{"id":14598,"date":"2020-05-30T08:47:24","date_gmt":"2020-05-30T06:47:24","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=14598"},"modified":"2025-02-10T14:56:33","modified_gmt":"2025-02-10T13:56:33","slug":"sekunden-spater-zog-sich-die-gestalt-in-die-schatten-zuruck","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2020\/05\/sekunden-spater-zog-sich-die-gestalt-in-die-schatten-zuruck\/","title":{"rendered":"Sekunden sp\u00e4ter (zog sich die Gestalt in die Schatten zur\u00fcck)"},"content":{"rendered":"<p>Par <strong>B\u00e9n\u00e9dicte Amsler Denogent<\/strong> (\u00e9tudiante \u00e0 La Manufacture)<\/p>\n<p>\/ Une critique sur la captation du spectacle :<br \/>\n<em>Sekunden sp\u00e4ter<\/em> <em>(<\/em><em>zog sich die Gestalt in die Schatten zur\u00fcck<\/em>) \/ Cie Nicole Seiler \/ du 7 au 12 mars 2017 \/ Arsenic \u2013 Centre d&rsquo;art sc\u00e9nique contemporain\u00a0 \/ Captation D\u00e9tours Film &#8211; Bastien Genoux \/ Visible sur le site de la compagnie, URL\u00a0: <a href=\"https:\/\/www.nicoleseiler.com\/fr\/download\/\">https:\/\/www.nicoleseiler.com\/fr\/download\/ <\/a>ou sur Vim\u00e9o\u00a0: URL : <a href=\"https:\/\/vimeo.com\/219090322\">https:\/\/vimeo.com\/219090322<\/a><\/p>\n<figure id=\"attachment_14599\" aria-describedby=\"caption-attachment-14599\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-14599 size-medium\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2020\/05\/NicoleSeiler_Sekunden_287_cGregory_Batardon-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2020\/05\/NicoleSeiler_Sekunden_287_cGregory_Batardon-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2020\/05\/NicoleSeiler_Sekunden_287_cGregory_Batardon-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2020\/05\/NicoleSeiler_Sekunden_287_cGregory_Batardon-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2020\/05\/NicoleSeiler_Sekunden_287_cGregory_Batardon-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2020\/05\/NicoleSeiler_Sekunden_287_cGregory_Batardon.jpg 1260w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-14599\" class=\"wp-caption-text\">Gregory Batardon<\/figcaption><\/figure>\n<p><em>Avec <\/em>Sekunden Sp\u00e4ter \u2026 zog sich die Gestalt in die Schatten zur\u00fcck<em>, Nicole Seiler nous plonge le temps d\u2019une heure dans un spectacle chor\u00e9graphi\u00e9 port\u00e9 par la voix de S\u00e9verine Skierski ainsi que par les mouvements des deux performeurs \u2013 danseurs \u2013 Anne Delahaye et Christophe Jaquet. Nicole Seiler s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la dualit\u00e9 entre l\u2019image r\u00e9elle et virtuelle, \u00e0 la relation entre le visuel et l\u2019auditif et tente, gr\u00e2ce \u00e0 la r\u00e9flexion sur les moyens technologiques qui nourrit son travail, de montrer l\u2019invisible, de convoquer l\u2019imaginaire et de faire appara\u00eetre les fant\u00f4mes du pass\u00e9 sur la sc\u00e8ne. Pour cela, elle explore en particulier la force de suggestion d\u2019un proc\u00e9d\u00e9 utilis\u00e9 pour personnes malvoyantes\u00a0: l\u2019audiodescription.<\/em><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Deux rideaux de velours Puccini descendent \u00e0 l\u2019aplomb du sol. Leurs trajectoires sont perpendiculaires et leur croisement distant.\u00a0\u00bb Tels sont les premiers mots qui r\u00e9sonnent \u00e0 l\u2019ouverture de <em>Sekunden sp\u00e4ter<\/em>, prononc\u00e9s par cette Voix off qui accompagnera le spectateur. Elle poursuit en d\u00e9crivant pr\u00e9cis\u00e9ment le d\u00e9cor ainsi que son \u00e9clairage. Puis \u00ab un homme et une femme entrent dans l\u2019espace \u00bb. Leur apparence, leurs v\u00eatements, chacun de leurs gestes seront d\u00e9peints avec la m\u00eame minutie. La femme et l\u2019homme marchent, traversent l\u2019espace, pivotent de gauche \u00e0 droite, se rapprochent, s\u2019\u00e9loignent, esquissent tant\u00f4t des mouvements de bras saccad\u00e9s \u2013 des \u00ab amorces de battements d\u2019aile \u00bb \u2013 tant\u00f4t des mouvements de balance ou en spirale, permettant \u00e0 la danse d\u2019appara\u00eetre et aux gestes de s\u2019harmoniser. Puis la lumi\u00e8re blanche, pr\u00e9sente depuis le d\u00e9but du spectacle, baisse en intensit\u00e9 laissant les ombres des deux com\u00e9diens, auparavant imperceptibles, appara\u00eetre sur les rideaux de velours et sur la moquette grise du sol. Les corps ne sont plus seuls : ils partagent d\u00e9sormais le plateau avec leurs ombres.<\/p>\n<p>Mais la Voix, souvent abrupte, se s\u00e9pare progressivement de ce qui est visible sur sc\u00e8ne cr\u00e9ant ainsi une tension entre l\u2019image et le texte didascalique. Ensuite c\u2019est l\u2019image elle-m\u00eame qui gr\u00e9sille aux yeux du spectateur\u00a0: les ombres projet\u00e9es ne correspondent plus aux deux corps pr\u00e9sents. Elles sont en retard sur les mouvements des com\u00e9diens et trop nombreuses sur le plateau. De plus en plus, entre les ombres et les corps, la dissociation se fait sentir. L\u2019angoisse prend alors le spectateur : \u00e0 qui appartiennent toutes ces ombres\u00a0? Sont-elles seulement en retard \u2013 ou en avance\u00a0? Convoquent-elles des figures absentes\u00a0? Des souvenirs\u00a0? Des d\u00e9sirs\u00a0? Nicole Seiler parvient \u00e0 tracer une fine limite entre l\u2019absence et la pr\u00e9sence et le spectateur est ainsi berc\u00e9 entre ce qui lui est donn\u00e9 de voir et ce qu\u2019il ne voit plus.<\/p>\n<p>Puis les deux performeurs s\u2019immobilisent debout, face aux rideaux de velours Puccini, face \u00e0 leurs ombres, qui, elles, n\u2019en finissent pas de danser\u00a0: elles envahissent l\u2019espace. La Voix continue de d\u00e9crire des mouvements, peut-\u00eatre m\u00eame dicte-t-elle des gestes, que les performeurs n\u2019ex\u00e9cutent plus, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019un bruit fracassant vienne imposer un noir plateau. En r\u00e9apparaissant, la lumi\u00e8re blanche d\u00e9voile les corps de l\u2019homme et de la femme inertes, couch\u00e9s par terre. Deux empreintes de pas s\u2019avancent alors seules sur la moquette grise. Deux, puis quatre, puis des dizaines qui recouvrent le sol et les deux com\u00e9diens de traces noires. Les traces devenant presque rats ou insectes rongeant les morts. Les ombres comme prenant possession du vivant. D\u00e9vorant le vivant. L\u2019engloutissant.<\/p>\n<p>A moins que \u2013 peut-\u00eatre \u2013 ces marques ne retracent l\u2019itin\u00e9raire exact des d\u00e9placements de cette heure de spectacle et de ses r\u00e9p\u00e9titions. Comme des souvenirs, des empreintes de l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re, des inscriptions de ce qui a \u00e9t\u00e9 sur les surfaces photosensibles de la sc\u00e8ne. Une preuve que le spectacle a eu lieu, que la vie s\u2019est r\u00e9ellement pass\u00e9e. L\u2019ombre comme rappel, photographie, archive, gravure, comme symbole du souvenir.<\/p>\n<p>Po\u00e8me sensible pour l\u2019absent, pour l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re, pour ce que l\u2019on ne voudrait pas oublier\u00a0; c\u2019est la question importante de la m\u00e9moire qui touche au sortir de ce spectacle \u2013 ou \u00e0 la fin de cette captation, n\u2019amoindrissant curieusement en rien la force du questionnement : comment va-t-on se souvenir de cette heure qui a, comme les corps, disparu dans l\u2019ombre (<em>zog sich die Gestalt in die Schatten zur\u00fcck<\/em>)\u00a0? Comment va-t-on se souvenir de sa vie\u00a0? Les traces de notre passage sur cette terre restent-elles \u00e9ternellement inscrites quelque part ? Le geste que je produis a-t-il d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 fait\u00a0? Ne suis-je moi-m\u00eame qu\u2019un fant\u00f4me, que l\u2019ombre, que l\u2019incarnation \u00e9ph\u00e9m\u00e8re de la description d\u2019un autre ?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par B\u00e9n\u00e9dicte Amsler Denogent (\u00e9tudiante \u00e0 La Manufacture) \/ Une critique sur la captation du spectacle : Sekunden sp\u00e4ter (zog sich die Gestalt in die Schatten zur\u00fcck) \/ Cie Nicole &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":1001835,"featured_media":14599,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,3,38],"tags":[],"class_list":["post-14598","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-theatre-de-larsenic","category-spectacle"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14598","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001835"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=14598"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14598\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":22793,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14598\/revisions\/22793"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/14599"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=14598"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=14598"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=14598"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}