{"id":14749,"date":"2020-10-30T16:45:18","date_gmt":"2020-10-30T15:45:18","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=14749"},"modified":"2025-02-09T16:55:58","modified_gmt":"2025-02-09T15:55:58","slug":"latlas-de-lanthropocene","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2020\/10\/latlas-de-lanthropocene\/","title":{"rendered":"L\u2019Atlas de l\u2019anthropoc\u00e8ne"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">L\u2019Atlas de l\u2019anthropoc\u00e8ne<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Cycle de conf\u00e9rences et de performances de Fr\u00e9d\u00e9ric Ferrer \/ Th\u00e9\u00e2tre de Vidy (hors les murs : UNIL) \/ du 26 octobre au 9 d\u00e9cembre 2020 \/ Critiques par Sarah Neu et Ami Lou Parsons. <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>26 octobre 2020<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/sarah-neu\/\">Sarah Neu<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Hypoth\u00e9tiquement parlant<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"681\" height=\"448\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2020\/10\/atlasanthropocene3_icmathilde-delahaye.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-14747\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2020\/10\/atlasanthropocene3_icmathilde-delahaye.jpg 681w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2020\/10\/atlasanthropocene3_icmathilde-delahaye-300x197.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2020\/10\/atlasanthropocene3_icmathilde-delahaye-250x164.jpg 250w\" sizes=\"auto, (max-width: 681px) 100vw, 681px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Mathilde Delahaye<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>La NASA se servirait-elle de canards de bain comme d\u2019une arme g\u00e9o-strat\u00e9gique ? C\u2019est l\u2019id\u00e9e que propose le g\u00e9ographe et dramaturge Fr\u00e9d\u00e9ric Ferrer au terme d\u2019une cascade d\u2019hypoth\u00e8ses scientifiques plus loufoques les unes que les autres, mais non d\u00e9nu\u00e9es de pertinence pour autant. Dans cette premi\u00e8re \u00ab cartographie \u00bb d\u2019un cycle de six conf\u00e9rences perform\u00e9es, l\u2019auteur et com\u00e9dien pr\u00e9sente les r\u00e9sultats d\u2019une enqu\u00eate de terrain qu\u2019il a r\u00e9alis\u00e9e, et parvient \u00e0 interroger avec humour les enjeux actuels relatifs aux bouleversements climatiques dans l\u2019Arctique.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019inscrivant dans un programme de m\u00e9diation culturelle d\u00e9velopp\u00e9 entre l\u2019UNIL et le Th\u00e9\u00e2tre de Vidy<em>,&nbsp;<\/em>&nbsp;la performance&nbsp;<em>\u00c0 &nbsp;la recherche des canards perdus<\/em>&nbsp;prend place au sein d\u2019un amphith\u00e9\u00e2tre universitaire, lieu familier pour certain.e.s, &nbsp;empreint de nostalgie ou de conventions pour d\u2019autres<em>.<\/em>&nbsp;Install\u00e9.e.s sur les bancs de l\u2019auditoire, face \u00e0 une projection&nbsp;<em>PowerPoint<\/em>&nbsp;devant laquelle tr\u00f4ne une table de conf\u00e9rencier.\u00e8re, les spectateurs et spectatrices int\u00e8grent d\u2019embl\u00e9e le dispositif classique d\u2019une conf\u00e9rence acad\u00e9mique. Dans ce d\u00e9cor aust\u00e8re, quelques canards en plastique sont diss\u00e9min\u00e9s sur le pupitre, ce qui donne le ton du d\u00e9calage absurde qui va suivre. Le performeur en chemise blanche, incarnant son propre r\u00f4le, fait son entr\u00e9e avec le naturel attendrissant d\u2019un conf\u00e9rencier l\u00e9g\u00e8rement intimid\u00e9 qui s\u2019appr\u00eate \u00e0 exposer les tenants et aboutissants de son expos\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Il nous entra\u00eene dans une conf\u00e9rence d\u2019une heure durant laquelle il expose avec fougue et beaucoup d\u2019humour les m\u00e9andres de son cheminement hypoth\u00e9tique. Tout son raisonnement se construit sur le pr\u00e9suppos\u00e9 selon lequel il est possible d\u2019\u00e9valuer l\u2019ampleur du r\u00e9chauffement climatique en mesurant la vitesse de glissement de la glace. Cette hypoth\u00e8se n\u00e9cessite de consid\u00e9rer que la glace disparue en Arctique n\u2019est pas int\u00e9gralement l\u2019effet de la fonte, mais aussi celui de son propre glissement dans la mer. La NASA est effectivement partie de ce postulat, en septembre 2008, en faisant l\u2019exp\u00e9rience de lancer 90 canards de bain dans un glacier du Groenland, avec l\u2019espoir de les voir r\u00e9appara\u00eetre \u00e0 la sortie, dans la baie de Disko ; les pauvres jouets \u00e9tiquet\u00e9s \u00ab NASA \u00bb n\u2019ont, h\u00e9las, jamais \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9s. C\u2019est sur cet \u00e9v\u00e9nement d\u00e9cal\u00e9 et intriguant que s\u2019est d\u2019abord pench\u00e9 Fr\u00e9d\u00e9ric Ferrer, g\u00e9ographe de formation, avant de se d\u00e9cider \u00e0 mettre en sc\u00e8ne la d\u00e9marche par laquelle il a tent\u00e9 d\u2019\u00e9lucider le myst\u00e8re des fameux palmip\u00e8des : \u00ab O\u00f9 sont les canards ? \u00bb.&nbsp; L\u2019assistance est accroch\u00e9e aux l\u00e8vres du com\u00e9dien qui nous pr\u00e9sente le r\u00e9sultat de ses investigations, dans un genre apparent\u00e9 au s<em>tand-up<\/em>. Cartes, images anim\u00e9es et sch\u00e9mas infantiles esquiss\u00e9s \u00e0 la craie accompagnent le public dans l\u2019appr\u00e9hension du sujet. Le performeur adopte une gestuelle expressive et caricature avec justesse son propre r\u00f4le de scientifique, par le biais d\u2019une parole chaque soir r\u00e9improvis\u00e9e. Il r\u00e9ussit un tour de ma\u00eetre en parvenant \u00e0 retenir l\u2019attention d\u2019un public en grande partie non initi\u00e9, abordant avec l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 et limpidit\u00e9 l\u2019\u00e9tude d\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne aussi dramatique et complexe que celui de la fonte des glaces.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette production r\u00e9v\u00e8le l\u2019importance de la th\u00e9\u00e2tralit\u00e9 dans la d\u00e9marche de m\u00e9diation scientifique. La cartographie de Ferrer, qu\u2019il met en sc\u00e8ne au moyen d\u2019une \u00ab dramaturgie du PowerPoint \u00bb, selon ses termes, se r\u00e9v\u00e8le \u00eatre un outil de vulgarisation et de communication tr\u00e8s efficace. Par ailleurs, il est r\u00e9jouissant aussi de voir le th\u00e9\u00e2tre enrichi d\u2019une nouvelle dimension par un exercice interdisciplinaire fond\u00e9 sur la transmission de connaissances scientifiques approfondies. Il est vrai que l\u2019association entre la science, domaine g\u00e9n\u00e9ralement entendu comme celui de la v\u00e9rit\u00e9, et la mise en sc\u00e8ne, r\u00e8gne de la fiction, peut para\u00eetre \u00e0 premi\u00e8re vue insolite \u00e0 l\u2019assistance, qui voit Fr\u00e9d\u00e9ric Ferrer tourner ses th\u00e8ses en ridicule. En r\u00e9alit\u00e9 la d\u00e9marche ne repose pas, dans ce cas pr\u00e9cis, sur un travail de fond, mais de forme : il ne s\u2019agit pas de remettre en question le bien-fond\u00e9 de ses hypoth\u00e8ses, ou \u00e0 plus grande \u00e9chelle, de l\u2019institution scientifique, mais d\u2019explorer les opportunit\u00e9s qu\u2019offre le th\u00e9\u00e2tre pour les rendre accessibles.<\/p>\n\n\n\n<p>La force de cette prestation rel\u00e8ve peut-\u00eatre de la multiplicit\u00e9 des casquettes de Fr\u00e9d\u00e9ric Ferrer. Auteur, metteur en sc\u00e8ne et com\u00e9dien d\u2019une part, g\u00e9ographe, enqu\u00eateur et cartographe de l\u2019autre, il met sur pied un spectacle dr\u00f4le et convaincant, effectu\u00e9 au croisement de ces diff\u00e9rents domaines, et dans lequel il se glisse avec le plus grand naturel.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>26 octobre 2020<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/sarah-neu\/\">Sarah Neu<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>26 octobre 2020<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/ami-lou-parsons\/\">Ami Lou Parsons<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">De la durabilit\u00e9 du canard en plastique au Groenland<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"768\" height=\"512\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2020\/11\/VISUEL_CARTO_cRadharc-Images-Alamy-photostock_300200_web-768x512-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-14797\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2020\/11\/VISUEL_CARTO_cRadharc-Images-Alamy-photostock_300200_web-768x512-1.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2020\/11\/VISUEL_CARTO_cRadharc-Images-Alamy-photostock_300200_web-768x512-1-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2020\/11\/VISUEL_CARTO_cRadharc-Images-Alamy-photostock_300200_web-768x512-1-250x167.jpg 250w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Fr\u00e9d\u00e9ric Ferrer<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Que faire lorsque que tout un travail de recherche se r\u00e9v\u00e8le inutile&nbsp;? Une mise en sc\u00e8ne, semble nous dire Fr\u00e9d\u00e9ric Ferrer. L\u2019ancien g\u00e9ographe r\u00e9injecte, dans un cycle de conf\u00e9rences th\u00e9\u00e2tralis\u00e9es r\u00e9alis\u00e9es dans le cadre d\u2019une collaboration entre l\u2019Unil et le Th\u00e9\u00e2tre de Vidy, les \u00e9l\u00e9ments d\u2019un travail de terrain de longue haleine, o\u00f9 l\u2019humour se m\u00eale aux r\u00e9flexions scientifiques les plus s\u00e9rieuses.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>B\u00e2timent de l\u2019Internef, vingt heures, il fait d\u00e9j\u00e0 nuit. Quelques \u00e9tudiant.es retardataires quittent les lieux, apr\u00e8s une journ\u00e9e de travail, tandis qu\u2019arrivent les spectateur.ices, qui s\u2019asseyent timidement aux tables de l\u2019auditoire 363. Fr\u00e9d\u00e9ric Ferrer, en chemise blanche, d\u00e9vale les marches, s\u2019excusant de son retard tout en commentant les appareils techniques&nbsp;: \u00ab&nbsp;Mon micro fonctionne&nbsp;? Vous m\u2019entendez&nbsp;?&nbsp;\u00bb. Les lumi\u00e8res de la salle s\u2019\u00e9teignent, pour ne laisser place qu\u2019\u00e0 quelques projecteurs, qui vont \u00e9clairer ce qui deviendra la sc\u00e8ne. Car si, d\u00e8s le d\u00e9but, le spectacle emprunte les codes de la conf\u00e9rence (PowerPoint, sch\u00e9mas au tableau noir, etc.) l\u2019attitude du public semble ne laisser aucun doute&nbsp;: il s\u2019agit bien d\u2019une performance, qui va jouer de l\u2019incertitude entre r\u00e9alit\u00e9 et fiction. Pas d\u2019ordinateurs sur les tables, pas de f\u00e9briles prises de notes et, tr\u00e8s rapidement, les rires fusent. Il est n\u00e9anmoins difficile, parfois, de savoir si l\u2019enthousiasme survolt\u00e9 du conf\u00e9rencier qu\u2019incarne Fr\u00e9d\u00e9ric Ferrer rel\u00e8ve vraiment du jeu d\u2019acteur, ou de sa propre passion pour le sujet. Entre maladresse et dynamisme extravagant, il parcourt \u00e0 grandes enjamb\u00e9es la sc\u00e8ne de l\u2019auditoire, dessine avec v\u00e9h\u00e9mence sur un tableau virtuel en faisant part d\u2019un \u00e9tonnement imp\u00e9tueux tout \u00e0 fait communicatif.<\/p>\n\n\n\n<p><em>L\u2019Atlas de l\u2019anthropoc\u00e8ne<\/em>&nbsp;se compose de six cartographies \u2013 chacune donnant lieu \u00e0 une conf\u00e9rence \u2013 qui d\u00e9veloppent, \u00e0 partir d\u2019une question souvent absurde et dont l\u2019int\u00e9r\u00eat semble de prime abord \u00eatre anecdotique, tout un r\u00e9seau de r\u00e9flexions scientifiques. \u00ab&nbsp;L\u2019anthropoc\u00e8ne&nbsp;\u00bb, un nom choisi par le m\u00e9t\u00e9orologue Paul Crutzen pour d\u00e9finir la nouvelle \u00e8re g\u00e9ologique, postule que, depuis le XVIII<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle, c\u2019est l\u2019\u00eatre humain qui impacte le plus fortement les ph\u00e9nom\u00e8nes climatiques et terrestres. D\u00e8s lors, il n\u2019est gu\u00e8re surprenant que les conf\u00e9rences de Fr\u00e9d\u00e9ric Ferrer tournent autour des cons\u00e9quences de l\u2019activit\u00e9 humaine sur la plan\u00e8te.<\/p>\n\n\n\n<p>Le contenu de cette premi\u00e8re cartographie, intitul\u00e9e \u00ab&nbsp;\u00c0 la recherche des canards perdus&nbsp;\u00bb, s\u2019articule autour d\u2019une exp\u00e9rience men\u00e9e par la NASA&nbsp;: en septembre 2008, ce sont 90 canards jaunes en plastiques, d\u00fbment \u00e9tiquet\u00e9s, qui avaient \u00e9t\u00e9 l\u00e2ch\u00e9s dans un glacier du Groenland et qui devaient fournir des donn\u00e9es relatives au r\u00e9chauffement climatique. Ils ne ressurgiront jamais \u00e0 l\u2019air libre. Fr\u00e9d\u00e9ric Ferrer, qui avoue avoir pass\u00e9 quelques ann\u00e9es de sa vie \u00e0 les chercher, dresse alors un bilan. O\u00f9 sont les canards&nbsp;? Quelles sont les donn\u00e9es qu\u2019ils auraient pu d\u00e9voiler&nbsp;? Serait-ce seulement utile de les retrouver maintenant&nbsp;? Aucune \u00e9ventualit\u00e9, m\u00eame de prime abord loufoque, n\u2019est laiss\u00e9e de c\u00f4t\u00e9 durant la performance d\u2019une heure environ.<\/p>\n\n\n\n<p>Le canard en plastique, jouet de bain universellement tenu pour futile, s\u2019il a le m\u00e9rite d\u2019apporter une touche absurde \u00e0 la r\u00e9flexion scientifique, permet surtout de cristalliser nombre d\u2019aspects aussi bien \u00e9cologiques que sociopolitiques. Point de d\u00e9part de la d\u00e9monstration et fil rouge du spectacle, il est l\u2019occasion d\u2019un expos\u00e9 sur les hypoth\u00e8ses concernant ce qu\u2019il se passe sous les glaciers du Groenland, de r\u00e9flexions sur la durabilit\u00e9 du plastique en milieu marin ou encore d\u2019interrogations sur les strat\u00e9gies communicationnelles de la NASA \u2013 s\u2019agirait-il d\u2019un \u00ab&nbsp;coup de pub&nbsp;\u00bb destin\u00e9 \u00e0 construire une image un peu plus fantasque de l\u2019institution&nbsp;am\u00e9ricaine ? Fr\u00e9d\u00e9ric Ferrer s\u2019appliquera \u00e0 proposer des conjectures, non sans humour, relatives \u00e0 leur disparition. Pris dans la glace&nbsp;? Cach\u00e9s chez des particuliers&nbsp;? C\u2019est aussi une histoire politique du Groenland et de la course \u00e0 l\u2019attribution de ces terres qui se dessine avec, en filigrane, une critique de l\u2019interventionnisme am\u00e9ricain depuis les ann\u00e9es cinquante. L\u2019impact du r\u00e9chauffement climatique sur les populations locales n\u2019est pas en reste, dans un lieu o\u00f9 la banquise ne se forme plus et o\u00f9 l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me se modifie \u00e0 grande vitesse.<\/p>\n\n\n\n<p>La v\u00e9racit\u00e9 des informations expos\u00e9es est rappel\u00e9e tout au long de la repr\u00e9sentation. La fronti\u00e8re entre th\u00e9\u00e2tre et conf\u00e9rence est poreuse. Plut\u00f4t que de passer de l\u2019un \u00e0 l\u2019autre, le jeu s\u2019entrem\u00eale \u00e0 la vulgarisation la plus s\u00e9rieuse. Ce que d\u00e9voile, en creux, Fr\u00e9d\u00e9ric Ferrer, c\u2019est le fait que le discours scientifique constitue lui aussi une mise en r\u00e9cit, et c\u2019est ainsi qu\u2019est interrog\u00e9 le caract\u00e8re th\u00e9\u00e2tral de la pr\u00e9sentation orale, v\u00e9ritable performance dont l\u2019exercice rel\u00e8ve \u00e9videmment de la mise en sc\u00e8ne. Inscrite dans un programme de m\u00e9diation, la d\u00e9marche esp\u00e8re aussi promouvoir une certaine d\u00e9mocratisation de la science par l\u2019art tout en cherchant \u00e0 nourrir le th\u00e9\u00e2tre de contenus scientifiques, afin d\u2019explorer de nouvelles potentialit\u00e9s dans la cr\u00e9ation artistique.<\/p>\n\n\n\n<p>Au-del\u00e0 de ces consid\u00e9rations cat\u00e9gorielles, la collaboration entre l\u2019Unil et le Th\u00e9\u00e2tre de Vidy revisite \u00e9galement l\u2019id\u00e9e que pour instruire, il faut plaire, et que pour plaire, le rire est tr\u00e8s efficace. D\u2019un point de vue strictement scientifique, le travail de recherche que relate Fr\u00e9d\u00e9ric Ferre semble se conclure sur un \u00ab \u00e9chec \u00bb. Mais peut-on r\u00e9ellement parler d\u2019exp\u00e9rience \u00ab rat\u00e9e \u00bb lorsque celle-ci, en plus de proposer une r\u00e9flexion sur les vertus des \u00ab erreurs \u00bb dans la recherche, alimente une mise en sc\u00e8ne jouissive et riche d\u2019informations du plus grand int\u00e9r\u00eat ?<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>26 octobre 2020<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/ami-lou-parsons\/\">Ami Lou Parsons<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/vidy.ch\/latlas-de-lanthropocene\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cycle de conf\u00e9rences et de performances de Fr\u00e9d\u00e9ric Ferrer \/ Th\u00e9\u00e2tre de Vidy (hors les murs : UNIL) \/ du 26 octobre au 9 d\u00e9cembre 2020 \/ Critiques par Sarah Neu et Ami Lou Parsons.<\/p>\n","protected":false},"author":1001835,"featured_media":14751,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","_seopress_analysis_target_kw":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,2],"tags":[237,235],"class_list":["post-14749","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-de-vidy","tag-amilou-parsons","tag-sarah-neu"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14749","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001835"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=14749"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14749\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20461,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14749\/revisions\/20461"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/14751"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=14749"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=14749"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=14749"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}