{"id":14192,"date":"2020-03-06T17:05:29","date_gmt":"2020-03-06T16:05:29","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=14192"},"modified":"2025-02-09T16:59:11","modified_gmt":"2025-02-09T15:59:11","slug":"la-fausse-suivante","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2020\/03\/la-fausse-suivante\/","title":{"rendered":"La Fausse Suivante"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La Fausse Suivante<\/h2>\n\n\n<p>Texte de Pierre de Marivaux \/ Mise en sc\u00e8ne de Jean Liermier \/ Th\u00e9\u00e2tre de Carouge \/ du 3 au 29 mars 2020 \/ Critique par Judith Marchal.<\/p>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Refl\u00e9ter des vices de la soci\u00e9t\u00e9<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>29 mars 2020<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/judith-marchal\/\" data-type=\"page\" data-id=\"13721\">Judith Marchal<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"682\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2020\/03\/11139803-1024x682.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-14190\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2020\/03\/11139803-1024x682.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2020\/03\/11139803-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2020\/03\/11139803-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2020\/03\/11139803-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2020\/03\/11139803-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2020\/03\/11139803-624x416.jpg 624w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2020\/03\/11139803.jpg 1700w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Carole Parodi<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Le directeur du Th\u00e9\u00e2tre de Carouge Jean Liermier se replonge dans l\u2019univers de Marivaux et propose une&nbsp;<\/em>Fausse Suivante<em>. Sans en faire trop, la mise en sc\u00e8ne se veut actuelle et efficace.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Quelle ironie d\u2019ouvrir ce spectacle sur les c\u00e9l\u00e8bres paroles de Jacques Brel \u00ab Quand on a que l\u2019amour \u00e0 s\u2019offrir en partage \u00bb diffus\u00e9es par une vieille radio rouge. Il faut dire que la com\u00e9die de Marivaux parle d\u2019amour, certes, mais pas sous ses plus belles facettes. Dans cette \u0153uvre parue en 1724, il est avant tout question de manipulations, de trahisons et de cupidit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Jean Liermier est un adepte du dramaturge fran\u00e7ais du XVIII<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle. A la suite d\u2019une premi\u00e8re rencontre avec Marivaux avec&nbsp;<em>La Double Inconstance<\/em>&nbsp;en 1999 \u00e0 Carouge, il monte&nbsp;<em>Les Sinc\u00e8res&nbsp;<\/em>\u00e0 la Com\u00e9die-Fran\u00e7aise en 2007. Une ann\u00e9e plus tard, lorsqu\u2019il prend la t\u00eate du th\u00e9\u00e2tre carougeois, c\u2019est avec&nbsp;<em>Le Jeu de l\u2019amour et du hasard<\/em>&nbsp;qu\u2019il marque son entr\u00e9e. Apr\u00e8s plus de dix ans pass\u00e9s sans son interlocuteur privil\u00e9gi\u00e9, Jean Liermier d\u00e9clare avoir \u00ab&nbsp;\u00e9prouv\u00e9 le d\u00e9sir de re-compagnonner avec Marivaux, mon contemporain universel&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Et on ne regrette pas de voir renouer les deux hommes. Avec une mise en sc\u00e8ne qui actualise la fable, Jean Liermier offre une actualisation subtile de&nbsp;<em>La Fausse Suivante<\/em>. Les costumes con\u00e7us par Rudy Sabounghi laissent planer une certaine incertitude temporelle, pouvant aussi bien \u00e9voquer les ann\u00e9es 1950 qu\u2019aujourd\u2019hui. Les hommes sont en costume et long manteau, la comtesse en jupe mi-longue, collier de perles et pulls en cachemire dont les couleurs changent au fil des sc\u00e8nes.<\/p>\n\n\n\n<p>Le public assiste ainsi aux fourberies de L\u00e9lio (Baptiste Gilli\u00e9ron), qui s\u2019est engag\u00e9 contractuellement \u00e0 \u00e9pouser la Comtesse (Brigitte Rosset), une femme mani\u00e9r\u00e9e et sensible. Lorsqu\u2019il apprend l\u2019existence d\u2019une \u00ab&nbsp;demoiselle de Paris&nbsp;\u00bb, bien plus jeune et surtout bien plus riche, il cherche un moyen de rompre son engagement sans avoir \u00e0 payer les dix mille livres de d\u00e9dit pr\u00e9vus. Il ignore alors que le Chevalier (Rebecca Balestra), avec lequel il s\u2019est r\u00e9cemment li\u00e9 d\u2019amiti\u00e9, n\u2019est autre que cette fameuse demoiselle, d\u00e9guis\u00e9e en homme pour l\u2019observer tout \u00e0 loisir. Au milieu d\u2019un d\u00e9cor \u00e9pur\u00e9, s\u2019encha\u00eenent alors les quiproquos sur fond de mensonges entre ces riches oisifs et leurs domestiques, allant du valet Arlequin (Pierre Dubey), au serviteur du chevalier Trivelin (Christian Scheidt). La sc\u00e9nographie propose une simple pi\u00e8ce aux murs nus \u2013 une bo\u00eete blanche \u2013 qui, pourtant, change drastiquement d\u2019ambiance gr\u00e2ce aux lumi\u00e8res de Jean-Philippe Roy qui attribue \u00e0 chaque acte sa couleur. L\u2019ajout d\u2019un meuble suffit par ailleurs \u00e0 sugg\u00e9rer un changement de lieu. Il faudra attendre la derni\u00e8re demi-heure pour que le ch\u00e2teau de la Comtesse s\u2019ouvre sur une belle for\u00eat de bouleaux enneig\u00e9e, jusque-l\u00e0 sugg\u00e9r\u00e9e au lointain.<\/p>\n\n\n\n<p>Jean-Pierre Gos, pr\u00e9sent au d\u00e9but dans le r\u00f4le de Frontin, appara\u00eet ensuite furtivement, dans les interm\u00e8des r\u00e9cit\u00e9s ou chant\u00e9s. Ailes d\u2019ange dans le dos et guitare \u00e0 la main, il regarde, l\u2019air perdu, les techniciens \u2013 visibles \u00e0 plusieurs reprises \u2013 d\u00e9monter le d\u00e9cor. Peut-\u00eatre une mani\u00e8re de montrer la d\u00e9sillusion d\u2019un Cupidon vieillissant face au d\u00e9laissement des sentiments amoureux au profit de l\u2019argent ? Bien que le th\u00e8me soit sombre, le texte plein d\u2019esprit de Marivaux et les traits comiques attribu\u00e9s \u00e0 certains personnages, comme \u00e0 la Comtesse et \u00e0 Trivelin, d\u00e9clenchent des vagues de rires dans les gradins. Avec ses six com\u00e9diennes et com\u00e9diens, Jean Liermier rend justice au texte du Marivaux en montrant que, trois cents ans plus tard, ce dernier garde toute sa pertinence en se faisant le reflet d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 dont l\u2019opportunisme et l\u2019\u00e9gocentrisme trouvent, aupr\u00e8s du public, une r\u00e9sonance malheureusement trop \u00e9vidente. On pourrait d\u00e9plorer l\u2019apparition finale du chevalier sous son \u00ab vrai visage \u00bb, celui de la \u00ab demoiselle de Paris \u00bb dont la f\u00e9minit\u00e9 est manifest\u00e9e par une robe tr\u00e8s courte et des talons aiguilles \u2013 \u00e0 moins que le metteur en sc\u00e8ne ne sugg\u00e8re que le personnage ne fait que changer de d\u00e9guisement\u2026<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>29 mars 2020<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/judith-marchal\/\" data-type=\"page\" data-id=\"13721\">Judith Marchal<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/theatredecarouge.ch\/saison\/piece\/la-fausse-suivante\/70\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Texte de Pierre de Marivaux \/ Mise en sc\u00e8ne de Jean Liermier \/ Th\u00e9\u00e2tre de Carouge \/ du 3 au 29 mars 2020 \/ Critique par Judith Marchal.<\/p>\n","protected":false},"author":1001835,"featured_media":14193,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,7],"tags":[227],"class_list":["post-14192","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-de-carouge","tag-judith-marchal"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14192","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001835"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=14192"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14192\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20300,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14192\/revisions\/20300"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/14193"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=14192"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=14192"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=14192"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}