cette mise en sc\u00e8ne produit bien l\u2019effet authentique d\u2019un acteur qui se concentrerait sur son texte et sur son partenaire, mais elle exclut par l\u00e0, d\u2019une certaine fa\u00e7on, les spectateurs r\u00e9els. Paradoxalement, le naturalisme rend l\u2019exp\u00e9rience peu th\u00e9\u00e2trale.<\/p>\n\n\n\n<p>La fiction du monde de 1940 est bris\u00e9e quand le personnage d\u2019une actrice re\u00e7oit un appel t\u00e9l\u00e9phonique de la part de sa m\u00e8re alors qu\u2019elle est en pleine r\u00e9p\u00e9tition. Elle soul\u00e8ve la jupe de son costume (authentique 1940) afin de montrer le pantalon moderne qu\u2019elle porte en dessous. Elle s\u2019\u00e9loigne de ses coll\u00e8gues pour parler avec sa m\u00e8re : nous apprenons qu\u2019elle fait face aux frustrations familiales que la situation sanitaire ne fait qu\u2019aggraver. On ne peut qu\u2019\u00eatre empathique avec elle ; le monologue est un clin d\u2019\u0153il au combat particulier men\u00e9 par le milieu artistique au bord de la deuxi\u00e8me vague de la Covid-19 : &nbsp;\u00ab On ne sait pas ce qui va se passer \u00bb. De fait, les derni\u00e8res repr\u00e9sentations de ce spectacle ont d\u00fb \u00eatre annul\u00e9es au Th\u00e9\u00e2tre du Loup. Le partage de ce moment triste et frustrant avec l\u2019actrice M\u00e9lanie Foulon, qui, gr\u00e2ce \u00e0 son jeu comique, a pu le rendre l\u00e9ger, restera comme un signe d\u2019espoir.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>23 octobre 2020<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/stella-wohlers\/\">Stella Wohlers<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>23 octobre 2020<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/katharine-simblet\/\">Katharine Simblet<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Entre trois couches de p\u00e2te feuillet\u00e9e<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"680\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2020\/11\/Capture-de\u0301cran-2020-11-04-a\u0300-19.18.31-1024x680.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-14787\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2020\/11\/Capture-de\u0301cran-2020-11-04-a\u0300-19.18.31-1024x680.png 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2020\/11\/Capture-de\u0301cran-2020-11-04-a\u0300-19.18.31-300x200.png 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2020\/11\/Capture-de\u0301cran-2020-11-04-a\u0300-19.18.31-250x166.png 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2020\/11\/Capture-de\u0301cran-2020-11-04-a\u0300-19.18.31-768x510.png 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2020\/11\/Capture-de\u0301cran-2020-11-04-a\u0300-19.18.31-1536x1021.png 1536w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2020\/11\/Capture-de\u0301cran-2020-11-04-a\u0300-19.18.31.png 1806w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Nicolas Dupraz<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Adrien Barazzone transpose le roman norv\u00e9gien&nbsp;<\/em>Benoni<em>&nbsp;sur la sc\u00e8ne du Th\u00e9\u00e2tre du Loup en donnant la parole \u00e0 quatre personnages. Faisant dialoguer les voix des acteurs pr\u00e9sents en sc\u00e8ne et des enregistrements radiophoniques, le spectacle propose une rencontre entre le th\u00e9\u00e2tre et la radio dans une performance qui r\u00e9unit humour et passion.&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Ce n\u2019est pas du th\u00e9\u00e2tre. C\u2019est la radio \u00bb : paradoxe, puisque le com\u00e9dien qui fait cette d\u00e9claration s\u2019adresse directement au public. Paradoxe qui invite les spectateurs \u00e0 se transformer en auditeurs dans un contrat qui leur promet que le son aura une importance qu\u2019il n\u2019a jamais eue au th\u00e9\u00e2tre. Et il est vrai que le son permet au roman&nbsp;<em>Benoni<\/em>&nbsp;(1908) du norv\u00e9gien Knut Hamsun de prendre vie. L\u2019histoire originale, qui se d\u00e9roule en 1870, est ici racont\u00e9e, en 1940, au micro de Radio Gen\u00e8ve, par des acteurs interpr\u00e9tant les personnages du roman. Le public assiste donc \u00e0 deux \u2013 et m\u00eame trois \u2013 niveaux de repr\u00e9sentation, avec la fiction th\u00e9\u00e2trale d\u2019un enregistrement d\u2019\u00e9mission radiophonique, parfois comment\u00e9e par les com\u00e9diens r\u00e9els. Accompagn\u00e9 de bruits d\u2019animaux, de moteurs ou encore de m\u00e9lodies pr\u00e9-enregistr\u00e9es,&nbsp;<em>D\u2019apr\u00e8s<\/em>&nbsp;propose un voyage \u00e0 travers ces deux histoires par l\u2019oralit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Le fait est que toute la pi\u00e8ce n\u2019est que passage d\u2019un niveau de repr\u00e9sentation \u00e0 l\u2019autre. \u00c0 plusieurs reprises, on ne sait qui s\u2019exprime, des personnages de&nbsp;<em>Benoni<\/em>&nbsp;ou des protagonistes de la pi\u00e8ce encadrante, voire des com\u00e9diens&nbsp;: le personnage de Ren\u00e9e (Marion Chabloz) re\u00e7oit ainsi un appel alors qu\u2019elle est en pleine lecture de&nbsp;<em>Benoni<\/em>. Elle s\u2019adresse \u00e0 sa m\u00e8re qui l\u2019appelle depuis sa voiture et lui explique qu\u2019elle jouera sa pi\u00e8ce \u00ab&nbsp;jusqu\u2019au 8&nbsp;\u00bb (novembre), m\u00ealant ainsi l\u2019univers fictionnel et la r\u00e9alit\u00e9 des spectateurs et acteurs. Dans le monologue qui ouvre la pi\u00e8ce, est-ce le com\u00e9dien Alain Borek qui introduit la repr\u00e9sentation th\u00e9\u00e2trale ou bien est-ce son personnage Maurice qui introduit l\u2019\u00e9mission radiophonique&nbsp;? Et lorsque les personnages se lamentent des temps difficiles qu\u2019ils vivent, la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la guerre pr\u00e9sente de troublantes analogies avec ce que le public vit en 2020. Ces sauts de niveaux narratifs ou fictionnels transportent les spectateurs dans trois temporalit\u00e9s. Trois histoires, trois \u00e9poques et trois modalit\u00e9s sonores et techniques qui leur correspondent&nbsp;: les voix humaines en 1870, la radio en 1940 et le t\u00e9l\u00e9phone mobile en 2020.<\/p>\n\n\n\n<p>La radio, nous dit Maurice en 1940, est un m\u00e9dia promis \u00e0 un grand avenir. Sans doute, dans les ann\u00e9es 1950 et 1960, les hommes se retrouveront-ils, sans parler, pour \u00e9couter un enregistrement radiophonique. Pour les personnages, la radio qui permet une diffusion si lointaine devient une arme. Ils l\u2019utilisent pour combattre la crainte de la guerre et l\u2019incertitude de l\u2019avenir. En effet, elle leur fournit un travail, elle est ce qui leur permet d\u2019avancer et elle est un lieu de refuge dans un contexte de troubles. Certes, certains personnages regrettent d\u00e9j\u00e0 le th\u00e9\u00e2tre. Bertin (David Gobet) se lamente d\u2019avoir manqu\u00e9 une audition \u00e0 cause de l\u2019occupation de Paris et Arlette (M\u00e9lanie Foulon) raconte avec \u00e9motion et nostalgie son arriv\u00e9e \u00e0 son premier cours de th\u00e9\u00e2tre. Mais la radio permet tout de m\u00eame un terrain de performance et d\u2019expression artistique. Elle offre aux acteurs une chance de faire porter leur voix \u00e0 une p\u00e9riode o\u00f9 le monde du spectacle semble fig\u00e9. Ainsi, la radio se hisse au niveau du th\u00e9\u00e2tre puisqu\u2019elle offre, de ce point de vue, les m\u00eames possibilit\u00e9s. Ces histoires s\u2019entrecroisent et tissent les fils narratifs de la pi\u00e8ce. Les diff\u00e9rentes temporalit\u00e9s, voix et personnages forment une admirable mosa\u00efque de drames unifi\u00e9s par les effets d\u2019oralit\u00e9 et prouvent que, finalement, nous sommes bien au th\u00e9\u00e2tre.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>23 octobre 2020<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/katharine-simblet\/\">Katharine Simblet<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/theatreduloup.ch\/spectacle\/d-apres\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Adapt\u00e9 du texte Benoni\u00a0de Knut Hamsun \/ Conception, adaptation et mise en sc\u00e8ne de Adrien Barazzone \/ Co-mise en sc\u00e8ne Barbara Schlittler \/ Th\u00e9\u00e2tre du Loup \/ du 23 octobre au 8 novembre 2020 \/ Critiques par Stella Wohlers et Katharine Simblet.<\/p>\n","protected":false},"author":1001835,"featured_media":14763,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","_seopress_analysis_target_kw":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,6],"tags":[242,233],"class_list":["post-14762","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-du-loup","tag-katharine-simblet","tag-stella-wohlers"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14762","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001835"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=14762"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14762\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20460,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14762\/revisions\/20460"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/14763"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=14762"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=14762"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=14762"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}